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OpenAI et Anthropic se lancent à l’assaut des enseignants états-uniens

IA école ?

OpenAI et Anthropic se lancent à l’assaut des enseignants états-uniens

Illustration : Flock

Les deux startups américaines proposent chacune une offre adressée spécifiquement au corps enseignant en lui promettant de le débarrasser des tâches administratives et de la préparation des cours.

Alors que les vacances d’été ont commencé et que les personnels de l’éducation pensent déjà (un peu) à la rentrée, OpenAI et Anthropic mettent en avant leurs offres en direction des enseignants états-uniens.

Les deux entreprises leur proposent des outils s’appuyant sur leurs modèles d’IA générative, avec des offres de lancement gratuites… pendant un an pour Anthropic et « jusqu’en juin 2028 » pour OpenAI. Elles se donnent donc un ou deux ans pour convaincre les enseignants d’utiliser en masse leurs outils, espérant les rendre indispensables dans leurs pratiques, pour ensuite facturer les institutions. Les deux offres sont calibrées pour être utilisées par les enseignants qui travaillent officiellement dans le cadre du K-12, le système scolaire des États-Unis allant de la maternelle (Kindergarten) au secondaire (grade 12).

OpenAI vise aussi maintenant les chefs d’établissement

Du côté d’OpenAI, une offre était déjà disponible pour les enseignants en novembre dernier en promettant déjà de simplifier le travail quotidien. À l’époque, l’entreprise annonçait une offre gratuite jusqu’en juin 2027. Elle repousse maintenant cette date « jusqu’en juin 2028 » mais en ajoutant à sa cible les chefs d’établissements. L’entreprise assure aux personnels enseignants que cette offre est différente d’un accès normal à ChatGPT dans le sens où elle leur fournirait «un espace de travail sécurisé qui […] permet de collaborer avec d’autres enseignants » de leur établissement ou de leur district (l’équivalent à une académie en France) ainsi que « des fonctionnalités avancées en matière de confidentialité des données et de conformité ».

Notamment, les chefs d’établissements et responsables de district peuvent demander un domaine propre pour regrouper les enseignants au sein d’un même espace de travail dont l’authentification peut se connecter à un service d’authentification unique (SSO) via SAML.

L’entreprise assure aussi aux enseignants que, par défaut, elle n’entrainera pas ses modèles sur leur matériel pédagogique ou la préparation de leurs cours. OpenAI leur promet un travail plus rapidement accompli grâce à des « suggestions de prompts directement dans l’application ».

Les espaces numériques de travail en ligne de mire

De la même façon, Anthropic vise les enseignants américains en les faisant rêver de « revenir à ce qui [les] a poussés à devenir enseignants ». « Se concentrer sur les élèves plutôt que sur la planification, la préparation et la paperasse » promet l’entreprise avec son programme « Claude for K-12 teachers », oubliant que la préparation des cours fait partie des tâches essentielles du métier d’enseignant. L’entreprise met en avant le fait d’avoir connecté son système avec des programmes d’études fondés sur les données, citant notamment les Learning Commons.

Anthropic met en avant son partenariat avec l’association Teach for America qui se donne notamment pour but de réduire les inégalités en matière d’éducation, mais ne fait pas l’unanimité. L’association a ainsi été accusée de « saper le système éducatif public américain à la base même en prônant le remplacement d’enseignants de carrière expérimentés par un modèle néolibéral d’éducateurs interchangeables et d’évaluations standardisées ».

L’entreprise de Dario Amodei donne, pour l’usage de ses outils par les enseignants, des exemples de plan de cours, de prompts d’analyse des notes des élèves, de notes de cours ou de gestion de la communication avec les parents. Elle aussi promet de ne pas entrainer ses modèles avec les données des enseignants et élèves.

Au final, les deux entreprises semblent espérer, à terme, remplacer les espaces numériques de travail (ENT) des écoles par un outil tout-en-un boosté par leurs modèles.

Le risque de confier la préparation des cours à une IA est notamment de laisser passer des informations ou des représentations hallucinées ou biaisées par les IA. Rappelons l’exemple de l’IA pour enseignants d’Universcience, Ada, qui accompagnait des cours d’images générées par IA absurdes sur l’évolution.

Commentaires (5)

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« revenir à ce qui [les] a poussés à devenir enseignants ». « Se concentrer sur les élèves plutôt que sur la planification, la préparation et la paperasse »
Alors, en tant qu'enseignant(-chercheur), si je ne vais pas contredire mon, disons manque de motivation face à la paperasse, en revanche, la préparation des cours m'est indispensable. Pour moi plus que pour les élèves, et pas tant pour le contenu du cours que parce que ça me force à clarifier pour moi-même beaucoup de choses.

J'ai déjà tenté d'enseigner un cours tout prêt, en me disant « eh c'est bon, c'est déjà préparé, je relis viteuf et c'est marre », et c'était clairement la partie la moins claire du cours. En plus, relire un truc tout fait est bien plus chiant que de le préparer soi-même. En même temps, qui aurait pu prédire qu'un travail déqualifié soit moi satisfaisant ?

Merci les techbros IA de projeter leur incompétence et leur fainéantise sur tous les sujets qu'ils ne maitrisent pas.
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C'est pas exclusif au métier d'enseignant, beaucoup de métiers ont la possibilité aujourd'hui de pouvoir prémâcher le travail et de juste le restituer, sauf qu'effectivement, le "cœur" n'y est pas, et le niveau de maîtrise non plus quand il faut aller porter l'ensemble face à un élève, un client, un conseil d'administration, un juge...

En revanche, comme pour les autres métiers, ça peut être un appui utile pour structurer son travail et gagner un peu de temps. L'IA reste un outil, avec la bonne façon de l'utiliser pour que ce soit pertinent.
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Cette injonction, profession après profession, à arrêter de penser, comme si c'était has been, subversif, contestataire, me génère une envie certaine d'aller cramer du datacenter ou du techbros.
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C'est pas une injonction, c'est une réponse à une attente. On veut plus attendre son colis ni aller chercher son produit au magasin, on veut plus faire à manger, on veut plus avoir à se rappeler des numéros de téléphone, de son agenda, des anniversaires, on veut plus réfléchir pour répondre à un email ou traiter une tâche.

L'être humain n'a pas attendu l'IA pour échapper à ses corvées, il travaille dessus depuis des millénaires et toute notre société est basée dessus. On a commencé avec les tâches physiques (chasse vs agriculture, industrialisation, robotique, etc.) et on est passé sur les sujets cognitifs depuis une trentaine d'années (l'ordinateur/smartphone remplace la mémoire et automatise les calculs, et maintenant l'IA qui remplace la réflexion).

Pour moi, le problème, c'est donc pas tant que l'humain cherche à se rendre dispensable, c'est dans sa nature. Le problème c'est surtout qu'il soit sur le point d'y arriver et que pour l'instant je vois pas vraiment de plan B derrière. Dans mon classement des dystopies les plus crédibles, Wall-E est numéro 1...
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Cela va bien le temps de la découverte, mais imaginez vous toute une vie sans erreur, sans digression, sans impondérable car tout est prévu, planifié, aidé par l'IA...
On sera entré dans l'ère du vrai metro, boulot, dodo aussi inodore et sans saveur que leur nom le laisse supposer.

C'est impossible de passer toute une vie comme cela.
Mais ll y a encore de l'espoir: des jeunes de ma famille sont partis en vacances ensemble et pendant celles ci, ils ont décidé de se passer de téléphone, d'IA pour se retrouver, se marrer, vivre quoi...