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Apple : 100 milliards de dollars de plus aux États-Unis pour éviter les droits de douane

Doctrine Monroe reloaded

Apple : 100 milliards de dollars de plus aux États-Unis pour éviter les droits de douane

Vue d’une usine de semiconducteurs Texas Instruments à Lehi, Utah, qui approvisionne notamment Apple

Apple était menacée par la volonté de la Maison-Blanche d’imposer des surtaxes de 100 % sur les importations de semi-conducteurs. L’entreprise a dû montrer patte blanche et a annoncé plusieurs investissements majeurs. La stratégie a payé.

La journée du 6 août aura été mouvementée pour Tim Cook, CEO d’Apple. Le programme de la journée était chargé : se rendre à la Maison-Blanche et convaincre le maitre des lieux qu’Apple investissait assez pour échapper aux nouveaux droits de douane.

Pour rappel, Donald Trump a promis une surtaxe de 100 % pour les puces et semi-conducteurs importés. Seule condition pour y échapper : produire aux États-Unis, ou s’engager à le faire et à tenir parole. Au risque sinon de voir arriver une facture rétroactive sur les droits dus depuis l’exemption. Les entreprises sont prévenues.

En conséquence, Tim Cook avait pour mission hier de prouver au président américain que les investissements démontraient qu’Apple était sérieuse dans son intention de produire aux États-Unis. Plusieurs annonces ont donc été faites en ce sens.

100 milliards pour renforcer les partenariats existants

La plus importante est la rallonge de 100 milliards de dollars sur les investissements déjà annoncés, pour un total désormais de 600 milliards de dollars. Le tout se fait à travers un nouveau plan baptisé American Manufacturing Program, ou AMP. Via ce dernier, Apple renforce ses partenariats existants avec dix entreprises sur le territoire américain : Corning, Coherent, GlobalWafers America, Applied Materials, Texas Instruments, Samsung, GlobalFoundries, Amkor, MP Materials et Broadcom.

Apple cite des exemples de travail commun avec chacune de ces entreprises. GlobalWafers va fournir des wafers de 300 mm à Texas Instruments et TSMC pour la production de semi-conducteurs, Applies Materials va renforcer sa production d’équipements visant à fabriquer des semi-conducteurs, GlobalFoundries va mettre l’accent sur les technologies sans fil et la gestion avancée de l’alimentation, etc.

Mention spéciale à Samsung, qui travaille avec Apple sur un mystérieux projet de fabrication de puces dans son usine d’Austin (Texas). Dans son communiqué, Apple évoque « une nouvelle technologie innovante […] qui n’a jamais été utilisée auparavant dans le monde ».

Ces 600 milliards seront progressivement investis au cours des quatre prochaines années. Le programme, très ambitieux, prévoit également l’embauche de 20 000 personnes sur la même période. Selon Apple, la grande majorité d’entre elles alimenteront la R&D, l’ingénierie du silicium, le développement de logiciel, l’IA et l’apprentissage automatique. Mi-juillet, l’accord de 500 millions de dollars avec l’Américain MP Materials pour sécuriser des approvisionnements en terres rares entrait également dans ce cadre.

En verre et contre tous

Hier, Apple a fait une autre annonce majeure : la totalité du verre produit pour les iPhone et les Watch sera bientôt produite aux États-Unis. L’ensemble va prendre place via un investissement supplémentaire de 2,5 milliards de dollars dans l’usine de Harrodsburg (Kentucky) de Corning. Rappelons que Corning travaille avec Apple depuis le premier iPhone pour fournir le verre de l’écran.

Dans la vidéo de l’annonce, un peu après la 4e minute, on peut voir Tim Cook ouvrir une boite pour en sortir une plaque circulaire de verre gravée pour l’occasion. Du verre produit par Corning dans son usine du Kentucky, pour insister sur la dimension patriotique de l’instant, à laquelle le président américain a répondu favorablement.

« Corning est une entreprise américaine historique, et nous sommes heureux de travailler ensemble à produire la plus grande et la plus avancée des lignes de productions concernant le verre pour smartphones. Grâce à la puissance de l’industrie américaine, n’importe quel client dans le monde achetant un nouvel iPhone ou une nouvelle Apple Watch aura entre les mains un verre de haute précision fabriqué ici, dans le Kentucky. Nous remercions le président et son administration pour leur soutien à l’industrie américaine, et nous sommes impatients d’en débloquer tout le potentiel », s’est enthousiasmé Tim Cook dans un communiqué calibré pour la Maison-Blanche.

Corning, pour sa part, se montre tout aussi dithyrambique, évoquant Apple comme « un partenaire extraordinaire » et des limites de l’innovation repoussées « aussi loin que possible ». « Grâce à ce nouveau contrat avec Apple, et les capacités de notre plateforme industrielle la plus avancée, nous allons embaucher encore plus d’Américains et rapatrier 100 % des besoins en verre d’iPhone et d’Apple Watch dans leur pays de création original », a ajouté l’entreprise.

Mission réussie

Dans la même vidéo, Donald Trump et Tim Cook semblent s’être rapprochés, après des mois d’une relation particulièrement tendue. Le président américain a qualifié le patron d’Apple de « véritable grande légende de notre temps ».

Il a surtout annoncé ce qu’Apple était venue chercher : l’entreprise à la pomme échappera aux 100 % de droits de douane imposés sur les importations pour les composants dont elle a besoin. Le rêve d’un iPhone intégralement produit sur le sol américain, cher à Donald Trump, est encore loin, mais les efforts d’Apple ont manifestement convaincu le président.

Commentaires (13)

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ça aurait pu être plus court

"I love this guy, Tim Cook it's a good person
I love Apple products
Thank you, god bless you"

:D
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Autant je suis content de voir les américains payer plus cher à cause d'un type qui leur a promis de leur rendre du pouvoir d'achat, autant je me dis que ça à l'air simple de faire ramener des usines sur son territoire à grand coup de menace.

Appliqué chez nous, ça éviterait la délocalisation hors France / Europe. Mais il faut une volonté politique pour ça, et ne pas céder continuellement aux lobbys.
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Je pense pareil.

On entend dire que c'est difficile à cause de la mondialisation etc. Alors qu'il est en train de prouver que c'est surtout une question de volonté politique.

Trump est répugnant. La raison idéologique pour laquelle il fait cela est répugnante.
Mais sur ce point il est intéressant d'analyser ce qu'il est en train de réaliser, pour en tirer des leçons.

Est-ce que tout cela va fonctionner ? À quel prix ? Pour quel impact économique ? Quel impact sur l'emploi ? Et sur le climat ?
Je suis franchement curieux.
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Je suis entièrement d'accord. Un bilan de fin de mandat serait grandement intéressant, juste pour voir qui a, au final, raison.
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Je suis entièrement d'accord. Un bilan de fin de mandat serait grandement intéressant, juste pour voir qui a, au final, raison.
Trump est un autoritaire qui fait de l'arbitraire. Ce genre de régime a démontré à de nombreuses reprises sa capacité à avoir des résultats rapides. Pour cause : quand une seule personne gère tout, ça va tout de suite plus vite.

Les démocratie sont par définition lentes puisqu'elles nécessitent le consensus d'une majorité.

On a suffisamment d'exemples dans l'Histoire (contemporaine ou plus ancienne) pour dire que l'autoritaire, ça marche bien au début, mais pas sur la durée.
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Si ta population accepte de payer plus cher pour que les productions soient locales alors politiquement ça sera un succès. Pas persuadé qu'en Europe et plus particulièrement en France ça passe.
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On est bien d'accord.
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Tu veux dire qu'il nous faudrait un mafieux qui gouverne à coup d'excès de pouvoir et menace le reste du monde à la façon d'un caïd ? Oui, je suis d'accord, les caïds obtiennent des résultats, ça une certaine efficacité. Est-ce ce que l'on veut ?
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Est-ce que les autres en veulent de l'autre côté de la rue, c'est ça la question.

Le lectorat de Next n'est pas représentatif de la population française.
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Absolument pas.
Mais je note surtout que les industriels sortent généralement la carte de la suppression d'emploi quand ils ont du mal à obtenir ce qu'ils veulent, pour préserver leurs avantages (et quand c'est pas l'emploi, c'est l'écologie et d'autres thèmes encore).

Bref, quand on est droit dans ses bottes, ça semble donner des effets.
Après j'avoue que d'avoir un chef d'Etat qui est une girouette et semble diriger de façon impulsive, ça doit aider.
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Absolument pas. L'Europe a pratiqué, par exemple , pendant des décennies du protectionnisme pour préserver son secteur laitier. À un moment donné on a arrêté (au début des années 2000) et le secteur est rentré de plein pied dans la mondialisation avec les conséquences que l'on connait aujourd'hui.
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Chez nous on attends d'être dans le mur avant de prendre la moindre décision difficile.
C'est aussi pour ça qu'on dit souvent "que l'on a 10 ans de retard sur les US".

Mais oui, on aime le confort & la continuité donc le changement est douloureux.

Est-ce qu'on serais prêt à payer 2k€ un ordi risc-v sourcé en europe qui a la puissance d'un raspi 3...
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Totalement d’accord avec toi. Le retard technologique, que ce soit au niveau software et hardware en Europe est effarant. Rien qu’à voir les progiciels que ce tapent les différentes fonctions publiques de notre état.