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Les Pays-Bas bloquent le rachat d’un fournisseur numérique par une société états-unienne

Independance day

Les Pays-Bas bloquent le rachat d’un fournisseur numérique par une société états-unienne

Illustration : Flock

Le gouvernement néerlandais vient de bloquer le rachat de la société numérique Solvinity par l’acteur états-unien Kyndryl. En cause : des préoccupations en matière de souveraineté.

Aux Pays-Bas, les citoyens recourent régulièrement à l’application gouvernementale DigiD app pour s’authentifier à divers services numériques. L’application leur sert aussi bien pour échanger avec l’administration que pour acheter une maison ou prendre un rendez-vous médical.

DigiD app est construit par une société locale, Solvinity, qui gère aussi la plate-forme administrative nationale MijnOverheid. Solvinity est par ailleurs en charge de la sécurisation des communications numériques du ministère de la Justice et de la Sécurité.

Alors que la société états-unienne Kyndryl avait annoncé le rachat de l’acteur néerlandais, les autorités ont bloqué la transaction. Le recours à des technologies états-uniennes inquiète de plus en plus au sein de l’Union européenne.

Rachat par une émanation d’IBM

Issue de la scission des services d’infrastructures d’IBM, Kyndryl a été créée en 2021. Cotée à la bourse de New York, elle est actuellement valorisée à 2,7 milliards de dollars.

Solvinity est quant à elle détenue par la société britannique de capital-investissement Vitruvian Partners. Les fondateurs néerlandais de cette société de 275 employés, qui enregistraient 70 millions d’euros de chiffre d’affaire en 2025, maintiennent quant à eux une participation minoritaire à son capital.

Mais dès l’annonce de la revente, en novembre 2025, l’opération a créé des remous : elle était critiquée pour sa propension à mettre à portée d’application du Cloud Act états-unien un opérateur d’infrastructure numérique sensible.

Évaluation négative

Alors que le rachat était validé par Vitruvian Partners, puis accepté par l’Autorité néerlandaise de la concurrence, l’ACM, la secrétaire d’État chargée de l’économie numérique Willemijn Aerts a demandé à l’agence chargée d’examiner les investissements transfrontaliers (BTI) d’étudier les risques que posait le transfert.

Dans une lettre ouverte adressée au Parlement, cette dernière indique que l’autorité a considéré le rachat comme un « risque probable pour l’intérêt public ». C’est la première fois que cette dernière intime d’empêcher une acquisition états-unienne depuis sa création, en 2020. Ce 25 mai, le gouvernement néerlandais a décidé de suivre cet avis et de bloquer l’opération.

Si les Pays-Bas « portent une grande valeur à la présence d’entreprises étrangères, en particulier de sociétés technologiques issues des États-Unis (…) ils maintiennent un cadre indépendant d’examen des investissements afin de protéger l’intérêt public », indique la lettre. Kyndryl s’est déclaré « extrêmement déçu » et a regretté la « politisation » de l’affaire. La société s’engage néanmoins à « continuer d’accompagner [ses] clients aux Pays-Bas dans la modernisation de leurs systèmes », notamment en leur proposant des« méthodologies d’IA agentique ».

Solvinity, de son côté, se dit ouvert aux discussions avec le gouvernement sur les questions de « sécurité nationale, de souveraineté numérique et de protection des infrastructures critiques néerlandaises ». Quant au service DigiD, il a publié ses propres informations, soulignant que Solvinity n’est que le « fournisseur de l’infrastructure de plateforme sur laquelle DigiD fonctionne, celle-ci étant hébergée sur un data center gouvernemental ». Il souligne que les données personnelles des citoyens sont protégés par chiffrement, et que les employés de Solvinity n’y ont jamais accès.

Cette décision est rendue alors que la Commission européenne doit proposer d’ici quelques semaines une série de mesures dédiées à renforcer la souveraineté numérique et à réduire la dépendance de l’Europe envers des technologies étrangères, en particulier dans les domaines du cloud, des puces et de l’IA.

Aux Pays-Bas, sept fournisseurs de cloud travaillent d’ailleurs collectivement pour tenter de proposer une alternative aux fournisseurs états-uniens, rapportait NRC début avril. Ils se sont notamment mis d’accord pour utiliser les mêmes standards, afin de faciliter la circulation d’un fournisseur à l’autre et permettre de travailler sur de plus gros projets, et pour permettre à leurs concurrents de récupérer les projets critiques si jamais l’une d’entre elles était rachetée par un acteur non européen.

Commentaires (9)

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Alors que le rachat était validé par Vitruvian Partners, puis accepté par l’Autorité néerlandaise de la concurrence
Rien que cette phrase me parait complètement dingue.
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Pas plus que ça. L'autorité de la concurrence acte par rapport à un cadre qui lui a été fourni.
La question de la souveraineté ne fait pas parti des critères qui lui est possible d'être pris en compte.
Et si l'actionnaire majoritaire souhaite vendre ses actifs c'est son droit aussi.

Je que je dis n'ai que relatif à ces deux points, pour ma part je suis content que les Pays -Bas ont agis comme ça et j'espère que cela ferra émule.
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En parlant des Pays-bas, OVH a fait un petit communiqué à leur sujet.
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DigiD app est construit par une société locale, Solvinity, qui gère aussi la plate-forme administrative nationale MijnOverheid. Solvinity est par ailleurs en charge de la sécurisation des communications numériques du ministère de la Justice et de la Sécurité.
Je crois que c'est suffisant pour ne même pas envisager la possibilité d'une vente à une société US internationale. Dingue tous ces détours alors que ça me semble assez évident en lisant les activité de l'entreprise en question.
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Le cadre légal et le bon sens ne vont malheureusement pas toujours dans le même sens.
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C'est un rapide. Le cadre légal existe, en qualifiant l'entreprise de stratégique et ayant la majorité des voix au CA.

Juste une absence de politique publique et de plan.
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C'est bon y'a pas que les nordiens qui ont un peu de bon sens, nous aussi on s'est opposé à la vente d'Alsthom à GE en son temps, entreprise stratégique s'il en est !!! NOus aussi on a des dirigeants pas complètement déficient mentaux !

Oups, on me dit que je vis dans une réalité alternative... Mince, dans ma réalité on a jamais élu PR (2x) le ministre de l'économie qui avait voulu faire ça, et en plus il a été traduit en justice pour corruption et haute trahison ... Décidément je vis dans un autre monde :reflechis:
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Ne pas bloquer la vente d'une entreprise privée à une autre c'est de la haute trahison ?
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Techniquement parlant, je ne suis pas sûr qu'il y'avait un réel risque :
DigiD étant hébergée sur un data center gouvernemental
donc là a priori pas de risque à part si il venait à pousser des malwares / portent dérobée dans leur appli; ça semble un peu gros...
en charge de la sécurisation des communications numériques du ministère de la Justice et de la Sécurité.
Encore de la cryptographie : si la clé privée est inconnue de sloviny, bah je ne vois pas de risque d'intercepter quoi que ce soit d'autre que des flux chiffrés.

Après sur le fond c'est je pense une bonne chose, le risque étant qu'à l'instant de la vente il n'y ait pas de problème et que dans le cadre d'une rénégo ce soit oublié et qu'un service cloud ou un serveur dans le datacenter de sloviny soit proposé discrètement...