Trois plaidoiries « hallucinées » par IA ont été identifiées en France en décembre
Le 16 janvier à 14h08
2 min
Droit
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En juillet, lorsque nous l’avions interviewé, Damien Charlotin n’avait identifié que 160 plaidoiries contenant des « hallucinations » générées par IA, majoritairement états-uniennes. En ce début janvier, sa base de données en dénombre 806, dont 548 aux USA, 56 au Canada, 55 en Australie, 38 en Israël, 32 en Grande-Bretagne, 9 au Brésil, 7 en Allemagne, 5 en Argentine, Inde et aux Pays-Bas, et 3 en France, toutes trois identifiées en décembre dernier.
Nicolas Hervieu, professeur affilié à l’école de droit de Sciences Po, a ainsi constaté que le tribunal administratif de Grenoble avait eu à traiter « une requête et des mémoires générés avec un outil dit d’intelligence artificielle, dont le contenu est tout sauf « juridiquement cadré », contrairement à ce que prétend l’outil utilisé, dans un échange avec le requérant que M. A… n’a même pas pris la peine d’enlever du document adressé au tribunal ».
Fin décembre, il remarquait que le tribunal administratif d’Orléans avait quant à lui été confronté à 15 jurisprudences hallucinées, et qu’ « il y a donc lieu d’inviter le conseil du requérant à vérifier à l’avenir que les références trouvées par quelque moyen que ce soit ne constituent pas une « hallucination » ou une « confabulation » ».
« Chez les magistrats civilistes, on a tous eu dans des écritures au moins une jurisprudence qui n’existe pas », confirme Cyril Jeanningros, juge au tribunal judiciaire de Paris, au journaliste spécialiste des affaires judiciaires Gabriel Thierry, sur Dalloz Actualité. Un problème chronophage : « L’affaire qui nécessitait douze pages il y a 25 ans en comporte désormais trente, mais c’est plus le fait du copier-coller que de l’IA ».
« Avant, on voyait ceux qui copiaient des jurisclasseurs dans leurs écritures, on se moquait mais au moins c’était juste. Avec l’IA générative, nous devons identifier les propos hallucinés, cela nous complique la tâche », déplore Caroline Lantero auprès de Gabriel Thierry. Avocate au barreau de Clermont-Ferrand, elle a récemment reçu « cinq pages d’un argumentaire complètement faux », et dû faire un important travail de vérification à la place de la partie adverse, « un temps que je supporte assez mal de perdre ».
Le 16 janvier à 14h08
Commentaires (19)
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Abonnez-vousLe 16 janvier à 14h22
(Sarcasme au cas où ce n'est pas assez visible…)
Le 16 janvier à 14h28
Un peu comme les crevards qui noient les projets open sources sur Github sous des tonnes de rapport de bug hallucinés.
Modifié le 16 janvier à 14h41
Le message sur mastodon indiquant les causes :
Le 16 janvier à 14h32
Le 16 janvier à 14h38
Le 16 janvier à 14h57
Le 16 janvier à 14h51
Le 16 janvier à 15h10
Là, il (le tribunal administratif) s'adresse à l'avocat (le conseil du requérant).
Le 16 janvier à 15h13
D'où les copier/coller dont se moquent les avocat dans l'article : t'as vérifié une fois la liste, tu copies-colles quitte à avoir trop, mais au moins c'est pas inventé.
Maintenant, un nouveau métier passionnant se fait jour : stagiaire de vérification de slop IA généré par d'autres stagiaires-avocats. Génial !
Bientôt un LLM pour faire ça ?
Le 16 janvier à 15h03
Le 16 janvier à 15h51
"en mode SaaS, pour 299€/mois/collaborateur, copiez-collez votre .ods, .docx, .pdf et obtenez en quelques instants le lien vers les juridictions ad-hoc"
PS: pour tout investisseur = mon tel est le 06 07 08 09 0A
Le 16 janvier à 16h22
Le 16 janvier à 17h05
J'avais entendu qu'un logiciel de gestion de version tel que git serait assez bien adapté pour le milieu de juristes, notamment pour faire des diff sur les différentes version des textes de loi.
J'ai l'impression qu'on pourrait également y rajouter un pipeline CI pour tester les référence :)
Le 16 janvier à 16h12
Le 16 janvier à 16h27
Le 16 janvier à 16h42
Le 17 janvier à 14h26
Le 17 janvier à 15h22
À noter que les décisions de justice peuvent comporter des information confidentielles, notamment sur les victimes, et qu'elles ne peuvent pas être mises à disposition des IA sans précautions...
Le 18 janvier à 11h58
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