GTA VI plante un clou dans le cercueil du jeu physique
Une boîte, zéro disque
Image : Rockstar
Le 25 juin à 16h54
Les joueurs savent maintenant à quelle sauce ils vont être mangés. Le studio Rockstar et son éditeur Take-Two ont dévoilé les prix de GTA VI, et lancé les précommandes de ce qui s’annonce comme l’événement jeu vidéo – et culturel – de l’année. Mais à Vice City, il fallait s’attendre à une entourloupe…
GTA VI plante un clou dans le cercueil du jeu physique
Une boîte, zéro disque
Image : Rockstar
Les joueurs savent maintenant à quelle sauce ils vont être mangés. Le studio Rockstar et son éditeur Take-Two ont dévoilé les prix de GTA VI, et lancé les précommandes de ce qui s’annonce comme l’événement jeu vidéo – et culturel – de l’année. Mais à Vice City, il fallait s’attendre à une entourloupe…
Logiciel
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5 min
La grosse machine est lancée : après des années d’attente, il est finalement possible de précommander GTA VI, qui sortira sur PS5 et Xbox Series S/X le 19 novembre. Rockstar décline son jeu-phénomène en deux versions : une standard à 79,99 euros, une « édition ultime » à 99,99 euros. Elle contient des cosmétiques pour les deux héros, Lucia et Jason (vêtements, coupes de cheveux, tatouages), ainsi que des objets comme des armes et des véhicules.
Le dématérialisé dans une boîte
Les joueurs ayant précommandé auront droit à un petit bonus, un pack « Vintage Vice City » avec des cosmétiques supplémentaires, ainsi qu’à un mois sans frais à GTA+, le service en ligne de Rockstar. Ils pourront aussi télécharger le jeu sur leur console dès le 12 novembre, afin qu’ils puissent profiter de cette nouvelle aventure le jour dit, sans attendre.
L’annonce des prix a fait pousser un ouf de soulagement à tous les joueurs au budget serré. Beaucoup craignaient en effet que Rockstar allait profiter de l’attente autour de GTA VI pour ajouter 10 ou 20 euros au prix de l’édition standard. Il n’en est rien : le jeu est vendu au même prix que les autres AAA pour consoles. La mauvaise surprise est l’absence d’une « vraie » version physique du jeu.
Certes, il existe bien une jaquette en plastique pour GTA VI que l’on peut précommander au même prix que la version dématérialisée. Mais elle ne contient qu’un bête code, à saisir dans la boutique de sa console pour pouvoir télécharger le jeu.
En dehors du gâchis environnemental d’une telle proposition, ce « code in a box » est aussi un signal pour toute la filière. Si GTA VI le fait, pourquoi pas les autres ? Même si le titre n’est pas le premier : cela fait quelques années maintenant que de nombreux jeux sont distribués sous cette forme, en particulier pour la Switch de Nintendo. Mais cette décision risque d’accélérer le mouvement.
Ni le studio, ni son éditeur n’ont voulu expliquer les raisons pour lesquelles ils ont choisi ce format, plutôt qu’un bon vieux Blu-ray (Red Dead Redemption 2, le précédent jeu de Rockstar, est vendu avec deux Blu-ray pour les consoles).
Rockstar a peut-être voulu s’éviter les spoilers venant d’une fuite inopinée d’une version physique. C’est aussi un moyen simple de mettre un coup de frein radical au marché de la seconde main sur lequel le studio ne touche rien.
Rockstar gagne, tout le monde perd
Dans l’affaire, les joueurs ont la mauvaise main. Il est en effet impossible de revendre un code dans une boîte, et encore moins un jeu dématérialisé. En février 2025, l’UFC-Que Choisir, qui a fait de la revente des jeux démat’ une de ses croisades, saisissait la Commission européenne sur cette question.
« Cette décision mécontentera naturellement certains joueurs, et pourrait toucher les consommateurs les moins à l’aise avec le numérique », explique Chris Dring, observateur avisé du milieu, auprès de VGC. « Mais en réalité, pour la majorité des gens, cela ne changera pas grand-chose. »
Les jeux dématérialisés représentent en effet la part du lion chez les constructeurs de consoles : les téléchargements ont pesé pour 78 % des ventes de jeux sur PS4 et PS5 sur le dernier exercice fiscal de Sony, clos le 31 mars [PDF]. Sur le marché PC, cela fait belle lurette que les lecteurs de disques ont disparu et que Steam s’est imposé comme un passage obligé pour acheter des jeux.
Chez Nintendo, où le ratio physique/dématérialisé est plus équilibré (45/55), une solution alternative a été trouvée. Certes, le constructeur vend toujours des cartouches en bonne et due forme, mais il propose aussi aux éditeurs tiers un format intermédiaire (et meilleur marché) : la carte clé de jeu. Il s’agit d’une cartouche… qui ne contient rien, si ce n’est une clé virtuelle pour télécharger le jeu depuis l’eShop.
Pour les amateurs de jeux physiques, cela reste un crève-cœur : que se passera-t-il le jour où Nintendo fermera les serveurs de sa boutique ? Mais au moins, la carte clé de jeu conserve une valeur en seconde main. Et puis il est toujours possible de la prêter à un ami ! Impossible de faire ça avec un code dans une boîte.
Parmi les grands perdants : les détaillants, même s’il n’y en a plus beaucoup, comme le rappelle Chris Dring. Il leur reste quelque chose à vendre aux clients de passage, mais cela demeure une boîte pleine de vide. Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs affirmé qu’ils ne proposeront pas GTA VI : les échoppes Video Game Plus et Lost Box Gaming ont ainsi annoncé que le jeu ne sera pas dans leurs rayons, en raison de leur engagement envers la préservation des jeux vidéo.
Quoi qu’il en soit, les enseignes françaises profitent de l’occasion pour attirer les joueurs vers leurs boutiques. GTA VI peut d’ores et déjà se trouver à 60 euros chez de nombreux revendeurs. Quel meilleur produit d’appel que le prochain blockbuster de Rockstar ?
Commentaires (3)
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Abonnez-vousModifié il y a 16 minutes
Ils feront comme les autres consoles. Le dématérialisé sera dumpé, et redistribué en dehors des circuits officiels sur internet, et les consoles hackées...
J'en ai tellement marre de ce contrôle absolu sur les jeux que j'ai décidé de bosser sur ma propre contribution, pour que les joueurs puissent conserver une forme de contrôle/standard et archiver leurs jeux.
L'ensemble s'articule sur une alternative à retroarch exploitant la norme libretro, centrée sur un jeu unique plutôt que des bibliothèques ultra large nécessitant plein de bidouilles et configurations.
À ceci s'ajouter un coeur que je développe en Rust, permettant de faire tourner des jeux PC sans se soucier du serveur d'affichage.
Et enfin, en complément, un launcher de jeu, basé sur une réécriture du moteur de Kodi, en rust.
Le tout ne fonctionnera qu'avec Vulkan.
Ça va faire 10 mois que je bosse sur tout ça, en dehors du launcher, c'est surtout une question de peaufinage et optimisation désormais, et le core pour les jeux PC est la partie m'ayant demandé le plus de travail, il a fallu développer des drivers et helpers spécialement pour wine/proton.
Le projet, s'appellera "Museum", et parle de lui même. Il vise à archiver et jouer aux jeux déjà compressés directement, en réduisant au maximum la friction de tout joueur (uniquement sous Linux), tout en profitant de la portabilité, de l'immutabilité, et d'un overlayFS pour le modding.
Tu exécutes un unique fichier => tu joues.
En prime, j'ai pu intégrer pas mal de fonctions annexes, dont, entre-autre, le game-streaming sans sunshine+moonlight pour du jeu distant et/ou multijoueur. À terme l'idée c'est que n'importe quel jeu puisse aussi être executé en tant que service et accessible depuis n'importe quelle machine.
Pour ceux qui se souvient de la belle époque, c'est le hack de la première xbox qui m'a inspiré sur la vision que j'ai sur ce projet, avec pas mal d'améliorations, bien sûr, mais l'idée principale est claire, sur le dématérialisé, le joueur est maître de ce qu'il possède.
Toute la partie "complexe" de préconfigurions et tests, revient une seule fois, à celui qui crée l'archive exécutable. (Bien sûr, mon projet ne fournira rien sous copyright, pas de jeux, pas de firmwares, pas de clé...)
Il y a 8 minutes
Désormais, pas moyen de prêter ton jeu, pas moyen de le revendre. 80€ pour le jeu de base et 100% du revenu va dans la poche de l'éditeur.
À l'instant
perso ce sera no way sur GTA 6.
j'ai déjà du mal à acheter en demat , si en plus je n'ai même plus la possibilité de le faire c'est un grand NON !
et si tout le monde passait au boycott pur et simple , ils feraient vite machine arrière...
malheureusement c'est GTA et plein de gens vont le prendre par ce que c'est trop bien de tuer des gens en voiture .... et ça va faire un précédent... plus aucune retenue sur le full démat "GTA 6 là fait donc on y va aussi" ...
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