Des comptes influents pilotés depuis l’étranger ? Une fonctionnalité de X sème le doute
T'es où ?
Une nouvelle fonctionnalité de X présentant les informations de création et de localisation des comptes semble dévoiler l'ampleur de l'ingérence à l'œuvre derrière, notamment, les discussions MAGA et d'extrême droite. Mais les informations présentées par le réseau social restent à prendre avec des pincettes.
Le 24 novembre 2025 à 16h29
7 min
Droit
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Le 21 novembre, X publiait une nouvelle fonctionnalité dédiée à fournir plus de transparence sur les usagers. Nommé « À propos de ce compte », l’outil permet, en cliquant ou survolant la date d’inscription d’un compte X, d’obtenir plus d’informations sur son nombre de modifications de nom d’utilisateur, via quel outil (web ou magasin d'applications) l’internaute se connecte, et, au moins théoriquement, la région du monde d’où il ou elle se connecte.
Dans les heures qui ont suivi sa mise en ligne, de nombreuses personnes se sont lancées dans la vérification de divers comptes très actifs sur le réseau social d’Elon Musk. Depuis les États-Unis, ceci a notamment permis de constater que certains comptes MAGA (Make America Great Again, le mouvement de soutien à Donald Trump) très suivis étaient localisés en Russie, en Inde ou au Nigeria. De même en France, des comptes d’apparence « patriote », ou d’extrême droite, parfois suivis par plusieurs dizaines de milliers de comptes, apparaissent localisés au Sénégal.
Pour autant, chacune de ces informations reste à prendre avec des pincettes. Comme le montrent nos tests réalisés sur les comptes de journalistes de la rédaction, le fonctionnement de l’outil déployé par X reste fragile.
Des VPN et des magasins d'applications
Commençons donc par le compte de Jean-Marc Manach. Depuis sa bio, nous apprenons qu’il a rejoint Twitter en 2008, qu’il utilise l’application téléchargée depuis un smartphone sous Android, et que son compte est basé en France. Jean-Marc souligne que dans les faits, il consulte « d’abord et avant tout X en mode desktop web ».

Le petit « i », pour « information », à la droite de sa géolocalisation ? En cliquant, nous obtenons le message suivant.

Le compte de l’autrice de ces lignes présente des informations un peu plus atypiques. D’une part, on y apprend que j'ai changé trois fois de handle. La localisation indique quant à elle « États-Unis », alors même que j’écris ces lignes depuis la France métropolitaine.

Ceci s’explique probablement par le fait que je ne recours à X que depuis mon navigateur, lui-même derrière un VPN (virtual private network) en France qui me permet d’accéder à différents outils de travail. À côté de la géolocalisation faussée, le symbole « information » n’est d’ailleurs plus entouré d’un simple cercle, mais d’un symbole de bouclier. Lorsqu’on clique, le message n’est pas exactement le même que dans le cas précédent.

Comptes d’extrême droite pilotés depuis l’extérieur ?
Malgré ces aléas, l’exposition des informations d’un autre compte a permis de suggérer que des comptes MAGA très suivis étaient pilotés depuis divers pays étrangers, à commencer par la Russie, l’Inde et le Nigeria. De fait, ces différents pays sont connus pour leurs opérations d’ingérence ou pour héberger des fermes à trolls, dont l’objet consiste à simuler des activités légitimes en ligne à des fins financières, politiques, ou les deux à la fois.
Tous n’ont pas nécessairement une très forte audience. Mais quelques-uns, comme le compte @MAGANationX, suivi par plus de 392 000 comptes, ou @IvankaNews_, suivi par plus d’un million de comptes, attirent particulièrement l’attention. Créé en avril 2024, le premier serait localisé en Europe de l’Est, « (hors de l’Union européenne) », selon les informations présentées par X. Vieux de 15 ans, le second serait quant à lui installé au Nigeria.
Dans le même ordre d’idées, @America_First0, suivi par plus de 67 000 comptes X, a beau donner l’image d’une Américaine convaincue par Trump, ses informations le localisent au Bangladesh.

Après ces premiers exemples, la pratique d’exposition des informations de compte s’est répandue à toute vitesse, comme une de ces tendances (trends) classiques des cultures numériques. Elle a donné lieu à des passes d’armes pleines d’insinuations entre, par exemple, le « lobby américain pro-israël » AIPAC et divers internautes. À ses 187 000 followers, le premier publie l’information selon laquelle le compte @palestine serait installé en Australie, avec pour simple légende « Oh. ». En réponse, de petits comptes comme @crawlings13 répondent, ironiquement : « Vous ne devinerez jamais la raison pour laquelle tant de comptes palestiniens sont situés en dehors de la Palestine. »
En France, de même, quantité d’utilisateurs explorent les comptes des uns et des autres. D’après X, « @cestpasdeslol_x » (84,3 K abonnés) est par exemple basé au Maroc. Autodécrit comme « spécialisé dans les faits divers en France », le profil est qualifié de « compte favori de la patriosphère xénophobe » par le maître de conférences spécialiste des cultures numériques Tristan Mendès-France, qui s’amuse de sa potentielle localisation outre-Méditerranée. Plus radical, le compte @Henri2Turenne, suivi par plus de 20 000 personnes et affichant les drapeaux français, russe et du Vatican, a été pris à parti après que X a indiqué sa localisation au Sénégal. Ce 24 novembre, le compte avait été supprimé, quand bien même divers utilisateurs plaidaient son possible recours à un VPN.
Directeur produit chez X, Nikita Bier décrivait le 22 novembre au soir le déploiement de la fonction « à propos de ce compte » comme « un premier pas important pour sécuriser l’intégrité de cet espace public mondial ». Dans les jours qui précédaient le lancement de la fonctionnalité, divers défenseurs des droits numériques avaient critiqué le projet de X, considérant le nouvel outil comme une attaque contre les internautes qui recouraient à la plateforme depuis des VPN.
Mais plutôt que de se pencher sur cette question, nombreux sont les usagers qui se sont emparés de la fonctionnalité pour tenter de démontrer l’ampleur des ingérences étrangères dans leurs débats en ligne. Tant que la stabilité de l’outil n’est pas assurée, cela dit, difficile de dresser des conclusions solides.
Alors que plusieurs usagers se plaignaient de l’inexactitude des informations relatives à leur compte, Nikita Bier convenait d’ailleurs que « les informations ne sont pas 100 % exactes pour les vieux comptes » et prévoyait que certains dysfonctionnements devraient être résolus « d’ici mardi », c’est-à-dire, a priori, ce 25 novembre.
Il précise par ailleurs : « Si des données sont incorrectes, elles seront mises à jour périodiquement en s’appuyant sur les meilleures données disponibles. » Un processus qu’il déclare organisé de manière « différée et aléatoire », pour « préserver la vie privée ».
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Commentaires (45)
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Abonnez-vousLe 24/11/2025 à 16h41
Le 24/11/2025 à 17h23
Est-ce qu'il y a encore sincèrement des gens qui cherchent à comprendre se qui se passe chez X (et dans la tête de Musk) ?
Le 24/11/2025 à 16h54
Le 24/11/2025 à 17h21
À une époque, les abonnés d'OVH étaient considérés comme Russes (ou d'un autre pays de l'Est), vu qu'OVH avait acheté la plage IP et que les bases n'étaient pas à jour. Ils n'avaient pas accès à certains services de replay…
Le 24/11/2025 à 16h59
La seule raison de ce traitement serait à chercher dans les intérêt légitimes, mais je n'en vois pas qui seraient supérieur au droit à la vie privée en particulier pour la localisation.
En particulier,ne me semble pas une raison valable pour indiquer d'où ils communiquent.
Le 24/11/2025 à 17h13
Avec une géolocalisation à l'échelle d'un pays, je doute qu'on puisse identifier un individu avec seulement le nom de son compte et la date de création.
Le 24/11/2025 à 17h32
Ta question était différente de la mienne.
Modifié le 24/11/2025 à 17h49
1. La collecte/traitement de données à caractère personnel.
2. La justification de la collecte/traitement.
3. La divulgation de cette donnée à la vue de tous.
Pour le 1, voir ma réponse précédente: c'est permis si ca ne permet pas l'identification de l'individu.
Pour le 2, la collecte/traitement de l'adresse IP est utilisée par les sites web pour détecter de potentiels abus/usurpations. Ex: si qqn se connecte à votre compte google.com depuis une nouvelle adresse IP, vous recevez une alerte/email pour vous avertir.
Donc pour 1+2 ca me semble conforme et justifié.
Pour le 3, je peux comprendre le sentiment de perte d'anonymat. Mais dans les faits ca ne permet pas de t'identifier. Donc c'est plutôt un niveau de transparence auquel on n'est pas habitué: on reste anonyme, mais on peut moins mentir sur celui qu'on prétend être.
Je sais que le X/Musk bashing c'est viscéral pour certains, mais là ca me semble être une fonctionnalité qui va dans le bon sens. Et perso je trouve ca marrant de voir que les patriotes US soient en fait des Bangladais.
Le 24/11/2025 à 18h07
Article 4 du RGPD :Donc, le pays à partir duquel on utilise X est une information personnelle si l'on est identifiable et sur X, on est identifiable au moins par son identifiant X (c'est "un identifiant en ligne" comme l'appelle le RGPD qui dit que c'est un moyen d'identification dans ce même paragraphe).
"des données de localisation" est un moyen cité pour pouvoir identifier une personne dans ce même paragraphe, mais ce n'est pas le sujet de mon interrogation. C'était par contre ton interrogation auprès de l'autorité que tu avais interrogée.
C'est le 3 qui pose problème Et c'est ce traitement là dont je parle : la divulgation de donnée privée associée à une identification par le compte. Rappel : un pseudo est un identifiant. Les comptes des 2 journalistes de Next cités les identifient : leur nom apparaît clairement. Il y a plein de gens qui sont connus par leur nom sur X.
Rien ne justifie de diffuser le pays à partir duquel ils utilisent X. On peut savoir où ils passent leurs vacances par exemple, s'ils vont souvent dans un pays, peut-être pour y acheter de la drogue...
Et je ne pose la question que pour l'UE en parlant du RGPD. Mais comme d'habitude les sociétés US conçoivent une fonctionnalité sans penser aux différentes législations et après, pleurent parce qu'elles se font sanctionner.
Modifié le 24/11/2025 à 18h33
Le fait que le journaliste soit identifiable ne peut donc pas être reproché à X.
Et le fait qu'il soit "identifiable ET localisable" non plus.
(cf la geoloc des militaires sur l'appli de fitness Strava)
Le 24/11/2025 à 18h44
Quelle est donc cette base légale parmi les 6 listées à l'article 6 ?
Et cette base légale est-elle solide ?
Les intérêts légitimes sont très rarement reconnus comme une base légale par les autorités de contrôle et je ne vois pas quelle autre cause pourrait être invoquée, d'où mon fort doute.
Le 24/11/2025 à 19h40
X n'a pas collecté le vrai nom du titulaire du compte.
C'est le titulaire du compte qui divulgue sa (prétendue) identité via X.
Note qu'il aurait pu la divulguer cette (prétendue) identité via une autre plateforme:
"hey, le compte ae54fa8ef sur X en fait c'est moi, Jean Dupond".
Le 24/11/2025 à 20h12
J'arrête là.
Le 25/11/2025 à 09h36
Le 24/11/2025 à 21h45
La donnée est ici manifestement une DCP puisqu’est rattaché à un compte. Qui lui est une DCP. Et le RGPD n’a JAMAIS imposé qu’on doive identifier l’utilisateur pour que ça soit une DCP, mais uniquement qu’il soit identifiable (article 4). Ce qu’est un pseudonyme.
La CJUE a même d’ailleurs ajouter que l’information d’identification n’avait pas à être détenu par le détenteur de la donnée elle-même mais qu’elle pouvait être ailleurs (au pif : ton FAI, une réquisition des flics, etc)
Modifié le 25/11/2025 à 08h22
Ici je suis mitigé. La donnée n’est pas en temps réel, c’est une moyenne (je suppose, on n’a pas d’infos là-dessus) de ce qui s’est passé dans les derniers temps. L’article montre qu’il y a un intérêt légitime fort à ce que cette donnée soit connue : en fait, c’est même la meilleure mesure du niveau d’ingérence / influence externe que j’ai pu voir depuis ces dernières années.
Donc pour moi, en réflexion rapide, la balance penche plutôt en faveur de la publication (ce n’est pas temps réel, ça reste une donnée non localisante, il y a un intérêt à la rendre publique).
Le 25/11/2025 à 09h37
Ça avait été le cas par exemple des registres de transparence européens
L'« intérêt légitime » au sens RGPD est très strict, et ne s'applique pas ici dans le cas de X.
Modifié le 25/11/2025 à 09h42
Et c'est surement la raison pour laquelle X affiche la localisation, pour que les gens crédules puissent déceler la supercherie.
Modifié le 25/11/2025 à 11h24
Sur une réquisition judiciaire, les flics peuvent demander à X (ou à Next) tes données de connexion, et ensuite aller voir ton FAI pour lever ton anonymat. C’est fait régulièrement, et c’est bien la preuve que tes données X (ou Next) sont des DCP.
Bref, si tu ne maîtrises pas la législation en vigueur, évite de propager des conneries dans des commentaires d’un journal sérieux sur le sujet. Tu ne maîtrises absolument pas la notion de DCP et en propage des erreurs juridiques monstrueuses qui peuvent laisser à penser des choses aux lecteurs ici qui pourraient en mettre en œuvre des traitements illicites.
De manière très générale, toute information qui pourrait être utilisée par les flics pour t’incriminer d’une quelconque manière est automatiquement une DCP.
https://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?docid=184668&doclang=FR#point43
43 Dans la mesure où ce considérant fait référence aux moyens susceptibles d’être raisonnablement mis en œuvre tant par le responsable du traitement que par une « autre personne », le libellé de celui-ci suggère que, pour qu’une donnée puisse être qualifiée de « donnée à caractère personnel » au sens de l’article 2, sous a), de ladite directive, il n’est pas requis que toutes les informations permettant d’identifier la personne concernée doivent se trouver entre les mains d’une seule personne.
45 Il convient cependant de déterminer si la possibilité de combiner une adresse IP dynamique avec lesdites informations supplémentaires détenues par ce fournisseur d’accès à Internet constitue un moyen susceptible d’être raisonnablement mis en œuvre pour identifier la personne concernée.
47 Or, si la juridiction de renvoi précise dans sa décision de renvoi que le droit allemand ne permet pas au fournisseur d’accès à Internet de transmettre directement au fournisseur de services de médias en ligne les informations supplémentaires, nécessaires à l’identification de la personne concernée, il semble toutefois, sous réserve des vérifications à effectuer à cet égard par cette juridiction, qu’il existe des voies légales permettant au fournisseur de services de médias en ligne de s’adresser, notamment en cas d’attaques cybernétiques, à l’autorité compétente afin que celle-ci entreprenne les démarches nécessaires pour obtenir ces informations auprès du fournisseur d’accès à Internet et pour déclencher des poursuites pénales.
Modifié le 25/11/2025 à 17h18
SI la donnée se rapporte à une personne identifiée ou identifiable, ALORS c'est une donnée à caractère personnel.
Et comme je suis d'accord sur le fait d'éviter de propager des erreurs juridiques monstrueuses, je vais citer le règlement:
-----------
RÈGLEMENT (UE) 2016/679 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL
préambule, considérant
(26) Il y a lieu d'appliquer les principes relatifs à la protection des données à toute information concernant une personne physique identifiée ou identifiable.
Article 4, Définitions
(1) «données à caractère personnel», toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable
-----------
Le RGPD n'est pas un texte pour garantir l'anonymat. A l'inverse, c'est un texte pour garantir la confidentialité des données d'une personne physique identifiée ou identifiable. De rien, ca me fait plaisir.
Le 25/11/2025 à 17h34
Merci d'enfin admettre que j'avais raison.
Remarque : un préambule dans un texte de loi, ça explique pourquoi on a écrit quelque chose dans la partie qui légifère. Ça peut apporter un éclairage sur le pourquoi on a décidé des choses, mais seuls les articles d'un règlement européen créent le droit.
Modifié le 25/11/2025 à 18h04
Tu dis à deux commentaires d'intervalle:
Faut choisir ta bataille.
- Soit c'est une donnée qui peut servir à l'identification (c'est ce que dit le RGPD).
- Soit c'est une donnée personnelle car la personne est déjà identifiée/able.
Et je suis d'accord pour dire que instinctivement ca a l'air d'une donnée personnelle puisque ca peut servir à identifier... Et l'autorité a qui j'ai posé la question m'a fait à peu près la remarque que je viens de faire à aeris22: "Cher monsieur, c'est dans l'autre sens. C'est parce que l'individu est identifiable que c'est une donnée personnelle. Est-ce que vous êtes capables d'identifier l'individu ? Non ? alors ce n'est pas une donnée personnelle."
Le 25/11/2025 à 18h25
- C'est une donnée personnelle si tu es identifiable (par un autre moyen)
- Ça peut permettre de t'identifier par tes déplacements. On peut savoir où tu habites et où tu travailles assez facilement par tes déplacements. À partir de là, si tu es le seul de ton lieu d'habitation à travailler à cet endroit, on sait qui tu es. Si vous êtes plusieurs, il faudra un autre déplacement pour de distinguer d'une autre personne : par exemple la salle de sport où tu vas.
Le 25/11/2025 à 18h43
Mais j'ai pas posé la question car je n'étais pas dans ce cas là. Je dois refaire une fournée de questions à l'autorité dans le cadre du EU Data Act cette fois. J'essaierai de glisser la question.
Modifié le 25/11/2025 à 21h25
Spoiler : les lignes directrices du CEPD sur l’intérêt légitime font 37 pages.
Lis bien le II(C)
Lignes Directrices 01/2024 CEPD intérêt légitime
Je t’invite aussi à lire ceci et en particulier le §3 sur la balance des droits et l’impossibilité de l’intérêt légitime en cas d’intrusion sur les droits des personnes concernées.
Lignes directrices CNIL intérêt légitime
Tu touches à un des concepts les plus complexes et les plus mal compris du RGPD.
Spoiler bis : tu parles actuellement à quelqu’un qui fait parti de ça
Groupe de soutien d’experts auprès du CEPD
Le 26/11/2025 à 08h11
Modifié le 26/11/2025 à 12h22
Le 25/11/2025 à 21h14
- Soit c'est une donnée qui peut servir à l'identification (c'est ce que dit le RGPD).
- Soit c'est une donnée personnelle car la personne est déjà identifiée/able.
Non, ça c’est toi qui le dit et pas la loi.
La loi dit même que ton « déjà » du 2nd point est faux, puisque ce n’est pas l’état à date qui compte mais que la possibilité potentielle d’une identification future (par exemple sur réquisition judiciaire) caractérise déjà le fait que tu es en train de traiter de la DCP.
Il n’y a donc qu’un seul cas, le 1. Et qui est même plus large que ce que tu dis, puisqu’il faut pas que la donnée elle-même permette l’identification, mais seulement se rapporte à une personne identifiée ou identifiable.
Dit autrement : toute donnée associée avec ton compte X est de facto une DCP, puisque ton compte X est identifiable.
Le 25/11/2025 à 21h11
Tu confirmes exactement ce que je dis : une donnée est à caractère personnelle SI elle SE RAPPORTE à une personne identifiée OU IDENTIFIABLE.
Ta géolocalisation SE RAPPORTE à ton compte X, qui est lui-même IDENTIFIABLE par réquisition de police. C’est donc une DCP. Merci de la démonstration.
Le 26/11/2025 à 09h14
----------------------------------------
RÈGLEMENT (UE) 2016/679 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL
préambule, considérant
(26) Pour déterminer si une personne physique est identifiable, il convient de prendre en considération l'ensemble des moyens raisonnablement susceptibles d'être utilisés par le responsable du traitement ou par toute autre personne pour identifier la personne physique directement ou indirectement, tels que le ciblage. Pour établir si des moyens sont raisonnablement susceptibles d'être utilisés pour identifier une personne physique, il convient de prendre en considération l'ensemble des facteurs objectifs, tels que le coût de l'identification et le temps nécessaire à celle-ci, en tenant compte des technologies disponibles au moment du traitement et de l'évolution de celles-ci.
Le 26/11/2025 à 10h13
C'est pour cela qu'il faut un cadre légal pour le traitement de données personnelles par ces entités. C'est le e) du 1. de l'article 6 :Le RGPD n'interdit pas le traitement des données personnelle, il l'encadre.
L'article 4 définit ce qu'est une donnée personnelle pour tous ceux qui effectuent un traitement sur une telle donnée.
2) Un considérant comme le (26) que tu cites est là pour éclairer uniquement comme je l'ai déjà dit et il est très clair.
Les moyens décrits par @aeris22 sont tellement raisonnablement susceptibles d'être utilisés qu'ils le sont tous les jours par la justice qui fait des réquisitions auprès des plateformes ou des FAI.
Donc, oui, tu te trompes.
Modifié le 26/11/2025 à 12h24
Je t’ai cité au dessus un arrêt de la CJUE qui dit le contraire. Donc si, tu te trompes.
47 Or, si la juridiction de renvoi précise dans sa décision de renvoi que le droit allemand ne permet pas au fournisseur d’accès à Internet de transmettre directement au fournisseur de services de médias en ligne les informations supplémentaires, nécessaires à l’identification de la personne concernée, il semble toutefois, sous réserve des vérifications à effectuer à cet égard par cette juridiction, qu’il existe des voies légales permettant au fournisseur de services de médias en ligne de s’adresser, notamment en cas d’attaques cybernétiques, à l’autorité compétente afin que celle-ci entreprenne les démarches nécessaires pour obtenir ces informations auprès du fournisseur d’accès à Internet et pour déclencher des poursuites pénales.
48 Il semble ainsi que le fournisseur de services de médias en ligne dispose de moyens susceptibles d’être raisonnablement mis en œuvre afin de faire identifier, à l’aide d’autres personnes, à savoir l’autorité compétente et le fournisseur d’accès à Internet, la personne concernée sur la base des adresses IP conservées.
49 Eu égard à l’ensemble des considérations qui précèdent, il convient de répondre à la première question que l’article 2, sous a), de la directive 95/46 doit être interprété en ce sens qu’une adresse IP dynamique enregistrée par un fournisseur de services de médias en ligne à l’occasion de la consultation par une personne d’un site Internet que ce fournisseur rend accessible au public constitue, à l’égard dudit fournisseur, une donnée à caractère personnel au sens de cette disposition, lorsqu’il dispose de moyens légaux lui permettant de faire identifier la personne concernée grâce aux informations supplémentaires dont dispose le fournisseur d’accès à Internet de cette personne.
La CJUE a même été plus loin par la suite en disant que peu importe que les moyens soient légaux ou non, la possibilité d’identifier une personne (par exemple un OPJ qui outrepasserait ses droits pour taper allégrement dans TES, toute ressemblance avec l’actualité, tout ça…) suffit, que ce moyen soit légal ou non.
Modifié le 26/11/2025 à 19h20
Tous les sites web ayant accès à l'IP du visiteur, peut-on en déduire que tous les sites webs peuvent identifier les personnes par des moyens raisonnables ? Et donc que toute information se rapportant à un visiteur est une donnée à caractère personnelle ?
Ca me parait énorme en terme de périmètre !
Le 26/11/2025 à 20h17
Donc, la réponse à ta question est oui, à partir du moment où l'on stocke l'adresse IP (avec horodatage, ici, on parlait d'adresse IP dynamique).
Mais, il y a plein d'autres moyens pour identifier un utilisateur, donc même sans le stockage de l'adresse IP, on peut dire la même chose.
Le 27/11/2025 à 09h00
Le 28/11/2025 à 17h15
Oui, toute information même indirectement reliée à un visiteur est une DCP.
Et oui le périmètre du RGPD est énorme. Globalement c’est assez simple : tout est DCP ou presque.
Le 28/11/2025 à 17h21
Le 28/11/2025 à 17h53
C'est pour cela que la CNIL (par exemple) considère depuis longtemps qu'une adresse IP est un donnée identifiante.
En France, la Cour de cassation a dit la même chose en novembre 2016 en s'appuyant sur la loi informatique et liberté du 6 janvier 1978.
Ça fait donc 9 ans que cela est connu par les avocats spécialisés. En cas de doute, il suffit de les interroger.
Le 28/11/2025 à 18h09
Ce qui est moins évident c'est que que, d'après la CJUE, on est tous capable d'identifier une personne physique à partir de son adresse IP par des moyens raisonnables.
Le 29/11/2025 à 18h20
Le 12/12/2025 à 20h00
Je n'ai pas lu l'article de Marc Rees n'étant pas abonné à l'Informé.
Le 24/11/2025 à 19h44
Le 25/11/2025 à 08h23
Modifié le 25/11/2025 à 18h29
Ils peuvent aussi utiliser un VPN pour se protéger de certaines lois qui interdisent certains propos nationalistes.
Le 01/12/2025 à 19h07
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