ChatControl : nouvelle tentative de prolonger la surveillance des messageries
One more time
Le 03 juillet à 11h04
Après avoir été rejetée fin mars, la proposition visant à autoriser les grands acteurs du numérique à surveiller volontairement les communications électroniques pour y détecter les contenus relevant d’abus sexuels sur mineurs est remise sur la table par le Conseil européen.
ChatControl : nouvelle tentative de prolonger la surveillance des messageries
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Après avoir été rejetée fin mars, la proposition visant à autoriser les grands acteurs du numérique à surveiller volontairement les communications électroniques pour y détecter les contenus relevant d’abus sexuels sur mineurs est remise sur la table par le Conseil européen.
Droit
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4 min
Le Conseil européen a remis sur la table des discussions européennes le dossier de la détection des contenus relevant d’abus sexuels sur mineurs par les entreprises du numériques.
Le Parlement européen avait rejeté, fin mars, la proposition de la Commission d’autoriser, jusqu’en 2027, les grands acteurs du numérique à surveiller volontairement les communications électroniques pour y détecter les contenus relevant d’abus sexuels sur mineurs.
Ce texte devait prolonger la directive e-privacy qui expirait le 3 avril, en attendant la conclusion des négociations relatives à un cadre juridique à long terme : le projet Child Sexual Abuse Regulation (CSAR), aussi appelé Chat Control.
Sans nouveau texte, les entreprises n’ont théoriquement plus le droit de scanner les conversations qui passent par leurs services à la recherche de contenus pédocriminels.
Le Conseil évoque un « vide juridique » à combler
Mais au Conseil européen, les pays membres se sont mis d’accord sur un nouveau règlement temporaire [PDF] et relancent le processus, comme l’expliquent nos confrères de Contexte.
« Le Conseil regrette qu’il n’ait pas été possible de parvenir à un accord politique avec le Parlement européen sur la prorogation du règlement provisoire relatif à la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants en ligne en première lecture », affirme un texte en annexe de la proposition du nouveau règlement.
« Toutefois, compte tenu de l’importance d’éviter un vide juridique prolongé dans la lutte contre l’abus sexuel des enfants en ligne et du fait que les négociations interinstitutionnelles sur le cadre juridique à long terme sont toujours en cours, le Conseil a décidé d’adopter une position en première lecture », justifient les gouvernements des pays membres.
Leur proposition n’est rien d’autre qu’un copier/coller du texte expiré en adaptant seulement les dates pour pousser la validité jusqu’en avril 2028. Un règlement expiré ne pouvant être prolongé, le Conseil est passé par ce subterfuge.
Cela permettrait, selon certains détracteurs cités par Heise, de contourner le droit d’initiative de la Commission européenne, mais aussi d’éviter de solliciter un nouvel avis du Contrôleur européen de la protection des données. Selon nos confrères allemands, le gouvernement de leur pays est aux avant-postes pour faire passer le texte.
La présidente du Parlement européen aux manettes
Mais, selon Politico, ce n’est autre que la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola (du Parti nationaliste maltais), qui serait à l’origine de la démarche consistant à remettre au vote un projet de loi que son propre parlement avait rejeté. Nombre de députés européens considèrent, selon nos confrères, que Metsola a court-circuité leur autorité. La députée écologiste tchèque Markéta Gregorová s’est dite « extrêmement surprise ». Et sa collègue belge du groupe Renew, Hilde Vautmans, a affirmé que rouvrir le débat sur la loi temporaire était une « impasse politique ».
Selon des informations de Contexte et de militants contre la surveillance, la proposition serait à l’ordre du jour de la séance plénière du Parlement européen la semaine prochaine.
Le Conseil européen a fait cette proposition alternative après avoir essuyé, le 29 juin dernier, un échec concernant le règlement définitif contre les abus sexuels sur mineurs en ligne (CSAM) menant à un trilogue infructueux entre la Commission, le Parlement et le Conseil.
Des députés européens ont relaté à Heise une séance avec d’intenses pressions de la part des États membres auxquels ils auraient résisté contre la mise en place d’une surveillance de masse généralisée. Le communiqué du parlement évoque des « progrès substantiels » qui « permettent désormais de [se] concentrer sur la recherche de solutions équilibrées concernant les aspects restants du règlement, notamment en matière de détection, et ce dès que possible ». Les négociations autour de Chatcontrol sont encore vives.
Commentaires (14)
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Abonnez-vousHier à 11h26
Oh attendez .... Pourquoi je parle au futur !
Modifié hier à 11h51
Sans aller jusqu’à cette caricature, il me parait assez clair que le but n'est pas de protéger les enfants, mais bien d'identifier au plus tôt les prémisses des mouvements sociaux, identifier et enfermer (ou éloigner, ou harceler juridiquement) les leaders de manière à préserver un certain ordre établi , qui est considéré comme "moins pire" même si sous-optimal (et accessoirement, préserver les status sociaux des différentes classes).
Ca me parait particulièrement flagrant car si l'on dit souvent que les élus sont court-termiste, c'est loin d'être aussi vrai pour les hauts-fonctionnaires qui eux ne sont pas élus, qui restent en place mandats après mandats, et qui sont aussi les champions des revolving-doors.
Et eux voient les signes de long terme : Les flux migratoire lié au climat, les baisses de rendements des sols, les problèmes lié à l'habitat (donc les assurances, donc la finance...) ... bref, eux savent que dans les 40,50 prochaines années ça va se voir plus sérieusement que le bateau est en train de couler. Et dans cette débâcle, ils veulent en profiter, et que leurs propres enfants en profitent, sans égards pour les autres - il vaux mieux être seigneur d'un monde en flammes que larbin.
Pour moi ce genre de texte (comme d'autres) vise clairement à long terme à l'espionnage d'une population perçue comme menaçante et dont il faut se protéger, et donc une scission entre une élite auto-proclamée (dont la police, qui a l'impression d'en faire partie alors qu'ils n'en sont que les chiens de garde) et "le reste".
Quelque part pour moi c'est aussi un gros constat d'échec: Dans nos société "moderne", lorsque les tensions arrivent, les "élites" ne croient pas à la coopération, l'entraide, l'inventivité, la débrouillardise et la solidarité: Ils ne perçoivent les autres que comme des hordes de zombis qui vont déferler sur eux comme dans les films américains, et tentent de s'en prémunir en avance - exacerbant ainsi les tensions sociales.
Modifié aujourd'hui à 15h22
Si des élites complotent contre le peuple, c'est justement ceux qui poussent ce genre de théories : des milliardaires d'extrême droite qui diffusent ce genre d'idées pour affaiblir les États et l'UE.
La police, les fonctionnaires et même la plupart des politiciens sont dans le même bateau que tout le monde. Ils sont parfois incompétents, parfois influençables, parfois cons, mais ce ne sont pas "l'élite" et ils patiront aussi d'une dégradation économique.
Hier à 15h24
Modifié hier à 15h34
Hier à 15h14
Hier à 16h17
Et si l'un des membres du groupe commence à se dire que ce qu'il entend n'est pas en adéquation avec les intérêts collectifs, le groupe va vite lui faire comprendre qu'il doit bien se comporter sinon, ça va mal aller pour lui.
Juan BRANCO en est un bon exemple (même si je peux ne pas être d'accord avec 100% de ce qu'il dit).
Hier à 16h32
Hier à 22h40
Pas sur qu'un zadiste de la première heure ait pour ambition de monter les échelles pour devenir directeur de cabinet dans une sous-préfecture du centre (Bon OK ya des exceptions , coucou Daniel "ta gueule" Cohn-Bendit).
Les personnes dont je parle au-dessus ont une profonde conviction de travailler pour le "bien commun", de faire quelque chose de positif pour leur pays. C'est juste que pour eux le "pays" est plus important que les humains qui y habitent. Et qu'ils ne savent faire que ce qu'ils ont toujours fait, et que leur prédécesseur faisait avant lui.
Note : Je bossait en contractuel dans une petite préfecture de province à l'époque des gilets jaunes où il n'y a pas eu UNE voiture cramée - la pire action que j'ai constaté était les gens qui traversaient la route et filait des bonbons aux automobilistes.
Pour autant j'y ai vu les fonctionnaires faire des courbettes devant le préfet , son "responsable sécurité", le responsable de la police (sans s'empêcher de les critiquer par derrière).
J'ai vu les responsables passer TOUS les matins vérifier que toutes les TV du service était bien sur BFM TV. J'étais dans les salles de réunions ou le dircab zoomait sur la gueule des gens dans la rue pour les ficher sur son ordi dans un dossier "Cancrelats" qu'on devait sauvegarder tous les soirs.
Ya pas besoin d'être riche pour être un laquais. C'est dans la tête avant tout.
J'ai pas renouvelé mon contrat, ça va sans dire.
Aujourd'hui à 16h48
Hier à 22h54
Pour autant les fonctionnaires sont soumis au "devoir de réserve":Donc oui ils ne peuvent pas parler à la presse ou en public comme ils veulent.
En terme d'intronisation, certains corps de l'état ont ça, oui.
Et le respect de la hiérarchie est un des fondamentaux dans le fonctionnariat - comme je l'ai dit j'en ai été témoin en préfecture , où effectivement le préfet était traité comme un gourou (ou comme un roi) par le personnel préfectoral.
Ca n'enlève rien au fait que ce n'est pas un "complot", mot qui a un sens très précis mais qui ne s'applique en rien dans ce que j'ai dit dans mon message de ce midi.
Hier à 11h48
Hier à 17h06
Modifié hier à 19h48
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