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L’IA générative dans l’Éducation nationale : « pour l’instant, c’est du bricolage »

Et ils pompaient, pompaient…

L’IA générative dans l’Éducation nationale : « pour l’instant, c’est du bricolage »

Illustration : Flock

Alors que le ministère de l’Éducation incite les enseignants à utiliser l’IA sans leur donner un réel cadre d’usage, les quelques enseignants qui l’utilisent doivent bricoler dans leur coin. Il n’y a pas d’outil à disposition pour enseigner leurs usages. Les programmes scolaires ne permettent pas de prendre le temps d’aborder les questions autour du fonctionnement de l’IA générative et des problématiques qui l’entourent.

Depuis l’arrivée de ChatGPT, le milieu de l’éducation se demande comment faire avec… ou sans. Les IA génératives ont remis en question, non seulement la manière dont les élèves peuvent percevoir l’enseignement en classe, mais aussi comment ils peuvent se percevoir eux-mêmes face à l’apprentissage : à quoi bon apprendre si une machine peut recracher pour nous en un instant un savoir qu’on nous demande de retranscrire dans les devoirs ?

De leur côté, les enseignants ont rapidement ressenti les difficultés de détecter un texte généré par IA et de le prouver ou d’adapter leur enseignement et le contrôle de connaissance pour ne pas se poser la question. Des recherches montrent aussi que, comme l’utilisation de l’IA dans les outils d’imagerie médicale fait baisser les capacités de détection du personnel médical, l’utilisation de l’IA dans l’apprentissage des maths en lycée booste les résultats avant de les voir régresser quand on demande aux élèves de s’en passer.

Une volonté de la hiérarchie d’y « aller à fond sur l’IA »

On pourrait se dire que l’intégration de l’IA générative au sein même de l’Éducation nationale via des cours permettrait d’adapter l’école à ce changement. Le ministère semble aller dans cette voie : « L’institution pousse, à l’heure actuelle, à expérimenter tous azimuts. Il y a des initiatives partout de plein de rectorats qui font des expérimentations IA », explique à Next Amélie Hart, secrétaire nationale du syndicat SNES-FSU et enseignante en lycée en Histoire-Géographie, mais sans réel cadre.

« Il y a une volonté de la hiérarchie de l’Éducation nationale à aller à fond sur les IA, y compris en étant hyper mal formés sur les enjeux de la protection des données (qui n’a pas commencé avec l’IA) », ajoute-t-elle. Sur le côté y aller à fond sans formation, on a un peu l’impression de revivre les périodes de confinement avec la « continuité pédagogique ». Cela soulevait les mêmes questions de protection des données et de souveraineté. Cinq ans plus tard, la leçon ne semble pas apprise.

Résultat, « pour l’instant, c’est du bricolage », estime Christophe Cailleaux, le coresponsable du groupe numérique du SNES-FSU, « tout le monde fait à sa sauce et dans son coin ».

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Commentaires (7)

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Mise en situation en entreprise :

Employé potentiel : « à quoi bon apprendre si une machine peut recracher pour nous en un instant un savoir qu’on nous demande dans un projet »

Recruteur : « à quoi bon vous employer quand une machine peut faire votre travail ? »

C'est certes un raccourci mais c'est ce que j'essais d'expliquer à mes étudiants !

J'en profite pour leur demander s'ils souhaitent être payés comme ingénieurs ou comme opérateur ? Car ce ne serait clairement pas le même salaire :francais:
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Et puis l'école c'est censé former des citoyens, et être un citoyen c'est pas "ChatGPT, pour qui dois-je voter ?"
Avoir des bases en français, histoire, géographie, emc et philosophie c'est nécessaire dans ce but. Les maths c'est pratique dans la vie de tous les jours et permet d'appréhender les chiffres en politique, pareil pour la SES qui permet de comprendre les bases de l'économie, de la société et du droit. Et on peut continuer pour à peu près tous les cours.

L'intérêt des cours c'est que c'est des humains, si on mettais juste les élèves devant un écran (chez eux ou en classe) et qu'on leur demandais d'interroger ChatGPT sur la bataille de Marignan, bah il n'apprendraient pas grand-chose, alors qu'avec un prof bien formé et pédagogue...

Je ne suis pas contre une séquence d'initiation à l'IA et d'esprit critique intégré dans un cours plus global d'éducation aux médias et à l'information pour que les professeurs documentalistes puissent enfin exercer (oui oui, les "dames du CDI" sont des professeures diplômées ayant passé le même concours que les autres), mais intégrer l'IA dans tous les cours, c'est selon moi inutile et contre-productif.

La Convention Citoyenne sur les temps de l'enfants (130 citoyens tirés au sort et conseillés par des pros de différents points de vue) a d'ailleurs publié un rapport et des propositions récemment : https://www.lecese.fr/sites/default/files/CCTE-Rapport-citoyen.pdf
À lire absolument !
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Je plussoie, l'IA n'est pas à exclure mais à utiliser comme un outil d'aide, à la recherche de pistes par exemple mais pas pour faire le travail intégral :sm:
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J'ai cette démarche avec mes étudiants (Master 2), à qui j'apprends à faire des webapp cartographique (avec Leaflet) : vous ne touchez pas à l'IA pendant le cours, vous apprenez par vous même.
À la fin, ils sont notés sur un projet à rendre, et là ils ont le "droit" d'utiliser ce qu'ils veulent (de toute façon je ne pourrais pas vérifier). Mais sur la gestion du projet au global, depuis les données jusqu'à un rendu visuel un peu spécifique, les LLM ne s'en sortent pas, les étudiants sont obligés de piger comment ça marche pour articuler les snippets fourni par l'IA, s'ils l'utilisent.
Je reteste quand même chaque année que les nouveaux modèles d'IA soient bel et bien incapables de faire une trop grande partie du boulot. Pour l'instant on en est très loin.
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Et puis l'école c'est censé former des citoyens
Avant ça, c'est un processus d'apprentissage, et ça ne marche que par la répétition et l'essai-erreur, un processus que l'usage de l'IA pour produire des résultats court-circuite totalement.

Ce qui nous intéresse quand on évalue un élève au travers d'un exercice, c'est de voir s'il a compris comment on arrive à un résultat, ce n'est pas le résultat en lui même.
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Merci pour cet article Martin. Des retours très intéressants et effectivement la situation semble difficile à approcher pour le moment. Une amie prof me dit qu'ils n'arrivent déjà presque jamais à faire tout le programme...
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Sur le sujet d'un marché qui serait conclu avec une grande entreprise de l'IA pour pousser les outils dans les lycées. Autant mettre en avant un marché passer avec Mistral AI, donc une entreprise Française.
Ce qui serait au moins un "financement" vertueux.