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L’augmentation de l’automatisation mène à la répression, calcule l’économiste D. Acemoglu

Das Kapital. Kritik der automatisierten Ökonomie.

L’augmentation de l’automatisation mène à la répression, calcule l’économiste D. Acemoglu

Illustration : Flock

Face aux promesses de gains financiers de l’automatisation, les États capitalistes favorisent naturellement la répression plutôt que la redistribution, y compris s’ils sont construits sur des fondements démocratiques. C’est ce que concluent le prix Nobel d’économie Daron Acemoglu et ses collègues A. Arda Gitmez et Mehdi Shadmehr dans un récent article susceptible d’éclairer les effets économiques et politiques du déploiement de l’IA.

Il est l’un des économistes les plus influents du monde, en particulier ces dernières années pour ses travaux relatifs à l’intelligence artificielle et aux effets de l’automatisation. Il est aussi co-lauréat du prix Nobel d’économie 2024, aux côtés de James A. Robinson et Simon Johnson. Cette année-là, Daron Acemoglu prévoyait que l’IA ne produirait que peu d’augmentation de la productivité et du PIB, mais qu’elle pourrait clairement accroître les revenus que le capital tire du travail.

Son ton a clairement changé cet été, jusque dans sa récente intervention sur France Inter, le 31 août. « Il m’arrive de ne pas dormir la nuit en pensant aux conséquences énormes que tout ça va avoir », a-t-il déclaré à la radio publique, estimant que le déploiement de l’IA pourrait finalement détruire 8 à 9 % des emplois, soit deux fois plus que ce qu’il avait calculé précédemment.

Outre cette analyse très anglée sur les conséquences subies par les travailleurs, les préoccupations du chercheur s’expliquent peut-être plus largement par les effets du déploiement de l’IA sur les sociétés au sens large.

C’est du moins ce que semble traduire le working paper qu’il publiait en juin avec ses collègues A. Arda Gitmez et Mehdi Shadmehr. Intitulé « Automatisation et Répression », le document, ouvert à la relecture par les pairs, propose une exploration des conséquences de l’automatisation sur le recours à la répression politique. Les trois hommes y établissent l’existence d’une complémentarité entre l’automatisation et la répression. Dans un système capitaliste, estiment-ils, plus les acteurs économiques recourent à l’automatisation (ce qui va dans le sens de leurs intérêts, car cela leur permet d’accroître leur stock de capital), plus l’État qui les représente risque de recourir à la violence pour mater les révoltes qui pourraient couver dans la population.

Plus précisément, les scientifiques calculent que plus le stock de capital est important, plus l’automatisation croît. Dans la mesure où la répression « est complémentaire de l’automatisation », ils en déduisent qu’une augmentation du capital disponible est « elle aussi complémentaire de la répression ». En effet, cette dernière permet à l’État capitaliste (compris comme un État qui défend les intérêts des détenteurs de capitaux) « d’atteindre un niveau d’automatisation plus élevé que dans le cadre d’une redistribution ».

Modéliser les conséquences d’un paradoxe réel

La motivation de ce travail leur vient de propos et positions observés dans le monde réel. De l’ancien président de Google China et directeur de Microsoft Asia Kai-Fu Lee au capital-risqueur Nick Hanauer, plusieurs entrepreneurs du numérique s’inquiètent depuis vingt ans des risques de troubles, voire de soulèvements concomitants à l’accélération de l’automatisation du travail. Ce faisant, écrivent les trois universitaires, ils « redécouvrent la prédiction faite par Karl Marx en 1867 », selon laquelle : « Ce n’est que depuis l’introduction des machines que l’ouvrier se bat contre l’instrument de travail lui-même… Il se révolte contre cette forme particulière des moyens de production. »

Pour faire face au risque, une des pistes serait d’améliorer la redistribution. Cent millionnaires ont d’ailleurs signé une lettre ouverte en ce sens à l’occasion du sommet 2025 de Davos. « Pour autant, de nombreux individus fortunés et dirigeants d’entreprise reconnaissent également que le maintien de l’ordre dans un monde dominé par l’automatisation pourrait nécessiter des mesures répressives et d’autres mesures énergiques pour protéger leurs revenus et leurs bénéfices. »

Il reste 59% de l'article à découvrir.

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Commentaires (37)

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Ce sont 2 visions du monde qui se présentent à nous.
Si les IA permettent de produire autant avec moins de travail humain, ça pourrait être une excellente nouvelle, travailler moins, mieux répartir les richesses, libérer du temps pour des taches plus épanouissantes, ...
Mais si les bénéfices restent entre les mains de ceux qui possèdent les outils et les capitaux (comme c'est le cas actuellement), pendant qu'une partie des gens perd son emploi, forcément, cela va devenir une véritable bombe sociale.
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Ce que j'en comprends c'est que les élites ( les "capitaines d'industrie", politiques, dirigeants, bref ceux qui ont surtout intérêt à ce que la structure de la société reste stable) préparent le #2 pendant qu'ils nous promettent le #1 via les média via nos manageurs, les articles linked-in et plus généralement le matraquage incessant via tous les input possibles.
Même ici sur Next un article sur 3 parle d'IA, d'une manière ou d'une autre : Que tu sois pour ou contre, ton attention est accaparé par le sujet.
C'est pas la 1ère fois que ça arrive dans l’histoire.
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J'ai bien peur que la première vision que tu décris soit fausse :
L'informatique permet depuis le début de gagner du temps, mais nous n'avons malheureusement pas plus de temps libre. Nous avons au contraire une complexification de notre travail, car si nous l'executons plus vite, nous devons en faire plus pour combler le temps économisé.
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Je suis assez d'accord avec ton constat. Mais justement, je pense que c'est vers cela qu'il faut tendre aux maximum.
Les gains de productivité ont surtout servi jusqu'ici à produire toujours plus.
Mais ce n'est pas une loi naturelle, c'est surtout des choix économiques et politiques.
Et je pense que si l'IA permet de produire autant avec moins de travail humain, il faut se battre pour que ce gain serve aussi à travailler moins et à mieux partager les richesses.
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Merci Next!! Merci Mathilde !!
Je sais pourquoi je paye mon abonnement 😍
Entre ce type d'articles très instructifs et les expériences sur VPS, je suis refait.

Merci merci!!
A tous !!

Ça c'est de l'Inpactitude!!!
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Moi, sur cet article en particulier , c'est exactement l'inverse. C'est l'un des rares cas où, je me demande pourquoi je paie ?

Le sujet est intéressant. Il mérite d'être cité ici. Cependant, la rédaction de l'article relève trop de l'opinion. Il est inutilement "politisé". Ça me dérange vraiment. J'ai l'impression de lire de la propagande, et non de l'information. Celle-ci se doit de rester neutre, en sachant mettre de côté ses propres convictions et extrapolations. Sinon, inévitablement, ça fini par dériver et perdre toute crédibilité.

Remarque: Peu importe l'opinion (qui est intéressant), c'est le principe qui me dérange, vraiment. Je m'abonne à Next pour avoir de l'information claire, concise, utile et pertinente sur l'IT, pas pour voir le rédacteur prêcher pour ses convictions personnelles. Il y a un endroit prévu pour ça : la section "commentaires". En l'état, pour que l'article soit digeste, il faut demander à l'IA de le résumer de façon neutre, afin d'extraire l'info et l'argumentation utile de l'opinion. Vu le sujet, c'est paradoxal...
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Le propos qui est développé est celui d'Amoceglu, le relayer et tenter de l'expliquer ne signifie pas y adhérer.

À titre perso, je ne suis pas absolument convaincu par sa démonstration, mais suivre son cheminement nourrit ma propre réflexion sur le sujet. En l'occurrence, la pensée d'Amoceglu me semble d'autant plus intéressante que la question sous-jacente transparait déjà dans le discours des géants de l'IA.

Cf. les manifestes d'Altman et d'Amodei : quand ils prennent des accents quasi socialistes (sacrilège ! :D) au sujet de la redistribution des richesses supposément engendrées par l'IA.

Et le constat final est factuel : ces mêmes OpenAI et Anthropic envisagent explicitement un monde où leur marché adressable couvre l'équivalent de l'économie globale. Ils présentent évidemment ça comme un levier de croissance, mais ça n'en reste pas moins des proportions qui méritent qu'on se pose des questions sur leur impact social ou sociétal à moyen terme.
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Le sujet est effectivement intéressant et d'actualité. C'est la rédaction et le choix de vocabulaire qui laissent une impression plutôt inconfortable.

Il est difficile d'identifier ce qui relèverait de l'étude, sujet de l'article, et des projections faites par l'auteur de l'article. Les limites ne sont pas claires, À moins d'être convaincu que "mort au capitalisme" soit une finalité, à la lecture, c'est perturbant. L'impression d'absence de regard critique fait perdre sa crédibilité à l'information.

Pour pouvoir se faire une opinion sur l'article, et savoir qui dit ou pense quoi, on a l'impression qu'il faut aller lire l'étude soi-même,..

Après, c'est peu être juste des maladresses dans la rédaction. Difficile de le dire, sans aller consulter l'étude à l'origine de l'article.
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Je suis assez d'accord avec toi sur tous les points.
J'ai l'impression que son papier part d'hypothèses théoriques et non vérifiées et qu'il conclut que l’automatisation mène à la répression par des calculs.

Mais comme il commence par se mettre dans l'hypothèse qu'un
>État capitaliste (compris comme un État qui défend les intérêts des détenteurs de capitaux)

j'ai l'impression qu'il part de quelque chose qui n'existe pas.

En effet, l'article parle des quelques milliardaires les plus riches (une douzaine dont 10 aux USA) : ce n'est pas eux qui vont faire qu'un état défende les intérêts des détenteurs de capitaux. Tant qu'il y a le droit de vote, c'est la majorité qui choisit qui fait les choix politiques de l'état, même aux USA.

Si l'on étend à tous les capitalistes (ceux qui détiennent des actions), ils peuvent être bien plus nombreux et choisir de soutenir le capitalisme. Ça peut être le cas en particulier aux USA où les retraites s'appuient largement sur la capitalisation, donc tout salarié est aussi un capitaliste, mais aussi un travailleur. Il arbitrera donc ses choix politiques afin qu'il y ait un équilibre entre ses 2 casquettes : capitaliste et travailleur. Il serait donc étonnant qu'il élise un gouvernement qui le réprimerait en tant que travailleur susceptible de se révolter.
Dans une dictature, par contre, ça peut être différent, mais il y a de toute façon d'autres raison de se révolter dans ce cas.

Si c'est pour démontrer qu'il faut redistribuer à tous les gains de productivité si le travail diminue beaucoup, pourquoi pas, c'est effectivement ce qu'il faut faire sinon, oui, il y aura des révolutions.
Donc, en partant d'hypothèses non réalistes, on peut probablement arriver à ses conclusions, mais ça reste un travail théorique.

Mais les états démocratiques le savent et feront en sorte que ça soit fait : personne n'a envie de finir exécuté suite à une révolution. Même Poutine craint de finir pendu comme Saddam Hussein à ce que j'ai entendu récemment.

En fait, même si le capitalisme est le régime économique dominant dans le monde, je ne connais pas un seul état capitaliste tel que défini dans la citation en début de ce commentaire.
Même la Chine qui n'est pas une grande démocratie protège les travailleurs et se bat contre certains capitalistes.
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La réponse d'Alexandre Laurent est très bien mais mesurée.

Moi je pense que si toi, @stratic , tu y vois quelque chose d'orienté, c'est que c'est le sujet qui te dérange, à toi.

Le capitalisme n'est pas une loi universelle intangible.
On peut en parler, on peut la critiquer, sans être taxé de personne orientée.

Des économistes, dont c'est leur sujet d'étude, encore plus,

Et des journalistes informatique qui traitent de l'IA, et de son impact sur notre société et nos vies, c'est leur boulot.

Si tu es mal à l'aise avec ça, tu es mal à l'aise avec les faits, pas avec des opinions.
Mettre en lien des théories économiques avec la vie réelle des gens, ce n'est pas une opinion quand c'est argumenté, surtout quand c'est par 3 prix Nobel d'économie.
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Ton commentaire peut se résumer ainsi "comment vouloir éteindre une pensée différente de la mienne". Il n'y a aucun débat possible après ça. Ce serait ton idéologie ou ta manière d'interpréter l'article et son orientation qui aurait le droit de citer, bel exemple d'ouverture d'esprit...

Je suis assez d'accord avec son commentaire pour le coup et ce n'est pas la première fois qu'un article de ce type est plus qu'orienté et transpire l'idéologie de la rédactrice.

Or, l'article devrait laisser transparaitre l'idéologie présentée sans chercher à imposer ou laisser apparaître la sienne.

Et heureusement qu'on peut tout à fait ne pas être en accord avec le ton donné voire l'étude sans tomber dans ce que tu décris. Le monde n'est pas si binaire.
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Si chacun pense contre soit-même, il n'y a aucun problème au débat et surtout aucun problème à admettre le résumé des conclusions de scientifiques qui sont à l'opposé de ses propres préjugés et opinions. Une opinion est une variable, un fait (que ce soit en sciences économiques et sociales ou en sciences physiques) est une constante.

Les conclusions de scientifiques sont évidemment discutables, si tant est que des éléments probants et sérieux sont émis. Sinon, c'est des cacahuètes, vos opinions ou de vos idées au doigt mouillé.
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Tu viens de résumer 98% des commentaires ici. Que ce soit une conclusion scientifique ou d'experts plus général.
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Quand ça vous plaît pas, ne va pas dans votre sens, c'est de l'idéologie... Belle ouverture d'esprit.

Citez donc dans l'article, ce qui est issu du travail des économistes, et ce qui est de l'idéologie de la journaliste?

C'est facile de sortir des grands mots compliqués, mais il faut en mesurer l'usage.

Et mon commentaire, vous le lisez mal.
Y'a rien a éteindre, tu peux dire que tu penses que l'économiste dit des conneries (malgré son niveau d'études et de recherches, validées par ses pairs), tu peux dire que les relations qu'il met en évidence sont bidons (mais vas-y argumente le pourquoi), mais je ne vois pas en quoi le fait que la journaliste exposé ces travaux et les relient à l'explosion de l'IA dans notre quotidien montrerait un seul signe d'un biais idéologique.
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Citez donc dans l'article, ce qui est issu du travail des économistes, et ce qui est de l'idéologie de la journaliste?
Le commentateur initial de ce fil disait :
Il est difficile d'identifier ce qui relèverait de l'étude, sujet de l'article, et des projections faites par l'auteur de l'article. Les limites ne sont pas claires,
Et je suis d'accord avec lui. Il est difficile de répondre à cette question à partir de là sans se plonger dans l'étude elle-même.
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Attends, je réponds à MrNox.

Pour toi, Fred42, s'il est difficile à distinguer l'auteur de l'article du sujet qui est traité, c'est peut-être parce que justement la journaliste ne fait que relater des faits en lien avec le sujet de l'article?
Donc y'a rien a en dire en fait.
Elle met en lumière la part croissante de l'IA, grande pourvoyeuse d'automatisation, avec le sujet économique du prix Nobel, qui traite du lien entre automatisation, capital (financier) et répression.

Et y'a des ouin ouin qui viennent pleurer à l'idéologie 😅😂🤣
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Le "working paper" présente une modélisation théorique. Soit un exercice mathématique basé sur des hypothèses délibérément simplifiées. Sau f qu'ici, Mathilde (le ton tout du moins) transforme ce qui tient de "l'étude en laboratoire" en réalité sociologique inéluctable pour nos démocraties.

Exemples :

Dans leur calcul, les chercheurs posent au départ une fiction : ils imaginent un état imaginaire qui n'a qu'un seul but, « maximiser les gains des capitalistes ». C’est pratique pour poser une équation sur une feuille blanche. Sauf que Mathilde en fait une loi universelle dès sa première ligne : nos vrais états démocratiques vont « naturellement » choisir de tabasser la population plutôt que de redistribuer l'argent.

Sauf que non, c'est une étude théorique pas un chemin déjà tracé. Ici, le théorique est plus qu'important et c'est d'ailleurs pour ça qu'on parle de document de travail. Que les personnes le rédigeant soit des médaillés ou des Nobels ne change fondamentalement pas le fait que ce sont des présentations dans des cas spécifique. Or ici, Mathilde prend ça comme une affirmation totale dès la première phrase, ce qui n'est pas le cas.


Et ça, c'est un biais. Et pour ta phrase sur la validation par ses pairs, aucun problème, sauf que là c'est un document de travail sans relecture par ses pairs justement et donc ouvert à la critique pouvant en modifier la teneur sur certains points (je ne parle pas de modifier le document dans sa globalité non plus).

Donc en l'état,il dit simplement : voici notre modèle, voici nos hypothèses, et voici la preuve mathématique que si l'on accepte ces conditions de départ, on aboutit à tel résultat. Et rien de plus.
En faire une prédiction indiscutable pour le monde réel, ça relève d'un choix journalistique orienté.
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Tu n'as pas correctement interprété mes propos. À aucun moment je ne critique le choix du sujet d'article, le contenu de l'etude, ses conclusions ou bien même l'opinion du rédacteur de l'article. La seule chose qui me dérange c'est que, tel que c'est rédigé, il devient impossible de discerner l'information (ici, les conclusions de l'etude), de l'interprétation faite par celui qui relaie cette information.

Dans ce patchwork de synthèses, possibles extrapolations, et bribes de citations, je cherche les contours entre l'information et l'interprétation qu'en fait l'auteur. Je ne sais pas dans quelle case il faut ranger certains de ses propos.

Ok, l'exercice n'est vraiment pas facile et, vu les réactions, je caricature probablement un peu trop afin d'illustrer l'impression que m'a laissée la lecture de l'article.

Edit: Pardon Mathilde, "celle", et non pas "celui".
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À la lecture de l'article, j'ai l'impression qu'on doit se préparer à revenir à l'ancien régime...
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Un très grand merci à Mathilde pour cet excellent article très éclairant.
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C'est un peu le même problème avec les méga-bassines dans l'agriculture qui profitent aux grandes exploitations et dont les opposants sont qualifiés de « éco-terroristes ». L'Etat capitaliste, que j'appellerais personnellement l'Etat policier en France, est à l'oeuvre pour le pire au niveau social et écologique (même si ce sont, pour certains, des mots "non-neutres") et pour le meilleur cumul du capital détenu par quelques-uns (et sans créer de productivité dans le facteur travail, ou si peu).
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Pour ceux qui comme moi on cherché le papier sur lequel s'appuie cet article, le voici. En effet, il n'est pas au bout du lien sous les mots "working paper" comme je le pensais. Ce lien mène à une page qui explique ce qu'est un working paper et la différence avec une publication dans une revue.

C'est dommage de ne pas nous permettre de lire ce papier facilement quand on écrit un article dessus !
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Il était drôlement caché, en effet. ^^
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Est-ce qu'il était dans l'article ou non ?
S'il l’était, je l'ai raté même en parcourant à la souris tous les liens pour voir où ils pointaient.

S'il ne l'était pas, je suis désolé, mais quand on fait tout un article sur une étude, la moindre des choses est de fournir un lien vers cette étude. À moins que l'on pense que l'on n'est pas capable de lire au moins une partie du document.
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Merci pour le lien sur le papier. Sur l'instant, après une recherche trop rapide (manque de temps), je n'étais pas tombé dessus.


Je viens de le parcourir rapidement. Il y a effectivement un grand écart entre ce que dit le papier (purement théorique, à partir d'un modèle mathématique appuyé sur un modèle simplifié à l'extrême ne correspondant à aucune réalité), et l'article de Mathilde qui, en ne posant pas clairement le contexte, et en extrapolant sur la base d'informations tierces sans lien avec l'étude, en donne une perception qui amène à des interrogations sur l'aspect factuel du récit. Ça confirme donc bien l'impression initiale qui m'a fait réagir.
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@stratic @Mr.Nox


Je n'ai pas l'habitude de me sentir supérieur, mais en relisant l'article je fais bien la distinction.

Donc, soit je comprends mal vos propos (c'est possible) soit vous ne captez pas les tour ures de phrases de Mathilde.

PS: le but du capitalisme c'est de maximiser la valeur, mais bref.

Et factuellement, vous verrez la violence (ressentie) quand un traitement automatisé vous supprimera une aide vitale, ou vous classera dans une catégorie défavorisée (cf les actualités de ce genre en France, aux US, etc, c'est documenté hein, c'est factuel).

Pour finir là dessus: le choix du modèle économique "capitalisme" n'est pas celui de tout le monde, ce n'est pas une loi universelle.
C'est encore les plus forts (quelques-uns) qui ont vus leurs intérêts au détriment de tous.

Y'a qu'à voir le détricotage en règle (mais en douce) du système de sécurité sociale française, alors que le truc fonctionnait bien.
Regardez qui a commencé à le bricoler, à l'avantage de qui?

Et j'arrête là, il n'y a pas plus aveugle que celui qui refuse de voir.
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Le problème, c'est qu'aucun de nous ne parle du fond.. Et que tu finis par nous en attribuer des propos. Et ça aussi ça devient un problème.

On parle du fait que l'article revêt une couleur politique. Tu nous dit que non, je te donne des exemples et Stratic/Fred42 te donnent des ressentis légitime que tu balaies de la main en nous expliquant ce qu'on doit penser.

Bah non, point. Donc ton factuel, à titre très personnel, je m'en contrefou, ce n'est pas mon propos.

Tu viens prêter des propos que les gens n'ont pas en venant te poser en chantre de ce qui est bon de penser ou non.

Bref, si ici tu ne vois toujours pas de quoi on te parle et change encore de braquet pour imposer ton avis (tip : il n'est pas supérieur au mien, il est juste différent), c'est que ça sert à rien de discuter plus longuement.
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@Mr.Nox

Merci d'avoir d'avoir résumé le "problème". Il est parfois difficile d'échanger, avec celui qui observe le monde avec son microscope.
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Parce que vous, vous avez une vue macroscopique ? Il faut développer un peu, je ne vois pas de quoi vous parlez, ni de loin, ni de près.
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Perso, je ne vois pas ce qui vous dérange, à part que votre opinion diverge de celle de l'article et des conclusions des scientifiques en question. A un moment, il faut savoir faire abstraction de ses ressentis et de ses propres analyses pour avancer dans un raisonnement. Personne ne vous dit quoi penser, c'est vous qui vous vous arrêtez à une "couleur politique" soit-disant et qui disconvient à votre opinion. C'est un peu dommage d'arrêter un raisonnement sur ce fait là. Ca vous empêche d'avancer. Moi, perso, je m'en fiche, c'est vous qui voyez et ressentez.

PS: c'est valable pour moi aussi, c'est sous-entendu.
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Le vrai problème est que personne n'a affiché de divergence d'opinion ni de réaction negative sur le sujet de l'article. Les réactions portent exclusivement sur la façon dont l'article est rédigé, sur l'impression qu'il peut laisser à la lecture. Cependant, certains, probablement un peu trop centrés sur leurs certitudes, veulent à tout prix y voir une réaction d'opinion, voire un deni de liberté de d'expression.

Personnellement, je ne sais pas si j'ai une vision suffisamment macroscopique, mais j'ai toujours d'un regard critique sur l'information, qu'elle soit, ou pas, en accord avec mes convictions, D'où ma reaction.
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C'est bien le problème de ne pas affirmer clairement votre opinion. Parce que c'est bien ça que vous critiquez dans l'article. C'est toujours la même chose avec cette "neutralité" qu'on devrait s'imposer, c'est parce que ça remet en question votre propre opinion que l'opinion divergente dans l'article vous dérange (et c'est là tout l'intérêt d'un article). Tout scientifique met à l'épreuve le consensus (le consensus mou parfois), c'est l'objet de la science que de vérifier ses opinions et ses préjugés. C'est pas en opposant les opinions aux faits que vous remettrez en cause vos perceptions des faits (ou que vous découvrirez des faits nouveaux).

Ces commentaires sur la supposée impartialité ou neutralité (parce que "ouin ouin" c'est politique de chercher à démontrer que la réalité n'est pas l'idée qu'on peut parfois s'en faire au départ, moi, ça m'amuse beaucoup, même si j'avoue que les commentaires de progressistes ou de gauche qui pensent tout savoir parce qu'ils se donnent des apparences de tout remettre en cause, m'agacent beaucoup - à petite dose, ça me suffit). En tout cas, ces commentaires qui ne veulent rien remettre en cause et qui fustigent la diversité ou l'égalité, ça me va, je trouve ça dérangeant pour la personne concernée mais ça ne me dérange pas dans mon fort intérieur (tant qu'on ne m'interdit pas de lire ce que je veux quand je veux).

ça me fait penser à une publication facebook de Madame Figaro pour un article intitulé : « 13 livres qu'on a honte de ne pas avoir lus à 50 ans ». Je n'ai pas lu l'article et j'avoue avoir réagi uniquement sur le titre (mais tout le monde fait ça sur Facebook), j'ai répondu en citant « Les droits imprescriptibles du lecteur » de Daniel Pennac dont le 1er droit est de ne pas lire. Je m'attendais à ces commentaires qui refusent la critique et qui se font une idée conservatrice de la lecture. Bref, il semble que l'article du Figaro soit plus intelligent que son titre puisque qu'on devrait avoir honte de ne pas avoir lu Virginie Despentes (cette affirmation dérange des lecteurs et lectrices du Figaro). Comme quoi le fond est vraiment plus intéressant que le titre ou que l'opinion de départ qui permet d'évoluer au lieu de stagner.

PS: 13 livres qu’on a honte de ne pas avoir lus à 50 ans - Madame Figaro - Par Caroline Lumet - Publié le 26/07/2025, mis à jour le 05/09/2026
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Il vous faut changer combien de fois d'angle d'attaque pour tenter d'avoir raison ?

Vous parlez de neutralité qu'on veut nous imposer, vous tenter d'imposer votre biais depuis le début.. Et ça ne remet rien en question en fait, à la limite la version tronquée d'un article et ses biais induit pour lui faire dire ce qu'il ne dit pas.

Et c'est d'ailleurs comme ça que j'ai la certitude que vous n'avez pas lu le document de travail/working paper !

Et c'est là que ça va devenir drôle et m'amuser moi. Rien dans l'article n'existe, point. C'est même expliqué dès les premières lignes : "Despite the prominence of these debates in popular media and the business world, there are, to the best of our knowledge, no economic analysis of these issues". Donc si t'arrives à te faire une opinion sur quelque chose qui, de l'aveu d'un prix Nobel (vos arguments pour encenser l'article), n'est qu'une première étape reconnaissant en conclusion l'absence de preuves empiriques systématiques, t'es au delà d'un prix Nobel !

Donc pour conclure dès la première phrase de l'article ceci "Face aux promesses de gains financiers de l’automatisation, les États capitalistes favorisent naturellement la répression plutôt que la redistribution, y compris s’ils sont construits sur des fondements démocratiques. C’est ce que concluent le prix Nobel d’économie Daron Acemoglu et ses collègues A. Arda Gitmez et Mehdi Shadmehr " est également faux.

Ensuite, toujours dès les premières lignes il est question que pour que leur étude puisque fonctionner, d'y introduire une révolte. Elle existe cette révolte ? Ou ? Quand ?

Mathilde indique des chiffres de provenant de Forbes, d'une étude d'Oxfam et de la communication financière d'Anthropic.. Encore une fois, le papier ne cherche pas du tout à les utiliser ou les mentionner. Et pour rappel, on ne parle pas discussion de comptoir mais de personne cherchant à démonter et quand on veut démontrer on s'appuie sur du factuel.. Sauf que bah non, c'est un modèle abstrait qui ne cherche pas ces données (cf les premières lignes du working paper lui même).
Pourtant il y a quelques citations dans le document, Jack Ma ou Kai-Fu Lee par exemple...
Ici l'article amène des sources non utilisées pour que le récit fonctionne avec ses biais, pas avec le document de travail

Mathilde est fatidique "n'importe quel État capitaliste finit par voir un intérêt à recourir à la répression", le document de travail lui est conditionnel " la répression est préférée uniquement si la menace de révolte dépasse un certain seuil. Si la menace est faible, l'économie reste dans un régime de redistribution" on est pas du tout dans le même ton.

Et je peux continuer si tu veux..

Le ton et les mots employés sont importants, encore plus quand on veut donner du crédit à un document de travail que vous avez TOUS pris un document dont les conclusions doivent être prises telle quelle. Pourtant les mots "working paper" auraient dû vous faire poser des questions mais non, c'est plus simple de venir dire qu'on se doit de croire et de vous croire.



Et tu sais, tu parles de neutralité... Si tu veux aller sur ce terrain, GO ! C'est la charte de Munich qui en parle le mieux dès l'article 1 :


  • "Respect de la vérité : Défendre la vérité quelles qu'en soient les conséquences, car le public a droit à une information exacte." Ici l'information est inexacte et même inexistante telle que présentée. Car présenter une modélisation théorique abstraite sous hypothèses ("a first step") comme un constat empirique ou un calcul avéré du monde réel (« les scientifiques calculent que ») induit les lecteurs en erreur sur la nature de l'information.



Article 3 : "Origine des informations : Publier uniquement des informations dont l'origine est connue ou accompagner les réserves qui s'imposent."


  • Ici on injecte des données réelles d'actualité (Forbes, Oxfam 2026, Anthropic) sans préciser explicitement qu'elles sont le fait de Mathilde et qu'elles n'apparaissent aucunement dans l'étude scientifique. Ce qui altère la perception du document d'origine.



Article 3 (au dessus du coup) et 9 : "Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs.."


  • Mathilde gomme les paramètres mathématique du théorème d'Acemoglu (la répression n'a lieu que si etc) pour transformer une hypothèse conditionnelle en une fatalité catégorique pour coller à son récit.




Tu voulais parler de la science, voici la science.


Je ne donne mon avis que sur du factuel, et donc ce que toi tu n'as pas lu, le document de travail. @Fred42 en donne le lien plus haut, instructif.

Concernant l'article et ses biais et non le fond. Le problème c'est que Next a toujours mis un point d'honneur a tenter d'éviter au maximum de tomber dans les articles p*s à clics ou réécrire l'histoire. Ici, pour moi, c'est au plus fort réécrire l'histoire et à minima faire peser ses biais pour que ça colle à son propre narratif.

Que vous soyez de gauche, de droite, écologiste ou non, fan d'IA ou pas, ce n'est pas comme ça que l'information devrait être présentée et j'ai tout à fait le droit de le dire et le penser.

Je te t'empêche d'ailleurs pas de penser autrement. :)

Pour finir ce pavé, je ne prendrai pas la peine de te répondre, j'ai été plus que factuel comparé à toi et d'autres pour continuer de devoir me justifier sur quoi que ce soit.
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On est au moins 2 à avoir lu le Working paper. Et bravo pour avoir pris le temps d'une longue argumentation sur son contenu par rapport à l'article de Next. Je n'en ai pas eu le courage.

J'ajouterai :
La définition d'état capitaliste dans ce papier n'est pas ce que que l'on peut tirer du vocabulaire courant.
Elle est définie dans le chapitre 5 :
As we have seen, profit-maximizing automation decisions in the decentralized equilibrium do not internalize their implications for political risk. Capitalists, as a group, would therefore benefit from a centralized authority that intervenes in the economy, balancing this risk to maximize the capitalists’ payoffs. We call this authority the capitalist state.
We assume that the capitalist state has three instruments: (i) regulating automation (meaning that it can set a level of automation 𝐼 ∈ [0, 1]); (ii) redistribution in the form of public good provision for workers, and (iii) repression.
C'est donc un objet théorique qui n'a que 3 instruments à sa disposition.
La définition qu'en donne Mathilde est bien dans le papier, mais ce n'est pas la définition scientifique du papier, c'est un résumé forcément réducteur.

Comme je le disais déjà dans mon premier commentaire avant d'avoir lu le papier, ça n'existe pas parce que tant qu'il y a plus de non capitalistes, cet état ne peut arriver au pouvoir dans une démocratie. Ils lèvent cette limite en indiquant que les capitalistes peuvent aller jusqu'à un coup d'état pour forcer la répression. À voir.

L'autre point que j'abordais dans mon premier commentaire, c'est qu'il n'y a pas une frontière étanche entre capitalistes et travailleurs : les travailleurs qui possèdent des actions sont aussi des capitalistes. Et le papier lui, suppose qu'il y a 2 populations séparées : on est l'un ou l'autre.

Leur théorie ignore le fait que le capitalisme ne peut prospérer que s'il y a des acheteurs pour la production. Cela mène forcément à un équilibre qui fait que les forces de travail doivent avoir des revenus suffisants pour les acheter. S'il n'y a plus de travailleurs suite à une trop forte automatisation et s'il n'y a pas une redistribution suffisante, il n'y aura pas d'achat de la production et les capitalistes ne pourront plus s'enrichir. C'est probablement ce qui ferait dans le monde réel que l'on n'irait pas jusqu'à un seul de révolte important poussant à la répression. E,n ne faisant pas rentrer ce point modérateur dans leurs équations, ils arrivent forcément à des résultats extrêmes.
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A la vue des commentaires, je viens de lire bien attentivement l'article de Mathilde et je ne vois à aucun moment l'expression de son opinion personnelle. A la rigueur, le dernier paragraphe et la dernière ligne pourraient éventuellement être classés comme l'opinion personnelle de Mathilde quand elle écrit le "silence à destination de celles et ceux qui se verraient ainsi privés d’emploi, lui, est assourdissant".
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Merci pour cet article excellent 🙏