European Sovereign Cloud : AWS lance son « cloud souverain », avec de gros guillemets
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L’AWS European Sovereign Cloud est désormais disponible pour tout le monde… avec une vraie souveraineté ? Selon Amazon oui, mais selon d’autres, c’est… compliqué. Il reste en effet un problème : cette entreprise est toujours une filiale d’Amazon. Nous avons posé trois questions à Amazon sur le sujet, avec des réponses parfois… surprenantes.
Le 19 janvier à 12h10
8 min
Droit
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Lors de sa conférence re:Inforce en juin 2025, Amazon présentait son offre de cloud « souveraine » européenne. Pour cela, AWS annonçait la mise en place d’une maison mère et de trois filiales en Allemagne, avec un conseil consultatif indépendant qui a l’obligation légale « d'agir dans le meilleur intérêt de l'European Sovereign Cloud ». L’offre n’était pas encore disponible pour tout le monde.
En fin de semaine dernière, Amazon annonçait « la disponibilité générale de l’AWS European Sovereign Cloud ». L’entreprise prévoyait aussi « l’étendre en Europe avec de nouvelles AWS Local Zones en Belgique, aux Pays-Bas et au Portugal ». L’entreprise a pour rappel recruté entre temps un nouveau directeur général pour AWS European Sovereign Cloud : Stéphane Israël, ancien d’Airbus et d’Arianespace.
L'occasion pour l'Américain de rappeler de gros chiffres sur deux piliers économiques : l’investissement (7,8 milliards d’euros pour l’AWS European Sovereign Cloud en Allemagne) et les emplois (en moyenne 2 800 emplois équivalents temps plein par an)
Une « offre de cloud souveraine »… souveraine comment ?
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European Sovereign Cloud : AWS lance son « cloud souverain », avec de gros guillemets
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Une « offre de cloud souveraine »… souveraine comment ?
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Des filiales qui remontent à… Amazon
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La « société mère basée dans l'UE soit une filiale d'Amazon »
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SecNumQuoi ?
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« C’est “mieux que rien”. Mais soyons lucides. »
Commentaires (16)
Le 19/01/2026 à 12h18
Le 19/01/2026 à 12h34
Ça ne doit pas être très loin des offres Bleu et S3ns, en fait.
Par contre, ce n'est toujours pas souverain en terme de technologie et on garde la dépendance aux USA, mais comme les offres Bleu et S3ns.
Le 19/01/2026 à 13h04
De même, en admettant que le personnel européen ait un réel contrôle total et univoque des systèmes, il ne faut pas s'imaginer que la peur de sanctions américaines les frappant directement et personnellement ne constituerait pas un incitant suffisant pour les faire plier. On a bien vu encore récemment comment l'Europe protège ses citoyens face à Trump.
Le 19/01/2026 à 13h17
J'ai l'impression qu'Amazon est prêt à prendre le risque tu cites ; ils présentent d'ailleurs l'argument qui a l'air de les protéger :Et pour ton second paragraphe, les offres Bleu et S3ns ont le même problème.
Le 19/01/2026 à 13h40
La pire crainte d’une entreprise, c’est toujours l’émergence d’un concurrent. D’autant que si un concurrent européen se dégage, il pourrait aller chatouiller amazon sur ses autres marchés, comme l’amérique latine ou l’asie.
Le 19/01/2026 à 13h45
Ce mécanisme peut, entre autres, interdire l'accès aux marchés publics.
(le hic, c'est qu'il est à l'image de l'UE : pas très véloce)
Le 19/01/2026 à 16h06
Les types savent qu'ils n'auront jamais une offre propre au regard des lois US d'un côté et des désirs de souveraineté de l'autre (un ensemble flou de critères de nature politique dont il existe autant de définitions que de piliers de
barforum chez Next) ou de SecNumCloud (qui a l'avantage d'avoir une spec écrite).Donc du coup ils pondent un machin chimère mi-horreur marketting mi-best effort technique en espérant grapiller ou garder des clients.
Le 19/01/2026 à 13h41
Là où Bleu et S3ns, c'est du logiciel américain (dépendance) opéré sur du matériel et dans des salles qui appartiennent à des entreprises françaises. C'est comme le Private Cloud OVH qui exécute du VMWare sur des infrastructures de l'hébergeur. Il y a bien une dissociation forte entre le hardware et le software, là où AWS, de ma compréhension, a "simplement" fait une entité juridique à part et ouvert des salles dédiées déconnectées.
Bleu et S3ns sont en fait similaire au montage d'Azure China où le logiciel est de Microsoft, mais l'opérateur est local (Vianet) et l'infrastructure totalement déconnectée.
Cet AWS Europe "souverain", c'est plutôt l'équivalent de Azure Gov aux USA : une région déconnectée et spécifique, mais toujours opérée par Microsoft. Ils sont juste allé plus loin avec ici une entité juridique dédiée.
Pour moi, ça reste à fuir en matière de dépendance et de risque.
Le 19/01/2026 à 12h25
Modifié le 19/01/2026 à 12h45
- Bleu typiquement est composé de Orange & CapGemini. Dans ce dernier, l'actionnariat est composé entre autre de BlackRock ( https://investors.capgemini.com/fr/structure-de-lactionnariat/ ) . Orange je n'ai pas regardé mais forcément ils opèrent aussi aux USA via la pose de câbles et OpenTransit.
- S3NS c'est Thales & Google. Thalès de ce que j'en ai vu fonctionne au quotidien avec les solutions Microsoft pour les PC mais aussi les outils bureautique, mail,...
Dans les deux cas, les USA ont un très fort pouvoir de nuisance en cas d'escalade de la menace. On pourrait se dire que quand chacun a un pistolet chargé braqué sur l'autre, on va rester raisonnable.
Sauf que... ben la situation aux USA en ce moment ne montre en rien une volonté d'apaisement, bien au contraire (Et c'est pas Trump tout seul, il a toute une administration autour de lui qui le soutient)
In fine ce n'est que du rapport de force : Si les USA veulent les données de Bleu ou S3NS, même sans se cacher ils peuvent facilement trouver un prétexte "juridique" puis exiger cet accès extraterritorial, avec menaces de rétorsions sur les sociétés en question si elles n'obéissent pas. Et c'est pas nos lois qui vont les y obliger puisqu'ils ne les considèrent pas comme contraignantes pour eux.
Et là il me semble qu'on est en position de faiblesse. Même sans missiles il peuvent méchamment perturber la marche de ces sociétés, mais aussi user de moyens autre de rétorsion - ils ont montrés moult fois qu'ils n'hésitaient pas à se servir de moyens de pressions sans rapport avec le sujet.
La seule solution pour moi c'est de se dégager le plus vite possible de toute dépendance technique. Certes au niveau économique, sur le moyen terme ça va être dur, mais au moins en le préparant, ce sera maitrisé.
Ca veux pas dire couper toute relations commerciales avec les USA - après tout une grande majorité d'américains sont aussi victime de leur président - mais juste de rompre les dépendances systémique.
Là on a le sentiment que les chinois , à coté, sont raisonnable....
Le 19/01/2026 à 19h42
Jusqu'au jour où les US vont nous la faire à l'envers, et vu les vociférations de l'autre machin orange ces derniers temps concernant l'Europe et en particulier la France, ça risque d'être plus tôt que prévu.
Le 19/01/2026 à 19h56
Strubel a dit un peu plus que ce rapide raccourci et a rappelé qu'elles restent soumises à risque.
Le 19/01/2026 à 12h59
Le 19/01/2026 à 14h48
Le 19/01/2026 à 15h05
Modifié le 19/01/2026 à 20h13
J'ai récemment entendu le changement de discours de mon manager, suite aux suggestions d'externalisation vers l'Inde d'un pôle Confidentiel Defense.
- "des connards souverainistes..."
Mec, on vient seulement d'être racheté par des américains. Ta deja renié ton identité pour leur lécher les couilles ?
J'ai la même sensation en pensant au employés français travaillant pour aws...
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