#Le brief du 09 décembre 2025

Firefox 146 supporte la mise à l’échelle fractionnée pour Wayland

La nouvelle mouture de Firefox apporte plusieurs évolutions notables. L’une des plus importantes est l’arrivée de la mise à l’échelle fractionnée pour Wayland. Dans les grandes lignes, c’est l’ensemble de l’affichage qui devrait être plus efficace et réactif sur les sessions Wayland. Un changement important, qui réjouit particulièrement Michael Larabel, de Phoronix.

Firefox 146 présente d’autres améliorations sous le capot. La version Mac contient ainsi désormais un processus GPU dédié, qui servira pour WebGPU, WebGL ainsi que le propre moteur WebRender du navigateur. Mozilla indique dans les notes de version que cet ajout permettra de redémarrer silencieusement le processus GPU en cas d’erreur fatale, plutôt que d’entrainer un plantage du navigateur. Sous Windows, le support de l’ancienne API Direct2D est supprimé (il reste disponible dans la version ESR).

Mozilla a également ajouté un système de sauvegarde sous Windows, à destination en particulier des personnes sous Windows 10. En plus du service de synchronisation habituel, Firefox peut maintenant lancer une sauvegarde une fois par jour. Le fichier comprend notamment les favoris et mots de passe, avec possibilité d’y glisser d’autres catégories de données. Il peut aussi être protégé par un mot de passe et est alors chiffré. Ce fichier peut ensuite servir pour une installation neuve du navigateur, y compris sur un autre appareil.

Parmi les autres nouveautés, signalons la disponibilité des Firefox Labs pour l’ensemble des utilisateurs, l’arrivée dans l’Union européenne d’un widget météo pour la page Nouvel onglet, une nouvelle version de la bibliothèque graphique Skia pour améliorer les performances et la compatibilité, ou encore le masquage automatique des propriétés CSS inutilisées dans l’Inspecteur pour réduire l’encombrement.

Enfin, Firefox 146 corrige treize failles de sécurité, dont cinq de gravité élevée.

Bruxelles soupçonne Google de pratiques anticoncurrentielles concernant l’IA

La Commission européenne a ouvert une enquête sur les pratiques de Google sur le marché de l’IA qui pourraient être considérées comme anticoncurrentielles.

Dans un communiqué publié sur son site, elle explique que « l’enquête examinera notamment si Google fausse la concurrence en imposant des conditions générales abusives aux éditeurs et aux créateurs de contenu, ou en s’octroyant un accès privilégié à ce contenu, désavantageant ainsi les développeurs de modèles d’IA concurrents ».

Sont notamment concernés les résumés d’AI Overviews (accessibles dans de nombreux pays, notamment européens, mais pas en France) et l’utilisation des vidéos postées sur YouTube.

La Commission pointe le fait que Google se sert de contenus publiés sur le web pour son service AI Overviews et pour le mode IA de son moteur de recherche « sans rémunération appropriée pour les éditeurs et sans leur offrir la possibilité de refuser une telle utilisation de leurs contenus ». Elle explique qu’elle va enquêter pour déterminer dans quelle mesure ces outils de Google s’appuient sur ces contenus.

En juillet dernier, le réseau nommé « Alliance internationale des éditeurs indépendants » portait plainte devant la Commission contre Google pour ces mêmes raisons.

Mais la Commission va aussi chercher à savoir si Google utilise les vidéos uploadées par les utilisateurs de YouTube pour entrainer ses modèles d’IA sans leur consentement et sans compensation.

« Google ne rémunère pas les créateurs de contenu YouTube pour leur contenu et ne leur permet pas non plus de télécharger leur contenu sur YouTube sans autoriser Google à utiliser ces données. Parallèlement, les développeurs concurrents de modèles d’IA sont empêchés par les politiques de YouTube d’utiliser le contenu YouTube pour entraîner leurs propres modèles d’IA », affirme l’institution.

« Si elles sont avérées, les pratiques faisant l’objet de l’enquête pourraient enfreindre les règles de concurrence de l’UE qui interdisent l’abus de position dominante », prévient Bruxelles.

« Une société libre et démocratique repose sur la diversité des médias, le libre accès à l’information et un paysage créatif dynamique. Ces valeurs sont au cœur de notre identité européenne », affirme Teresa Ribera, commissaire européenne à la Concurrence. « L’IA apporte des innovations remarquables et de nombreux avantages aux citoyens et aux entreprises à travers l’Europe, mais ces progrès ne peuvent se faire au détriment des principes qui sont au cœur de nos sociétés », ajoute-t-elle.

Se prononçant sur la plainte des éditeurs, Google affirmait à Reuters que celle-ci « risque d’étouffer l’innovation dans un marché plus concurrentiel que jamais ». C’est toujours la même excuse servie par les géants américains quand il s’agit de régulation européenne.

« Google a rompu le pacte qui sous-tend l’Internet. L’accord prévoyait que les sites web seraient indexés, récupérés et affichés lorsqu’ils étaient pertinents par rapport à une requête. Tout le monde avait sa chance », proclame de son côté Tim Cowen, l’avocat des éditeurs, à l’agence de presse. « Aujourd’hui, Google donne la priorité à son IA Gemini et ajoute l’insulte à l’injure en exploitant le contenu des sites web pour entraîner Gemini. Gemini est le jumeau maléfique de Search », ajoute-t-il.

Pub : Meta laissera le choix aux utilisateurs européens de partager moins de données

Le contentieux entre Meta et la Commission européenne va déboucher sur un important changement. À partir du mois prochain (la date exacte reste à définir), Meta laissera le choix aux utilisateurs de l’Union européenne entre partager ses données personnelles pour obtenir des publicités ciblées et en partager moins pour des publicités plus génériques.

Le changement a été annoncé par la Commission européenne ce 8 décembre. Elle « reconnaît l’engagement de Meta à proposer aux utilisateurs de l’UE un choix alternatif de services Facebook et Instagram qui leur proposeraient des publicités moins personnalisées, afin de se conformer à la loi sur les marchés numériques (DMA). C’est la première fois qu’un tel choix est proposé sur les réseaux sociaux de Meta ».

Comme le rappelle la Commission, cette décision fait suite à la condamnation de Meta à une amende de 200 millions d’euros en avril dernier pour avoir enfreint le DMA.

En cause, la formule « Consentez ou payer », qui réclamait de payer pour supprimer les publicités personnalisées. C’était la réponse de Meta à l’obligation de laisser le choix sur le traitement des données personnelles pour personnaliser les publicités. Or, ces formules payantes (et rapidement onéreuses) ne répondaient pas aux exigences européennes, car elles ne garantissaient pas que les données personnelles n’étaient pas traitées, uniquement que les publicités n’apparaissaient plus.

Ces abonnements ne semblent pas avoir été populaires en Europe. En mai, The Verge rapportait ainsi le témoignage de l’un des responsables de Meta, John Hegeman. Selon lui, les internautes européennes n’avaient montré qu’un « très faible intérêt » pour ces formules, seuls 0,07 % des utilisateurs ayant choisi de payer.

La Commission rappelle cependant que l’enquête n’est pas close pour autant. Une fois ce changement en place, « la Commission sollicitera des retours et des preuves de Meta et d’autres parties prenantes concernées sur l’impact et l’adoption de ce nouveau modèle publicitaire ». Et de rappeler que les utilisateurs « doivent avoir un choix complet et efficace, ce qui est leur droit au titre de la DMA ».

IA, identité, médias et souveraineté : l’Europe et le Canada renforcent leur partenariat

Dans la foulée du sommet du G7 sur l’industrie, le numérique et la technologie, l’Union européenne et le Canada ont « réaffirmé leurs intérêts communs pour stimuler la compétitivité, l’innovation et la résilience économique ». Il est aussi question de renforcer la souveraineté. Cela fait pour rappel plusieurs années déjà qu’un partenariat existe.

Les deux partenaires veulent « mettre au point des technologies d’intelligence artificielle (IA) fiables qui respectent les droits fondamentaux ». Ils ont ainsi signé « un protocole d’accord sur l’intelligence artificielle » et vont collaborer pour développer de « grandes infrastructures d’IA ». Cela concerne aussi bien la santé que l’énergie, en passant par la culture, les sciences et les services publics.

Un autre protocole d’accord est signé, « sur les justificatifs d’identité numériques et les services de confiance ». Sur les médias et plus particulièrement « les risques posés par l’IA au journalisme », l’Union européenne et le Canada « reconnaissent que l’accès à des médias indépendants, fiables et pluralistes, y compris sur les plateformes en ligne, est essentiel pour la démocratie ».

Drapeau du Canada

La souveraineté passe par aussi par des infrastructures de communication « sécurisées et fiables (notamment la 5G et les câbles sous-marins) ». Ces dernières constituant des épines dorsales du réseau Internet, elles sont parfois la cible de sabotages.

Les deux partenaires réaffirment aussi le besoin d’avoir des « chaînes d’approvisionnement de semi-conducteurs résilientes, des infrastructures cloud et datacenters sécurisés et souverains ». Il est aussi question de partager des connaissances sur la manière de « réduire l’impact environnemental des datacenters ».

« Aucune région ne peut affronter seule la transformation numérique », affirme Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive (souveraineté technologique, sécurité et démocratie) de la Commission européenne. Sans jamais qu’ils soient cités, on comprend bien que cette déclaration vise aussi les États-Unis et la Chine qui se livrent une guerre sur le numérique.

IA agentique : IBM veut racheter Confluent pour 11 milliards de dollars

Confluent est une société américaine créée il y a un peu plus d’une dizaine d’années. Elle propose une plateforme (basée sur Apache Kafka) permettant aux entreprises de « connecter, traiter et gérer les données pour les applications et les agents d’IA ».

Confluent revendique 6 500 clients dans le monde, dont « 40 % des entreprises du Fortune 500 ». Elle a signé avec IBM un « accord définitif » pour la vente de l’ensemble des actions à un prix de 31 dollars, soit une valorisation de 11 milliards de dollars. IBM payera cash.

Selon le PDG d’IBM, Arvind Krishna, cela permettra « aux entreprises de déployer l’IA générative et agentique de manière plus rapide et plus efficace en fournissant des flux de données fiables entre les environnements, les applications et les API. Les données sont dispersées dans des clouds publics et privés, des centres de données et d’innombrables fournisseurs technologiques ». Le but est de « créer une plateforme de données intelligente pour l’IA générative d’entreprise ».

Comme toujours, l’opération est soumise aux approbations habituelles des autorités, ainsi qu’à celle des actionnaires de Confluent. Le communiqué précise que les plus gros actionnaires de Confluent, « qui détiennent collectivement environ 62 % du droit de vote des actions ordinaires, ont conclu un accord de vote avec IBM selon lequel chacun s’est engagé à voter toutes ses actions ordinaires en faveur de la transaction ».

La finalisation est attendue pour mi-2026.