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Neo Geo AES+ : la Rolls des consoles rétro cale avant le départ

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Neo Geo AES+ : la Rolls des consoles rétro cale avant le départ

Image : Plaion Replai

Le spécialiste des consoles rétro Plaion Replai a vendu du rêve en lançant en avril dernier les précommandes pour la Neo Geo AES+. Cette réédition fidèle de la mythique console de SNK n’est malheureusement pas près de débarquer chez les joueurs : les premières livraisons, qui devaient débuter le 12 novembre, ont été repoussées de… dix mois.

La Neo Geo a fait fantasmer bien des joueurs en culottes courtes. La console construite et lancée par SNK en 1990 au Japon concrétisait une promesse formulée par d’autres (sans qu’ils y parviennent vraiment) : une salle d’arcade chez soi. Et pour cause : la Neo Geo se déclinait en deux versions très proches, un système pour les bornes d’arcade (MVS, Multi Video System) et un autre pour la maison (AES, Advanced Entertainment System), capable de faire tourner les mêmes jeux sur un matériel quasiment identique.

Le retour d’un fantasme hors de prix

Malheureusement, ce rêve se payait cher. La console AES coûtait autour de 3 000 à 4 000 francs (de 457 à 609 euros) au début des années 90, hors inflation. Les cartouches surtout étaient hors de prix, puisqu’elles flirtaient avec les 2 000 francs (300 euros) ! Autant dire que pas grand monde ne pouvait s’offrir la Rolls des consoles de l’époque.

C’est pourquoi l’annonce mi-avril de la Neo Geo AES+ a soulevé pas mal d’enthousiasme. Le fabricant Plaion Replai dévoilait en effet une réplique 1:1 de la console de SNK, sous licence, compatible avec les cartouches originales et capable de faire tourner les jeux sans les émuler. L’entreprise affirme utiliser des puces ASIC dédiées et des copies conformes des puces de l’AES (Motorola 68000 et le Zilog Z80A). Plaion expliquait alors :

« Le gameplay sur la Neo Geo AES+ ne repose pas sur l’émulation : la console est au contraire animée par ses puces ASIC historiques, recréées selon les standards modernes afin de reproduire fidèlement le matériel et le logiciel de la machine originale. Le système exécute nativement les jeux issus des nouvelles comme des anciennes cartouches, pour offrir l’expérience rétro la plus authentique possible. Pas d’émulation, pas d’approximation par FPGA [une puce programmable qu’on peut configurer pour se comporter comme un ancien matériel, ndlr], mais une véritable réincarnation de la console, à nouveau gravée dans le silicium. »

Ajoutez à cela la réédition de dix jeux sur cartouches, parmi lesquels des hits de l’époque (Metal Slug, The King of Fighters 2002, Garou: Mark of the Wolves…), et vous obtenez un cocktail parfait qui a emballé de nombreux joueurs désireux de prendre une revanche sur la vie. Ce d’autant que les prix sont infiniment plus doux qu’en occase : 200 euros la console avec une manette, 80 euros la cartouche.

Dix mois de retard au compteur

Hélas, les expéditions des précommandes qui devaient débuter le 12 novembre ont été repoussées… au 16 septembre 2027. Dix mois d’attente supplémentaire pour les fans de rétro qui ont mis la main à la poche, voilà qui n’est pas réjouissant, et un peu inquiétant pour la suite. Plaion Replai reconnaît qu’il s’agit d’un report significatif et s’excuse auprès des clients.

En cause, la crise de la mémoire qui a freiné la production de la console. Plutôt que de maintenir le lancement prévu en novembre avec une disponibilité mondiale très limitée, Plaion a choisi de prendre du temps supplémentaire « afin de sécuriser l’approvisionnement en composants désormais nécessaire pour répondre à la demande des clients ayant précommandé, ainsi qu’à un lancement mondial nettement plus large. » Le constructeur affirme que le délai lui permettra de « garantir les composants » et les capacités de production pour la console.

Le pack Ultimate contient la console, deux manettes et les 10 jeux pour la modique somme de 900 euros. Image : Plaion Replai

Est-ce réaliste ? La crise que traverse l’industrie ne va pas s’éteindre du jour au lendemain, pire encore elle pourrait se prolonger encore plusieurs années. Elle frappait déjà au printemps, Plaion ne pouvait pas ne pas être au courant de ces difficultés lors de l’annonce de l’AES+. Et en laissant ouvertes les précommandes malgré le délai, l’entreprise laisse planer le doute sur ses intentions réelles : filer en douce avec la caisse ?

Ça ne semble pas être le cas. D’une part, parce que Plaion est un acteur reconnu dans le secteur du jeu vidéo, elle opère des labels connus comme Vertigo Games ou Ravenscourt. Plaion Replai, la filiale consoles rétro, est plus récente mais compte à son actif plusieurs produits que l’on peut acheter (sur Amazon par exemple) et obtenir, comme l’Atari 2600 + ou le Spectrum. D’autre part, il est possible d’annuler une précommande.

Le constructeur veut voir plus grand : « La vérité, c’est que la demande a dépassé même nos prévisions les plus optimistes », explique Ben Jones, le directeur commercial de l’entreprise. Celle-ci veut faire de cette réédition une « plateforme » qui sera supportée sur le long terme, en particulier pour muscler le catalogue de cartouches. Des discussions seraient en cours avec des ayants droit sur le sujet.

Plaion Replai veut en tout cas éviter le stigmate infamant du vaporware : la console sera visible durant le Tokyo Game Show, qui se tiendra du 17 au 21 septembre.

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