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Datacenter de Wissous : peut-on débattre d’un projet lorsqu’il est divisé en 3 morceaux ?

Data center de centre ville

Datacenter de Wissous : peut-on débattre d’un projet lorsqu’il est divisé en 3 morceaux ?

À Wissous, depuis 2019, la société CyrusOne crée un data center pour le compte d’Amazon. La manière dont le projet a été proposé, divisé en trois phases sans en informer par avance le public, suscite les contestations de la mairie comme de l’opposition.

Le 27 février à 10h31

L’installation est vaste, grise sous le ciel gris, à l’exception d’une petite extension vert foncé, du côté des habitations. Quand on en fait le tour, on se retrouve devant les multiples portes roulantes qui marquent le lieu où des camions auraient dû, initialement, venir se ranger le temps de se délester de leur chargement. Tout autour : des grillages, dédoublés par endroits. Pour l’œil non averti, le bâtiment ressemble à n’importe quel entrepôt. Pour Philippe de Fruyt et Jean-Luc Touly, qui nous en font faire la visite, il s’agit d’un centre de données mal placé.

Conseiller municipal de la ville de Wissous, le premier s’oppose au projet depuis qu’il en a appris l’existence, quelques semaines à peine avant les élections municipales de 2020. Initialement dans la majorité de la localité de 7 000 habitants, le second l’a rejoint au sein de la liste d’opposition Wissous notre ville. Depuis le QG de campagne – un garage au fond du jardin de Philippe de Fruyt, qui présente sa candidature à la mairie de Wissous pour la troisième fois –, les deux hommes reviennent sur l’histoire politique mouvementée de leur ville, et la manière dont un centre de données destiné à recevoir les serveurs du géant états-unien Amazon, s’y est retrouvé mêlé.

Parmi leur auditoire, en ce matin neigeux de janvier, trois membres de l’association Data for Good. Alors que Wissous notre ville est en contentieux avec CyrusOne depuis plusieurs années, l’association, qui souhaite « mettre le numérique au service de l’intérêt général », l’a rejointe dans sa procédure en appel. Le but, explique sa co-présidente Lou Welgryn à Next : « mettre en lumière une pratique qui se généralise dans la manière dont les data centers s’implantent en France ». Pour les plaignants, CyrusOne a en effet divisé son projet en trois phases taillées exprès sous les différents seuils de contrôle imposés par le code de l’environnement.

Enjeux économiques contre débat citoyen

Diviser un projet de centre de données en étapes de construction n’a rien d’inhabituel, pointe le sociologue Clément Marquet. « Les opérateurs l’expliquent en langage économique, ils parlent de time to market : quand ils identifient un terrain, ils veulent pouvoir fournir un premier data center le plus vite possible. » Dans ces conditions, cela dit, leurs clients ne rempliront pas directement les surfaces complètes envisagées.

Au Sud-Est de la capitale, Fouju héberge par exemple l’un des cinq sites « fast tracks » identifiés par le gouvernement. Lors de la consultation publique organisée par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE et le porteur de projet Campus IA, ce dernier a ainsi détaillé comment un premier investissement de 8 milliards d’euros devrait permettre de construire les équipements mutualisés, obtenir ce premier raccordement de 700 MW (plus de 7 fois la puissance envisagée pour le projet de Wissous), et construire trois premiers centres de données.

Le nombre d’étapes qui doit permettre au projet d’atteindre son amplitude finale (annoncée à 50 milliards d’euros d’investissements et 1,4 GW de puissance) dépendra « des capacités effectivement mises à disposition et de la demande », expliquait alors le directeur de Campus IA Thibaud Desfossés.

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Commentaires (12)

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Pas mal d'imprécisions dans ce papier monosourcé (et le fait que l'autre partie ne soit pas dispo ne saurait dispenser de solliciter l'éclairage de personnes maitrisant le sujet afin de parvenir à un traitement un peu plus équilibré)

A lire l'accroche ("datacenter de centre ville"), on a l'impression qu'il s'agit d'un site sorti en douce au milieu de meulières et fermes toutes mimi. La réalité est autre. On est ici en pleine Zone Industrielle faisant jonction entre celle d'Antony(92), en cours de requalification avec l'arrivée de la ligne 18 du Métro et l'enfouissement des 4 lignes 225 KV reliant Villejust et Chevilly - shorter : le choix de ce site est tout sauf un hasard, car à proximité immédiate d'une des radiales les plus résilientes, vs 93/95 où on se fait facilement peur -, et la ZA les Portes d'Orly de ParisSaclay. Le tout à proximité immédiate de l'autoroute A6 à laquelle elle est raccordée par un boulevard, et des pistes de l'aéroport d'Orly.

Dans une commune qui au passage accueille déjà une petite vingtaine de sites ICPE relevant de l'enregistrement ou autorisation. Ainsi qu'un site Seveso (ok, en seuil bas) côté Antony à quelques centaines de mètres.
georisques.gouv.fr République Française

Ensuite, comme pour les antennes, la réglementation ICPE est ce qu'on appelle une police spéciale : en clair, elle est exercée par l'Etat et ses représentants directs (Préfets).
Les communes ne peuvent faire ce que bon leur semble en la matière, comme le rappelle régulièrement le juge.
Tout comme un Préfet est fondé pour intervenir, ici pour lever des restrictions injustifiées opposées par une commune, là pour au contraire imposer des sujétions proportionnées et justifiées (qui peuvent même durcir des mesures ministérielles, en clair, lorsque les circonstances locales le justifient - sur base scientifique et non sur base ressenti population / opposants - il est possible d'aller + loin, conseil-etat.fr République Française

Le site en question était un ancien site de logistique frigorifique, qui au départ relevait de la déclaration.

Il est donc un peu réducteur d'écrire que d'opter pour le régime de l'enregistrement (qui date de 2009, donc c'est tout sauf une nouveauté, les communes avaient tout le loisir d'adapter leur PLU en conséquence) vise à éviter d'être repéré.

Puisqu'ici, en optant pour l'enregistrement, il y a eu publication du dossier complet en mairie et sur Internet, enquête publique, rapport services instructeurs relayant des avis formulées par les habitants au cours de l'enquête, rapport des services instructeurs et demande de la préfecture d'amender le projet pour tenir compte de certains avis (en particulier l'avis de l'ABF).
essonne.gouv.fr République Française
https://www.wissous.fr/userfile/documents/CyrusOne_Dossier%20d%27information%20%20%28augmentation%20capacités%20du%20data%20center%29.pdf

Dans ces conditions, il est pour le moins erroné d'écrire qu'il y a eu absence de transparence, puisque les différentes phases du projet sont mentionnées dans le dossier de demande (le pétitionnaire exposant explicitement que les phases ultérieures seront soumises au régime de l'autorisation, p.14), ce que d'ailleurs n'a pas manqué de relever le juge administratif au terme d'une procédure contradictoire dans laquelle chaque partie a été à même de présenter ses arguments et éléments justificatifs, le juge étant souverain dans sa décision dans un état de droit.
https://justice.pappers.fr/decision/6565d8d42867d94bef48408c03570e16abab6521

Et décision confirmée en appel
https://justice.pappers.fr/decision/0d0be5bc358bf425ceedbbfbefc2bd23c58c745c (rappelant par ailleurs que la phase 3 relèvera de l'autorisation)

Comme nous sommes dans un état de droit, la commune et les opposants sont parfaitement libres de contester cette décision devant le Conseil d'État. Lequel raisonne en droit, et non en émotion.

Enfin, sur l'argument "ce qui relève de l'autorisation et assimilé est désormais interdit", comme pour les antennes le juge rappelle qu'une commune peut difficilement tuner son PLU pour en pratique faire obstacle à des décisions de justice, à plus forte raison en interdisant dans une zone industrielle ce qui est pourtant autorisé en zone habitable & naturelle. En l'espèce, la modification du PLU de Wissous pour interdire, en dehors de toute considération scientifique, dans la zone industrielle des installations relevant de l'enregistrement ou autorisation, alors même qu'elles ne sont pas interdites dans le reste de la commune a été récemment annulée par le juge administratif
https://justice.pappers.fr/decision/67c6e9bbac8e6d39064363c81b5c5b2ff6e230a8

Il est sain de questionner les pratiques des acteurs du numérique. Mais autant le faire avec toute la rigueur scientifique et juridique qui s'impose en la matière.
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Hello Alec,

Je te rejoins sur l'inter "absence de transparence" abusif, on le modifie de ce pas. La décision en droit (dûment mentionnée dans l'article) n'empêche pas à mon sens d'interroger le bien fondé de la démarche, c'est ce qu'on essaie de faire ici (avec plus d'une source, la ville n'est pas assimilable aux opposants).

Pour le reste, on va prendre le temps d'analyser plus en détails tes remarques, merci de nous les avoir partagées
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Et sinon le blocage des remarques étayées et sourcées, c'est un bug ou une feature ?
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C’est l’antispam qui réagit aux messages comportant de nombreux liens
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Bonjour,
Merci pour ce retour, moins pour l'accusation de "monosource" vu le nombre de gens rencontrés pour écrire l'article.
Sur la question de la localisation, vous avez raison, mais cela n'empêche en rien que des résidents appellent à ce que le DC soit localisé de l'autre côté de la ZI (et de l'A6), où il n'aurait été mêlé qu'à d'autres entrepôts. À l'inverse, en l'état, le bâtiment frigorifique-devenu-DC est situé en bordure de rues résidentielles (ce que j'ai illustré avec une carte, mais vu nos derniers bugs, peut-être que celle-ci n'apparaît pas correctement), ce qui peut expliquer les inquiétudes relevées.
Sur les questions relatives aux ICPE et aux évolutions du PLU, le parti pris de cet article est d'interroger la capacité de débattre démocratiquement d'un projet de DC en suivant le pdv de Wissous la ville / Data for Good. J'aurais pu prendre plus de temps pour détailler le positionnement de la ville, et d'expliquer notamment qu'au début des oppositions, le PLU de Wissous datait de 2002, et interdisait les entrepôts requérant plus de 20 MW / un régime d'autorisation. Depuis, comme vous le dites, la loi a évolué. Cela explique certaines frictions, car, si je résume grossièrement, du pdv de certains wissoussiens, le régime de l'enregistrement = une autorisation simplifiée, tandis qu'en face, CyrusOne estime que l'enregistrement = une déclaration ++. Je n'ai pas évoqué ces éléments par volonté de "tenir mon angle" et faciliter le suivi pour le lecteur, peut-être ai-je eu tort. Comme ces points restent en débat, je pourrai de toutes manières y revenir dans de futurs articles.
Sur la transparence, enfin, l'intertitre était maladroit, nous l'avons modifié. L'idée, cela dit, était de souligner un enjeu que je constate dans chacune des frictions autour de projets de data center que j'ai couverts jusqu'ici : quand bien même toutes les procédures seraient respectées, quand bien même d'un point de vue juridique, les enquêtes publiques et autres étapes aient été remplies, leur modalité (notamment celle de publication d'un cahier en mairie pour recueillir avis et questionnements, sans grande publicité) sont telles que l'essentiel de la population n'en a pas connaissance. C'est ce qui explique la remarque du sociologue Irénée Régnauld dans un article connexe, selon lequel les habitants ne découvrent les projets "qu'à l'arrivée des pelleteuses" (ou dans le cas présent, à la construction des cheminées).
Quand bien même, donc, toutes les étapes d'un débat démocratique seraient remplis d'un point de vue strictement juridique, des membres de la société civile estiment quelquefois que ce débat n'a pas réellement eu lieu, et essaient de l'ouvrir différemment.
Bonne journée.
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Merci pour cette réponse, Mathilde.
Quand bien même, donc, toutes les étapes d'un débat démocratique seraient remplis d'un point de vue strictement juridique, des membres de la société civile estiment quelquefois que ce débat n'a pas réellement eu lieu, et essaient de l'ouvrir différemment.
Et c'est le cas pour tant de projets.
On avance de projets écocidaires en projets écocidaires sans se poser la question de quels ressorts font qu'ils arrivent tous à éclore avant que le débat n'ait pu avoir lieux. La stratégie du fait accompli (je pète tout, et après, ça sert plus à rien de le déclarer illégale, y a plus rien à sauver) tourne à plein tube.
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moins pour l'accusation de "monosource" vu le nombre de gens rencontrés pour écrire l'article.
Alors, plutôt que monosource, on va dire que toutes les sources interrogées sont du même côté, cela ne fait donc pas un article équilibré. Je pense que ce n'était de toute façon pas le but d'être équilibré, cela aurait changé l'"angle" de l'autrice.

Sinon, les procédures d’enquêtes publiques ont toujours le problème que vous soulevez quel que soit le sujet : les gens ne prennent conscience des projets que trop tard, il n'y a pas de vraie publicité et les gens n'interviennent pas.

Et merci à Alec d'avoir rétabli un peu d'équilibre au sujet de cet article partisan.
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Je maintiens sur le monosourcé des points de vue : ne prendre en compte que le point de vue de gens qui sont tous d'accord entre eux pour dire que c'est pas bien, sans prendre en compte la réalité juridique (la primauté du droit est le fondement d'une société juste, libre et démocratique), cela ne témoigne pas vraiment d'un traitement équilibré.

Précisons que sur dossier pas moins de 8 décisions de justice ont été rendues au terme d'une procédure contradictoire permettant à chaque partie de faire valoir son point de vue et questionner les éléments produits par les parties adverses. Décisions qui ont permis au juge de revenir sur chaque point soulevé par la société civile, signe que les interrogations étaient légitimes et suffisamment sérieuses pour justifier un examen (car lorsque les recours sont farfelus, c'est une irrecevabilité voire même une ordonnance de tri).

Dans ces conditions, sur ce cas précis du DataCenter de Wissous, l'exemple est très mal choisi : on peut difficilement écrire que le débat n'a pas réellement eu lieu. En procédure administrative, le juge, dont les décisions s'imposent à tous dans une société démocratique, lit tout le dossier et éléments produits par chaque partie.

2023
https://justice.pappers.fr/decision/6565d8d42867d94bef48408c03570e16abab6521
https://justice.pappers.fr/decision/09c3dc20d979bd9f7b37ca2093b1ee967b83eae2

2024
https://justice.pappers.fr/decision/c987a539076bc463a0904eb7006e4788eb448b96

2025
https://justice.pappers.fr/decision/0d0c144ac6f6bca56bb094f89ed4dca3a47820a8
https://justice.pappers.fr/decision/dd76b9502b785f060582b1c7dacdd3a02c166ea5
https://justice.pappers.fr/decision/e95e6eb07676edfc840835ef369904f6a083bb66
https://justice.pappers.fr/decision/0d0be5bc358bf425ceedbbfbefc2bd23c58c745c (tenant compte de l’avis favorable des ABF)
https://justice.pappers.fr/decision/ab5f305b38cb2db9df76865b9bc50822bf6fd0f1 (qui a annulé le jugement de 2023 enjoignant la Commune de délivrer sans réserve un permis de construire, car ici l’avis des ABF est nécessaire, ce qui entre temps a été fait)



Sur la localisation :

Le site est situé dans une zone industrielle existant de longue date (UI), destinée à l'origine à faire tampon entre l''A6 et les premières habitations. Et bien garnie en entrepôts et sites industriel.
https://www.wissous.fr/userfile/documents/Plans%20de%20zonage.pdf

A cet égard, la vue aérienne du dossier repris sur next.ink Next
est plus représentative du foncier existant : pourquoi se contenter alors d'une carte occultant la vision d'ensemble ?

Où on voit bien que la zone UI est plus que pourvu en entrepôts et activités industrielles.

Vous dites également qu'en l'état le site est située en bordure de rues résidentielles, au pluriel donc. Peut-on savoir lesquelles ? Car la rue André Dolimier est une départementale située en majorité en zone UI, donc industrielle. Le reste de la voirie (Boulevard Arago, Avenues Ampère et Lavoisier, Impasse Branly) est en zone UI, donc industrielle.

Quant à la rue Louis Boussard à proximité elle n'est pas en zone UI mais en zone U4, résidentielle. Elle n'est donc pas en bordure de la zone UI.
Et la zone U4 qui est effectivement contigüe à la zone UI par le truchement des fonds de parcelle autorise d'ailleurs les ICPE en régime d'enregistrement ou autorisation (la prochaine révision du PLU l’interdira, mais à ce stade il n'a pas été promulgué et reste soumis au contrôle de légalité du Préfet qui, on l'a vu, est très vigilant sur le respect de la réglementation)
https://www.wissous.fr/userfile/documents/4.1_PLU_WISSOUS_REGLEMENT.pdf

Là aussi une imprécision de rédaction de nature à induire en erreur, pouvant laisser entendre que le site s'est monté dans une rue résidentielle, alors que ce n'est pas le cas. Et pour ce qui est des 2 habitations au contact direct, elles sont postérieures à la construction du site. Et relèvent donc des dispositions de l'article A 424-8 du Code de l'Urbanisme (les permis sont délivrés sous réserve du droit des tiers, en clair un pétitionnaire peut difficilement se plaindre de la proximité d'installations existantes respectant la réglementation nationale en vigueur et n'emportant pas de trouble anormal de voisinage au regard des configurations de la zone litigieuse)

Le juge est revenu à plusieurs reprises sur la localisation du projet :
https://justice.pappers.fr/decision/6565d8d42867d94bef48408c03570e16abab6521

« le projet litigieux est situé en bordure nord d'une zone d'activités industrielles, commerciales et artisanales dénommée " zone de Villemilan ", sur le territoire de la commune de Wissous. Il est bordé, au nord, par la route départementale 32 qui le sépare d'un vaste espace naturel accueillant des équipements sportifs. Il se situe à l'est de l'autoroute A6 à laquelle il est raccordé par un boulevard. Au sud du projet, se déploie une vaste zone industrielle et artisanale incluant la ZAC de Montavas, jusqu'aux pistes de l'aéroport d'Orly. A l'est du projet, en direction du centre-ville de Wissous, se situe une zone d'habitations sans caractère particulier et, en covisibilité avec le projet, l'église Saint-Denis de Wissous. Le projet, qui consiste en la transformation d'un vaste entrepôt logistique préexistant en un datacenter, prévoit la création de deux nouvelles zones techniques en extérieur surmontées, chacune, de 2 cheminées de 18 mètres de haut, qui seront habillées d'un bardage métallique à trame horizontale couleur gris RAL 7030 mat. Au demeurant, il est constant que l'architecte des bâtiments de France a émis un accord au projet, au titre de la législation des abords des monuments historiques. »

https://justice.pappers.fr/decision/0d0c144ac6f6bca56bb094f89ed4dca3a47820a8
(décision par laquelle le juge revient spécifiquement sur les griefs formulés par des membres de la société civile)

Alors oui, des résidents d'autres zones (il n'y a aucune habituation en zone UI) peuvent tout à fait appeler à ce que le site soit téléporté de l'autre côté de l'A6, sauf que de l'autre côté de l'A6, ce n'est plus Wissous mais Antony. On change non seulement de commune, mais de communauté d'agglo et de département. Et le foncier disponible en face ne compte pas de bâtis à même d'abriter rapidement plus de 10 000 m2 de plancher au regard de la reconfiguration en cours de la zone avec le futur quartier AntonyPole (c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles Essilor, initialement implantée dans cette zone a franchi l'A6 pour s'agrandir… à Wissous https://www.essonne.fr/sante-social-solidarite/lactualite-sante-social/optique-essilor-voit-loin-a-wissous )



Sur le contournement de la procédure ICPE et la primauté de l’interdiction par le PLU

Rappelons que le juge s’est prononcé à 3 reprises sur cette question du phasage, et des puissances retenues juste en dessous des seuils.
https://justice.pappers.fr/decision/6565d8d42867d94bef48408c03570e16abab6521
https://justice.pappers.fr/decision/0d0be5bc358bf425ceedbbfbefc2bd23c58c745c

En particulier en réponse aux objections formulées par la société civile
https://justice.pappers.fr/decision/0d0c144ac6f6bca56bb094f89ed4dca3a47820a8 :

« la circonstance que la puissance thermique nominale des installations enregistrées se trouve juste en dessous des plafonds définis pour chacun de ces régimes n'est pas constitutif par lui-même, et dans les circonstances de l'espèce, d'un détournement de procédure. Dès lors, le phasage de ce projet en trois étapes ne saurait être regardé comme ayant permis le contournement des seuils prévus par la nomenclature des ICPE »

Il est également pour le moins erroné de laisser entendre que le projet est illégal car ne respectant pas l’interdiction du PLU, alors que c’est justement l’interdiction dans le PLU en zone industrielle d’activités ICPE relevant de l’autorisation (et par la suite enregistrement) qui a été déclarée illégale dès lors qu’elle est autorisée dans d’autres zones de la commune.
https://versailles.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/plan-local-d-urbanisme-de-wissous-le-datacenter-ne-peut-pas-etre-interdit-sans-justification-dans-la-zone-urbaine-dediee-aux-activites-econ


Sur la capacité à débattre démocratiquement

Si le juge s'est prononcé sur le phasage en rappelant que rien n 'interdit un tel mode opératoire dès lors que le pétitionnaire en fait état dès les premières demandes d'autorisation, ce qui ici a été le cas, ce moyen tendant à la capacité à débattre démocratiquement n'a pas été soulevé dans le cadre des procédures.

Ceci dit, on peut difficilement écrire qu'il n'y a pas eu de débat démocratique. Le sujet a fait l'objet de nombreuses interventions en conseil municipal (l'instance la plus démocratique d'une commune, car permettant à chaque élu, en particulier de la minorité ou représentant la société civile, de pouvoir intervenir sur des projets structurants à l'échelle du territoire) avec des délibérations à la clé.
https://www.wissous.fr/userfile/fichier-telechargement/1640011740-PV-du-07-juillet-2021.pdf
https://www.wissous.fr/userfile/fichier-telechargement/1648460699-PV-du-16-12-2021.pdf
https://www.wissous.fr/userfile/fichier-telechargement/1651130994-PV-du-27-01-2022.pdf
https://www.wissous.fr/userfile/fichier-telechargement/1664551352-PV-du-29-06-2022.pdf
https://www.wissous.fr/userfile/fichier-telechargement/1674120805-PV-du-29-septembre-2022.pdf
https://www.wissous.fr/userfile/fichier-telechargement/1697445152-PV-du-04072023.pdf
https://www.wissous.fr/userfile/fichier-telechargement/1704182788-PV-du-28092023-modifie.pdf

Il a été régulièrement évoqué dans le bulletin municipal, distribué en version papier dans chaque boite aux lettres.
Par exemple https://www.wissous.fr/userfile/documents/Gazette%20mai%20juin%20juillet%20site.pdf sur 4 pages (p. 23 et suivantes)

Ainsi que des les espaces d’expression accordés aux groupes d’opposition.
https://www.wissous.fr/userfile/documents/Wissous%20Notre%20Ville%20journal%20décembre%202022.pdf

Une réunion de présentation du projet a eu lieu et l’ensemble de la documentation concernant le projet (notamment les études d’impact environnemental, la dernière faisant près de 400 pages, ce qui la rapproche plus du régime de l’autorisation que de la déclaration) est librement consultable https://www.wissous.fr/https-www-wissous-fr-plan-local-d-urbanisme-plu-

Le sujet est également suivi par le Député de la circonscription, qui est intervenu en hémicycle spécifiquement sur cette question.
https://www.jerome-guedj.fr/data-center-de-wissous-linnovation-oui-mais-pas-au-detriment-de-lenvironnement/


Niveau publicité, à part opter pour des SMS intrusifs sur le portable de chaque habitant, on peut difficilement aller + loin.

Alors oui, on peut trouver les modalités de consultation publique quelque peu perfectibles, les frictions rencontrées en témoignent indéniablement, mais les porteurs de projets n’ont pas la main sur ces modalités. Ceci dit, concernant le projet de Wissous, il n’était pas nécessaire de se déplacer en mairie pour consulter le dossier et consigner ses observations. En plus du site de la commune, le dossier était consultable sur celui de la Préfecture, et il était possible de transmettre les observations par courrier postal ou email.
essonne.gouv.fr République Française


Enfin, sur la récupération de la chaleur fatale.

Le site dispose d’un échangeur permettant de récupérer la chaleur fatale, conformément aux prescriptions demandées par la Préfecture et la commune, relayant ainsi les demandes de la société civile.


Sauf que Wissous ne dispose pas de réseau existant de chauffage urbain. Un raccordement au réseau voisin d’Antony (qui commence de l’autre côté de l’A6), lui même dépendant de l’incinérateur de Massy, a été envisagé mais aussi impressionnant que puisse être le DataCenter CyrusOne de Wissous, la puissance calorifique récupérée ne permet pas d’alimenter l’ensemble du réseau d’Antony puisque ce dernier va alimenter aussi Bourg la Reine. C’est la raison pour laquelle Antony a préféré opter pour un forage géothermie, qui d’ailleurs sera situé à proximité de DataCenter mais côté Antony. Sans pour autant fermer la porte à un raccordement sur le DC afin d’alimenter de façon autonome le quartier AntonyPole en cours de requalification et qui sera doté d’équipements collectifs ayant des besoins spécifiques.
https://www.drieat.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/f01125p0156.pdf p.14


Je maintiens que quand on ambitionne d'ouvrir le débat différemment pour questionner, à juste titre, les pratiques des acteurs d'un secteur structurant pour la vie quotidienne des citoyens et territoires, cela reste un devoir de ne pas se départir de toute la rigueur scientifique et juridique qui s'impose en la matière. A défaut, c'est entretenir une confusion regrettable, et au final ce sont des citoyens qui sont de leur poche pour des recours basés sur de simples articles de presse truffés d'erreurs.
votre avatar
y a un sujet dans le 94 à Vitry, gros dépôt pétrolier qui va disparaître et il y aurait un GROS projet de DC (entre autres). voire d'incinérateur mais ça reste flou vu l'ambiance électorale. le site est intéressant sur les connexions aux réseaux électriques (y a scaleway pas loin par exemple).
y a rien qui permet à une municipalité ou communauté de communes de demander une contrepartie ? genre soyons fous 1To de stockage gratos pour chaque foyer ou chaque habitant ou l'hébergement de tous le SI de la commune (serveurs et stockage) ?
votre avatar
sur le dernier point : ça se fait dans le domaine de l'énergie par exemple. Il y a des projets d'installations éoliennes ou photovoltaïques qui sont associés à un financement participatif dont le rendement est bonifié de quelques points pour les riverains, c'est une façon d'améliorer l'acceptation des projets. Le To de stockage offert (:inpactitude2: ) je sais pas si ce serait très parlant pour les populations concernées par contre :D
votre avatar
bah justement si tu sais que peu de gens vont l'utiliser, ça coute pas cher de l'offrir
votre avatar
En effet, sinon, pourquoi Next aurait offert 1To+ à ses abonnés… 🤭

Datacenter de Wissous : peut-on débattre d’un projet lorsqu’il est divisé en 3 morceaux ?

  • Enjeux économiques contre débat citoyen

  • Transparence en question

  • Trois paliers d’installations classées pour la protection de l’environnement

  • Emplacement inadéquat pour récupérer la chaleur fatale