Bluesky teste Attie, un assistant de recherche… basé sur l’IA
Le mauvais chasseur, y voit un truc qui bouge, y tire. Alors que le bon chasseur...
Illustration : Flock
Le 30 mars à 11h58
Bluesky ouvre une expérimentation prudente autour de l’IA avec le lancement d’Attie, un « assistant » censé aider l’utilisateur à trouver des comptes ou des contenus intéressants, en fonction de demandes exprimées en langage naturel. Présentée comme exploratoire, la démarche est accueillie plutôt froidement par les utilisateurs du réseau social.
Bluesky teste Attie, un assistant de recherche… basé sur l’IA
Le mauvais chasseur, y voit un truc qui bouge, y tire. Alors que le bon chasseur...
Illustration : Flock
Bluesky ouvre une expérimentation prudente autour de l’IA avec le lancement d’Attie, un « assistant » censé aider l’utilisateur à trouver des comptes ou des contenus intéressants, en fonction de demandes exprimées en langage naturel. Présentée comme exploratoire, la démarche est accueillie plutôt froidement par les utilisateurs du réseau social.
Le 30 mars à 11h58
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5 min
Organisée entre les 26 et 29 mars, la conférence Atmosphere a réuni pendant quatre jours la communauté des développeurs intéressés par le protocole AT (Authenticated Transfer Protocol). Bluesky, dont le réseau social exploite ce fameux atproto, a profité de l’occasion pour présenter sa dernière application en date. Baptisée Attie (en référence à la façon dont on prononce l’acronyme AT en anglais), elle prend la forme d’un agent IA chargé de construire des flux de messages personnalisés en fonction de la demande de l’utilisateur.
Mieux que le flux chronologique, le flux généré par IA ?
« Décrivez ce que vous souhaitez voir et regardez votre flux se composer automatiquement autour de vous », promet le site dédié à Attie. Le service fait pour l’instant l’objet d’une bêta fermée, mais il propose une liste d’attente à laquelle on peut s’inscrire avec un identifiant Bluesky.
En attendant que les vannes soient ouvertes plus largement, il dispense plusieurs exemples illustrant le fonctionnement d’Attie. Plutôt que de procéder à une recherche par mots-clés, l’interface propose d’entrer une requête en langage naturel, et suggère en retour une sélection de comptes à suivre ou de messages susceptibles d’y répondre. On peut ainsi demander une liste de comptes spécialisés sur une thématique donnée, ou chercher qui parmi les comptes suivis par l’utilisateur publie des poèmes de son cru.
Attie permet ensuite de sauvegarder la requête, pour en faire un flux personnalisé. Ce dernier semble pour l’instant cantonné à l’application Attie, mais la logique voudrait qu’il soit à terme possible de l’exporter soit vers Bluesky, soit vers d’autres clients exploitant atproto.
Bluesky présente l’outil comme un agent social. « On a davantage l’impression d’avoir une conversation que de configurer un logiciel. Vous décrivez le type de publications que vous souhaitez voir, et l’agent de codage crée le flux que vous avez décrit », explique Jay Graber, ex CEO devenue responsable de l’innovation chez Bluesky.
Un appel à vibe coder autour d’atproto
Dans son billet, Jay Graber présente Attie comme une première pierre à caractère exploratoire pour un édifice nettement plus ambitieux : faciliter la création de nouvelles applications capables de tirer parti des échanges sur un réseau atproto, notamment grâce à l’IA.
« Nous avons conçu le protocole AT pour que chacun puisse développer l’application de son choix, mais jusqu’à récemment, n’importe qui signifiait en réalité n’importe qui sachant coder. Les outils de programmation automatisée changent la donne. Pour la première fois, un protocole ouvert est véritablement accessible à tous. »
Attie serait ainsi une forme de démonstrateur de ce qu’il est possible de faire au sein de l’Atmosphere, le terme par lequel Bluesky désigne l’écosystème d’applications et de services construits sur le protocole AT :
« L’Atmosphere est une couche de données ouverte dotée d’un schéma clairement défini pour les applications, ce qui la rend particulièrement adaptée au développement d’agents. Nous nous sommes donc demandé : que se passe-t-il lorsque vous pouvez décrire l’expérience sociale souhaitée et qu’elle est créée pour vous ? »
Un accueil plutôt mitigé
L’interopérabilité et la capacité à développer des services capitalisant sur les promesses d’ouverture et de décentralisation d’atproto (décentralisation très relative dans le cas de Bluesky) fédèrent déjà près d’un millier d’applications, remarque Toni Schneider, investisseur chez True Ventures, dans un billet laudateur.
Sans remettre en cause cette promesse, l’application Attie a de façon plus prosaïque reçu un accueil mitigé sur Bluesky, où divers mèmes circulent pour souligner que personne n’a jamais exprimé le souhait de paramétrer son flux à l’aide d’un agent IA.
« Attie est une application distincte, et son utilisation est entièrement à votre discrétion. Bluesky continuera d’évoluer en tant qu’application sociale utilisée par des millions de personnes. Attie sera notre plateforme d’expérimentation pour une interaction sociale proactive », affirme Jay Grabber.
De façon symbolique, l’identifiant Bluesky dédié à Attie est passé lundi midi à la troisième place du classement des comptes les plus bloqués sur le réseau social selon un outil tiers. Attie a ainsi surpassé le compte de l’ICE, la police de l’immigration, et talonne désormais la Maison-blanche, même si le numéro un, le vice-président JD Vance, reste encore hors de portée.
Commentaires (9)
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Un réseau social comme Masto est fait pour des interactions sociales entre humains. Le shitstorm qui a suivit concernait 2 pans du truc:
Dans le cas de blusky c'est lequel ? est-ce que bsky scappe déjà ton activité pour ses IAs?
Le 30 mars à 18h58
En pratique, le scrapping par des acteurs extérieurs serait surement limité par des limitations d'accès aux API de Bluesky, mais je pense que les boîtes de LLMs ont les moyens techniques et financiers de le faire.
Le 30 mars à 18h39
Je pense que les moteurs de recherche constituent un domaine dans lequel l'IA peut (peut-être) aider nos algos actuels à être plus pertinents. Pour dresser des listes de contenus existant (sites, articles, publications de plateformes, etc.), pas pour faire des résumés auto-générés à la con à partir de notre recherche ...
Si les résultats ne sont pas pertinents, ça dégagera comme les autres moteurs de recherche "classiques", et j'ai du mal à voir en quoi ça serait pire que les moteurs de recherche actuels. Hormis, évidemment, leur coût écologique, financier, et en composants informatiques de base ... à moins que ce genre d'IA spécialisée et à peine générative (dans le sens où ça ne « génère » que des feeds) ne consomme pas tant de puissance que ça ? 🤔
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