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Bruxelles retoque le projet français d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

Même pas mal

Bruxelles retoque le projet français d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans

Illustration : Flock

La Commission européenne rejette la proposition française d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, car elle marche sur les plate-bandes du règlement sur les services numériques (DSA). Un revers attendu pour le gouvernement français, qui ne l’empêche pas de confirmer l’objectif d’une majorité numérique à 15 ans dès le 1er septembre.

Non, c’est… oui ? Saisie de la proposition française d’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans depuis le 9 avril, la Commission européenne a rendu son verdict ce lundi 6 juillet – comme prévu, une fin de non-recevoir, mais le gouvernement assure qu’il peut aller de l’avant malgré tout.

Revers européen pour la France

Ce feu rouge n’est pas vraiment une surprise : en début d’année, le Conseil d’État avait déjà publié un avis concernant cette proposition de loi. L’institution avait alors expliqué que « les Etats membres peuvent définir des mesures de politique sociale, notamment fixer un âge minimal d’accès, mais ne peuvent pas imposer d’obligations supplémentaires aux plateformes en ligne ».

Autrement dit, la France peut encadrer l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, mais elle ne peut pas créer seule de nouvelles contraintes pesant directement sur les plateformes (domiciliées dans un autre pays européen, souvent l’Irlande). C’est un terrain déjà largement occupé par le règlement européen sur les services numériques (DSA). C’est aussi ce qu’a dit Bruxelles : « L’avis de la Commission contribue à garantir que toute mesure nationale soit efficace et conforme au droit de l’UE. Nous devons réduire au minimum la fragmentation des systèmes nationaux, qui pourrait créer une insécurité juridique ou affaiblir l’application de la loi », a expliqué le porte-parole Thomas Regnier à l’AFP, reprise par Le Figaro.

En revanche, l’exécutif européen partage « pleinement l’objectif des autorités françaises : les mineurs doivent être mieux protégés en ligne ». Une consolation qui permet à Anne Le Hénanff, la ministre déléguée chargée de l’IA et du Numérique, d’afficher un grand optimisme. « La Commission européenne confirme la légitimité pour la France de fixer à 15 ans l’âge minimal d’accès aux réseaux sociaux », se réjouit-elle sur les réseaux sociaux. Ce qui est vrai… mais imposer de nouvelles exigences aux plateformes doit passer par l’échelon européen.

Malgré ce revers, la majorité numérique à 15 ans reste « un objectif à notre portée ». La ministre déléguée ajoute que la France peut s’en doter « dès le 1er septembre prochain ». Voilà qui parait tout de même aller un peu vite en besogne.

Quelle interdiction pour quels réseaux sociaux ?

Après le vote de la proposition au mois de janvier, le Sénat s’en était emparé pour retoucher le texte en profondeur. C’est cette version qui a été proposée à la Commission européenne, avec une date limite fixée au 10 juillet. « Une commission mixte paritaire sera convoquée dans les prochains jours pour nous permettre d’atteindre cet objectif », indique Anne Le Hénanff. Elle sera chargée de « faire évoluer la rédaction du texte afin de le rendre pleinement conforme au droit européen ».

Le texte modifié par le Sénat prévoyait la mise en place d’une liste des réseaux sociaux nécessitant l’accord d’au moins un parent, et d’une seconde liste noire pour les plateformes jugées les plus à risque, définie par arrêté ministériel après avis de l’Arcom. Une source de l’AFP a fait part des craintes de la Commission vis à vis du pouvoir donné au régulateur des médias. La proposition votée par l’Assemblée voulait une interdiction bien plus large touchant tous les réseaux sociaux. Il va falloir revoir de nouveau cette copie, et vite si l’objectif du 1er septembre doit être tenu.

Sans attendre que toute la tuyauterie législative se mette en place, Anne le Henanff avait convoqué les dirigeants des grandes plateformes pour leur communiquer le calendrier de la mise en place des dispositifs de vérification de l’âge. La charrue avant les bœufs ?

La date de la commission paritaire n’a pas été fixée, mais si le processus est rapide, la proposition remaniée pourrait faire l’objet d’un examen à l’Assemblée le 21 juillet, puis au Sénat dans la foulée, avant d’être définitivement adoptée.

Commentaires (9)

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Ces politiques, je me demande si un jour ils comprendront la réalité...
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calendrier:
. 01/09: mise en place en fanfare de cette merde
. 02/09: premiers retours confirmant que ça fonctionne autant qu'en australie
. 03/09 (année non précisée): l'europe tape sur les doigts de la france pour avoir forcé un truc qu'ils avaient expressément refusé
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C'est rejeté mais confirmé...
« La Commission européenne confirme la légitimité pour la France de fixer à 15 ans l’âge minimal d’accès aux réseaux sociaux »
les politiques sont des pros pour dire ce qu'ils veulent à partir de quelque chose et du contraire

Ils ne voit pas non plus que cette interdiction ne servira à rien car elle sera facilement contournable par les intéressés (comme pour les sites pour adultes).

Je ne vois pas qui est assez aveugle pour ne pas voir ça...

Ou alors ces politiques vois plus loin que le bout de leur nez et veulent faire croire qu'ils essayent de faire quelque chose, pour ensuite blamer les autres car le résultat attendu n'est pas là. J'espère que c'est plutôt ça mais vu certains discours... j'en doute fort.
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contournable par ceux déjà dépendant donc la génération actuelle et encore vue le niveau d'une partie d'entre elle et de leurs parents avec tout ce qui est numérique ça promet. VPN chelou, fuite de donnée et autres ouverture d'accès sur le réseau de la maison.
Faut arrêter de croire que ça va servir à rien. Ca va permettre de légitimer à beaucoup de parents leurs discours face à leurs ados. Parce qu'on a beau faire du mieux qu'on peut quand vos gosses sont entourés d'une fourmilière d'enfants dont les parents ont collé des smartphones dans les pattes dès 2 ou 3 ans ça devient vite un combat de chaque instant pour leur faire comprendre que t'as pas un vieux relou à vouloir les empêcher d'être des zombies h24 sur TikTok.
C'est comme pour toutes autres drogues plus les barrières d'accès sont difficiles plus y a de chances qu'elles soient difficile à franchir et peu motivante pour un non addict.
Et qu'on me parle pas de l'australie, leur interdiction n'imposant aucun contrôle strice de l'âge il suffisait de cliquer sur oui j'ai plus de 15 ans pour passer (en gros).
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@guyom_p De plus, cela permet de refuser que des adultes n'envoient les enfants sur les réseaux sociaux (groupe du sport de la musique, ) essentiellement pour se simplifier leur vie à eux

Il faut voir cette interdiction comme celle de l'alcool aux moins de 16ans: ça n'empêche pas les jeunes de le faire, mais les adultes qui les y incitent ont un risque
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Ils « envoient » les enfants ? Quel intérêt de toute manière, ce sont les parents qui gèrent normalement…
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Tes enfants sont inscrits au club de gym -> les rendez-vous et communications passent par un réseau social. Comme tes enfants sont autonomes, il FAUT qu'ils aient ces infos.
Tes enfants sont inscrits à la bibliothèque -> les évènements pour enfants sont partagés sur RS. Les adultes accompagnent les enfants pour paramétrer et s'y joindre.

Pareil pour les pompiers volontaires (à partir de 14ans): les adultes créent un canal de com "direct", sans prévenir les parents.

C'est tellement banal que des enfants aient des téléphones à partir de 8ans, que des adultes encadrants s'appuient dessus.
Donc les enfants rentrent le soir, et râlent parce que ce sont les "seuls" à na pas avoir les infos du groupe.
Les adultes créent le malaise du FOMO. Et toi tu te bats avec les adultes pour leur faire comprendre que non, envoyer des messages par RS 2h avant le début de l'entraîntement n'est pas communiquer, et tu n'as aucun argument.
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Pour moi on est en année électorale, et cette question de "protection des nenfants" était dans les promesses de macron depuis 2017. Or, rien n'a abouti concrètement en 10 ans (accessoirement ça renforce encore un peu le sentiment d'impuissance des politiciens).

Au moins deux autres pays s'y sont essayé avec un succès d'estime (pour être gentil) : L’Angleterre et l’Australie.
(Il me semble certains états américains aussi).

Surtout que, fidèle à sa doctrine, le gouvernement veux que les autres fassent (et financent) mais ne veux surtout pas dépenser un sous en prévention / formation.

Pour moi c'est de l'agitation et ça servira à rien sauf si les plateformes agissent comme Aylo et décident par eux même de bloquer . C'est peut-être ça le but du gouvernement, harceler suffisamment les sociétés ciblées pour qu'elles jettent l'éponge d'elles même en France.

(Auquel cas, la nature ayant horreur du vide, d'autres systèmes verrons le jour, peut-être décentralisé / P2P et donc plus difficile à censurer).

J'ai eu des ados cette année qui sont venu me poser des questions sur les VPN , spécifiquement est-ce que les VPN souvent promu sur youtube sont fiable, sur la techno derrière et tout, l’objectif étant surtout streaming & IPTV (pour le sport)
J'ai trouvé leur niveau loin d'être négligeable, malgré le fait qu'ils soient plus à l'aise sur le téléphone qu'en CLI :-) ils savaient ce qu'était un VPS , et comment ça marchait globalement.
Ils ont l'air con comme ça nos ados, mais en vrai ils le sont pas tant que ça.
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Ca sent le pâté leur truc...
Bon ok je sors...
:cbon::bouletdujour: