Parcoursup et Mon Master : le Comité éthique regrette des « interprétations simplistes »

Arlésienne

Parcoursup et Mon Master : le Comité éthique regrette des « interprétations simplistes »

Le Comité éthique et scientifique de Parcoursup et Mon Master revient encore, dans son rapport annuel, sur les algorithmes de ses plateformes. Il balaye les critiques sur le manque de transparence, sur la sélection associées et sur l'amplification des inégalités qu'ils engendreraient.

Le 25 mars 2025 à 17h29

Commentaires (18)

votre avatar
"Cette affirmation, qui pourrait paraitre sensée, ne s'appuie hélas sur aucun travail scientifique. Pourtant, avant APB, l'enseignement supérieur français n'utilisait pas ce genre de système. On peut imaginer qu'une comparaison entre la situation actuelle et celle avant APB serait possible, mais le comité ne semble pas l'avoir envisagée."

Hum. Avant APB, il y avait Ravel ou d'autres systèmes équivalents selon les académies, et ça date de 1990. Ça fait donc 35 ans que c'est comme ça.

Comment l'auteur de cet article s'imagine que l'admission post-bac se faisait par le passé ?
Moi en 1995 (je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître), je faisais des dossiers papier dans les différents établissements où je souhaitais postuler, les établissements faisaient leur liste d'admission, on faisait nos voeux sur minitel, et on en déduisait les affectations. C'était il y a 30 ans, et la seule différence avec ParcoursSup, c'est qu'on donnait directement un ordre de préférence pour nos voeux. Pour tout le reste, c'était équivalent (mais sur minitel ou sur papier). D'ailleurs, la prépa qui m'a recruté n'a jamais publié son algo de sélection (déjà à l'époque, quel scandale).
votre avatar
Pour moi qui suis encore plus vieux, j'ai eu mon bac en 1978, avant le minitel, c'était à l'ancienne :
Lycée Louis Le Grand à Paris, le proviseur m'avait reçu pour me dire que je n'irais pas en Sup à LLG (j'étais le premier non pris de ma classe) mais que c'était OK pour le lycée Saint Louis (de l'autre côté de la Sorbonne). Il y avait transmission du dossier entre proviseurs qui se mettaient d'accord.
Je ne suis pas bien sûr que c'était si équitable que cela.
votre avatar
Et moi en 76, j'étais pris à Blaise Pascal à Clermont et à La Martinière à Lyon. Ce sont mes parents qui ont choisi la Martinière... :phibee:
votre avatar
Tu n'as pas à te plaindre, toi au moins tu connaissais l'algo : ce sont tes parents qui choisissaient.
votre avatar
Je ne dis pas qu'il n'y avait pas de système d'inscription mais qu'il n'y avait pas de système national tels que Parcoursup et APB.

Et l'inscription en licence était de droit (sauf exception)
votre avatar
Le système de candidature n'a pas un grand impact à mon avis. Bien sûr, depuis APB les procédures sont nationales, mais sur les filières en tension, le tirage au sort ne sert qu'à départager les candidatures intra-académiques, les candidatures inter-académiques passant toujours après. Donc pas de changement de ce côté.

Le problème vient, à mon avis, de ce qu'est devenu le bac.

Il ne faut pas oublier que le bac n'est pas un diplôme du lycée, c'est le premier grade universitaire ; un jury de bac est d'ailleurs toujours présidé par un professeur des universités. L'inscription en licence n'est donc pas "de droit" ; c'est plutôt que le bac est l'épreuve d'admission à l'université. Ce n'est pas un diplôme sanctionnant la fin des études secondaires, malgré ce que beaucoup pensent.

En 1985, Chevènement lance l'idée de 80% d'une classe d'âge au "niveau bac", idée reprise ensuite par Jospin. À l'époque, il y avait environ 30% d'une classe d'âge au bac. Dans les faits, depuis, on y est arrivé :

https://histoiresduniversites.wordpress.com/wp-content/uploads/2018/03/capture-bacheliers-dans-gc3a9nc3a9ration.png

On est passé de 30% à 79% d'une classe d'âge au bac. Mais le "niveau bac" imaginé à l'époque n'était pas forcément le bac lui-même, mais simplement atteindre la fin du lycée, certainement pas 80% qui continue dans le supérieur ! Dans les faits, on a baissé le niveau d'exigence du bac pour améliorer les stats, et maintenant on a 80% d'une classe d'âge au bac, et ces 80% ont le ticket d'entrée pour aller dans le supérieur. Est-ce que c'est ce qu'on veut ? Est-ce que c'est ce qu'il faut ? Est-ce que tous les bacheliers ont vocation à aller dans le supérieur ? Est-ce qu'un élève qui a un bac pro ric-rac à 10.00 de moyenne qui s'imagine aller à bac+5, parce qu'il a le droit de s'inscrire à l'université, n'est pas un doux rêveur ? Il ne faut pas s'étonner qu'il y a des embouteillages dans le supérieur avec toutes ces conneries.

C'est d'autant plus vrai que maintenant, il n'y a plus de bons points au CP, plus de notes en primaire, ça note bisounours au collège et au lycée, il ne faut surtout pas confronter les élèves à l'échec. Tu m'étonnes qu'après ils se sentent tous pousser des ailes et s'imaginent tous faire de grandes études !

C'est aussi exacerbé par les modes actuelles. 55% du total des inscriptions se regroupent sur 4 filières : droit, STAPS, psycho, PASS. Tu m'étonnes qu'ils sont obligés d'y faire de la sélection ! Alors ils se débrouillent comme ils peuvent, avec les moyens dont ils disposent, en cherchant à ne pas être trop hors-la-loi (car l'état, d'une main, leur interdit la sélection et oblige à admettre tous les titulaires du bac ; mais l'état, de l'autre main, ne va pas donner les moyens pour construire les amphis, recruter les profs, faire déprimer les gens pour avoir besoin de plus de psys -- ah si, ça ils le font). Ils ont quand même doublé les capacités d'accueil en STAPS, mais c'est le tonneau des Danaïdes.

Donc pour répondre à ta question dans l'article : et si on compare avec ce qui se passait avant APB et autres ? C'est bien simple : les titulaires du bac étaient deux fois moins nombreux, et les candidatures ne se concentraient pas sur les filières à la mode STAPS et psycho (médecine et droit faisaient déjà de la sélection avant, il me semble). Du coup, c'était plus simple pour que ça ne déborde pas de partout. Supprimer APB n'a pas résolu le problème. Supprimer Parcoursup ne résoudra pas le problème. Le bac ne fait plus la sélection nécessaire, il faut donc la faire autrement.
votre avatar
Oui mais aujourd'hui, ON distribue le BAC à tous ceux qui ont fait acte de présence dans leur lycée… dans les années 60/70, les bacheliers représentaient que 20 ou 30 % de la population donc «l'inscription en licence était de droit» ne posait pas de problème !
Il suffit d'essayer de fait passer les épreuves d'un Certificat d'Études Primaires (des années 60) à la suite d'un BAC offert avant de permettre l'accès aux licences ou aux DUT/BTS !
Une preuve, à l'époque pour postuler à un emploi dans une mairie, ce CEP suffisait aujourd'hui il faut BAC+3 ou +5 , les postulants avaient une rédaction sans fautes et lisible par tous (et par lui-même) et n'avait pas besoin d'un machinphone pour faire une soustraction.
votre avatar
Hello,

Je plussoie ces remarques "des anciens".
Il y a toujours eu une sélection, tout simplement parce que tout le monde ne peut pas accéder à tout.
Et arrêtons de vouloir faire croire aux gens qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent, et sans rien faire au lycée.
Les études sup ont un coût pour la société, que les étudiants ne paient pas (du moins directement), et à un moment, ça se mérite.
Le nombre de jeunes que je vois ne rien glander au lycée et estimer scandaleux qu'ils n'aient pas la formation de leur choix parce que quand même, c'est leur choix...

Enfin, depuis Parcoursup, et apb avant, on peut faire bien plus de voeux que quand c'était papier ...
votre avatar
Ah, le mérite. On l'attendait celui là. Je t'invite à te renseigner sur la méritocratie et la reproduction des élites.
votre avatar
Et je t'invite à passer un peu de temps en établissement et dans le supérieur.
Le mérite ce n'est pas forcément réussir ou être brillant (c'est même tout sauf ça).
Le mérite c'est essayer, ne pas y arriver mais recommencer, c'est être présent et se tenir correctement, c'est partir du principe que tout ne nous est pas dû...
votre avatar
Quand je lis les commentaires, je me dis que ma génération est devenue une génération de vieux cons. Elle a le même niveau de réaction (au sens réactionnaire) que la génération précédente au même moment de la vie.
Moi même à 20 ans j'entendais la même chose et mon père entendait lui même la même chose à la charnière des années 50/60 sur sa propre génération.
votre avatar
J'en suis, et la question est : suis-je devenu un vieux con ou un vieux sage...
De mon point de vue, un vieux sage. Pour certains, sûrement un vieux con.
J'ai 4 garçons, dont 3 qui ont vécu APB pour N2 et Parcours sup pour N2, N3 et N4 (N2 a fait 2 fois ;) )
Je trouve parcoursup intéressant parce qu'il permet de centraliser et avoir une vision de tout ce qui est possible. Avant, c'était beaucoup plus parcelaire. Et les évolutions de parcoursup, qui montre où tu es en liste d'attente et où était le dernier pris l'année dernière, ça aide franchement à se dire "bon, ça va passer" ou "bon, ça va pas le faire, va falloir que je me rabatte sur autre chose".
votre avatar
Merci @wanou2 , je suis arrivé à la même conclusion que toi. D'un côté, ça m'attriste, de l'autre, je me dis que c'est comme ça depuis longtemps (depuis l'Antiquité disent certains) et donc que ça passera.
Mais ça, ça ne me rassure pas du tout par rapport à la lutte contre le changement climatique et pour la sauvegarde de la biodiversité ...
votre avatar
Tout d'abord, oui, bien sûr, les jeunes sont foufous, les vieux ronchonnent, et c'est comme ça depuis au moins 2000 ans. Est-ce que, pour autant, il faut arrêter ? Les enfants cherchent les limites, les parents imposent les limites. Du coup il faudrait renoncer et laisser les enfants faire ce qu'ils veulent ? Bah non, pour maintenir l'équilibre, il faut que chacun joue son rôle. Les jeunes générations ont besoin des vieux ronchons. C'est d'ailleurs, il me semble, le principe fondamental de l'éducation : les jeunes apprennent des vieux (ce qui ne les empêche pas d'avoir un esprit critique). On pourrait ignorer les vieux cons et arrêter l'éducation, mais ça risque de mal finir.

Ensuite, quand on parle de la baisse de niveau, il y a quand même du vrai :
https://static.lpnt.fr/images/2023/12/07/25674011lpw-25674010-embed-libre-jpg_9959244.jpg
ça ne veut pas dire que c'était mieux avant ; simplement que notre approche de l'enseignement part peut-être dans une mauvaise direction par rapport à d'autres pays qui ne suivent pas cette tendance à la baisse de niveau.
votre avatar
Il y a une vidéo de David louapre qui explique très bien le classement et les algorithmes employés dans parcourssup:
youtu.be YouTube
votre avatar
Et c'est "bien" ou pas ces algos et ce classement ?
votre avatar
Oui c’est fait pour être le plus juste possible.
votre avatar
!url text

Association d'idées...

Parcoursup et Mon Master : le Comité éthique regrette des « interprétations simplistes »

  • Pas de classement mais un « ordre d'appel »

  • Parcoursup, opaque ?

  • Le problème de l'anonymat

Fermer