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GameStop veut racheter eBay pour construire un nouveau géant du commerce

Une grenouille vit un bœuf qui lui sembla de belle taille

GameStop veut racheter eBay pour construire un nouveau géant du commerce

Illustration : Flock

La chaîne de magasins spécialisés dans le jeu vidéo GameStop a lancé, dimanche 3 mai, une offre d’achat aussi audacieuse que non sollicitée sur eBay, le vétéran de la vente aux enchères en ligne. La proposition, qui consiste en un mélange de cash, d’actions et d’une dette devant encore être financée, permettrait d’allier les points de vente physiques de GameStop et l’audience d’eBay pour créer un nouveau géant états-unien du e-commerce.

GameStop a formulé dimanche 3 mai une offre d’achat portant sur la totalité du capital d’eBay. Affichée à 125 dollars par action, elle représente une enveloppe totale de 55,5 milliards de dollars, soit une appréciation d’environ 21 % par rapport à la valeur d’eBay à Wall Street (46 milliards de dollars vendredi, sur la base d’un cours à 104,7 dollars).

À cette occasion, GameStop a révélé avoir déjà acquis environ 5 % du capital d’eBay. La chaîne, qui compte environ 1 600 magasins aux États-Unis (et a mis en vente sa filiale française Micromania), pèse de son côté quelque 11,9 milliards de dollars en bourse. Elle s’attaque donc à une cible quatre fois plus grosse qu’elle.

Une offre d’achat financée à 50% en actions GameStop

GameStop dévoile succinctement les deux principaux aspects de son offre dans son offre d’achat : le financement bien sûr, et son plan de transformation pour eBay.

Sur le premier volet, GameStop propose de payer la transaction moitié en cash, et moitié en transfert d’actions. La partie cash viendrait de ses propres liquidités, complétées par une ligne de dette de 20 milliards de dollars, pour laquelle l’acquéreur affirme avoir obtenu une lettre d’engagement de la part du groupe bancaire canadien TD Securities.

Les 50 % proposés en actions constituent la grande inconnue de l’opération : GameStop part du principe que l’offre constitue un premium pour les actionnaires d’eBay dans la mesure où la réunion des deux entreprises doit permettre d’en augmenter la valeur cumulée.

Pour ce faire, GameStop présente un plan en deux parties. D’abord, un programme drastique de réduction des coûts, qui permettrait d’économiser 2 milliards de dollars sur la seule première année, en sabrant notamment les dépenses marketing (1,2 milliard), développement produit (300 millions) et les frais de fonctionnement généraux, dont les ressources humaines (500 millions).

From click to mortar

Dans le même temps, GameStop et eBay enclencheraient une synergie sans précédent, présentée au travers d’une simple phrase dans la communication boursière de l’acquéreur :

« Au-delà des coûts, les quelque 1 600 points de vente GameStop aux États-Unis offrent à eBay un réseau national pour l’authentification, la réception, le traitement des commandes et le commerce en direct. »

Ryan Cohen, CEO de GameStop, a confirmé dimanche au Wall Street Journal que c’est bien là que se situait le cœur de sa proposition en matière de création de valeur : associer le réseau physique de GameStop à la compétence historique d’eBay en matière de commerce en ligne. « Cela pourrait faire un concurrent sérieux pour Amazon », estime l’intéressé.

Sur le papier, la combinaison des deux modèles ne manque pas d’intérêt. GameStop dispose d’un important réseau de magasins. Le groupe a su redresser la barre en diversifiant ses activités au-delà du simple jeu vidéo (cartes à collectionner, figurines, etc.), mais il n’a en revanche jamais vraiment décollé dans la vente en ligne.

eBay dispose de son côté d’une marque à la fois puissante et rentable. Le groupe fondé en 1995 est en croissance et réalise un volume d’affaires significatif (3,1 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur le premier trimestre 2026), mais il fonctionne sur un modèle de pure place de marché, sans capacités logistiques propres, qui le rend moins compétitif qu’un Amazon sur son marché domestique.

Le conseil d’administration d’eBay n’a pour l’instant pas réagi à cette offre d’achat. Ryan Cohen se dit quant à lui prêt à porter son offre directement auprès des actionnaires en cas d’échec auprès des administrateurs.

Reste à voir comment réagiront les actionnaires en question, notamment vis-à-vis d’un paiement réalisé pour moitié en actions GameStop. eBay entretient en effet une politique de dividende modeste, mais régulier, et procède régulièrement à des rachats d’actions sur le marché pour entretenir son cours en bourse. À 104 dollars, le titre est d’ailleurs sur un plus haut historique.

En face, l’image de GameStop est immanquablement écornée par l’épisode tumultueux de 2021, quand des milliers de petits porteurs s’étaient mobilisés pour faire échouer la vente à découvert orchestrée par certains fonds d’investissement. Le cours de l’action avait alors connu de véritables montagnes russes, avant de revenir à des niveaux de valorisation plus conformes à l’activité réelle du groupe (3,63 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025).

Ryan Cohen a de son côté créé en 2011 un site e-commerce spécialisé dans les produits pour animaux de compagnie, avant de le vendre six ans plus tard pour 3,4 milliards de dollars. Il est entré au capital de GameStop en 2020, devenant rapidement le principal actionnaire individuel de la chaîne, avant d’en prendre les commandes fin 2023 en tant que CEO.

En mars dernier, Cohen frimait au micro de CNBC en affirmant qu’il allait lancer GameStop à l’assaut d’une très, très grosse société cotée en bourse mais surtout sous-évaluée par rapport à son potentiel réel. Dimanche, il a estimé auprès du Wall Street Journal que sous sa houlette, la valorisation d’eBay pourrait se compter en centaines de milliards de dollars. En cas de fusion réussie, son offre d’achat prévoit en effet qu’il prenne les commandes opérationnelles du nouvel ensemble.

Commentaires (11)

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J'ai toujours pensé qu'Ebay pourrait faire tellement mieux que ça... Surtout en France, où le concept d'enchères est sous-exploité, alors que c'est l'équilibre idéal entre l'offre et la demande (pour peu qu'il y ait assez de visbilité), et permet de mettre tout le monde d'accord.
Je n'ai jamais compris que leboncoin ne s'y soit jamais mis, ça aurait fait un carton, d'autant que la rémunération tient sur la vente, pas la dépose d'une annonce, pour ce système là...

Sur mon propre site internet, étant producteur de plants, je m'y était mis pour certaines offres particulières, ça a fonctionné du tonnerre !
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Parce que LBC comme Ebay ne sont pas français et que ce qui peux marcher sur le marché français ne repond peut être pas à la demande du reste du monde.
Tout comme facturé les vendeurs pro qui cherchent une plateforme visible et ont du volume à vendre est bien plus rentable que prendre des commissions sur les petits vendeurs particuliers. Les "market place" ont d'ailleurs explosés ces dernières années malgré les commissions donc il y a de la demande sur ce marché.

On est loin de l'époque des petits enchères sur Ebay et des annonces entre particulier sans frais et commissions sur leboncoin. Aujourd'hui le moindre site historique ça ne parle que d'actions, de fonds d'investissment, de rachat de capitaux... et tout ça par des gens qui n'ont limite aucune passion ou connaissance du marché que couvre ces sites. Internet n'est plus qu'un vaste marché pour investisseur.
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Si je lis correctement l’article, GameStop serait valorisée moins de la moitié de ses fonds propres disponibles ? Ça semble assez insensé…
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Oh du Leveraged Buy-Out !
La chose qui se faisait beaucoup il y a quelques décennies, et qui en a fait des dégâts, sous forme d'entrerpsies surendettées terminant en reventes (parfois à la découpe), façon "je me tire avec la caisse avant que le bateau ne prennent complètement l'eau", licenciements massifs, quand ce n'était pas cessation pure et simple d'activité.

Ils ont demandé conseil à Patrick Drahi ? :D


  1. 50 % en actions GameStop, c'est déjà culotté

  2. Présenter les magasins physiques "GameStop" comme un atout alors même que le fiasco MicroMania est encore chaud, ça l'est aussi

  3. 33 % (de la somme totale) en emprunt, sans compter les injections qui seront nécessaires si (quand ?) l'action GameStop venait à être (sera ?) dévalorisée



Comme le disait Jeremy Clarkson :
What could possibly go wrong?
N'assisterions-nous pas à une opération de manipulation de cours histoire de doper l'action GameStop (et/ou faire baisser celui d'eBay) ?
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Micromania, un fiasco, alors que c'est une branche largement bénéficiaire? :keskidit:
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Pourquoi GameStop cherche-t-il des repreneurs pour les magasins de la marque, alors ?
En sachant que des magasins appartenant à GameStop ailleurs dans le monde n'en ayant pas trouvé ont fini par être fermés.

L'argument de la solidité du réseau physique GameStop (présenté comme atout) serait quand même amusant si l'on était un 1er avril.
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Pour la même raison que Altice va sûrement vendre SFR qui est le truc le plus rentable du groupe : il faut des sous immédiatement pour payer les dettes.
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Gamestop, c'est notre ami Boloré, non ?

C'est pas son petit cadeau de départ en retraite ?:bocul:
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Je n'ai pas l'impression : fr.wikipedia.org Wikipedia
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ah oui pardon, j'ai confondus avec Gameloft que j'ai vus passer sur une infographie récente