Connexion Premium

Vie privée : 75 associations alertent Meta sur les risques que créent ses smart glass

Plus de soixante-dix associations dédiées à la défense des libertés numériques ou à la lutte pour les droits des femmes et des minorités se sont associées pour signer une lettre ouverte à destination de Mark Zuckerberg. 


En jeu : les risques que ses smart glass font peser sur la vie privée d’une large part de la population, en particulier « les victimes de violences conjugales, les cibles de harceleurs et d’agresseurs sexuels, les minorités religieuses, les personnes de couleurs, les personnes LGBTQ+, ainsi que les femmes et les enfants, entre autres ».

Le groupement d’ONG appelle l’entreprise à renoncer à son projet de déployer de la reconnaissance faciale dans les dispositifs issus de la collaboration entre Ray-Ban et Meta.

Garantir la possibilité, pour les citoyens, d’évoluer « sans craindre les stalkers (harceleurs), les arnaqueurs, les agresseurs, les agents fédéraux et les activistes issus de tout l’échiquier politique » n’est pas une simple « préférence de vie privée », écrivent-ils. « Il s’agit d’un prérequis pour une société libre et sécurisée. »

Meta travaille sur la piste de déployer de la reconnaissance faciale dans les lunettes depuis plusieurs mois, sous la forme d’une fonctionnalité baptisée Name Tag.

D’après des documents obtenus par le New York Times, les équipes de son Reality Labs envisageaient de déployer l’outil « au cours d’une période de contexte politique dynamique, pendant laquelle les divers groupes de la société civile susceptibles de nous attaquer auront concentré leurs ressources sur d’autres préoccupations ».

À l’étape de l’entraînement de ses systèmes, des employés de Sama, société spécialiste dans la sous-traitance d’entraînement de systèmes d’IA, ont notamment témoigné avoir dû traiter des images de personnes ne se sachant pas nécessairement filmées, que ce soit parce que des lunettes avaient été laissées dans une chambre à coucher, ou parce qu’une personne les portait pendant un rapport sexuel.

Dans un communiqué transmis par e-mail, un porte-parole de Meta a déclaré à Engadget que « Nos concurrents proposent ce type de produit de reconnaissance faciale, ce qui n’est pas notre cas. Si nous devions lancer une telle fonctionnalité, nous adopterions une approche très réfléchie avant de la déployer. »

Commentaires (7)

votre avatar
Mais non y a pas de problème enfin ... c'est le clone intelligent de Zuzuck qui le dit :D
votre avatar
Typiquement le truc qu'il faudrait interdire par principe et, très éventuellement, s'interroger sur une autorisation au cas par cas (par exemple pour les forces de l'ordre qui ont tendance à oublier de recharger leur caméra, et encore, cela semble plus viser à proposer une solution boîteuse à un problème que l'on aurait créé)
Je ne sais pourquoi, mais les personnes portant ces lunettes m'évoquent les Gargouilles que l'on peut trouver dans le bouquin "Le Samouraï Virtuel" de Neal Stephenson.
votre avatar
Il me semble que ce n'est pas autorisé par principe, filmer sur la voie publique est, en vérité, déjà encadré. S'ajoute à cela le respect de la vie privée, le droit à l'image et le RGPD, et je ne vois pas comment ces lunettes seraient légales.
votre avatar
En soit l’article 226-1 du code pénal interdit seulement la captation d’image sans consentement dans les lieux privés donc filmer ou photographier dans un lieu public n’est pas interdit et heureusement sinon les touristes seraient dans la merde. Par contre la diffusion des images comprenant des personnes elle est très encadré qu’elle est était capté en lieu public ou privé.
votre avatar
Ils pensent vraiment que Meta n'est pas encore au courant de cela? :roll:

Les seuls qui vont capter cette info sont très probablement déjà convaincus.

La plus part des victimes potentielles s'ent fout ou ne veut pas savoir. :pleure:
votre avatar
« les victimes de violences conjugales, les cibles de harceleurs et d’agresseurs sexuels, les minorités religieuses, les personnes de couleurs, les personnes LGBTQ+, ainsi que les femmes et les enfants, entre autres ».
Tout ce dont Meta en a rien à foutre, en somme.
votre avatar
« Qui aurait pu prédire »… alors que c’était dans l’aine la haine l’ADN de Zuckerberg dès le départ.
Qu’est-ce que Facemash ?
Facemash est un réseau social illégal qui a précédé Facebook dans les plans de Mark Zuckerberg. Il s’agissait d’un site qui permettait aux utilisateurs de classer les femmes en fonction de leur attrait physique. En gros, les utilisateurs pouvaient accéder à ce réseau social et évaluer si une personne était attirante ou non. Le risque ? Les photographies qui y figuraient avaient été obtenues illégalement à partir d’annuaires d’universités américaines. Cela a fonctionné en posant la simple question “Qui est le plus sexy ? Cliquez pour choisir” (“Who's Hotter ? Click to Choose”). La dynamique consistait à choisir parmi deux photos d’étudiantes de Harvard pour filtrer et décider qui était la plus jolie fille de cette prestigieuse université. Zuckerberg a inventé Facemash deux ans avant de créer Facebook. Il l’a fait depuis sa chambre d’étudiant à Harvard. Bien que l’entrepreneur qualifie le site de plaisanterie qui n’a jamais vu le jour au-delà de sa chambre de dortoir, la façon dont il était censé fonctionner peut mettre en lumière certains des risques d’utilisation abusive des médias sociaux. Notamment en ce qui concerne l’utilisation des informations et le respect de la vie privée des utilisateurs.
Et comment le réseau social a-t-il fini ?
Dans les 24 heures qui ont suivi sa publication, Facemash a reçu la visite de plus de 450 personnes qui ont exprimé plus de 22 000 votes. Le site a été largement partagé jusqu’à ce que la fureur atteigne les oreilles des autorités universitaires et que Zuckerberg fasse face à des critiques qui l’ont forcé à fermer temporairement Facemash. Par la suite, Zuckerberg a été accusé d’avoir violé la sécurité, les droits d’auteur et la vie privée des personnes avec son site web. Pour cette raison, il a dû le supprimer définitivement. Cependant, le programmeur a continué à travailler avec d’autres codes pour créer un réseau social où les gens partageraient volontiers des informations sur eux-mêmes. Le reste, c’est de l’histoire. Aujourd’hui, nous connaissons l’impulsion et les effets que Facebook a eu sur la façon dont nous nous lions virtuellement les uns aux autres. Certaines études considèrent même que le fait de quitter le réseau social améliore la qualité de vie des gens. Sans aucun doute, ce sujet ne sera guère exempt de controverse.