Trump enterre toute régulation de l’IA, misant sur… la « responsabilité » des acteurs
Supercalifragilisticexpialidocintelligence !
Le 30 septembre à 13h03
Donald Trump veut assurer à l’écosystème de la tech états-unienne qu’il n’y aura pas de régulation juridique de l’IA. Rassemblant les CEO milliardaires de la tech pour un déjeuner, il leur a fait signer à la place un accord « contraignant moralement » mais pas légalement. Au passage, le dirigeant américain officialise le remplacement du terme « intelligence artificielle » par « super intelligence » dans toutes les communications officielles fédérales des États-Unis.
Trump enterre toute régulation de l’IA, misant sur… la « responsabilité » des acteurs
Supercalifragilisticexpialidocintelligence !
Donald Trump veut assurer à l’écosystème de la tech états-unienne qu’il n’y aura pas de régulation juridique de l’IA. Rassemblant les CEO milliardaires de la tech pour un déjeuner, il leur a fait signer à la place un accord « contraignant moralement » mais pas légalement. Au passage, le dirigeant américain officialise le remplacement du terme « intelligence artificielle » par « super intelligence » dans toutes les communications officielles fédérales des États-Unis.
Droit
Droit
5 min
Donald Trump a réuni une vingtaine de CEO du numérique états-unien pour un déjeuner ce mardi 29 septembre et en est ressorti avec la promesse qu’il avait déjà martelée de ne pas ajouter de loi contraignant les entreprises d’IA, mais aussi un accord qu’il qualifie de « contraignant moralement ».
Autour de lui, le dirigeant des États-Unis avait notamment rassemblé les dirigeants milliardaires des principales entreprises de l’IA : Elon Musk, bien sûr, mais aussi Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Jensen Huang, Satya Nadella, Sundar Pichai, Alex Karp et même Dario Amodei (avec lequel il s’est confronté médiatiquement en début d’année). OpenAI était aussi présente, représentée par son président Greg Brockman et non son CEO Sam Altman.
Droit dans ses bottes contre de nouvelles lois
Face à une contestation croissante aux États-Unis contre la construction de data centers sur le territoire pour supporter les besoins de l’IA et à des demandes venant des deux camps politiques de réguler, Donald Trump a réaffirmé son opposition à tout renfort légal sur le sujet.
Pourtant son ancien conseiller Steve Bannon s’est même affiché récemment dans une alliance baroque au côté du sénateur de gauche Bernie Sanders pour dénoncer les milliardaires cités plus haut et exhorter les Américains à exiger des lois plus strictes pour encadrer l’intelligence artificielle.
Donald Trump s’est au contraire affiché très solidaire des dirigeants de ces entreprises tout en mettant en scène son pouvoir sur eux, les faisant défiler devant les caméras après le déjeuner et qualifiant, par exemple, de façon ironique le CEO de Google, Sundar Pichai de « monstre » que « personne ne connaît », comme le raconte le Financial Times.
Trump soutient une autorégulation des entreprises d’IA
Au lieu de nouvelles lois, le dirigeant des États-Unis préfère laisser ces entreprises à une autorégulation qu’il qualifie de « formidable ». Rappelons que ces entreprises ont revendiqué avoir laissé plusieurs fois leur IA attaquer des sites du gouvernement états-unien, australien ou d’autres entreprises. Concernant l’environnement, leur autorégulation semble aussi défaillante. Ainsi, par exemple, xAI (maintenant nommé SpaceXAI) a outrepassé les réglementations locales en utilisant des générateurs illégaux au gaz pour alimenter ses centres de données. Sans parler de leurs rapports environnementaux au mieux incomplets et faux, au pire sans données utiles.
Donald Trump a voulu quand même faire signer à ces dirigeants d’entreprises du numérique un accord dont il a diffusé le texte sur son réseau social.
Interrogé lors de sa conférence de presse par une journaliste sur la possibilité que cet accord soit « contraignant d’une quelconque manière », Donald Trump a affirmé qu’il était « moralement contraignant », signifiant en creux que les dirigeants ne s’étaient pas engagés de façon juridique sur le sujet.
Dans ce texte, les signataires « [estiment] que chaque entreprise devrait mettre en œuvre les quatre niveaux de contrôles et d’audits suivants :
- Mettre en œuvre des contrôles internes robustes pour surveiller les capacités et la conformité des modèles lors de la formation et du déploiement dans des domaines tels que la cybersécurité, la biosécurité et les menaces chimiques, et pour garantir que ces modèles ne piratent pas les systèmes techniques ou n’y accèdent pas de manière non autorisée.
- Constituer une équipe interne chargée de veiller au bon fonctionnement de l’ensemble des contrôles, de la surveillance et de la détection, et de corriger tout problème rencontré.
- Collaborer avec un auditeur ou un évaluateur externe indépendant pour réaliser des évaluations indépendantes du bon fonctionnement des contrôles, de la surveillance et de la détection.
- Désigner un comité indépendant du conseil d’administration chargé de superviser les équipes chargées des contrôles, de recevoir les rapports des auditeurs et évaluateurs internes et externes, et de veiller à la résolution de tout problème identifié ».
Trump veut imposer un nouveau terme pour parler d’intelligence artificielle
En parallèle, Donald Trump en a profité pour publier son texte officiel qui met en pratique l’annonce du remplacement du terme « intelligence artificielle » par « super intelligence » dans tous les documents officiels fédéraux pour représenter ce qu’il considère être une « nouvelle ère » dans laquelle ce terme mettrait « en lumière la promesse, le potentiel et les capacités en constante évolution de ces technologies ».
La Maison Blanche a aussi accompagné ces annonces d’un nouveau chatbot officiel sur America.gov qui doit être le « portail numérique unifié vers le gouvernement fédéral pour chaque individu aux États-Unis recherchant des informations ou des services fédéraux », selon l’executive order qui le rend officiel.
L’agence de presse Associated Press a déjà remarqué que ce chatbot, qui s’appuie sur des sources gouvernementales et qui est animé par Gemini de Google, contredit bon nombre des déclarations du dirigeant.
Commentaires (33)
Abonnez-vous pour prendre part au débat
Déjà abonné ou lecteur ? Se connecter
Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant.
Accédez en illimité aux articles d'un média expert
Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes
Intégrez la communauté et prenez part aux débats
Partagez des articles premium à vos contacts
Abonnez-vousLe 30 septembre à 13h18
Le 30 septembre à 14h29
Le 30 septembre à 16h21
Hier à 14h05
Modifié le 30 septembre à 13h21
À ce stade même les capitalistes devraient avoir compris que laisser une énorme entreprise faire ce qu'elle veut et décider elle-même des règles ça peut mal tourner.
Le 30 septembre à 13h24
Mais d'ici-là j'ai l'impression que certains pensent que ces ressources sont infinies.
Vu que certaines personnes pensent toujours que le réchauffement climatique est faux et que la terre est plate...
Le 30 septembre à 13h58
Le 30 septembre à 15h14
(toute considération éthique du type "oui mais eux aussi ont des enfants" est bien entendu risible à ce stade)
Le 30 septembre à 13h23
Il va demander à google de lobotomiser ses modèles si ça donne des résultats embarrassants pour lui?
Le 30 septembre à 13h34
Le 30 septembre à 13h47
Le 30 septembre à 13h50
Le 30 septembre à 14h21
Le 30 septembre à 14h23
Le 30 septembre à 14h26
Mais pour cet article, juste le titre m'a fait pouffer de rire...
Le 30 septembre à 14h39
Modifié le 30 septembre à 14h48
Le 30 septembre à 15h15
...
Et c'est bien.
Le 30 septembre à 16h47
Dimanche à 20h56
Le 30 septembre à 16h19
Toutefois, je pense que Martin enterre toute régulation du titre, misant sur… la « responsabilité » des lecteurs
Le 30 septembre à 15h21
Le 30 septembre à 15h31
Le 30 septembre à 20h21
Le 1er octobre à 11h56
Le 1er octobre à 21h32
C'est pas obligatoire sur YouTube de flagguer une vidéo GenIA comme telle ?
Le 1er octobre à 22h01
Atteignable en réel, mais là il faut du personnel pour les props et les make up. C'est un autre budget. Et vu le nombre de vidéos...
Le 30 septembre à 17h52
Quand on ne peut pas changer les choses, on change les mots...
Dimanche à 20h59
Et une belle analyse de se genre de phénomène se trouve sur France Inter, en podcast, de Grand Bien vous fasse (oui, bon, ça n'est pas une émission scientifique ;-) : Titre : Comment la langue tord la réalité ?
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-du-mercredi-30-septembre-2026-1132230
Le 30 septembre à 18h30
On dirait vraiment un gamin qui joue
à la dinetteau businessman : « On dirait que c'était moi le chef parce que j'ai une cravate de grand, et que vous êtes mes servants, et même que je vous fait signer des contrats super sérieux ». Puis il signe d'un gribouillis et applique un tampon offert dans un paquet de Kellogg's™ ou dans un HappyMeal™.Modifié le 30 septembre à 19h39
Et si c'est aussi contraignant que le papier qu'il a signé à Versailles cet été, on sait que ça ne vaut pas grand chose.
Vendredi à 10h32
Dimanche à 13h11
Si ça pouvait entrer dans la leur...
Signaler un commentaire
Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?