Dans la fonction publique, l’expérimentation de « L’Assistant » laisse sceptique
Mouais bof
Illustration : Flock
Le 26 juin à 17h46
La généralisation du déploiement de l’agent IA « L’Assistant » de la DINUM pour tous les agents publics a été annoncée par Sébastien Lecornu. Mais les résultats de l’expérimentation, sans être négatifs, montrent qu’il sera difficile de généraliser son utilisation à la place d’autres outils d’IA générative.
Dans la fonction publique, l’expérimentation de « L’Assistant » laisse sceptique
Mouais bof
Illustration : Flock
La généralisation du déploiement de l’agent IA « L’Assistant » de la DINUM pour tous les agents publics a été annoncée par Sébastien Lecornu. Mais les résultats de l’expérimentation, sans être négatifs, montrent qu’il sera difficile de généraliser son utilisation à la place d’autres outils d’IA générative.
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4 min
La semaine dernière, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a fait une série d’annonces sur l’intelligence artificielle, dont la généralisation de l’accès au projet « L’Assistant » qui doit équiper tous les agents de la fonction publique. Après dix mois de beta test, les agents ayant donné leur avis semblent l’avoir bien accueilli, mais ils sont finalement peu nombreux par rapport au nombre de beta testeurs affichés par le ministère.
Ce service est un chatbot opéré par la DINUM pour que les agents publics français « dialogu[ent] avec des modèles d’intelligence artificielle générative dans un environnement sécurisé ». On imagine que l’idée est de réduire le « shadow AI » (l’utilisation de bots IA commerciaux dans les bureaux, sans être passés par un contrat) qui se pratique dans les bureaux de la fonction publique.
Mais le but est peut-être aussi d’éviter les déconvenues comme celle du projet HéphAIstos, destiné aux hauts fonctionnaires de Bercy, qui repose sur des modèles de l’entreprise chinoise Qwen AI. Certains utilisateurs ont relevé, rapporte l’AFP, des « réponses orientées » ou « biaisées » sur des sujets relatifs à la Chine.
Le CNRS, comme d’autres institutions françaises, avait fait le choix de signer un contrat avec Mistral, au risque d’un déploiement du chatbot qualifié à l’époque de « pas sérieux ». Ici, la DINUM et le gouvernement ont pris les devants avec un outil maison, une expérimentation pendant dix mois et une évaluation menée par des chercheurs en sciences sociales de l’INRIA, l’INSA Rennes et du CNRS.
Un chiffre de beta testeurs répondant pas si important qu’affiché
La direction interministérielle de la transformation publique a partagé à la fin de cette expérimentation les résultats de l’évaluation [PDF]. Alors que le ministère affiche que le projet a été « expérimenté pendant dix mois auprès de 10 000 agents issus de six ministères (Justice, Finances, Éducation nationale, Culture, Enseignement supérieur et Recherche, Services du Premier ministre) », remarquons d’abord que le document précise que c’est le nombre de licences déployées par la DINUM.
Il explique que plusieurs questionnaires ont été envoyés entre décembre 2025 et juin 2026, mais seulement aux ministères économiques et financiers et au ministère de la Justice. Chez les premiers, 1 359 agents ont accepté de participer à l’évaluation en décembre 2025, 874 d’entre eux ont fait un retour en mars et seulement 465 ont répondu au questionnaire de fin d’expérimentation. Du côté du ministère de la Justice, il n’y a eu que 700 retours en janvier et le document n’évoque aucun retour de questionnaire de fin d’expérimentation de la part des services de la garde des Sceaux, Gérald Darmanin.
L’évaluation a aussi été faite en prenant en compte 20 entretiens qualitatifs semi-dirigés et trois focus-groups en présentiel.
Des répondants qui jugent que l’Assistant répond moins bien à leurs besoins que les autres IA génératives
Sachant cela, les répondants sont majoritairement satisfaits de l’outil : 65 % recommanderaient l’Assistant IA à un collègue et 75 % estiment qu’il est utile pour leur métier. Mais ils sont une courte majorité à affirmer qu’ils utilisent moins souvent des solutions non souveraines dans le cadre professionnel grâce à l’Assistant. Et encore plus difficile à avaler pour le projet, « 57 % considèrent que les autres IA génératives répondent mieux à leurs besoins ».
On le voit aussi dans les réponses concernant les freins à l’usage : le manque de confiance dans la fiabilité des réponses est ce qui revient en premier. La méconnaissance des fonctionnalités adaptées aux spécificités de leurs métiers arrive juste après.
Finalement, ces résultats de l’expérimentation ont de quoi laisser sceptique sur les capacités réelles de l’Assistant à remplacer le shadow AI dans les bureaux des ministères.
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