Connexion Premium

Les créateurs de podcast face au virage vidéo

Le 30 mars à 11h02

Fini, les médias audios ? Sur Linkedin, la créatrice des podcasts La Poudre et Folie Douce Lauren Bastide indiquait le mois dernier renoncer à la transformation de ses épisodes en vidéo, car le processus « coûte cher, prend du temps, mobilise de l’énergie… pour une valeur ajoutée minimale ».

Dix ans après la création des studios Binge Audio, Paradiso ou Nouvelles Écoutes, les créatrices et créateurs de podcasts comme elle sont face à une évolution d’ampleur : la transformation d’un format axé sur le son à des entretiens désormais filmés, régulièrement animés par des célébrités – des réseaux sociaux, de la culture, de l’entrepreneuriat aussi, pourquoi pas –, et diffusés, en long, sur YouTube. 
La plateforme a en effet tiré l’évolution du format vers la vidéo, poussant des outils historiquement dédiés à l’audio comme Spotify à intégrer des formats vidéos à leur dispositif.

D’après le Figaro, Apple Podcasts devrait faire de même dans les prochaines semaines pour tenter de récupérer des parts d’audience, alors que 46 % de la génération Z états-unienne écoute ses podcasts sur YouTube, 35 % sur Spotify, et seulement 9 % sur Apple Podcasts, selon Coleman Insights. L’évolution a aussi poussé journalistes et créateurs de ces émissions à multiplier les « shorts », ces courts extraits aussi bien promus par YouTube que TikTok.

Auprès du quotidien français, la créatrice Clémentine Galley, dont le programme Bliss Stories sur la maternité enregistre plus de 110 millions d’écoutes, se déclare « déprimée » d’avoir dû passer à la vidéo.

Pour autant, elle constate – de même que Louie Media ou Nouvelles Écoutes – que ce nouveau mode de diffusion lui permet de toucher des publics différents, plus jeunes pour Bliss Stories, moins uniformément urbains et CSP+ pour les podcasts de Louie Media.

Si l’évolution semble positive en termes d’audience, elle ne l’est pas nécessairement en termes de revenus : pour le cofondateur de Binge Audio (racheté le mois dernier par le groupe québécois Urbania), le coût pour mille sur YouTube, en matière de publicités, ne revient qu’à quelques euros, contre 60 à 90 euros pour un podcast classique, centré sur le son.

Illustration : Flock

Le 30 mars à 11h02

Commentaires (17)

votre avatar
Et en plus, si on ne parlait que de contenu... Youtube & cie ont instauré un véritable culte de l'image, où il faut montrer sa tronche tout le temps partout, jouer un jeu d'acteur pour être dans le personnage attendu, et faire du putaclic... Et les algorithmes poussent à toujours plus tout calculer, surveiller modérer.
Les miniatures sont devenues des sacres de la génération d'image et de l'appel émotionnel au danger pour capter l'attention...

Plus rien ou presque de vrai, de sincère, d'authentique... Si le podcast audio suit cette voie, c'est la mort intellectuelle assurée.
votre avatar
le coût pour mille c'est le revenu de la publicité ? Je lis une contradiction entre le début et la fin du paragraphe. Si le coût [de production ?] est de quelques euros pour mille (abonnés, vues ?) seulement sur Youtube contre plusieurs dizaines en podcast, c'est plus rentable d'être sur Youtube, le contraire de ce qui est écrit en début de paragraphe.
votre avatar
CPM, c'est le cout d'impression pour les publicitaires à la base.

Ici ca a plus le sens de revenu pour mille impression.
votre avatar
mais qui imprime des vidéos ? :fumer:
votre avatar
Pendant ce temps là, les bloggers (du texte à l'ancienne) qui font le meme de la pendaison :

First time ?

Perso je n'ai jamais accroché aux podcasts et aux vidéos. Vive un texte qu'on peut lire à son rythme, sans distractions, et parcourir en diagonale pour voir s'il répond à nos recherches, ou rechercher l'info facilement dedans.
votre avatar
Les podcasts sont très proches d'émissions radio, ca n'a pas trop de sens de les comparer à des posts de blog.
votre avatar
Non, je compare l'audio et la vidéo qui ont supplanté le texte comme vecteur d'information. Avec ici les podcasts qui pleurent qu'un autre format veut les remplacer (merci le web des algo, encore une fois).
Comme les médias sociaux qui ont tué une bonne partie des forums du Web.

Si ces deux formats ont chacun leurs avantages dans certaines situations, autant dire que leur suprématie est devenue relou. Combien de fois voit-on ici un message en mode "tiens y'a une vidéo qui en parle" vers un lien Youtube de 20 minutes à la limite en mode "démerde toi" ?

Perso j'ai beau écouter la radio sur la route, j'apprécie de voir sur Franceinfo.fr que la plupart (pas tous, hélas) des sujets sont retranscrits en texte sur le site.
votre avatar
Podcasts et retranscription c'est effectivement la panacée.
Idem pour les courts reportages vidéos retranscrits.

Après j'apprécie beaucoup les reportages long type Arte, surtout avec les modes multilingues même si pas facile si on ne peut pas garder trop l'écran sous les yeux selon ce qu'on fait en parallèle (cuisine, ménage, etc.).
votre avatar
Il y a des gens qui lisent des pièces de théâtre. La retranscription, c'est un peu pareil.
votre avatar
La vidéo a supplanté le texte, pas l'audio seul est encore moins le podcast et encore encore moins les pure-players podcast. Les mettre dans le même panier n'a pas de sens.

Les podcasts aujourd'hui c'est pour moitié de la radio où le podcast n'est qu'un support parmi d'autre, une minorité d'amateur et une toute petite partie de pureplayer qui arrive difficilement à en vivre. Les mettre dans le même panier que les youtubeurs, twitcheur et tout ce que tu veux ca n'a aucun sens. Y'a probablement 100 fois plus de blogueur qui vivent de leur écrit que de podcasteur qui en vivent à 100% sans même parler des journalistes web (médiapart à probablement plus de journaliste qu'il y a de podcasteur audio).

Et oui pour l'actu ca a du sens de l'avoir en texte, mais c'est une infime minorité de podcast les actualités. Y'a beaucoup de podcast qui sont difficilement reproductible en texte par des amateurs sans perdre une grande partie de l'intérêt. En générale, c'est des récits de vie, de l'humour, de la critique collective à chaud et à froid, des interviews, ....
votre avatar
Autant, les livres audio ne m'intéressent pas. Je préfère lire. Autant les podcasts permettent d'avoir un contact plus direct avec les intervenant·es et ça me permet de me relaxer ou de faire autre chose comme si les gens discutaient dans la pièce. La vidéo : on voit la communication non-verbale mais ce n'est plus de l'audio et ça devient facilement un spectacle.
votre avatar
Merci pour l'article !

J'ai du mal à comprendre ce paragraphe, est-ce possible de l'expliquer différemment ?

Fini, les médias audios ? Sur Linkedin, la créatrice des podcasts La Poudre et Folie Douce Lauren Bastide indiquait le mois dernier renoncer à la transformation de ses épisodes en vidéo, car le processus « coûte cher, prend du temps, mobilise de l’énergie… pour une valeur ajoutée minimale ».

Au début, on pose la question sur la fin des médias audio, et on dit ensuite que les créatrices refusent à les transformer en vidéo. Je ne comprends pas.
votre avatar
C'est peut-être une question rhétorique pour dire que les médias audio ne sont pas finis justement…
votre avatar
C'est l'exception qui confirme la règle. La vidéo est effectivement plus difficile, plus longue, plus coûteuse à produire, à monter, à diffuser. Tout ça pour regarder des gens qui parlent dans un microphone.
votre avatar
L'audio est génial dans plein de situation, la vidéo c'est pour quand on a rien à faire d'autre. La vidéo n'a d'intérêt que si l'image en a, autrement le podcast audio (pléonasme) s'impose. Sans même parler écologie pour l'aspect énergie/stockage c'est juste des médias différents avec des avantages différents. A l'image de la radio qui n'a jamais disparu avec la TV.
votre avatar
J'avais déjà du mal à comprendre l'intérêt de la radio filmée.
Je suis passé aux podcasts justement pour ne plus regarder de vidéo : la vidéo prend du temps, ça se résume à un champ/contre-champ autour d'une table (par ex. les vidéos de Blast) pour finalement écouter des personnes discuter.

Le stream vidéo, c'est vraiment fait pour avoir l'impression de boire l'apéro avec les invité·es du podcast, un peu comme les émissions de plateau des chaînes d'info en continu où ça blablate pendant des heures sous les projecteurs.
votre avatar
Toutes cette jeunes générations qui a tant de temps pour regarder des vidéos le fait quand? Parce que bon entre les taches domestiques, le boulot et le sport à un moment faut avoir du temps pour consommer autant d’heure de vidéo?
Le podcast audio a justement cet intérêt que tu peux l’écouter en bossant, faisant le ménage, la cuisine, conduisant ou en courant…
Les short ça me parle pas j’ai d’ailleurs une extension Firefox pour les supprimer de la page d’accueil YouTube.
Une vidéo c’est sympa quand ça dure assez longtemps pour aborder en détail un sujet et que l’image apporte un plus et durant la pause déjeuner par exemple.