#Le brief du 03 septembre 2025

TF1+ se met aux microtransactions : The Voice sans pub pour 0,99 euro

TF1 a lancé lundi une nouvelle formule d’accès payant associée à certains des contenus, émissions ou séries, diffusés sur sa plateforme de vidéo à la demande, TF1+. Complémentaire de la publicité, qui constitue le premier levier économique du service, elle repose sur le principe de microtransactions : une petite somme, facturée à la demande, en échange d’un service amélioré.

En l’occurrence, le groupe TF1 envisage dans un premier temps trois produits payants, qui seront facturés à partir de 0,69 euro. D’abord, la possibilité de visionner, en échange de cette transaction, un programme sans publicité. Ensuite, l’accès en avant-première à certains épisodes de séries, feuilletons ou téléfilms. Enfin, la consultation de contenus additionnels, vendus comme des bonus associés aux grands programmes de la chaîne (par exemple, le direct associé à un programme de TV réalité).

TF1 se lance dans les microtransactions, à partir de 0,69 euro

« Ainsi, un utilisateur souhaitant regarder The Voice avec ses enfants et éviter de se coucher trop tard pourra opter pour la version sans publicité à 0,99 €, lui faisant économiser 24 minutes de temps de visionnage », illustre TF1 dans un communiqué.

Le groupe, qui a récemment signé un accord de distribution d’envergure avec Netflix, voit dans ces microtransactions un axe de développement susceptible à la fois de diversifier ses revenus, mais aussi de s’adapter « aux nouvelles habitudes de consommation digitale », ici inspirées de l’in-app purchase que l’on connait bien dans le monde du mobile. Pour cette incursion dans le payant, TF1 revendique par ailleurs une approche distinctive de celle des grandes plateformes de vidéo à la demande, qui reposent principalement sur une logique d’abonnement mensuel.

Disney paiera 10 millions de dollars à la FTC pour avoir collecté des données de mineurs

Accusé par la Federal Trade Commission (FTC) d’avoir étiqueté des dessins animés de manière trompeuse sur YouTube pour collecter illégalement les données personnelles de leur jeune public, Disney a accepté de payer 10 millions de dollars pour éviter de se retrouver au tribunal.

La FTC reproche à Disney de ne pas avoir placé le label « Made for Kids » (fait pour les enfants) sur les vidéos correspondantes, quand bien même ce type d’étiquetage rend certaines fonctionnalités, dont celles de collecte d’informations personnelles, inapplicables aux vidéos concernées.

Ne pas recourir à cet outil créé par YouTube pour éviter le ciblage de mineurs avec des publicités personnalisées a eu pour effet de voir des films comme « Toy Story » ou « Frozen » taggés « Not Made for Kids ».

Outre la collecte de données rendue possible pour Disney, cela signifie par exemple que l’autoplay de YouTube était activé.

Le coin gauche d'un écran d'ordinateur est ouvert sur une page YouTube.

YouTube a créé son système de labellisation en 2018, après le règlement d’une autre affaire ouverte par la FTC, selon lequel la plateforme aurait, elle aussi, violé la Children’s Online Privacy Protection (COPPA) Rule, une loi qui demande le consentement des parents pour collecter des informations sur les enfants de moins de 13 ans.

Outre son amende de 10 millions de dollars, Disney doit désormais récupérer le consentement parental pour collecter des informations sur son public de moins de 10 ans et créer un programme pour s’assurer que ses vidéos sont correctement étiquetées.

DSA : Zalando est bien une très grande plate-forme en ligne

Le 25 avril 2023, la Commission européenne désignait Zalando comme une très grande plate-forme en ligne au titre du DSA. C’était aussi le cas pour Amazon, les boutiques en ligne Apple et Google, Booking, Facebook, TikTok, Snapchat, Wikipédia, etc.

Cette désignation s’accompagne d’obligations « visant notamment à protéger les consommateurs et à lutter contre la diffusion de contenus illicites ».

Le Tribunal de la Cour de Justice de l’Union européenne rappelle que la Commission « estimait que le nombre mensuel moyen de destinataires actifs […] dans l’Union européenne était supérieur au seuil de 45 millions (ou 10 % de la population de l’Union), à savoir plus de 83 millions ».

Drapeau de l'Europe

De son côté, la plateforme contestait cette décision. L’arrêt du jour ne va pas dans son sens : « le Tribunal rejette le recours de Zalando et confirme ainsi la décision de la Commission ». Le Tribunal explique sa décision et rappelle pour commencer que, pour déterminer si Zalando devait être désignée comme une très grande plate-forme en ligne, « il convenait de déterminer son nombre de destinataires actifs, c’est-à-dire les personnes exposées à des vendeurs tiers dans le cadre du Partner Programm ».

Mais, Zalando « n’était pas en mesure » de les distinguer parmi tous ses utilisateurs. « La Commission pouvait considérer qu’elles étaient toutes réputées y avoir été exposées », soit 83 millions de personnes et pas seulement « environ 30 millions comme Zalando le faisait valoir ».

Le Tribunal rappelle enfin qu’un « pourvoi, limité aux questions de droit, peut être formé, devant la Cour, à l’encontre de la décision du Tribunal, dans un délai de deux mois et dix jours à compter de sa notification ».

Anthropic lève 13 milliards de dollars, sa valorisation approche les 200 milliards

Après 3,5 milliards de dollars en mars (et une valorisation de 61,5 milliards de dollars), Anthropic lève cette fois-ci 13 milliards de dollars. L’annonce a été faite par l’entreprise : « en collaboration avec ICONIQ, le tour de table a été codirigé par Fidelity Management & Research Company et Lightspeed Venture Partners ».

La liste des investisseurs est bien longue avec notamment Altimeter et Coatue (déjà présents chez OpenAI), Baillie Gifford (aussi chez GraphCore), BlackRock (bien implanté dans l’IA), Blackstone (présent au Royaume-Uni avec un datacenter IA), D1 Capital Partners (déjà présent à la levée de fonds Anthropic de mars), Qatar Investment Authority, etc.

Selon la société, cette manne financière « augmentera la capacité de répondre à la demande croissante des entreprises, permettra d’approfondir les recherches en matière de sécurité et soutiendra l’expansion à l’international. Nous continuons à construire des systèmes d’IA fiables, interprétables et ajustables ».

Anthropic revendique « plus de 300 000 clients professionnels » et affirme que le nombre de grands comptes – c’est-à-dire des clients générant plus de 100 000 dollars de chiffre d’affaires par an – « a été multiplié par près de 7 sur un an ».

Claude Code est au rendez-vous avec « plus de 500 millions de dollars de revenus annualisés, et une utilisation multipliée par plus de dix en seulement trois mois ». De manière générale, la croissance de l’entreprise est importante.

Début 2025, soit environ deux ans après le lancement de Claude, « le chiffre d’affaires annuel d’Anthropic atteignait environ 1 milliard de dollars. En août 2025, soit à peine huit mois plus tard, il dépassait les 5 milliards de dollars ».

Selon Le Figaro, « Anthropic s’impose comme la quatrième société privée [non cotée, NDR] la plus chère dans le monde, derrière OpenAI, TikTok et SpaceX ». Après son tour de table de 40 milliards de dollars en mars, OpenAI était valorisée 300 milliards de dollars.

OpenAI annonce un contrôle parental sur ChatGPT

Alors que l’entreprise est poursuivie par la famille d’un adolescent étasunien qui s’est suicidé, OpenAI annonce mettre en place, d’ici un mois, une fonction de contrôle parental sur son chatbot.

Elle expliquait récemment qu’elle scannait les conversations de ses utilisateurs à la recherche d’usages problématiques. Les informations récoltées peuvent amener à un signalement aux autorités s’il y a un « risque immédiat de violence physique envers autrui » mais l’entreprise précisait qu’elle ne rapportait pas « les cas d’automutilation aux forces de l’ordre afin de respecter la vie privée des utilisateurs, compte tenu du caractère confidentiel des interactions avec ChatGPT ».

Dans un billet de blog publié ce mardi 2 septembre, OpenAI détaille un petit peu les fonctionnalités du contrôle parental qu’elle va mettre en place. Les parents auront la possibilité de :

  • « Lier leur compte à celui de leur adolescent (âgé d’au moins 13 ans) grâce à une simple invitation par e-mail »
  • « Contrôler la manière dont ChatGPT répond à leur adolescent grâce à des règles de comportement adaptées à son âge, activées par défaut.
  • Gérer les fonctionnalités à désactiver, notamment la mémoire et l’historique des conversations »
  • « Recevoir des notifications lorsque le système détecte que leur adolescent est en situation de détresse aiguë. Des avis d’experts guideront cette fonctionnalité afin de renforcer la confiance entre les parents et les adolescents »

Dans un exercice de communication qui réagit aux nombreux cas problématiques d’utilisation de son chatbot, OpenAI explique aussi avoir mis en place un « conseil d’experts sur le bien-être et l’IA » ainsi qu’un « réseau de médecins mondial » pour lui « fournir à la fois l’expertise médicale spécialisée approfondie et la perspective globale nécessaires pour éclairer [son] approche ».