Vincent Strubel (ANSSI) tient à rappeler ce qu’est vraiment SecNumCloud

Piqûre salutaire

Vincent Strubel (ANSSI) tient à rappeler ce qu’est vraiment SecNumCloud

Alors que les débats autour de la souveraineté numérique sont particulièrement vifs cette année, la qualification SecNumCloud, délivrée par l'ANSSI, revient souvent sur la table. Le directeur de l'agence, Vincent Strubel, a tenu à rappeler les forces et limites du label.

Le 07 janvier à 11h04

Commentaires (20)

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Se mettre à l'abri des lois extra-territoriales c'est déjà pas mal. Quant à la techno, je pense qu'avec des mesures de sécurité (chiffrement, logiciel non proprio par des boîtes US, pas de cloud US etc...), on peut raisonnablement se dire qu'on est à l'abri.

Il existera toujours des activités qui doivent tout anticiper et éviter à tout prix toute dépendance à un pays étranger, même et surtout les USA, mais j'ose espérer que le SecNumCloud n'est pas dans leur scope.
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"Se mettre à l'abri des lois extra-territoriales c'est déjà pas mal."

Sauf que, lorsque beaucoup s'en contrefoute, en particulier Trump, je ne vois pas en quoi SecNumCloud protège de quoi que ce soit.

Si Trump impose un blocage des solutions cloud Microsoft sous peine de sanctions, Cap Gemini & Thales ne feront probablement que carpette… d'autant plus quand on voit la réaction de Macron suite à l'attaque sur le Venezuela…
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Cela n'aurait pas de rapport avec la protection contre les lois extra-territoriales des USA. Comme indiqué dans l'article, une solution à base de techno US peut certes être interdite par les US, mais les solutions SecNumCloud auraient probablement 6 mois de tranquillité.

C'est quand même dommage de ne pas avoir lu l'article pourtant très clair sur ce qu'inclut SecNumCloud et sur ce qu'il n'inclut pas et de commenter à côté.

Il s'agit de sécurité des données hébergées, pas de continuité du service à long terme.
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Si Trump demande à Cap ou Thales les données hébergées chez S3ns ou Bleue en s'appuyant sur une loi sortie du chapeau (comme pour le Venezuela) , pas sûr qu'ils puissent refuser.

Bref, la protection de Secnumcloud vis à vis des produits US n'engage que ceux qui y croient…
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C'est beau d'être un meilleur expert que le patron de l'ANSSi !

Et je me retiens très fort de demander de quelle loi il s'agit pour le Venezuela !
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Je me suis trompé, ce n’est pas une loi mais une « doctrine ».

L’article de franceinfo qui en parle.
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Si nous devions en arriver à une telle situation, cela signifierait qu’il y aurait des problèmes bien plus importants avec Microsoft, ainsi qu'entre la France et les États-Unis, nous expliquait Bleu récemment.
Vu l'actualité géopolitique, autant dire que ça ne devrait pas trop tarder, je pense...

Le rappel sur ce qu'est SecNumCloud est tout de même appréciable, j'ai souvent l'impression de voir du fantasme autour alors que ça repose sur des principes au contraire terre à terre.
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Bien que ça me ferait plaisir de voir Trump donner l'ordre de couper MS pendant une journée (ou même GitHub ou Gitlab), en pratique ça n'arrivera pas. Parce que l'impact financier que ça aurait sur MicroSoft sera dévastateur. Toute l'Europe en serait affecté, santé, banque, industrie... Bref un beau carnage, qui fera perdre toute confiance dans Microsoft et ses produits, et dans le monde entier. Et ce n'est pas sans risque que l'action Microsoft chute violemment dans la foulée, et qu'elle entraîne avec elle d'autres effets (un début de panique sur les marchés US, la bulle IA qui tousse méchamment...). A mon avis, Vance, Rubio et les autres signaleront à Trump que ce n'est pas une bonne idée, et de ne surtout pas le faire.
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Quand on réfléchi raisonnablement, on est conscient de tous ces risques. Oui.

Sauf que, pour le moment, l'histoire contemporaine me laisse à considérer que Trump est tellement imprévisible qu'il faut systématiquement anticiper le pire avec lui. Les seules fois où il a reculé, c'est quand les marchés se sont effondrés après la mise en place de ses mesures.

Mon expérience m'a appris qu'il ne faut jamais sous estimer la connerie humaine.

Surtout quand la dite connerie est en train de répéter le 20ième siècle.
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cela signifierait qu’il y aurait des problèmes bien plus importants avec Microsoft
Le gars était en train de dormir dans une grotte pendant ces 25 dernières années ?
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As-tu compris le contexte de cette citation et ce qu'elle exprime ?
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Oui, je sais lire, merci.
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Merci beaucoup pour l'article. C'était très intéressant.
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L’open source peut jouer « indiscutablement » un rôle dans l’émancipation, sans être « pour autant la panacée » : « aucun acteur, État ou entreprise, ne maîtrise entièrement, et ne peut prétendre forker et maintenir en autarcie toute la stack technologique du cloud »

OK, mais au moins tu peux faire ce fork à l'instant T si besoin, chose impossible sans opensource.

Perso j'ai pris l'habitude de ne plus cloner direct de github sur les projets qui m'intéressent mais d'utiliser forgejo sur un serveur perso et de configurer un sync régulier depuis github.
Vu le nombre de repo qui passent en archive (voire en 404) ces derniers temps ça me permet de garder un snapshot récent des repo, juste au cas où. Et le process de synchro avec l'upstream est finalement très peu décalé dans le temps.
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Si les US demandent à Github et Gitlab de bloquer les pays européens, et aux projets open-source de virer tous les contributeurs européens (comme les contributeurs russes ont déjà été exclus du noyau Linux), je donne pas longtemps avant qu'on aie de gros problèmes. Au moins aussi gros que si les US demandent à Google, Meta, Microsoft et Amazon de faire de même.

On résisterait peut-être quelques mois avec un clone type Software Heritage ou ta technique du mirroir Forgejo, mais pas plus longtemps. Les mises à jour de sécurité sont aussi très importantes.
En ce sens, si S3NS et Bleu sont capable de tenir quelques mois sans mises à jour mais pas plus, c'est également le cas pour les stacks basées sur l'open-source.
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Pas entièrement d'accord.

Avec les VPN on pourra passer une géo-restriction des IP. Les développeurs et mainteneurs pourront redéployer en Europe. Et c'est sans compter sur les développeurs d'ailleurs qui pourront nous envoyer des patches et autres.

A mon humble, à part ralentir significativement les projets qui en dépendent (Go, Rust, Python ?) les autres projets auront le temps de tenir. Et puis, les entreprises qui dépendent des solutions open-sources devront embaucher pour maintenir ces librairies. Ce qui n'est pas forcément un mal en soi.
Là, où ça va piquer c'est qu'on a pas vraiment de GitHub/Gitlab à l'échelle de l'EU. Il y a certes CodeBerg mais ce n'est pas tailler (et le temps de scaler) pour supporter subitement un afflux massif de nouveaux projets.
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Là, où ça va piquer c'est qu'on a pas vraiment de GitHub/Gitlab à l'échelle de l'EU. Il y a certes CodeBerg mais ce n'est pas tailler (et le temps de scaler) pour supporter subitement un afflux massif de nouveaux projets.

Pour moi c'est presque un mal pour un bien.
Centraliser tout sur 2 plateformes , c'est certes très pratique , ça incite à certaines habitudes de travail , mais c'est aussi prendre un risque , ne serait-ce que technique. Et il y a aussi des tas de scripts & automatisation qui dépendant de ces 2 plateformes (exemple avec vscode, ou encore github avec son binaire "gh" pour "simplifier" git).

L'existante même de github rends inutile et inhibe la volonté (et le financement) de créer en Europe une alternative, mais devant la nécessité d'une alternative rapide on a les compétences et les infra pour ça . Si on accepte de s'en donner les moyens (et donc de raquer)
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Si les USA montre des actions hostiles de ce type - que ce soit par les GAFAM ou les sociétés moins connues, je préfère encore avoir des clones de repos que rien du tout - même plus mes propres fichiers.

Alors oui on va perdre beaucoup de chose : Tickets, revues, processus ...
Mais au moins on saurait repartir.

Les mises à jour c'est important, mais si les américains coupent les accès aux serveurs de Google pour le playstore & tout, on va pas revenir au 18ème siècle sous prétexte que les téléphones peuvent plus se mettre à jour et s'assoir par terre en priant le dieu orange de bien vouloir nous pardonner.

Oui, il faudra remonter des équipes , et obliger les entreprises utilisatrice à mettre plus largement la main à la pâte mais au moins ce sera possible , bien que houleux pendant longtemps.

Accessoirement, et comme dans toute dérive fasciste les Américains sont majoritairement effarés et stupéfaits de cette dérive rapide, et la violence de la répression intérieure n'a d'égale que les tentatives discrète de résistance. Je serait étonnés que sur certains projets réellement opensource les contributions s'arrêtent net (je ne parle pas des logiciels opensource portés par des sociétés , qui ont plus ou moins rapidement vocation à se refermer comme minio récemment par exemple)
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Excellent article, j'ai appris plein de choses sur un domaine dont j'ignorais quasiment tout. Merci.
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Merci pour cette synthèse qui permet d'y voir un peu plus clair.

Pour info une autre série d'articles en cours de publications sur Linkedin par Victor Vuillard le CTO CSO de S3NS apportent aussi un éclairage sur la mise en œuvre des exigences SecNumCloud vue de l'intérieur.

Les dettes technologiques et industrielles obligent à bien des contorsions quand on se veut souverain.

Vincent Strubel (ANSSI) tient à rappeler ce qu’est vraiment SecNumCloud

  • Immunité aux lois étrangères et au kill switch

  • La qualification n'est pas une barrière absolue

  • « Un outil de cybersécurité, pas de politique industrielle »

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