#Le brief du 22 juillet 2025

Firefox 141 est là, avec des améliorations pour Linux et WebGPU pour Windows

Le 22 juillet 2025 à 15h28

La nouvelle mouture de Firefox ne brillera pas par ses nouveautés visibles, la plupart des améliorations étant situées sous le capot. Sous Linux, le navigateur utilise ainsi un peu moins de mémoire vive et ne requiert plus un redémarrage forcé après sa mise à jour par un gestionnaire de paquets.

L’autre « grande » nouveauté de Firefox 141, c’est la prise en charge de WebGPU, d’abord dans la version Windows. Les moutures Mac et Linux seront concernées dans les mois qui viennent, comme l’indiquait récemment Mozilla. WebGPU est pour rappel l’API héritière de WebGL et exploite les API de plus bas niveau sur les systèmes hôtes pour aller plus loin dans l’utilisation de la carte graphique.

Parmi les autres nouveautés, Firefox 141 propose d’utiliser l’IA (locale) pour « suggérer des onglets et des noms pour les groupes d’onglets ». Le navigateur peut ainsi pointer visuellement plusieurs onglets pour proposer de les regrouper et de nommer le tout. Cette fonction est cependant déployée progressivement et n’est donc pas disponible partout. Activée par défaut, elle peut être coupée dans les paramètres du navigateur.

Logo de la fondation Mozilla

Si vous utilisez les onglets verticaux, vous pouvez désormais modifier la taille de la zone réservée aux outils, située en bas à gauche. Sous Windows, on note la reprise des icônes de polices fournies par le système pour augmenter la cohérence graphique. Le nouveau Firefox permet également d’utiliser la barre d’adresses pour convertir les unités. Quant au remplissage automatique des adresses, il est désormais disponible au Brésil, en Espagne et au Japon.

Côté développeurs, Firefox 141 signe surtout le retour du support de CHIPS (Cookies Having Independent Partitioned State).

Enfin, Firefox 141 colmate 18 failles de sécurité, dont 6 critiques.

Le 22 juillet 2025 à 15h28

Le Brief du 22 juillet 2025

En interne, Anthropic se dit ouvert aux fonds du Golfe, même s’ils viennent d’un dictateur

Le 22 juillet 2025 à 11h35

Dario Amodei, CEO d’Anthropic, aurait admis dans un message publié sur le Slack interne de l’entreprise qu’il n’était pas fermé à accueillir des fonds venus des Émirats arabes unis ou du Qatar, même si le fait d’accepter ces investissements risquait de contribuer, à terme, à enrichir des « dictateurs ».

« C’est un véritable inconvénient et je n’en suis pas ravi », aurait précisé Dario Amodei, avant d’ajouter : « malheureusement, je pense qu’on ne peut pas gérer une entreprise en appliquant le principe du « aucune mauvaise personne ne devrait bénéficier de notre succès » ».

Ce propos daté du dimanche 20 juillet, qui n’avait a priori pas vocation à être rendu public, a été révélé par Wired dans un article publié lundi.

D’après la description qu’en fait le magazine, Dario Amodei profitait de ce mémo pour peser le pour et le contre au sujet d’une ouverture du capital d’Anthropic aux structures d’investissement des États du Moyen-Orient.

Anthropic

Dario Amodei affirmait en octobre dernier dans un essai que les IA les plus puissantes devaient rester l’apanage des démocraties, pour éviter que des régimes autoritaires en prennent le contrôle. Quelques mois plus tôt, il avait, selon CNBC, fermé la porte au fonds souverain d’Arabie saoudite, qui se portait candidat pour acquérir les actions Anthropic détenues par la société FTX avant l’effondrement de cette dernière.

La donne aurait donc changé. « Si nous voulons rester à la pointe de la technologie, l’accès à ce capital est un atout majeur », évoquant un fonds disposant d’une enveloppe de l’ordre de 100 milliards de dollars.

S’agit-il de MGX, le fonds souverain émirati qui participe déjà aux 500 milliards de dollars prévisionnels d’investissement programmés par OpenAI ? Dario Amodei ne le précise pas, mais il explique que refuser d’aller au Moyen-Orient ou manquer l’opportunité que constituent les perspectives d’investissement dans des infrastructures locales mettrait la société dans une situation concurrentielle complexe.

« En fait, cela pourrait avoir des avantages importants pour le monde, notamment en améliorant la santé humaine, en contribuant au développement économique, etc. », veut-il encore croire.

Dans la foulée du voyage organisé par Donald Trump au Moyen-Orient pour renforcer les liens commerciaux avec la région, OpenAI s’est engagée à participer à un partenariat commercial plus large entre les États-Unis et les Émirats arabes unis, signé le 15 mai dernier, qui prévoit, entre autres, que l’administration Trump soutienne la création de 5 GW d’infrastructures dédiées à l’IA hébergées par les sept émirats.

Le 22 juillet 2025 à 11h35

Le Brief du 22 juillet 2025

Corning s’engage à arrêter les exclusivités (sauf avec Apple) pour apaiser Bruxelles

Le 22 juillet 2025 à 09h47

Sous le feu d’une enquête formelle de la Commission européenne pour abus de position dominante, le fabricant américain Corning, spécialisé dans les verres durcis à destination, notamment, de la téléphonie mobile, a réussi à éviter l’amende. Dans un communiqué daté du 18 juillet, Bruxelles indique avoir accepté les engagements formulés par Corning, mais prévient toutefois : un manquement pourrait être sanctionné à hauteur de 10 % du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise, ou une astreinte à hauteur de 5 % de ce même chiffre d’affaires par jour de non-conformité.

L’accord prévoit principalement que le fabricant des verres Gorilla Glass mette un terme à toutes les clauses d’exclusivité négociées avec des constructeurs (marques commerciales ou OEM) et s’engage « à ne pas utiliser de telles clauses ou des clauses similaires ayant le même effet dans des accords futurs ». L’entreprise se dit également prête à ne plus exiger de ses clients qu’ils se fournissent obligatoirement à plus de 50 % auprès d’elle.

Gorilla Glass est la marque la plus connue du groupe Corning

À ces engagements pris pour le monde entier, Corning ajoute une promesse liée plus spécifiquement au marché européen : l’entreprise accepte ainsi de ne plus subordonner la vente de ses verres les plus haut de gamme à des engagements de volumes minimums. En cas de litige relatif à sa propriété intellectuelle, Corning indique également accepter de « fonder ses revendications uniquement sur la violation de brevet, et non sur une rupture de contrat ».

Ces propositions tolèrent toutefois une exception, et non des moindres : les verres de protection développés spécifiquement par Corning pour Apple. Considérés comme une commande ad hoc, ils ne rentreraient pas dans le champ des produits pour lesquels cette proposition d’accord se révèle pertinente.

La Commission s’est dite satisfaite de ces engagements, et « a donc décidé de les rendre juridiquement contraignants pour Corning », pour une durée de neuf ans et avec une application dans le monde entier.

En 2024, les activités liées à l’affichage et aux verres de protection représentaient 3,8 milliards de dollars, sur un total de 13,12 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel pour le groupe Corning.

Le 22 juillet 2025 à 09h47

Corning s’engage à arrêter les exclusivités (sauf avec Apple) pour apaiser Bruxelles

L’« explorateur des méthodes formelles » Gilles Dowek est mort à 58 ans

Le 22 juillet 2025 à 09h26

Gilles Dowek, chercheur en informatique, est mort à l’âge de 58 ans d’un cancer, ce lundi 21 juillet, a annoncé Le Monde.

Sur son site, il expliquait s’intéresser « à la formalisation des mathématiques, aux systèmes de traitement des démonstrations, à la physique du calcul, à la sûreté des systèmes aéronautiques et spatiaux, et à l’épistémologie et à l’éthique de l’informatique ».

Fin 2023, il était récompensé du Grand Prix Inria – Académie des sciences pour sa « carrière exemplaire ». L’institut de recherche en informatique le présentait à cette occasion comme un « explorateur des méthodes formelles ».

Travaillant autour des langages utilisés pour l’assistant de preuve Rocq (anciennement Coq), il expliquait à Inria : « Une vingtaine de langages de preuve sont employés actuellement, ce qui pose de mon point de vue des enjeux d’universalité et de partage. La notion de vérité mathématique est un universel anthropologique, que nous devons essayer de préserver, en veillant à ce que les preuves effectuées puissent être lues partout ».

Sébastien Dolidon – Licence Creative Commons by-sa publiée sur Wikimedia Commons

Avec son équipe Deducteam, il développait un nouveau cadre logique. « Dénommé Dedukti (ce qui signifie « déduire » en Esperanto), [celui-ci] permet d’exprimer des théories et des logiques communes pour les différents systèmes. Nous traduisons en Dedukti les principales fonctionnalités de chaque assistant de preuve », indiquait-il.

Il a vulgarisé les enjeux de l’informatique à travers plusieurs livres et dans des articles de vulgarisation parus notamment dans Pour la Science. Membre du Conseil national du numérique, il avait aussi été l’une des chevilles ouvrières du comité consultatif national d’éthique du numérique (CNPEN), relève Le Monde.

Il s’intéressait beaucoup aux enjeux d’éthique en informatique. « Gilles était un moteur dans la façon de réfléchir à ces questions. Sa clarté de vue, son originalité et sa façon d’expliquer les choses ont marqué plusieurs avis. Sa disparition est une perte importante pour la communauté scientifique mais aussi pour la communauté de l’éthique du numérique », témoigne dans les pages du Monde le président du Comité consultatif national d’éthique du numérique et chercheur émérite d’Inria, Claude Kirchner.

Homosexuel engagé, Gilles Dowek avait aussi présidé, en 1999, l’Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et trans à l’immigration et au séjour (Ardhis).

Le 22 juillet 2025 à 09h26

L’« explorateur des méthodes formelles » Gilles Dowek est mort à 58 ans