Les données biologiques de 20 000 enfants récupérées par des pseudo-scientifiques racistes
Et tic ?
Le 11 février à 16h46
Des blogueurs d’extrême droite ont utilisé des bases de données de 20 000 enfants pour construire des articles pseudo-scientifiques, sans que l’agence scientifique états-unienne National Institutes of Health puisse l’en empêcher. Mais des thèses racialistes et suprémacistes sont aussi reprises par des chercheurs bien établis. « Pas surprenant », nous confie un chercheur du CNRS, mais quand même « triste et scandaleux ».
Les données biologiques de 20 000 enfants récupérées par des pseudo-scientifiques racistes
Et tic ?
Des blogueurs d’extrême droite ont utilisé des bases de données de 20 000 enfants pour construire des articles pseudo-scientifiques, sans que l’agence scientifique états-unienne National Institutes of Health puisse l’en empêcher. Mais des thèses racialistes et suprémacistes sont aussi reprises par des chercheurs bien établis. « Pas surprenant », nous confie un chercheur du CNRS, mais quand même « triste et scandaleux ».
Le 11 février à 16h46
Sciences et espace
Sciences
16 min
Des pseudo-scientifiques racistes ont eu accès à deux bases de données scientifiques comportant des informations sensibles sur des milliers d’adolescents vivant aux États-Unis, et s’en sont servis pour justifier leur idéologie. Le National Institutes of Health (NIH), qui en a la responsabilité, n’a pas réussi à les protéger d’une mauvaise utilisation, expliquait le New York Times dans une enquête publiée fin janvier.
Les deux bases de données stockent les informations recueillies sur des cohortes d’adolescents états-uniens. L’une d’entre elles, la Philadelphia Neurodevelopmental Cohort, rassemble des informations sur 9 500 patients de 8 à 21 ans pour « caractériser l’interaction entre le cerveau, le comportement et la génétique ».
L’autre, l’étude Adolescent Brain Cognitive Development (ABCD), se présente comme « la plus grande étude à long terme sur le développement cérébral et la santé infantile menée aux États-Unis » avec des données sur 11 880 enfants qui avaient entre 9 et 10 ans quand ils ont rejoint l’étude. Elle a été lancée en 2015 et cumule des données sur le développement cérébral, le développement social, émotionnel et cognitif, la santé mentale, la consommation de substances et les attitudes, l’identité de genre et la santé sexuelle, les échantillons biologiques, ainsi que divers facteurs liés à la santé physique et à l’environnement. Et elle est la source de beaucoup d’études. Ainsi, des chercheurs l’ont, par exemple, utilisée récemment, pour regarder les conséquences des réseaux sociaux, des jeux vidéo et des écrans sur les adolescents.
Mais, comme nous le montre l’histoire des sciences, la légitimation des thèses racialistes et suprémacistes par des chercheurs date du XVIIIᵉ siècle et elle est toujours en cours, via certains chercheurs mais aussi des personnes qui se réclament de la science sur X, Substack ou autres.
Dangereux sur les réseaux sociaux, mais pas pris au sérieux par la communauté scientifique
« Ce sont des crétins. Ils sont dangereux car ils sont extrêmement actifs pour faire des memes et de la propagande sur Twitter mais avec un programme politique très clair de promotion des idées d’extrême droite, de suprémacisme blanc, de grand remplacement, voire d’eugénisme », déclare à Next Hervé Perdry, chercheur à l’université Paris-Saclay et à l’Inserm, « mais ils ne sont pas pris au sérieux par la communauté scientifique parce que leurs analyses sont complètement buguées ».
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Les données biologiques de 20 000 enfants récupérées par des pseudo-scientifiques racistes
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Dangereux sur les réseaux sociaux, mais pas pris au sérieux par la communauté scientifique
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Commentaires (13)
Le 11/02/2026 à 16h53
Bon, je vais lire l'article maintenant.
Le 11/02/2026 à 17h34
"Ethnique : Ethique avec haine "
Vais de ce pas lire aussi l'article
Le 11/02/2026 à 23h48
"Ethnique : haine dans l'éthique" ?
J'aime bien ton jeu de mot. ^^
Le 11/02/2026 à 16h55
Sur le thème du tabac, pesticides agricoles, ondes radio.
Modifié le 11/02/2026 à 17h14
Le 13/02/2026 à 10h01
Heureusement qu'il y a des commentaires pour inviter à retourner les voir
Le 12/02/2026 à 04h50
Maintenant, je ne suis pas sûr que l'accès aux données soit le principal problème : si ces gens veulent écrire des articles racistes, ils le feront, et s'ils n'ont accès à aucune donnée, ils les inventeront, comme ils l'ont fait par le passé.
Je m'inquiète plutôt de la publication de ces « articles » eugénistes. Est-ce qu'ils sont publiés ? Peer-reviewés, critiqués, cités ? Ou est-ce qu'ils ne servent "que" de vernis scientifique pour être cités sur Twitter ou aux meetings d'ED ?
Dans le 1er cas, s'ils passent les étapes de la publication, c'est qu'il y a un sérieux problème dans le système (encore un), ou qu'ils auraient mis le doigt sur un vrai truc ? Je n'y crois pas une seule seconde, mais si leur méthode est validée par des pairs, ça poserait beaucoup de questions.
Dans le 2e cas, j'aimerais croire que l'impact réel de leurs papiers est limité ...
Le 13/02/2026 à 10h26
Les deux chercheurs avec un nombre de malade de citations, Abdel Abdellaoui et Peter Visscher, travaillent tous les deux à "trouver les causes héréditaires de maladies, dont des maladies mentales" : pourquoi chercher cela ? Pourtant, quand on voit le nombre de citations, ça doit intéresser malheureusement, donc cela semble relever du problème sociétale : on ne cherche pas "le gène" causant telle maladie si ce n'est pour le modifier, car en dehors de cela, en terme de question scientifique, y'a rien dans leurs recherches : s'ils travaillaient sur le lien environnement/hérédité de traits biologiques, ils pourraient faire cela sur des traits plus éthique et en dehors des humains.
Le 17/02/2026 à 18h41
Le 16/02/2026 à 12h33
Le 12/02/2026 à 09h47
Toujours pour des études racialistes. En détournant des études génétiques pour la recherche de 16 maladies génétiques.
Le 13/02/2026 à 10h20
Qu'on puisse récolter des données les concernant afin de voire si la connerie est génétique ou non...
Le 13/02/2026 à 10h31
Le fait que ces gens eugénistes et racistes parlent du QI et de la taille des sexes d'autres groupes humains factices en dit souvent plus sur eux que sur leurs cibles.
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