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Les deux « trucs » de la police allemande pour accéder aux messageries chiffrées

Webkriminalamt

Les deux « trucs » de la police allemande pour accéder aux messageries chiffrées

Illustration : Flock

Des enquêteurs de la douane et de la police allemande accèdent régulièrement à des communications échangées sur les applications de messagerie WhatsApp, Telegram, Threema et Signal sans avoir besoin de recourir à des chevaux de Troie gouvernementaux.

Auditionné à l’Assemblée nationale, Gérald Darmanin avait révélé un « truc » utilisé par les autorités pour accéder aux messageries chiffrées de personnes radicalisées. Alors ministre de l’Intérieur, il soulignait que « l’utilisation des messageries des réseaux sociaux par des terroristes est très inquiétante », ce qui expliquait l’explosion de perquisitions (rebaptisées « visites domiciliaires ») et de saisies suite à l’assassinat de Samuel Paty, respectivement passées de 25 à 277 (soit + 1 108 %), et de 14 à 141 (+ 1 007 %) en l’espace de quelques mois :

« Leur objet était de consulter, sur des tablettes, des ordinateurs et des téléphones tenus cachés, les messages qui ne pouvaient pas être écoutés à distance, parce qu’ils avaient été échangés sur les nouveaux types de messagerie que j’ai évoqués tout à l’heure. »

En l’espèce, ces visites auraient « permis d’ouvrir nombre de procédures judiciaires », mais sans que le ministre ne précise pour autant combien l’auraient été suite à la découverte de « messages qui ne pouvaient pas être écoutés à distance ».

Truc n°1 : associer le compte suspect à l’ordinateur des enquêteurs

Netzpolitik vient pour sa part de révéler un autre « truc » utilisé par les enquêteurs de la douane allemande. Pour parvenir à accéder aux messageries chiffrées, ces derniers ne recourent eux non plus à aucune technologie sophistiquée, mais à une forme d’ingénierie sociale.

Il donne l’exemple d’un couple s’étant rendu au commissariat pour témoigner au sujet de leur fille. Souhaitant pouvoir consulter les messages WhatsApp échangés avec elle, les enquêteurs leur ont demandé de déverrouiller leurs téléphones portables et de leur montrer les messages en question, afin de pouvoir en faire des captures d’écran.

Ayant accès à leur messagerie WhatsApp, les enquêteurs ont ensuite, à l’insu des parents, activé la fonctionnalité permettant de l’associer à un nouvel appareil, afin d’y connecter leur propre ordinateur. WhatsApp, Telegram et Threema permettent en effet de synchroniser son compte avec leurs applications web, Signal proposant de son côté un client dédié, afin d’y accéder depuis un ordinateur, en sus de son téléphone.

Après avoir lancé l’application web sur leur ordinateur, il a suffi aux enquêteurs de scanner le QR Code depuis le compte WhatsApp du portable des parents pour avoir accès à l’intégralité de leurs échanges, passés et à venir.

Un site web dédié permettant aux policiers d’accéder aux messageries dupliquées

Un document de l’Office des enquêtes criminelles des douanes (Zollkriminalamt) auquel Netzpolitik a eu accès décrit cette forme de surveillance des messageries instantanées comme un moyen « d’enregistrer les données échangées via les messageries instantanées sans avoir à infiltrer le système informatique avec un logiciel de surveillance (interception à la source) ».

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Commentaires (16)

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Le truc n°1 suppose d'avoir eu accès au préalable au téléphone déverrouillé correspondant au compte Whatsapp qu'on veut espionner. Ça permet d'espionner des témoins ou des plaignants, mais pour espionner des terroristes comme ça, je ne vois pas...
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Tu passes par des proches, ou par le QR de la table du restau pour le paiement de l'addition.
J'imagine qu'il y a moyen de faire une chaine de traitement sur le téléphone pour ouvrir l'accès à WhatsApp/Signal... et de finir par ouvrir la page de l'addition après quelques secondes "ni vu, ni connu"

Ou alors je suis trop parano et je viens de filer des idées à la DGSE / DGSI :stress:
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Le QR code d'authentification Whatsapp est à scanner avec l'appli Whatsapp. Pas très discret.
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Le QR code d'authentification est à poussé à l'App, via le signal de ma caméra, mais ce signal peut être simulé, WhatsApp prendre alors la donnée qu'on lui envoi pour connecter un nouveau Device et se synchroniser.

Tout ça peut être réalisé en arrière plan sur le téléphone cible.

Ils font/faisaient comment NSO & Co avant avec leur SMS vérolé sans action humaine sur un téléphone verrouillé ?
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Avec l'exemple des parents données, ce sont des gens venant témoigner qui se font rouler… c'est désastreux en termes de bris de confiance.
Quelle conclusion tout un chacun, à commencer par chacun de ces parents, va-t-il tirer ?
C'est tout simplement contreproductif. Et éclatant de stupidité.
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Vu que, dans le cas présent, ils cherchaient à prendre connaissance des échanges entre des parents et leur fille, on peut tout de même se poser des questions sur la nature et le cadre du témoignage des parents. Ils ne sont pas nécessairement venus témoigner spontanément, ni vraiment de leur plein gré. Vu la façon de procéder, ça laisse penser que cette écoute soit plutôt destinée à tenter de protéger la fille, à l'insu de ses parents. Sinon, je ne vois aucun intérêt dans la démarche adoptée par les policiers.

Sans plus d'information, je m'abstiendrai de juger de la pertinence de la démarche.
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Ou l'inverse, pour protéger leur fille (en témoignant pour elle), mais les policiers en ont profité pour lire tous leurs messages avec d'autres personnes aussi…
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"se conforme toujours à la législation en vigueur ainsi qu’à son interprétation par les tribunaux"
Je vois pas trop ce qu'ils peuvent dire d'autre, même si c'est pas vrai....
De toute façon si Netzpolitik ou autre prouve l'inverse, c'est pas comme si il y allait avoir des conséquences, autre que le fait que tout le monde fera plus attention...

L'histoire de la fille et couple montre qu'ils ont abusé de la crédulité de ces derniers pour.... quoi exactement ? Espionner la messagerie de personnes venus spontanément au commissariat ?
Ils se sont cru revenu en 1940 ... ?
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Bah juste que tous les jugements rendus suite à ce genre d'actions son nuls et non avenus , vis de procédure.

C'est totalement stupide de leur part.
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Ils sont au courant que le RGPD existe ? 🤮
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Je suppose que c'est "intérêt légitime", dès que c'est fait par un flic.
Tout comme ils vont avoir la légitime défense par défaut dans la loi en discussion au parlement.
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Il donne l’exemple d’un couple s’étant rendu au commissariat pour témoigner au sujet de leur fille. [...] Ayant accès à leur messagerie WhatsApp, les enquêteurs ont ensuite, à l’insu des parents, activé la fonctionnalité permettant de l’associer à un nouvel appareil, afin d’y connecter leur propre ordinateur.
Donc, des honnêtes gens (à priori) viennent aider la police, et se retrouvent espionnés en échange. Super.
Encore une bonne raison de faire confiance à la police tiens ... 😒
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J'ai compris comme toi au départ et réagit pareillement. Mais c'est notre lecture en considérant que des parents, c'est forcément bienveillant.
Mais je vais un peu te refroidir :
1/ il y a une agression de gamin toutes les 3 minutes. (source CIIVISE)
2/ un tiers correction : pas de données exactes mais ça se situe entre 5 et 12% (en fait c'est 32% des violences déjà classées comme intrafamiliales, faut arriver à comprendre l'avalanche de chiffres, notamment sur https://www.ined.fr/fr/publications/editions/population-et-societes/violences-sexuelles-durant-enfance-et-adolescence) des agresseurs sont les pères ou beau-pères (avec parfois silence de la mère)
Donc ça peut aussi se comprendre comme "ils sont venus témoigner parce qu'on le leur à demander dans le cadre de l'enquête".
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Comme quoi, y a pas besoins de fragiliser le chiffrement bout-en-bout pour faire des écoutes whatsapp...
Faudra le rappeler au législateur la prochaine fois qu’ils voudront mettre des back-doors partout.
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Aucun texte de loi n’encadre ce type de surveillance des messageries
Il me semblait que le droit au secret des correspondances était dans le droit européen. Mais les flics sont au dessus des lois, non ?
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Oui, je pense que le principe de protection des correspondance existe bien dans la loi... mais il doit être assorti d'une ribambelle d'exceptions!