#Le brief du 11 décembre 2025

Windows on ARM : l’émulateur Prism prend en charge les instructions AVX et AVX2

Le 5 décembre, Microsoft a déployé sans grand bruit une mise à jour pour l’ensemble des PC bâtis sur une puce Snapdragon X de Qualcomm, pour rappel au cœur de l’offre des ordinateurs Copilot+ de Microsoft.

Elle a apporté une nouvelle version à l’émulateur Prism, chargé de faire fonctionner les applications x86 sur des machines Arm en convertissant le code en arm64. Si ce composant fait globalement le travail, on retrouve bien sûr les limitations habituelles de ce type de technologie, dont des performances nettement plus faibles que pour des applications natives.

Certaines applications et jeux ne pouvaient en outre pas être installés. Ils réclament en effet des jeux d’instructions spécifiques, dont font partie AVX (Advanced Vector Extensions) et AVX2. Quand ils sont exploités, ils permettent une hausse significative des performances dans certains domaines, comme le traitement d’images, le rendu 3D, le codage vidéo ou encore les calculs scientifiques. Si AVX se concentrait sur les nombres en virgule flottante, les instructions AVX2 ont ajouté le support des entiers, élargissant d’autant plus le périmètre d’utilité.

Les instructions AVX sont arrivées en 2008 et ont donc eu largement le temps d’être supportées dans de nombreuses applications. Les jeux en font aujourd’hui un usage intensif. À tel point que beaucoup de ces programmes ne peuvent pas fonctionner sans.

C’est ce qu’a apporté la mise à jour de Prism, en plus d’extensions associées comme BMI, BFA et F16C. Microsoft cite le cas du séquenceur musical Ableton Live 12, qui affichait une erreur au lancement avec l’ancienne version de Prism. L’éditeur précise toutefois que l’application arrivera sous forme native dans le courant de l’année prochaine.

Microsoft précise que la nouvelle version a été déployée sur toutes les machines concernées, dès lors qu’elles ont au moins la version 24H2 de Windows 11, ce qui est en théorie le cas de tous les Copilot+. La nouvelle émulation est active par défaut pour les applications x86-64. Elle est coupée par défaut pour les applications 32 bits, mais peut être activée dans les paramètres de compatibilité.

Guillaume Poupard rejoint Orange pour piloter la « confiance et souveraineté »

Ancien patron de l’ANSSI, Guillaume Poupard s’apprête à quitter la direction générale adjointe de Docaposte au profit d’un poste à la tête d’Orange, en tant que Chief Trust Officer, soit responsable de la « confiance et souveraineté » à compter du 1er février 2026. L’opérateur a annoncé jeudi après-midi ce recrutement d’une personnalité emblématique du secteur français de la cybersécurité, confirmant l’information sortie la veille par l’Informé.

Guillaume Poupard sera rattaché directement à Christel Heydemann, directrice générale du groupe, et aura pour mission « de définir et d’incarner la stratégie d’Orange en matière de souveraineté et de confiance », indique un communiqué. À ce titre, il contribuera « à accélérer le développement d’offres innovantes en cybersécurité (B2C et B2B), cloud et IA de confiance, en étroite collaboration avec Orange Business et Orange Cyberdéfense ».

Cet ingénieur général de l’armement et docteur en cryptologie a précédemment occupé la tête de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), de 2014 à 2022, date à laquelle il a quitté ses fonctions pour rejoindre Docaposte, la branche des activités numériques du groupe La Poste. À l’ANSSI, Guillaume Poupard a été remplacé par Vincent Strubel, qui dirige toujours l’agence aujourd’hui.

Guillaume Poupard en 2022 lors des Assises de la sécurité – crédit SG pour Next

Linux : l’environnement Cinnamon 6.6 disponible avec son nouveau menu principal

L’équipe de Linux Mint a publié la version 6.6 finale de l’environnement Cinnamon, qui équipe par défaut la distribution populaire.

Le plus gros changement, qui avait été « teasé » par l’équipe au début du printemps, est un menu principal repensé. Il permet la configuration des emplacements et favoris, la bascule entre des icônes symboliques ou complètes (colorées) et embarque de nombreux changements visuels. Par exemple, le panneau latéral est plus large, les dossiers les plus courants y sont épinglés, les boutons d’alimentation (arrêt, déconnexion, verrouillage) sont placés en bas à gauche, etc.

Cinnamon 6.6 présente d’autres nouveautés. Par exemple, une simplification de la gestion des claviers physiques et virtuels avec un bouton pour changer rapidement de disposition, une meilleure visibilité des suggestions ou encore un effet de fondu quand le clavier virtuel apparait ou disparait.

Signalons aussi du neuf dans les Paramètres, avec notamment le nouveau panneau pour les informations système, l’arrivée du Thunderbolt ou encore la possibilité de définir manuellement les plages horaires pour les thèmes clairs et sombres. L’applet NetworkManager peut afficher plusieurs connexions VPN actives, Workspace Switcher peut ajouter des icônes aux fenêtres, Imprimante n’apparait que lors d’une impression, une jauge apparait quand on change le volume sonore, Alt+Tab n’affiche que les fenêtres présentes sur l’écran utilisé, les animations sont plus fluides, etc.

Cinnamon 6.6 sera l’environnement par défaut de la future version 22.3 de Linux Mint, nommée Zena. Elle doit arriver à la fin du mois ou début janvier. Pour les autres systèmes avec Cinnamon, la mise à jour de l’environnement dépendra de la philosophie de la distribution utilisée. Beaucoup ne changent pas de version majeure ou même intermédiaire avant la révision suivante. À noter que la version 6.6 est prête aussi bien pour l’édition standard de Linux Mint que pour LMDE, l’édition basée sur Debian.

Deloitte de nouveau accusé d’avoir rendu un rapport en partie généré par IA

Fin novembre, au Canada, le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a dû demander à Deloitte de reprendre son travail après y avoir trouvé des citations erronées.

Pour 1,6 million de dollars canadiens (près d’1 million d’euros), d’après le média The Independent, la société de consultants avait rendu un rapport de 526 pages proposant un plan de dotation pour le secteur de la santé de la province canadienne.

Dans au moins deux cas, les noms de chercheurs réels ont été mentionnés alors que ces derniers n’étaient pas les auteurs des articles fictifs cités. 
Parmi eux, Martha McLeod, professeure émérite à l’Université du nord de la Colombie-Britannique, a déclaré ses citations « fausses » et « potentiellement générées par IA ».

Le but du rapport incluant lesdites citations est de proposer une série de mesures relatives aux soins à distance, aux incitations financières, de rétention et au recrutement de personnel de santé, ou encore aux répercussions de la pandémie de Covid-19 sur le personnel de santé.

Deloitte a reconnu la présence de citations erronées, tout en indiquant que l’intelligence artificielle n’avait « pas été utilisée pour la rédaction du rapport », mais simplement utilisée « de manière sélective pour étayer certaines citations de recherche ». 


Moins de deux mois avant cette affaire, Deloitte reconnaissait avoir rendu un rapport partiellement généré par IA au gouvernement australien et s’engageait à rembourser une partie des 439 000 dollars australiens (245 500 euros) déboursés pour obtenir cet audit du système informatique dédié à automatiser les sanctions dans le système social local.

En France, 80 % des abonnements sur le fixe passent par la fibre

Chaque trimestre, le régulateur des télécoms publie son observatoire du marché des services fixes à haut et très haut débit : « Fin septembre 2025, la France compte 26,3 millions d’abonnements à la fibre optique, soit 80 % du nombre total d’abonnements internet à usage fixe », soit 610 000 de plus en trois mois.

Le déploiement de la fibre aussi va bon train puisqu’elle couvre désormais 93,5 % des locaux. 430 000 locaux supplémentaires ont été rendus raccordables à la fibre, un chiffre en baisse trimestre après trimestre (le pic était fin 2020). Une chute logique : seules les lignes difficiles/coûteuses restent à raccorder, soit environ 3 millions.

Voici le détail :

  • 220 000 dans les RIP (Réseaux d’Initiative Publique), reste 1 410 000,
  • 30 000 dans les AMEL (appels à manifestation d’engagements locaux), reste 75 000,
  • 20 000 dans les zones très denses, reste 470 000.

Comme toujours, tous les détails se trouvent sur le site de l’Arcep. Vous pouvez également consulter une carte des déploiements fibre sur Ma connexion Internet.