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Stop Killing Games valide son objectif, réponse de Bruxelles attendue d’ici juillet

Le 29 janvier à 08h47

Cette fois c'est la bonne : la Commission européenne a formellement accusé réception du succès de la pétition Stop Killing Games. Après vérification des signatures déposées via son outil dédié aux initiatives citoyennes (pour prévenir les risques de bourrage des urnes et vérifier que les quotas nationaux sont bien remplis), Bruxelles reconnait 1 294 188 enregistrements valides. Stop Killing Games deviendra de ce fait la quatorzième « Initiative citoyenne européenne » examinée depuis l'entrée en vigueur de la régulation dédiée, en 2019.

« Les organisateurs de cette initiative appellent la Commission à introduire une obligation pour les éditeurs vendant ou concédant sous licence des jeux vidéo dans l'UE de laisser ces jeux en état de fonctionnement, afin d'empêcher les éditeurs de les désactiver à distance », rappelle la Commission européenne, qui précise avoir jusqu'au 27 juillet 2026 pour produire une réponse écrite listant ses éventuelles décisions en la matière. Elle indique qu'elle rencontrera bientôt les porteurs de l'initiative, et qu'une audition publique sera organisée au Parlement européen.

illustration d'une Gameboy en Marty Mc Fly en train de découvrir un jeu récent
Stop Killing Games a émergé en avril 2024, dans la foulée de la fermeture, par Ubisoft, des serveurs dédiés au jeu de course The Crew, sorti dix ans plus tôt

Lancée en avril 2024, la pétition avait connu un net regain d'intérêt au début de l'été 2025, ce qui lui a finalement permis d'atteindre le seuil exigé du million de signatures au début du mois de juillet. La mobilisation s'était poursuivie durant plusieurs semaines, avec l'objectif de dépasser largement ce million de signatures, de façon à pouvoir compenser les participations invalidées.

« Un nombre croissant de jeux vidéo sont vendus effectivement comme des biens, sans date d'expiration indiquée, mais conçus pour être complètement injouables dès que le support de l'éditeur cesse. Cette pratique est une forme d'obsolescence programmée et est non seulement préjudiciable aux clients, mais rend la préservation pratiquement impossible. De plus, la légalité de cette pratique est largement non testée dans de nombreux pays », rappelle le site du mouvement.

Le 29 janvier à 08h47

Commentaires (16)

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👏
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Entre cette bonne nouvelle et le fait que le chantre de la logique du GaaS qu'est Ubisoft soit en pleine descente aux enfers, le mois se termine bien :D

Je doute que l'Europe fasse quelque chose, mais on verra.
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Je n'aurais jamais mis une pièce sur l'avènement d'un truc ressemblant de près ou de loin au RGPD.

Je vais donc me garder d'être aussi pessimiste que vous et vais conserver l'espoir qu'il puisse être autrement.
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D'un autre côté, le RGPD est surtout un enfer administratif pour les TPE/PME :S
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C'est mineur face à beaucoup d'enjeux actuels, mais c'est quand même une sacrée bonne nouvelle !
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Spoiler "bien tenté mais on va rien faire, try again" ^^
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Il pourraient obliger les editeurs qui veulent couper à publier le code serveur minimal en open-source pour que la communauté puisse le faire vivre si elle le souhaite.
Je pense qu'on aurait pas mal d'éditeurs qui feraient le choix de laisser tourner un serveur dans un coin (coût marginal faible) plutôt que de publier un truc (soit avec leur techno dedans, soit il faut dev un truc simplifié pour protéger son IP => $$)
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Si le jeu ne permet pas de changer les URL des serveurs, avoir le code des serveurs ne sert à rien. Vu la qualité du code dans pas mal de jeux fait par les "grande boites", c'est surement mis en dur et dans un blob crade.
Il faut donc une MAJ ultime qui permette de changer quelques trucs dans les fichiers du jeu, pour le configurer et utiliser des serveurs alternatifs => pareil ça coûte $$$$

J'utilise GameRanger sur des vieux jeux, qui arrive à faire croire aux jeux qu'ils sont dans un autre réseau qu'Internet. Mais ça plante assez régulièrement et reste un bricolage de haut vol, avec de la retro-ingénierie de vieux protocoles pas chiffrés. Sur des choses récentes, je vois comment ça peut marcher.
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Avec Parsec, ca ne fonctionnerait pas mieux pour tes jeux?
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Ah jamais entendu parlé ! Je vais regarder :inpactitude:
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Quelle que soit le solution technique envisagée in fine par les éditeurs pour permettre au jeu de rester dans un état jouable (quoi que ça veuille dire), toute loi ne sera jamais rétroactive et ne concernerait à priori que les futurs jeux.

Futurs jeux qui auront donc le luxe de pouvoir être architecturée avec ce besoin dès le départ, histoire d'éviter d'avoir à dégainer l'éditeur hexadécimal pour hardcoder une nouvelle URL.
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toute loi ne sera jamais rétroactive et ne concernerait à priori que les futurs jeux.
Pas forcément les futurs jeux, mais les futurs débranchages de serveurs. Petite nuance.
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Il faudrait la même chose pour les appareils "cloud uniquement", depuis la fermeture des serveurs Neato, mon D4 se retrouve coupé de ce qui fait l'intérêt du truc.
La réponse officielle disant "votre robot est toujours pleinement fonctionnel, il faut juste appuyer sur le bouton pour lancer un cycle de nettoyage" est quand même bien trop réducteur, sans la carte, ou les lignes de démarcation pour éviter certains endroits, ni planification, ce n'est pas bien pratique à l'usage.
J'ai pu retrouver une partie des fonctionnalités grâce à neato-connected, un ESP32 et home assistant, mais le projet faisant du reverse engineering, vu qu'il y a 0 documentation, ne permet pas (encore ?) de retrouver la gestion des cartes.
Après ce qui est rigolo, c'est que l’expérience utilisateur avec Home Assistant est déjà meilleurs que l'app Neato.
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Pour citer Cory Doctorow, il faut pouvoir "récupérer les moyens de production numérique" !
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Le mieux que nous aurons sera un changement de législation qui imposera aux éditeurs d'indiquer explicitement une date "limite" de fonctionnement garantie.
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Ça serait déjà pas mal. Expliciter le modèle économique permet au consommateur de faire des choix éclairés. Ca permet aux joueurs de faire pression avec leur portefeuille s'ils ne sont pas satisfaits de l'état du marché.

J'espérerais au moins qu'on impose que les jeux qui peuvent être joués offline soient libérés de toute dépendance à un serveur de licence après une durée normale d'exploitation commerciale (par patch ou par conception initiale).

Pour les jeux qui dépendent d'un service centralisé (matchmaking, mise en relation réseau, univers partagé...) c'est plus compliqué.

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