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Russie : depuis 2 semaines, le Kremlin impose des coupures de l’Internet mobile à Moscou

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Russie : depuis 2 semaines, le Kremlin impose des coupures de l’Internet mobile à Moscou

Illustration : Flock

Depuis plus d’une semaine, les Moscovites subissent des coupures d’internet mobile décidées par le Kremlin et le FSB. La vie dans la capitale russe se voit chamboulée avec parfois l’impossibilité d’utiliser les applications de localisation, de faire fonctionner les TPE ou d’envoyer des messages via mobile avec retour obligatoire au SMS, aux pagers et aux talkies-walkies.

Le 16 mars à 15h29

Un pas de plus vers un contrôle drastique de l’Internet en Russie. Mais cette fois-ci, les gestes du quotidien que permet l’Internet mobile depuis son arrivée sont aussi touchés. En effet, depuis le 5 mars, le réseau Internet mobile dans certains quartiers de la capitale russe subit des coupures. Le média russe Novaïa Gazeta explique qu’au moins 23 quartiers de la ville ont subi ce genre de problème. Les services des systèmes de positionnement par satellites semblent aussi parfois brouillés.

« Je roulais sur le périphérique de Sadovoye [qui encercle Moscou], et d’un coup, plus de réseau, plus de GPS [abus de langage pour parler des GNSS, ndlr] », explique au Financial Times, Sergey, un chef de projet.

Le pouvoir russe ne nie pas les coupures et le Roskomnadzor, l’autorité russe de régulation de l’Internet, annonce une baisse de 20 % du trafic mobile comparé au mois précédent. Il y a tout juste un mois la Douma d’État, chambre basse du Parlement russe, avait voté une loi autorisant le service de renseignement du pays, le FSB, à couper l’accès à Internet et la téléphonie mobile.

La vie quotidienne basée sur l’Internet mobile s’est arrêtée

Ainsi, dans certaines rues de Moscou, impossible d’utiliser certains services mobiles pour envoyer des messages, se diriger avec certaines applications de navigation ou payer avec les terminaux de paiement branchés sur le réseau mobile.

Comme l’explique El País, les Moscovites se sont tournés vers des alternatives : le SMS retrouvent de nouveaux aficionados, les hotspots Wi-Fi redeviennent très recherchés. Et même les plateformes de vente en ligne locales Wildberries et Russ annoncent avoir observé une explosion de 170 % des demandes de cartes routières papier, de 73 % des pagers et de 27 % des talkies-walkies.

S’il y avait déjà eu des coupures mobiles dans d’autres régions du pays, c’est la première fois que Moscou est directement touchée. Selon Novaïa Gazeta, les fournisseurs d’accès russes se sont excusés pour les coupures tout en affirmant qu’ils n’en avaient pas le contrôle.

Le Kremlin ne cherche pas à cacher ces coupures. Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, a affirmé qu’elles dureraient « tant que des mesures supplémentaires seront nécessaires pour garantir la sécurité de nos citoyens », lors d’une conférence de presse donnée mercredi 11 mars, selon le média russe. Il aurait invoqué des actions hostiles de l’Ukraine pour les justifier : « les méthodes d’attaque de plus en plus sophistiquées de Kiev exigent des contre-mesures technologiquement plus avancées ».

Après une semaine de coupures complètes, l’accès à certains sites aurait été réactivé. Ainsi les sites des principaux services publics, des banques, des plateformes de vente en ligne ou de certains médias proches du Kremlin seraient sur une liste blanche. Interrogé par le Financial Times, le créateur de l’entreprise de VPN Amnezia, Mazay Banzaev, imagine que cette liste blanche puisse être étendue : « L’Internet mobile sert manifestement de terrain d’essai pour renforcer encore davantage le contrôle sur l’ensemble du secteur de l’Internet en Russie ».

Jusqu’à récemment, la Russie misait sur un contrôle plus diffus d’Internet que la Chine et l’Iran. Mais la coupure pure et simple de l’Internet mobile dans certains endroits pourrait être le signe d’un changement de politique.

Des rumeurs de coups d’État, la crainte d’attaques de drones ?

Pour certains, la décision de couper l’internet mobile serait le signe de la crainte de Vladimir Poutine d’un coup d’État de la part de Sergueï Choïgou, ministre russe de la Défense de 2012 à 2024. Mais selon plusieurs experts interrogés par le Kyiv Independent, ça ne serait que le vœu pieux de certains opposants. « C’est n’importe quoi. Si les élites russes avaient voulu se débarrasser de Poutine, cela se serait produit en 2022 », affirme Anton Barbashin, fondateur du média Riddle Russia qui travaille pour le think tank ECFR. « Le manque de transparence contribue certes au caractère spéculatif des commentaires sur le changement de régime, mais dans ce cas précis, il se peut qu’il y ait une part de « vœu pieux » », confirme la chercheuse de la London School of Ecomonics, Tomila Lankina.

Interrogé par Novaïa Gazeta, l’avocat Sarkis Darbinyan, cofondateur de l’ONG russe Roskomsvoboda, pense que ces coupures sont probablement dues à une « crainte panique d’une répétition de l’opération toile d’araignée », au cours de laquelle l’armée ukrainienne avait réussi à mettre en place des frappes coordonnées de drones dans le territoire russe.

Commentaires (15)

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plus de GPS
C'est brouillage carrément, alors ?
(Et GPS ou GLONASS ?)
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Sans doute que des "kill switch" sont installés dans le réseau à Moscou, ou en cours d'installation. Il y a quelques désagrément pour être protégés ^^, enfin, pour protéger Vlad plutôt.
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« les méthodes d’attaque de plus en plus sophistiquées de Kiev exigent des contre-mesures technologiquement plus avancées ».

C'est vrai que couper purement et simplement internet face à des mesures sophistiqués d'attaque c'est clairement une technologie avancées. :roule: Sacré Peskov toujours un mot pour nous faire rire celui là.
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Et personne ne parle que ça en fera un pays le plus économe en data mobile, et donc, écologique ? :-D




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Pourquoi ne pas couper aussi tout moyen de ses déplacer ? Cela simplifierait la recherche de terroriste pour le kremlin 😈

Je plains ceux qui sont touchés par ça, surtout ceux perdus en voiture sans gps et qui cherchait une rue précise (sans lieu de repère à côté et donc flèché)
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Étrange que personne n'ait relevé la confusion entre le réseau de données mobile et celui GNSS, amenant à penser que la coupure du premier amènerait une inaccessibilité au second.

En réalité, une coupure de connectivité aux données mobiles n'empêche absolument pas la réception GNSS, en l'occurrence GLONASS chez les Russes car nous parlons de signaux physiquement distincts.
En réalité, en cas de coupure de connectivité aux données mobiles, les téléphones pourraient donc tout à fait continuer à capter tous les signaux GNSS couvrant la zone, mais la difficulté à les utiliser provient simplement du fait que leur exploitation est généralement couplée à d'autres données croisées, provenant elles du réseau Internet : une application de cartographie va télécharger en "instantané" les données cartographiques via Internet, notamment.

Couper la réception GLONASS signifierait agir activement, spécifiquement, sur cette constellation, et si je ne m'abuse (en tous cas ce n'est pas précisé), cela ne semble pas avoir été le cas.
Les périphériques stockant leur cartographie hors-ligne, comme c'est le cas des périphériques de localisation autonomes, devraient donc certainement continuer de fonctionner sans souci.
On peut y voir une forme d'ironie, à une époque où les téléphones dits intelligents ont une capacité de stockage même pas rêvée il y a 30 ans, qu'ils soient à ce point dépendants d'une connectivité Internet pour être utilisables, et moins bons en ce sens que des périphériques autonomes limités à un usage précis.
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Étrange que personne n'ait relevé la confusion entre le réseau de données mobile et celui GNSS
Je compte pour du beurre… :frown:

(d'ailleurs, l'article a été modifié pour apporter la précision GPS/GNSS)
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Il n'y a a priori pas de confusion. Les 2 sont touchés.

L'article dit bien que :
Les services des systèmes de positionnement par satellites semblent aussi parfois brouillés.
et il décrit aussi des coupures de l'Internet mobile.

Cela peut être fait pour gêner les drones ukrainiens soit comme suggéré en fin d'article ou comme dit dans ce reportage de France Info.
Les drones utilisent le réseau mobile comme dit sur France Info probablement pour communiquer et aussi les réseaux GNSS pour se positionner.
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Qui plus est, les russes connaissent bien cette combinaisons vu qu'ils font pareil en Ukraine.
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mais la difficulté à les utiliser provient simplement du fait que leur exploitation est généralement couplée à d'autres données croisées, provenant elles du réseau Internet
C'est surtout qu'un démarrage à froid du GNSS prend facilement 10 à 15 minutes à partir des satellites, alors que c'est quasi instantané en récupérant l'almanach à partir du réseau mobile. Le réseau mobile n'est pas totalement orthogonal au fonctionnement du GNSS.
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fr.wikipedia.org Wikipedia explique qu'un démarrage à froid, c'est plutôt 2 mn parce que l'on n'a pas besoin de l'almanach complet au démarrage.

De plus, les données d'un almanach restent valables 180 jours, ce qui fait qu'elles sont toujours valables dans un smartphone même s'il n'est pas connecté à Internet puisqu'elles sont reçues toutes les 12,5 mn par satellite.

Le temps max de réception des éphémérides est de 36 secondes, ce qui fait qu'un récepteur GPS reste utilisable même sans Internet.
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c'est plutôt 2 mn parce que l'on n'a pas besoin de l'almanach complet au démarrage.
Tu m'apprends un truc, même si ça n'a pas toujours été le cas (j'ai manipulé des GPS quand c'était loin d'être répandu - et sans smartphone ni données mobiles -, et il fallait bien les 12 minutes et demie pour démarrer).
puisqu'elles sont reçues toutes les 12,5 mn par satellite.
Si tu actives ton récepteur GPS, non ?
ce qui fait qu'un récepteur GPS reste utilisable même sans Internet.
Encore heureux, il y a eu des tas de GPS avant d'avoir des données mobiles.
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Surtout que mon téléphone de plus de 8 ans est compatible avec l'ensemble des systèmes de positionnement : US / Europe / Russe / Japonais / Chinois.

Ça doit aussi être le cas pour certain en Russie je pense donc couper Glonass sera limité.
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Je ne pense pas que ce soit une coupure, mais plutôt un brouillage de l'ensemble des fréquences des GNSS.
Je fais confiance au tsar, au moins pour les contre-mesures. :craint:
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Le régime poutinien n'est clairement pas tranquille, oui.