Au CERN, une première mondiale : le transport d’antimatière dans un… camion
3 min
Sciences et espace
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L’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) avait annoncé il y a cinq ans deux expériences pour transporter de l’antimatière… dans une camionnette. Elle rappelait alors que son usine d’antimatière était « le seul endroit au monde où l’on produit des antiprotons de basse énergie ». C’est-à-dire des « équivalents » des protons dans l’antimatière.
Le CERN prévoyait que les expériences soient opérationnelles en 2023. Le calendrier s’est étiré, mais l’expérience BASE est finalement « parvenue à transporter un piège rempli d’antiprotons d’un bout à l’autre du site principal du CERN ». L’ensemble pèse 1 tonne et peut passer des portes standards de laboratoire.
Dans le détail, l’expérience comprend un nuage de 92 antiprotons dans un piège de Penning cryogénique portatif. Le dispositif est ensuite déconnecté de l’installation, chargé dans un camion, transporté et l’expérience a été poursuivie après le transport. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour eux ça veut dire beaucoup.
Le CERN parle d’un véritable tour de force : « l’antimatière est très difficile à conserver, car elle s’annihile au contact de la matière ». C’est une première mondiale selon le CERN. L’objectif est de transporter des antiprotons vers d’autres laboratoires en Europe, notamment l’université Heinrich-Heine de Düsseldorf pour effectuer des mesures de très haute précision sur l’antimatière.
Ce n’est pas encore gagné car pour arriver à l’université Heinrich-Heine, cela prendrait au moins huit heures de route. Christian Smorra, chef du projet BASE-STEP, explique que « cela signifie que l’aimant supraconducteur du piège devra rester à une température inférieure à 8,2 kelvins pendant tout ce temps. Donc, en plus de l’hélium liquide, il nous faudrait un groupe électrogène pour alimenter un réfrigérateur cryogénique dans le camion. Nous étudions actuellement les possibilités ».
Une fois cette étape franchie, il reste le « défi le plus important » : transférer les antiprotons jusqu’à l’expérience sans qu’ils disparaissent. Mais le jeu en vaut la chandelle pour les scientifiques car ils pensent pouvoir ainsi mesurer l’antimatière avec « une précision au moins 100 fois supérieure », précise Stefan Ulmer, porte-parole de l’expérience BASE.
Une petite foire aux questions est disponible sur cette page.
Commentaires (27)
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Abonnez-vousLe 26 mars à 08h40
Le 26 mars à 08h41
Le 26 mars à 08h46
Le 26 mars à 08h48
Ahlàlà, ces esprits scientifique...
Le 26 mars à 09h14
Le 26 mars à 08h47
Le 26 mars à 08h47
Le 26 mars à 17h51
Le 26 mars à 08h56
J’imagine bien qu’ils y ont pensé avant moi mais bon…
Le 27 mars à 15h46
Le 27 mars à 17h03
Le 26 mars à 09h18
il manque encore quelques étapes pour arriver au scénario de Anges et Démons de Dan Brown, mais ça ne devrait pas tarder. Je serais curieux de savoir ce que ça représent en équivalent TNT ce qui est transportable dans ce camion. Quelques milligrammes ? Quelques kilos ?
Le 26 mars à 10h34
Modifié le 26 mars à 11h43
edit: supprimé... l'hélium est un gaz inerte, pas de risque avec il semble
Modifié le 29 mars à 13h59
Exemple un liquide qui se gazyfie prend de la place, il faut donc des soupapes pour éviter l'explosion.
Le 26 mars à 12h29
Le 26 mars à 14h39
Le 26 mars à 14h50
C'est rassurant. 😊
Le 26 mars à 11h33
Bientôt en livraison à la maison par transporteur ? 😂
Le 26 mars à 11h57
Le 26 mars à 12h36
Le 26 mars à 13h48
Le 26 mars à 14h25
Le 26 mars à 15h28
Le 29 mars à 12h56
♫ Ils jouaient avec l'antimatière debout ! ♫
Le 2 avril à 12h12
Et la question n'est pas de savoir si un de ces transports va partir en sucette, mais quelles seront les conséquences lorsque cela arrivera.
J'imagine qu'une infime quantité dont le confinement échoue peut devenir "amusante" en s'échappant.
Le 2 avril à 17h04
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