#Le brief du 29 janvier 2026

L’Autorité de la concurrence consulte sur les agents IA… sont-ils des plateformes ?

Il y a trois semaines, l’Autorité de la concurrence s’autosaisissait d’un nouveau sujet : les agents conversationnels, avec une attention particulière sur les conséquences pour l’e-commerce. Une consultation publique était annoncée ; elle est désormais lancée (pdf des questions).

Le but est de recueillir « les observations des parties prenantes sur la situation concurrentielle, en France,
du secteur des agents conversationnels
 ». L’Autorité prévient que « les contributions ne seront pas publiées », contrairement à ce que fait généralement l’Arcep par exemple, mais que les auteurs pourront être cités dans l’avis final (sauf mention contraire).

La première question est intéressante car elle permet de poser les bases : « Que recouvre pour vous l’expression "agents conversationnels" ? Est-il opportun de distinguer les "agents conversationnels" des "chatbots" ou des "assistants virtuels" ? ». Dans son autosaisine, l’Autorité rappelait qu’il ne fallait pas confondre chatbot et agents conversationnels, en expliquant son point de vue.

Les questions suivantes contribuent à essayer de brosser le portrait des acteurs du marché. Viennent ensuite les enjeux de la monétisation et des « partenariats » au sens large.

La 12e question se demande si les agents conversationnels ne seraient pas des plateformes. En effet, « il a été récemment observé que les agents conversationnels permettent aux utilisateurs d’accéder directement à un nombre de plus en plus important de services tiers sans quitter la fenêtre de conversation ou se connectent à des applications appartenant à leur propre écosystème », explique l’Autorité. Une telle qualification pourrait avoir des conséquences juridiques.

La deuxième grosse partie concerne le commerce agentique avec la définition de cette expression et des cas d’usage, actuels ou à venir. L’AdlC se demande aussi « quelles sont les modalités de rémunération de ces agents ».

Enfin la troisième partie concerne les perspectives : « quelles évolutions le secteur est-il amené à connaître à court ou moyen terme », « le cadre législatif et réglementaire est-il adapté », etc. Bien évidemment, vous pouvez également préciser d’autres éléments qui vous semblent intéressant.

Vos retours sont à envoyer à cette adresse avant le 6 mars 2026.

Stop Killing Games valide son objectif, réponse de Bruxelles attendue d’ici juillet

Cette fois c’est la bonne : la Commission européenne a formellement accusé réception du succès de la pétition Stop Killing Games. Après vérification des signatures déposées via son outil dédié aux initiatives citoyennes (pour prévenir les risques de bourrage des urnes et vérifier que les quotas nationaux sont bien remplis), Bruxelles reconnait 1 294 188 enregistrements valides. Stop Killing Games deviendra de ce fait la quatorzième « Initiative citoyenne européenne » examinée depuis l’entrée en vigueur de la régulation dédiée, en 2019.

« Les organisateurs de cette initiative appellent la Commission à introduire une obligation pour les éditeurs vendant ou concédant sous licence des jeux vidéo dans l’UE de laisser ces jeux en état de fonctionnement, afin d’empêcher les éditeurs de les désactiver à distance », rappelle la Commission européenne, qui précise avoir jusqu’au 27 juillet 2026 pour produire une réponse écrite listant ses éventuelles décisions en la matière. Elle indique qu’elle rencontrera bientôt les porteurs de l’initiative, et qu’une audition publique sera organisée au Parlement européen.

illustration d'une Gameboy en Marty Mc Fly en train de découvrir un jeu récent
Stop Killing Games a émergé en avril 2024, dans la foulée de la fermeture, par Ubisoft, des serveurs dédiés au jeu de course The Crew, sorti dix ans plus tôt

Lancée en avril 2024, la pétition avait connu un net regain d’intérêt au début de l’été 2025, ce qui lui a finalement permis d’atteindre le seuil exigé du million de signatures au début du mois de juillet. La mobilisation s’était poursuivie durant plusieurs semaines, avec l’objectif de dépasser largement ce million de signatures, de façon à pouvoir compenser les participations invalidées.

« Un nombre croissant de jeux vidéo sont vendus effectivement comme des biens, sans date d’expiration indiquée, mais conçus pour être complètement injouables dès que le support de l’éditeur cesse. Cette pratique est une forme d’obsolescence programmée et est non seulement préjudiciable aux clients, mais rend la préservation pratiquement impossible. De plus, la légalité de cette pratique est largement non testée dans de nombreux pays », rappelle le site du mouvement.

Tesla va arrêter les Model S et X pour se concentrer sur les… robots Optimus

L’annonce a été faite par Elon Musk lors de la présentation des résultats financier du groupe, comme le rapporte Engadget : « Il est temps de mettre un terme au programme des Model S et X, car nous entrons véritablement dans un avenir fondé sur l’autonomie ».

Le fabricant va continuer de vendre ses véhicules en stock et affirme qu’il continuera d’assurer le service à ses clients, mais l’entreprise « transforme l’espace de production [des Model S et X] dans l’usine de Fremont en un espace dédié à la fabrication de robots humanoïdes Optimus », expliquent nos confrères.

Les Model 3 et Y qui représentent la majeure partie des ventes restent évidemment en production. Selon le dernier bilan, plus de 1,6 million de Model 3 et Y ont été produites, contre à peine 53 900 véhicules pour les autres modèles.

Elon Musk espère que la place libérée permettra à terme de produire jusqu’à un million de robots Optimus par an. Les travaux sont importants : « Optimus ne conserve absolument rien de la chaîne de production existante », précise CNBC. La vente des robots devrait débuter l’année prochaine.

Microsoft revendique 1 milliard d’utilisateurs pour Windows 11

Il aura fallu quatre ans, trois mois et 23 jours depuis son lancement, le 5 octobre 2021. « Windows a franchi une étape importante : le milliard d’utilisateurs de Windows 11, soit une hausse de plus de 45 % sur un an », a annoncé Satya Nadella, CEO de Microsoft, mercredi 28 janvier lors de la présentation des résultats financiers de l’éditeur.

Le mouvement a logiquement été accéléré par la fin du support de Windows 10, programmée au 14 octobre dernier. Cette bascule, annoncée de longue date, permet à Windows 11 d’afficher un taux d’adoption plus rapide que celui de son prédécesseur. La disponibilité générale de Windows 10 remonte en effet au 29 juillet 2015, et ce cap symbolique du milliard d’utilisateurs avait été annoncé le 16 mars 2020 (soit quatre ans, sept mois et 18 jours plus tard).

« Ce trimestre, nous avons également enregistré des gains de parts de marché sur Windows, Edge et Bing, ainsi qu’une croissance à deux chiffres du nombre de membres sur LinkedIn et une augmentation de 30 % des publicités vidéo payantes », a également déclaré Satya Nadella.

Si Windows 11 gagne des parts de marché, la concurrence n’est pas en reste, ce qui laisse supposer que le système profite principalement de l’abandon progressif de Windows 10.

La fin du support de Windows 10 a accéléré la bascule vers Windows 11, même s’il est possible d’obtenir un délai de grâce

D’un point de vue financier, Microsoft fait état, pour le deuxième trimestre de son exercice fiscal 2026, clos au 31 décembre dernier, d’un chiffre d’affaires en hausse de 1 % sur un an pour la division Windows OEM and Devices. Cette dernière intègre à la fois les ventes de licences Windows au travers des canaux OEM, les machines de la gamme Surface et les accessoires PC.

Microsoft ne précise pas le chiffre d’affaires attribué spécifiquement à son système d’exploitation (d’ailleurs ouvertement présenté par Nadella l’an dernier comme un produit d’appel vers le reste des offres de l’éditeur, notamment sur le cloud), mais Amy Hood, directrice financière, a quelque peu détaillé la tendance mercredi :

« Windows OEM a enregistré une croissance de 5 % grâce à une excellente exécution et à l’effet favorable continu de la fin du support de Windows 10. Les résultats ont dépassé les attentes, les niveaux de stocks restant élevés en raison d’une augmentation des achats avant la hausse des prix de la mémoire. »

Elle anticipe néanmoins un ralentissement des ventes en trimestre glissant. « Les revenus liés aux appareils et aux OEM Windows devraient connaître une baisse modérée. Les taux de croissance seront affectés par la normalisation des avantages liés à la fin du support de Windows 10 et par la diminution des niveaux élevés des stocks au cours du trimestre. Par conséquent, les revenus liés aux OEM Windows devraient baisser d’environ 10 % ».