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Les internautes s’informent plus via les plateformes que sur les sites et applications

Prière matinale de l'homme moderne

Les internautes s’informent plus via les plateformes que sur les sites et applications

Illustration : Flock

La consommation d’information passe désormais plus fréquemment par les plateformes sociales et vidéo que par les sites web et applications des médias traditionnels, constate le Digital News Report 2026 du Reuters Institute.

Un sondage, effectué en janvier et février 2026, montre que pour la première fois, les réseaux sociaux et vidéos sont plus utilisés que les sites web et applications des chaînes de télévision et médias traditionnels pour s’informer à travers le monde. Les autrices et auteurs de ces informations continuent d’ailleurs d’évoluer : se tourner vers des influenceurs pour s’informer devient relativement normal, au point que les journalistes sont toujours plus nombreux à adopter les codes de l’influence en ligne.

Tels sont certains des constats dressés par le Digital News Report 2026 du Reuters Institute. Quinzième édition d’un travail attendu chaque année par les professionnels de l’information, le rapport s’appuie sur le sondage de 100 000 personnes interrogées à travers 48 pays (dont 2 011 en France). Parmi ses grandes conclusions, il constate aussi que les formats vidéo et l’intelligence artificielle générative gagnent des points d’usage en matière d’information.

Globalement, cela dit, la chute de confiance dans les médias traditionnels et les phénomènes d’évitement actif de tout ou partie de l’information continuent de s’étendre. En France, 29 % de la population interrogée se déclare ainsi confiante dans l’information, contre 37 % à l’échelle mondiale.

Usage des réseaux sociaux, des sites et applications de médias et de la télévision pour s’informer, par classe d’âge / Digital News Report 2026

Victoire de la vidéo en ligne

77 % de la population consomme de l’information vidéo en ligne chaque semaine. Dans 45 des 48 marchés étudiés, ils sont désormais plus nombreux à regarder des vidéos d’information de cette manière, plutôt que via les journaux télévisés. L’Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas sont les trois seuls pays où ces derniers résistent.

Au Royaume-Uni, la consommation d’information vidéo est désormais plus fréquente en ligne que via la télévision / Digital News Report 2026

Depuis la pandémie, l’évolution du recours aux plateformes sociales a vu celles qui proposent de la vidéo tirer leur épingle du jeu. Si Facebook reste la plateforme la plus citée (par 43 % du public) comme espace de consommation d’information, YouTube est déjà utilisé à ces fins par 34 % des sondés, Instagram par 26 % et TikTok par 20 %. Par ailleurs, plus du quart des interrogés indique regarder de la télé traditionnelle à la demande, via YouTube ou les smart TVs.

Proportion des répondants qui se sont informés en vidéo la semaine précédent l’enquête, dans le monde / Digital News Report 2026

Soutiens et gagnants de cette évolution, les créateurs et créatrices de contenus sont de plus en plus considérés comme des sources d’information, notamment parce qu’ils sont perçus comme plus simples à comprendre et plus divertissants que les médias traditionnels.

46 % des répondants indiquent ainsi s’informer auprès de créateurs et créatrices de tous types, et 27 % auprès de personnalités d’internet spécialisées dans l’information.

Cet intérêt est généralement cumulé avec celui de l’information traditionnelle : le public qui écoute des influenceurs le fait généralement en plus de consulter des médias. Pour les écouter, logiquement, il repose de plus en plus sur les plateformes sociales et vidéo, en particulier chez les plus jeunes.

Évolution des pratiques de consommation dans le monde, tous types de medium confondus / Digital News Report 2026

Extension du domaine de l’IA

Le recours aux chatbots d’IA s’étend, quoique de manière contrastée selon les régions. Globalement, 10 % des interrogés déclarent désormais y recourir pour s’informer, contre 7 % dans le Digital News Report de 2025. Cette évolution est tirée par les usages des plus jeunes : 16 % des moins de 35 ans déclarent recourir à l’IA dans un contexte d’information.

42 % des interrogés déclarent par ailleurs recourir à ces outils pour approfondir une information, notamment pour poser des questions supplémentaires. Si le recours global à ces technologies a doublé dans des pays où la plateformisation de l’information est déjà forte, comme la Corée du Sud (14 %), la Grèce (12 %) ou l’Espagne, leur usage est resté stable en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne.

Proportion des répondants qui ont utilisé des chatbots pour s’informer la semaine précédant l’enquête, par classe d’âge et par fréquence d’utilisation / Digital News Report 2026

La confiance dans la qualité des résultats fournis par des chatbots d’IA est par ailleurs tirée par l’usage : 44 % des répondants qui les utilisent se déclarent confiants dans les résultats fournis par les robots pour s’informer, tandis qu’ils ne sont plus que 17 % parmi les non-usagers.

Dans le détail, soulignons par ailleurs que ceux qui recourent à l’IA le font avant tout pour approfondir le sujet sur lequel ils s’informent – 42 % des répondants déclarent poser à leur chatbot une question sur une information qu’ils viennent d’apprendre –, tandis que plus d’un tiers y recourent pour obtenir les dernières informations (35 %), pour résumer un sujet d’actualité (34 %) ou pour trouver ou évaluer une source d’information (33 %).

Pour les médias, une conséquence évidente et déjà constatée sur la plupart des marchés est la perte de l’accès direct à leur public : entre 2024 et 2025, le trafic a dégringolé de 33 % en moyenne. Parmi la petite proportion de la population qui recourt à l’IA pour s’informer, seulement 4 % déclarent cliquer « souvent ou toujours » sur les liens sources, contre 17 % de ceux qui recourent aux réseaux sociaux pour s’informer, et 19 % de ceux qui recourent à une recherche en ligne.

La chute de la confiance dans l’information se poursuit

En parallèle de ces phénomènes, la chute de la confiance dans l’information se poursuit. D’après le Reuters Institute, sous l’effet de la plateformisation accentuée, et alors que le public continue de plébisciter une recherche d’impartialité dans l’information et d’accorder moins de crédit aux créateurs de contenu qu’aux médias traditionnels, cette confiance devrait continuer de chuter dans les années à venir.

Partout dans le monde, cela se traduit aussi par un désintérêt pour l’information. En France, qui fait partie des pays où la chute est la plus évidente, la part de la population qui se déclare « très » ou « extrêmement » intéressée par l’actualité est passée de 58 % en 2015 à 26 % des répondants en 2026.

Seulement 12 % des lecteurs français payent aussi leur information, en revanche, ils ont en moyenne deux abonnements. Une rareté, qu’on retrouve aussi en Pologne, en Australie et aux États-Unis.

Les médias de service public, lorsqu’ils existent, restent relativement appréciés. Dans plusieurs pays comme la Serbie, la Slovaquie ou l’Italie, leur image est écornée par les assauts politiques. Il en va de même en France, où France Télévisions reste consultée de manière hebdomadaire par un tiers des Français. En parallèle, 22 % des interrogés déclarent l’impact du service public positif, et 31 % l’estiment négatifs.

Commentaires (12)

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La confiance dans la qualité des résultats fournis par des chatbots d’IA est par ailleurs tirée par l’usage : 44 % des répondants qui les utilisent se déclarent confiants dans les résultats fournis par les robots pour s’informer, tandis qu’ils ne sont plus que 17 % parmi les non-usagers.
Moi, j'aurais dit que c'est l'usage qui est tiré par la confiance. Qui s'informerait sur une source d'information à qui il ne lui accorde pas sa confiance ?
Je trouve d'ailleurs surprenant que 56 % des utilisateurs de l'IA pour s'informer ne sont pas confiants sur les résultats.
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Je trouve d'ailleurs surprenant que 56 % des utilisateurs de l'IA pour s'informer ne sont pas confiants sur les résultats.
et pourtant, ils continuent à les utiliser
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"C'est compliqué" des fois je trouve.

J'ai acheté un livre "Courir sans douleurs" que je recommande. Il est clair, donne des conseils, m'a convaincu.
Je lui fais donc confiance.

Par contre, un passage du livre m'a marqué : il s'agit d'un passage court sur la nutrition en lien avec la prise/perte de poids qui me semble simpliste, daté et donc erroné car fortement incomplet.

Pour autant je ne remets pas en question tout le livre.

Parler histoire avec un LLM c'est vraiment intéressant. Il y a sûrement des erreurs de temps en temps, mais c'est aussi plus digeste que la mise en abîmé de mes 45 onglets Wiki quand je creuse un sujet.

Je ne défends pas spécialement l’IA mais je veux relativiser les erreurs.

Le problème c'est que l’IA répond à tout avec professionalisme et assurance. Dans le cas de mon livre sur les blessures de la course, je sais quel est le domaine de compétences principal de l'auteur. Pour l’IA on n'a pas cet avertissement tacite. Experte en tout, Experte en rien.
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Merci pour l'article !

La dernière vidéo de Argent Magique parle des médias, de leurs financements et de leurs audiences, un bon complément à cet article je trouve.
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C'est un peu le serpent qui se mord la queue.

Pas confiance dans les "médias traditionnels" -> s'informe avec des comptes douteux sur les plateformes, qui comme par hasard n'ont pas les mêmes infos que les médias mainstream. Donc encore plus de confiance dans les infos glanées sur les plateformes par rapport au reste.
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C'est normal, les vraies informations sont là-bas. En France les sites ont trop cette culture bienpensante de ne montrer que le positif, de n'oser choquer personne.
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n'est pas Next qui veux...
:pciwin:
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Facebook, Instagram, tiktok : des sites d'actualités ? On aura tout vu. Plutôt des sites pour se regarder le nombril. Youtube me casse les pieds avec ses notifications qu'il faut que je vire et Google actualités devient de plus en plus médiocre avec tout ces sites sortis de nul part.
Mais aujourd'hui, plus personne ne veut payer un service. Une messagerie à 1€/mois sans pub? Ah bon, ce n' est pas gratuit?
J'ai de plus en plus de mal â comprendre.
Ma femme et moi vivons très bien sans Facebook Tiktok et Instagram.
J'étais assez étonné par le côté innovant de Google mais la déclinaison devient de plus en plus médiocre. Dommage.
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Un peu hors sujet mais on veut tout nous refiler en abo aussi.
Bientôt l'appli de réveil en abo. Non merci.

Les médias évidemment c'est abo ou ponctuel. Mais pour regarder une recette (de la communauté qui plus est) sur un site quelconque s'abonner pour 1€/mois c'est un peu violence.
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Et l'abonnement obligatoire révélé juste après le forcing de validation des cookies, évidemment.
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Rien d'étonnant, ils éditent bien des livres de recettes, je doute que les contributeurs y gagnent le moindre centime.

Alors nous proposer de payer pour avoir moins de cookies, ça n'a plus rien de choquant. Reworld Media quoi.