#Le brief du 10 décembre 2025

La Linux Foundation accouche d’une nouvelle fondation, cette fois pour les agents IA

La fondation Linux a cessé depuis longtemps d’être centrée sur Linux. Elle est aujourd’hui un vaste parapluie regroupant un nombre croissant de fondations « filles ». La Linux Foundation gère aujourd’hui plus de 900 projets, dont des briques très utilisées comme PyTorch, le noyau Linux, Xen ou encore l’architecture RISC-V.

Une nouvelle fondation fille a rejoint le clan : l’Agentic AI Foundation (AAIF). Objectif : façonner la manière dont les agents interagissent en s’assurant que tout le monde respecte un ensemble commun de règles.

La fondation accueille des « contributions fondatrices de projets techniques de premier plan », dont bien sûr le protocole MCP, créé par Anthropic et qui s’est rapidement imposé comme un standard. Il permet pour rappel aux agents d’exposer leurs capacités afin qu’ils puissent se reconnaitre et communiquer entre eux. Sont également présents le framework Goose de Block (Square, Cash App, Afterpay, TIDAL…) et la norme de facto AGENTS.md créée par OpenAI (l’équivalent d’un README pour les agents).

Des textes partent de trois groupes de personnes pour en faire un quatrième au-dessus d'eux.
Yasmine Boudiaf & LOTI / Better Images of AI / CC-BY 4.0

Sans trop de surprise, les membres Platinum (ceux apportant la plus grosse contribution financière) sont surtout les ténors du domaine : Amazon Web Services, Anthropic, Google, Microsoft et OpenAI. Mais on note aussi la présence de Bloomberg et de Cloudflare. Ce dernier y voit peut-être une manière de « réguler » ce domaine de l’intérieur, après avoir pesté plusieurs fois contre le comportement de certains acteurs, en particulier Perplexity. Parmi les membres Gold, on trouve nombre d’acteurs majeurs de la tech comme IBM, Oracle, Ericsson, Cisco, JetBrains ou encore SAP.

« L’avènement de l’IA agentique représente une nouvelle ère de prise de décision autonome et de coordination entre les systèmes d’IA qui transformera et révolutionnera des industries entières. L’AAIF offre une base neutre et ouverte pour garantir que cette capacité critique évolue de manière transparente, collaborative et de manière à favoriser l’adoption des principaux projets d’IA open source. Ses projets inauguraux, AGENTS.md, Goose et MCP, posent les bases d’un écosystème partagé d’outils, de standards et d’innovations communautaires », déclare la fondation dans son communiqué.

L’AAIF ajoute que dans le cadre de cette annonce, Obot.ai (membre Silver) a transmis à la fondation le patronage de ses évènements MCP Dev Summit et son podcast. Le prochain sommet aura lieu les 2 et 3 avril 2026 à New York. La fondation en profite pour ouvrir l’appel à interventions, l’inscription et les parrainages pour l’évènement.

Apple et Google vont fluidifier la transition entre appareils iOS et Android

Google diffuse depuis hier soir aux testeurs intéressés une nouvelle version Canary d’Android. Cette mouture, estampillée 2512 et potentiellement (très) instable, intègre plusieurs améliorations d’interface et nouvelles fonctions. Par exemple, des modifications liées à la cohérence graphique de l’interface, quelques nouvelles icônes, des animations plus rapides, etc.

La mise à jour inclut cependant une nouveauté faisant le tour des médias : une nouvelle fonction permettant de passer plus facilement d’un iPhone vers Android, dès l’assistant de configuration initial. Et il ne s’agit pas d’un « hack » comme la récente compatibilité avec AirDrop diffusée par Google, mais du résultat d’un travail commun des deux entreprises.

On manque encore de détails sur la fonction, mais elle comprend a priori les données et réglages d’applications, les réglages des notifications ainsi que les paramètres clés dans les réglages du système. Cette passation d’informations se fait au niveau du système et n’a pas besoin d’une application dédiée.

Cette fonction n’est disponible pour l’instant que pour les smartphones Pixel de Google et devrait être diffusée en version stable au cours d’une prochaine mise à jour trimestrielle. 9to5Google, à l’origine de l’information, indique cependant que l’accord se fait dans les deux sens : Apple va également proposer un processus équivalent dans iOS, pour reprendre les mêmes informations depuis un Pixel. La fonction serait ajoutée lors d’une prochaine bêta du cycle d’iOS 26, dans la version 26.3 ou 26.4 probablement.

L’ajout signale une détente progressive chez Apple, contrainte et forcée de s’ouvrir, que ce soit par la régulation (notamment en Europe) ou par pression populaire. Après avoir remporté la bataille sur le support du RCS dans iOS, Google a habilement lancé son support d’AirDrop, Apple se retrouvant « coincée » par une annonce en grande pompe, sous l’œil des régulateurs, dont une Commission européenne assumant le bras de fer.

Index 01 : le fondateur de Pebble lance une bague dictaphone… jetable

Créateur de l’emblématique montre connectée Pebble, Eric Migicovsky a présenté mardi sa dernière création : une bague connectée faisant office de dictaphone.

Baptisée Pebble Index 01, disponible en trois coloris (argent, noir, or) et en plusieurs tailles, l’accessoire se veut une réponse simple à une problématique simple : enregistrer des notes au moment où l’idée survient, sans se soucier d’avoir à chercher son smartphone ou son bloc-notes. La bague présente un unique bouton, situé sur sa face supérieure, qui permet de déclencher un enregistrement audio, avec un clic sensible pour éviter les activations involontaires.

Les séquences enregistrées (jusqu’à cinq minutes peuvent être stockées sur la bague) sont ensuite transmises de façon chiffrée au smartphone de l’utilisateur via l’application Pebble, disponible en open source, sur Android ou iOS. C’est cette dernière qui se charge de les convertir en texte grâce à des modèles, eux aussi open source, exécutés en local.

Un bouton, une pile, un micro, un transmetteur Bluetooth

Si les performances ne sont pas suffisantes, une option payante permet d’accéder à un modèle text-to-speech exécuté dans le cloud. À ce niveau, Eric Migicovsky a pour l’instant fait le choix de Whisper en local, et de Wispr Flow pour les traitements à distance.

Le fondateur de Pebble, qui a relancé ses célèbres montres connectées en début d’année, promet une approche très ouverte de son hardware. La Pebble Index 01 doit notamment permettre de paramétrer ses propres actions sur le bouton (par exemple, le déclenchement à distance de l’appareil photo de son smartphone), ou même de programmer des interactions vocales grâce à MCP (Model Context Protocol).

« L’Index 01 est avant tout conçue pour vous aider à mémoriser des informations. Nous souhaitons qu’elle soit parfaitement fiable dans sa fonction principale. Cependant, nous laissons la possibilité de la personnaliser et de créer de nouvelles interactions et actions », résume Eric Migicovsky.

Sur le plan physique, la conception de la bague présente toutefois une contrainte de taille : elle ne dispose pas d’une batterie rechargeable mais d’une pile à l’oxyde d’argent non remplaçable. « L’ajout d’un circuit de charge et l’intégration d’un chargeur rendraient le produit plus volumineux et plus cher », justifie Migicovsky. Il affirme que son entreprise assurera le recyclage des produits renvoyés par les clients, sans préciser les modalités de retour ou de traitement.

La bague exploite l’application compagnon des nouvelles montres connectées Pebble

La durée de vie ne serait cependant pas un problème selon lui. La pile embarquée autorise en effet 12 à 15 heures d’enregistrement, ce qui offrirait une autonomie de plus de deux ans, dans un scénario dans lequel l’utilisateur procéderait à dix ou vingt enregistrements de trois à six secondes par jour.

La Pebble Index 01 est dès à présent proposée à la précommande pour 75 dollars, avec des livraisons prévues aux alentours de mars 2026. Son prix public s’établira ensuite à 99 dollars.