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Proton lance un Meet et réunit ses services bureautiques dans un Workspace européen

souverainete.ch

Proton lance un Meet et réunit ses services bureautiques dans un Workspace européen

Illustration : Flock

Proton a annoncé coup sur coup mardi le lancement d’une solution de visioconférence, Proton Meet, et la réunion de ses différents services destinés aux professionnels sous une nouvelle marque ombrelle, Proton Workspace. Celle-ci est bien sûr présentée comme une alternative européenne aux ténors du secteur que sont Office 365 ou Google Workspace.

Le 31 mars à 17h36

Le suisse Proton avance ses pions sur le terrain très médiatisé de la « souveraineté » avec l’annonce d’une nouvelle offre commerciale baptisée Proton Workspace. Celle-ci prend la forme d’un abonnement unique, pour accéder aux principales composantes de l’offre de service développée par l’entreprise.

Proton Workspace, à partir de 12,99 euros par mois

« Récemment, la demande pour les solutions professionnelles de Proton a explosé et les entreprises sont passées de l’utilisation de services individuels à l’adoption de notre écosystème complet et en constante expansion. C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui Proton Workspace : une suite entièrement intégrée qui regroupe tous les services de Proton axés sur la protection de la vie privée au sein d’une offre unique », résume Andy Yen, CEO de l’entreprise.

Autrement dit, les différentes briques Proton restent disponibles à la carte, mais l’hébergeur les package pour simplifier la lecture de son offre. La formule Workspace Standard réunit ainsi Proton Mail, l’activité de messagerie historique, l’Agenda, le Drive, les outils Docs et Sheets, le VPN, le gestionnaire de mots de passe, et la nouvelle solution de visioconférence Meet (voir plus bas).

L’abonnement est affiché à 14,99 euros par mois sans engagement, et passe à 12,99 euros par mois en facturation annuelle. Il donne droit à 1 To d’espace de stockage et 15 domaines de messagerie personnalisés.

Proton affiche désormais trois abonnements principaux, Mail et les deux formules Workspace – capture d’écran Next

Proton ajoute une formule Workspace Premium à 24,99 euros par mois sans engagement, ou 19,99 euros par mois en facturation annuelle, avec cette fois 3 To de stockage, 20 domaines de messagerie personnalisés, mais aussi l’accès à l’IA générative Lumo lancée en juillet 2025, ainsi qu’à l’assistant d’écriture Proton Scribe.

Notons que ces tarifs s’entendent hors taxes, 20 % de TVA s’ajoutent donc sur la facture.

Outre le caractère européen de son offre, protégée de la portée extraterritoriale des lois états-uniennes (également valable pour des acteurs déjà installés comme Infomaniak), Proton revendique également une sécurité de haut niveau grâce à un code open source auditable et un chiffrement bout-en-bout par défaut. L’entreprise se dit enfin particulièrement compétitive.

« Bien que Proton Workspace inclue des outils de cybersécurité supplémentaires très utiles, il est moins cher que les offres comparables des grands acteurs du secteur et bien plus avantageux que l’achat de chaque service individuellement. Chez Proton, nous privilégions l’humain au profit, c’est pourquoi nous n’augmentons pas nos tarifs chaque année. Depuis plus de dix ans, nous n’avons jamais augmenté nos prix pour nos clients existants », vante l’entreprise.

La comparaison directe n’est toutefois pas aussi évidente que le prétend Proton, dans la mesure où les offres Microsoft 365 et Google Workspace recouvrent des périmètres et des capacités différents. L’argument final sonnera toutefois de façon positive aux oreilles des clients Microsoft 365 confrontés aux hausses de prix programmées par l’éditeur.

Proton Meet met le cap sur la visio

Proton lance également à cette occasion son service de visio, baptisé Proton Meet, et présenté, lui aussi, comme un rempart face aux risques en matière de non-respect de la vie privée.

« De nombreux services de visioconférence sont motivés par des modèles publicitaires ou par la course à l’IA visant à enregistrer, transcrire et stocker un maximum de données de réunion. Ces géants de la tech peuvent désormais déployer à moindre coût une IA générative pour analyser et tirer des enseignements de tout ce qui est dit et présenté lors de nos réunions », affirme Dingchao Lu, directeur de l’ingénierie chez Proton.

L’entreprise s’affranchirait de ces dérives, réelles ou supposées, grâce à un chiffrement de bout en bout basé sur le protocole Messaging Layer Security (également mis en œuvre dans RCS). Elle affirme également pouvoir garantir l’obfuscation de l’adresse IP des utilisateurs sans recourir à un réseau de type P2P ou oignon. Pour ce faire, Proton évoque une implémentation de WebRTC permettant d’exploiter un réseau de points de présence dans le monde entier, jouant donc le rôle de relais dans les échanges.

Proton Meet propose un chiffrement bout-en-bout via MLS – crédit Proton

D’un point de vue fonctionnel, Proton Meet permet aux particuliers de créer une visio gratuitement avec une limite d’utilisation fixée à une heure, sans qu’il soit nécessaire de disposer d’un compte Proton ou de renseigner un e-mail.

Pour des visios plus longues, ou des quotas rehaussés en matière de participants, il faudra en revanche se tourner soit vers les abonnements Workspace, soit souscrire un abonnement Meet Professional, affiché à 7,99 euros par utilisateur et par mois.

L’anonymat de Proton n’est pas au-dessus des lois suisses

Début mars, les promesses d’anonymat et de protection de la vie privée formulées par Proton ont été mises en balance d’une actualité récente. Le site 404 Media a en effet rapporté que Proton Mail avait donné suite aux demandes d’identification d’un utilisateur de Proton Mail formulées par les autorités suisses, sur demande préalable du FBI.

L’information avait été reprise dans la foulée par la fondation pour la liberté de la presse, dans un billet d’alerte affirmant qu’en dépit de son marketing et de ses qualités intrinsèques, dont le recours à PGP, Proton Mail ne devait pas être considéré comme une solution garantissant l’anonymat des utilisateurs. L’entreprise avait ensuite récusé toute soumission aux demandes des États-Unis, mais précisé devoir se conformer au droit suisse.

« Proton ne fournit que les informations limitées dont nous disposons lorsque nous recevons une ordonnance juridiquement contraignante des autorités suisses, ce qui ne peut se produire qu’après que toutes les vérifications juridiques suisses ont été effectuées. Il s’agit d’une distinction importante, car Proton œuvre exclusivement sous le droit suisse », a déclaré un porte-parole au quotidien Le Temps.


Commentaires (8)

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Notons que ces tarifs s’entendent hors taxes, 20 % de TVA s’ajoutent donc sur la facture.
Si c'est une suite pour pro, pas vraiment. Il faudra la déclarer mais elle ne sera pas payée. Ca devrait être noté comme exonéré sur la facture ?
La comparaison directe n’est toutefois pas aussi évidente que le prétend Proton, dans la mesure où les offres Microsoft 365 et Google Workspace recouvrent des périmètres et des capacités différents.
MS 365 Business Standard pour l'instant, c'est toujours 10.80€/mois, même sans parler du périmètre, pour l'instant ca reste plus cher. Plus cher également que la Ksuite de infomaniak.
Ils devraient mieux tout miser sur la sécurité et confidentialité niveau communication :)

Sachant que mon dernier mail de la part de MS sur un de mes tenants c'est : 'Le prix de Microsoft 365 Business Standard va bientôt baisser'', je ne suis pas sûr que l'actu en lien soit toujours d'actualité ? J'avoue ne pas avoir tout compris à ce mail.
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Toi t'as raté la promo à 7£ l'année de 365 famille :D (6 comptes avec 1To de OneDrive chacun). Je voulais me séparer de MS, mais vu le tarif, j'en renquillé jusqu'en 2031...
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Petite question :
J’hésite entre iCloud avec le mode ADP activé et Proton Drive.

Je souhaitais une entreprise en Europe pour le côté juridique, mais si je comprends bien l’article, même Proton doit se plier aux États-Unis si cela concerne une demande en accord avec le droit suisse.

Du coup, Proton, il a donné quoi ? Des métadonnées ? Les données elles-mêmes décryptées ? Ou juste une bouillie cryptée ?

Car si les États-Unis y ont accès, iCloud et ADP activé me semblent plus sûrs. Ou alors, je n’ai pas compris le système Apple.
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La bonne question, c'est pourquoi le FBI ferait une démarche vers les autorités Suisse pour accéder à des données liées à ton cloud ? C'est pas open bar.

Si les US font une demande sur un ressortissant US sous le coup d'une enquête du FBI, ils peuvent faire une demande aux autorités Suisse, qui est examinée et validée ou non. S'il elle l'est ces derniers vont transmettre l'ordonnance a proton pour accéder à des données limitées, comme l'identité.. Proton n'a pas accès aux données stockées de toute façon.

Le FBI n'obtiendra pas plus de proton que d'Apple dans tous les cas je dirais... Ça ira sûrement plus vite d'ailleurs côté Apple.

Mais on flirt avec la parano la.
(Enfin, c'est mon analyse...)
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Ils ont juste donné le n° de CB utilisée pour payer l'abo, sur demande de la justice suisse. Ils n'ont pas accès aux données.
Les gens qui prétendent le contraire sont des trolls qui FUDent.
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Oui ils transmettent le peu d'info qu'ils ont comme le mode de paiement.

C'est pour ça que Mullvad (vpn) propose de payer en cash
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Proton permet aussi le paiement cash, entre autres.

proton.me/support/payment-options#cash

Si vous avez des exigences très élevées d'anonymat, n'utilisez pas votre carte bancaire pour payer, SURTOUT si la boite propose d'autres méthodes de paiement... Et de manière générale, évitez les services en ligne tout court, ils seront toujours soumis à des lois (et c'est bien normal). Les logiciels en local ça marche aussi, et vous avez pas trop à vous poser la question.
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Sur le "code open source auditable" je mettrai un bémol tout de même. Tous les outils n'ont pas ce statut. Je n'ai rien trouvé sur Docs ou Sheets par exemple. Pourtant ce serait intéressant dans Yunohost.