#Le brief du 21 juillet 2025

Le gouvernement mauricien réagit face à la demande de liquidation de l’AfriNIC

La semaine dernière, l’ICANN interpelait le gouvernement et la justice mauriciens quant à la demande de liquidation de l’AfriNIC effectuée officiellement par le broker d’IP Cloud Innovation.

Vendredi 18 juillet, le premier ministre de Maurice, Navinchandra Ramgoolam, a publié un avis général [PDF] désignant l’AfriNIC comme une « société déclarée » selon l’article 230 de la loi sur les sociétés, explique le média sud africain MyBroadBand. Comme le disent nos collègues, les conséquences de cette décision ne sont pas claires.

Si l’article 240 fait référence à la suspension des poursuites à l’encontre de la société déclarée, certains membres de l’AfriNIC l’interprètent comme la suspension de toutes les poursuites mais d’autres pensent que cette suspension ne s’applique qu’aux poursuites sur le passif comptable.

Néanmoins, cet acte officialise la prise en main du dossier par le gouvernement de Maurice. Pour expliquer sa décision, Navinchandra Ramgoolam évoque dans son avis le fait que l’AfriNIC est désigné comme registre régional de l’internet pour le continent africain.

Comme une réponse à l’ICANN, il ajoute aussi qu’il a été « informé que la procédure qui a conduit à la mise sous séquestre de l’entreprise est juridiquement contestable » et que « la mise sous séquestre de la société a eu pour conséquence qu’aucune nouvelle adresse de protocole Internet n’a pu être attribuée à l’ensemble du continent africain depuis novembre 2024 ».

Dans ce texte, le premier ministre mauricien ajoute même que « cet état de fait a causé, et continue de causer, une grave atteinte à la réputation de l’île Maurice en tant que juridiction au niveau international ».

ChatGPT, Mistral et les autres poussent les femmes à négocier de faibles salaires

Vous utilisez l’IA générative pour préparer un entretien d’embauche ? Selon votre genre, armez-vous d’un esprit critique bien affuté. Si vous êtes une femme, selon une étude menée sur cinq modèles génératifs (Claude 3.5 Haiku, GPT-4o Mini, Qwen 2.5 Plus, Mistral 8x22B, Llama 3.1 8B), les robots conversationnels risquent en effet de vous pousser à… vous desservir par rapport à vos collègues masculins. 

Menée par Ivan Yamshchikov, enseignant d’IA et de robotique à l’université technique de Würzburg-Scheinfurt, en Allemagne, et cofondateur de la start-up franco-allemande Pleias, l’étude a notamment consisté à demander des montants de salaires à négocier lors d’un entretien d’embauche, selon le genre et selon différents degrés de séniorité. Dans un exemple partagé à la newsletter TheNextWeb, le chercheur demande à ChatGPT quel salaire demander en entretien pour un poste de médecin dans la ville de Denver. La machine propose 280 000 dollars lorsque son interlocuteur se fait passer pour une femme, 400 000 dollars lorsqu’il se fait passer pour un homme. 

En droit, en médecine ou en ingénierie, l’écart était toujours relativement marqué – seules les scénarios évoquant des carrières en sciences sociales ont permis d’obtenir des recommandations relativement neutres en fonction du genre. 

Mais les chercheurs ont aussi testé les réponses des machines sur les buts à se fixer dans le futur emploi, ou quant à l’attitude à adopter. Les modèles ont fourni des réponses très stéréotypées en fonction du genre : les femmes se voient suggérer d’être discrètes et compréhensives, les hommes d’être ambitieux et bavards. De même, en termes d’orientation de carrière, les premières se voient poussées vers des métiers liés au relationnel, et généralement moins bien payés que les hommes, qui se voient répondre de chercher des carrières techniques et des postes à haute responsabilité. 

Ces résultats viennent s’ajouter à une série d’autres travaux sur la question de la reproduction ou du renforcement de biais sociaux présents hors ligne. À aucun moment, les machines ne proposent de messages alertant leurs usagers et usagères de potentiels biais dans les résultats. 

Ces résultats en éclairent un autre, récurrent : celui selon lequel les femmes utilisent moins ChatGPT et les outils d’IA générative que les hommes. Sur les questions de recrutement, cela leur évite certainement de mauvais conseils.

NVIDIA va assurer la compatibilité de CUDA avec RISC-V

Un porte-parole de NVIDIA a révélé le 16 juillet dernier que son environnement logiciel CUDA serait prochainement porté en direction de l’architecture libre de jeux d’instructions pour processeurs RISC-V.

L’annonce a été formulée par Frans Sijstermans, vice-président de l’ingénierie matérielle chez NVIDIA, à l’occasion de l’édition chinoise du sommet dédié à RISC-V, et relayée par le consortium qui gère cette architecture. Krste Asanović, président du conseil d’administration de la fondation RISC-V et architecte en chef de SiFive, l’a également saluée.

Même si elle doit encore être précisée de façon plus formelle, l’annonce de NVIDIA ne signifie a priori pas que CUDA sera directement exécuté sur les processeurs RISC-V : les GPU de la marque restent l’environnement d’exécution exclusif, mais il sera désormais possible de faire tourner ces derniers sur des serveurs équipés de CPU RISC-V, vus ici comme une alternative aux puces x86 ou ARM.

Reste à voir dans quelle mesure ce mouvement initié par NVIDIA peut contribuer à accélérer l’adoption, encore modeste, de RISC-V dans les datacenters. Si le nombre d’entreprises qui développe des cœurs ou des cartes RISC-V est encore modeste, l’architecture suscite un intérêt grandissant, comme en témoignent la récente acquisition de MIPS par GlobalFoundries, ou l’annonce de la prise en charge au sein d’Ubuntu 25.10, suite logique de celle attendue pour Debian 13.

NVIDIA tutoie depuis longtemps le monde RISC-V, puisque l’entreprise fait appel à des microcontrôleurs basés sur cette architecture au sein de ses cartes graphiques depuis 2016. D’après la fondation RISC-V, chaque GPU NVIDIA compterait entre 10 et 40 cœurs RISC-V, ce qui signifie que la firme au caméléon aurait livré, en 2024, plus d’un milliard de microcontrôleurs RISC-V sur le marché.

Yéti, orque et trognon de pomme au programme d’Unicode 17.0

Le consortium Unicode a profité du World Emoji Day, le 17 juillet dernier, pour présenter en avant-première les nouveaux émojis qui intègreront la révision 17.0 de la norme de codage de caractères éponyme. À ce stade, neuf émojis ont été sélectionnés pour faire partie de la version finale de la norme, attendue pour l’automne. Sauf changement de dernière minute, les neuf visuels correspondants devraient donc faire leur apparition d’ici quelques mois sur le clavier virtuel des environnements les plus courants.

Si le consortium oriente parfois sa livraison annuelle d’émojis vers une problématique particulière (le handicap, par exemple, avec la révision 12.0 de la norme), Unicode 17.0 témoigne d’un certain éclectisme. On y retrouve ainsi un trombone (pas Clippy, l’instrument de musique), un coffre à trésor, un visage déformé, une « créature poilue » qu’on suppose être un yéti, un nuage représentant une bagarre à la façon d’une BD, un trognon de pomme, un orque, une danseuse de ballet et une chute de pierres.

Ces neuf émojis devraient intégrer la révision 17.0 d’Unicode

« Ces nouveaux émojis ont des significations symboliques de longue date, sont visuellement distinctifs et contiennent une multitude d’expressions », estime le consortium. Rappelons que pour devenir un émoji, les propositions d’illustration doivent répondre à une liste de critères qui se résume en trois points : l’image est-elle lisible avec des dimensions réduites, est-elle capable de véhiculer une idée complémentaire d’un propos, et semble-t-il plausible que l’image soit largement utilisée ?

Le consortium Unicode, qui se présente pour mémoire comme une organisation privée sans but lucratif, lance par ailleurs à cette occasion un programme d’adoption qui permet de sponsoriser l’émoji de son choix. Comptez 5 000 dollars pour devenir l’adoptant exclusif d’un émoji.

Meta ne veut pas signer le peu contraignant code de bonne conduite européen de l’IA

Meta ne signera pas le code de bonne conduite publié par la Commission européenne récemment. Le responsable des affaires internationales de Meta, Joel Kaplan, a affirmé dans un post LinkedIn : « Nous avons examiné attentivement le code de pratique de la Commission européenne pour les modèles d’IA à usage général (GPAI) et Meta ne le signera pas ».

Les logos de Facebook et Meta dans des carrés en 3D sur un fond grisé dégradé
Photo de Dima Solomin sur Unsplash

« Ce code introduit un certain nombre d’incertitudes juridiques pour les développeurs de modèles, ainsi que des mesures qui vont bien au-delà du champ d’application de la loi sur l’IA », ajoute-t-il.

Pourtant, comme nous l’expliquions la semaine dernière, ce code n’engage pas à grand chose. Il a même été édulcoré depuis sa version de travail de mars dernier en perdant, par exemple, des informations sur les performances et limites des modèles ou encore une exigence de transparence sur les contenus copyrightés utilisés.

« L’Europe fait fausse route en matière d’IA », affirme Joel Kaplan. Mistral AI, de son côté, avait joué la semaine le rôle de bon élève en annonçant en premier sa signature.