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Pixels de suivi dans les emails : la Cnil demande une mise en conformité sous trois mois

On ne dit pas pixel espion mais pixel de suivi

Pixels de suivi dans les emails : la Cnil demande une mise en conformité sous trois mois

Illustration : Flock

La Cnil vient de publier une recommandation en forme de piqure de rappel ou de clarification à destination des professionnels de l’email marketing : l’intégration aux courriers électroniques d’un pixel de suivi, ou pixel de tracking, obéit à des règles strictes et ne peut se faire sans consentement préalable que pour des finalités bien précises. Les acteurs concernés ont en théorie trois mois pour obtenir le consentement de leurs destinataires, ou mettre un terme aux pratiques litigieuses.

Omniprésents sur le Web français, les bandeaux de consentement dédiés aux cookies et aux outils de suivi publicitaires sont entrés dans les mœurs, mais saviez-vous qu’ils ont un équivalent nettement plus discret dans votre messagerie électronique ?

Pour identifier les interactions du destinataire avec leurs envois, les professionnels de l’email marketing ont recours à ce que l’on appelle un pixel de suivi, ou pixel de tracking : une image invisible à l’œil nu associée à un identifiant unique, hébergée sur un serveur distant, et intégrée dans le corps de l’email.

Intérêt de la manœuvre ? Lorsque votre client de messagerie interprète le code de l’email pour vous l’afficher, le pixel en question est appelé depuis le serveur. En consultant ses logs, l’émetteur (ou son prestataire) peut ainsi savoir si vous avez ouvert l’email.

Selon les cas, il peut aussi en profiter pour collecter d’autres informations, comme la date et l’heure d’ouverture, l’adresse IP utilisée, le client de messagerie employé, etc. Des données qui peuvent ensuite être mises à profit pour optimiser l’envoi de campagnes, personnaliser les messages ou travailler le ciblage publicitaire.

Couramment utilisé dans le monde de l’email, le pixel de suivi publicitaire a également été employé sur le Web : pendant longtemps, c’est par exemple un « pixel Facebook » qui servait aux sites média pour connecter leur audience aux outils publicitaires de Meta. Depuis, le pixel a été supplanté par d’autres dispositifs, mais la logique sous-jacente est restée. Et d’un point de vue réglementaire, elle soulève un problème identique, que l’on soit sur le Web ou dans le corps d’un email, selon la Cnil.

Cette dernière estime en effet que dans les deux cas, la transmission d’information et leur collecte constituent « une opération de lecture sur le terminal de l’utilisateur », qui tombe donc sous le coup de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés.

Or, c’est précisément cet article 82 qui a contribué à l’émergence des bandeaux de consentement liés aux cookies sur le Web, puisque c’est lui qui impose, sauf exception, de recueillir le consentement de l’utilisateur final avant toute opération d’écriture ou de lecture sur son terminal.

Une recommandation bien tardive

Les professionnels de l’email ont bien intégré la problématique du désabonnement, en partie à cause des pressions et sanctions de la Cnil, mais côté consentement, force est de constater que le sujet est totalement ignoré, alors que la loi française, le RGPD et les dernières lignes directrices européennes font consensus sur le sujet.

Pour combler cette lacune, la Cnil a donc lancé un double processus de consultation (publique et sectorielle) en juin 2025, à l’issue duquel l’Autorité a, enfin, formulé sa recommandation formelle sur le sujet.

Il reste 70% de l'article à découvrir.

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Commentaires (28)

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La position de la CNIL me paraît bien peu en phase avec l'intérêt général. À force de vouloir ménager la chèvre et le chou, c'est la chèvre qui gagne. La notion d'intérêt légitime est tout de même une sacrée saloperie en pratique, puisque s'arguer d'une telle chose est assez facile. Ensuite, quels intérêt servent réellement les données collectées, c'est la boîte noire. Il semble très difficile pour une partie extérieure à au collecteur (y compris la justice) d'objectiver la nature réelle des traitements : c'est du déclaratif. À ma connaissance, le juge ne diligente pas souvent un spécialiste pour auditter les traitements effectifs. Mais peut être que je me trompe...

Sinon, techniquement, est-ce que bloquer le chargement des images externes dans un mail bloque systématiquement l'appel au tracker ?
Quid de la solution de Gmail qui il y a bien longtemps avait mis en place un système pour charger les images sur la base du pool d'images déjà chargés par d'autres, si j'ai bien compris, i.e. sans appel par destinataire du mail ?
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Sinon, techniquement, est-ce que bloquer le chargement des images externes dans un mail bloque systématiquement l'appel au tracker ?
Normalement, oui.
D'ailleurs quel outil de messagerie charge encore les images distantes de nos jours ?
Quid de la solution de Gmail qui il y a bien longtemps avait mis en place un système pour charger les images sur la base du pool d'images déjà chargés par d'autres, si j'ai bien compris, i.e. sans appel par destinataire du mail ?
Sauf que justement, le pixel n'est pas le même (l'url est différente) à chaque courriel.
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C’est bien résumé. La CNIL se fout de l’intérêt général, les lobbies ont encore gagné… Le capitalisme de surveillance a de beaux jours devant lui.
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Pourquoi parler d'intérêt légitime ici ?
Cette notion est dans le RGPD et non par dans la directive ePrivacy qui est concernée ici (et citée par l'article). C'est d'ailleurs pour cela que le texte légal est la loi informatique et liberté, en particulier l'article 82 (lui aussi cité) qui est le résultat de la transcription cette directive dans le droit français et non pas le RGPD.
D'autre part, l'intérêt légitime comme motif de traitement de données personnelles est très rarement retenu par la CNIL ou ses homologues de l'UE. Il faut que l'intérêt légitime avancé soit en relation directe avec le service mis en œuvre pour l'usager, ce qui est rarement le cas : partager des données avec des centaines de partenaires faisant de la publicité n'a rien à voir avec le service que peut rendre un site d'information en ligne ou un réseau social.

Quant à l'aspect boite noire, des traitements, c'est faux. les organismes de contrôles (CNIL et autres) ont les moyens d'auditer ces traitements y compris sur place et ne s'en privent pas. Donc, oui, là aussi, tu te trompes.
Les juges, par contre, interviennent rarement sur ces sujets parce qu'ils sont rarement sollicités, mais rien n'empêche qu'ils mandatent un expert si cela est nécessaire. Je pense qu'il il vaut probablement mieux d'abord "porter plainte" auprès de la CNIL puis après porter plainte devant la justice avec le résultat des investigations de la CNIL et demander des dommages et intérêts ou une condamnation pénale si besoin.
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Merci pour la réponse détaillée.
Je parle d'intérêt légitime, peut-être pas au sens de la définition légale du terme, mais au sens de quelles sont les finalités acceptables de telle ou telle collecte de données. Là vraisemblablement, la CNIL s'engage à définir par elle même quels sont ces intérêts.
Par exemple détecter l'ouverture ou non d'un Email afin d'ajuster les fréquences d'envoi. Et bien, je considère que cet intérêt n'est pas légitime, qu'il va à l'encontre de l'intérêt du citoyen qui peut désormais simplement se désabonner d'un flux Email. Je reconnais qu'il peut y avoir un intérêt environnemental afin que les boîtes mails ne soient pas majoritairement constituées de messages non lus, mais ça doit rester la responsabilité de l'individu.
En tout cas, je suis heureux d'apprendre que la CNIL fait l'analyse de traitement EFFECTIF, ne se fonde pas uniquement sur ce qui est déclaré par le DPO, et qu'elle a la force du droit et les compétences internes pour le faire, même sur du code propriétaire. J'imagine que c'est loin d'être systématique tout de même étant donnés les effectifs (dans les 300 ETP ici) comparés au nombre de dossiers.
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Brevio fait aussi une autre chose: la transformation des liens contenus dans les messages originaux pour que tout clic passe par chez eux, dans l'objectif là aussi de détecter l'ouverture du message.

Mais il s'agit là pour moi d'un acte de piratage car il s'agit d'insérer un acteur au milieu et si la cible d'origine apparaît bien dans le message d'origine, le lien n'y mène plus. J'aimerai que cela soit également épinglé.

Les utilisateurs de ces service par ailleurs devenus incontournables pour n'importe quelle association ou société, ne sont pas conscients de ce qui se passe techniquement quand on clique sur l'option de détection d'ouverture d'un publipostage.
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la pire des pratiques dans ce domaine c'est le lien unique par utilisateur genre : https://host/uuid
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Me voila bien content de n'ouvrir mes mails qu'avec thunderbird sans jamais afficher les images distantes 😶‍🌫️
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fairemail sur android est très bon également sur le plan vie privée
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Thunderbird existe aussi sous android ;)
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FairEmail tente de faire mieux que Thunderbird en différenciant les pixels de tracking des autres images distantes
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Pour Thunderbird, il existe le module complémentaire PixelGuard
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Ceux qui sachent n’ouvrent jamais les images distantes...
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sauf forcément avec cette nouvelle mode de mail vide, ou tout le contenus est en remote (ce qui fait que le mail n'est pas archivable). Je comprend l'idée, mais je suis pas fan du tout, vive la bonne vieille facture en pdf jointe.
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Tu enverrais tes factures sur carte postales? Pas moi.

Les mails de me fournisseurs m'indiquant qu'un doc est disponible sur mon compte en ligne me conviennent bien. Je pense en outre que c'est la traduction d'une obligation légale.
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ben ouais... je veux dire c'est bien beau cette protection de la vie privée et tout, mais on est en train de rendre internet inutilisable et compliqué, car de mauvaise habitude de vol de donnée ce sont mise en place*. Franchement, c'était beaucoup mieux avant. 80% de mes factures, commandes et autres sont envoyée en pièces jointe, et heureusement, si je devait me connecter à chaque fois à un compte, avec un mot de passe différent, avec encore en plus un captcha (allez, tant qu'on y est), l'enfer...
*: attention hein, je suis totalement contre le fait que des curieux regardent tout ce qui se passe sur internet, et je me rend bien compte qu'on va pas pouvoir tous les empêcher, mais je fait confiance à mon FAI pour ne pas mettre son nez partout.
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Un mail 100% remote ? Jamais vu. En revanche, j’ai régulièrement des mails dont le contenu est "your mailer cannot display this message" (bah si, la preuve), je switche alors en html sans remote, et j’ai le contenu.
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"Les professionnels de l’email ont bien intégré la problématique du désabonnement"
:mdr2: :mdr2: :mdr2:
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haha je me doutais que quelqu'un tiquerait :D y'a évidemment toujours plein d'abus, mais disons que comparé à 2005 ou 2010, le marché s'est quand même bien assagi
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Oui, c'était un peu obligé ;)
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Comme on pouvait s'en douter, l'association Pour Un RGPD Respecté n'est pas content.

Ils avaient fait un bon résumé de tout les problèmes liés aux pixels traçant et pourquoi un pixel traçant ne pourra jamais être compatible avec le RGPD (notamment, l'impossibilité de retirer le consentement, car on ne peut pas retirer le pixel une fois que le mail est envoyé).
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Les professionnels de l’email ont bien intégré la problématique du désabonnement, en partie à cause des pressions et sanctions de la Cnil,
Mondial Relay semble l'avoir oublié. Je dois en être à deux ou trois désabonnement de leurs spams (offres commerciales à la con inutiles) sur un compte pro. Le prochain sera envoyé au DPO.
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Le RGPD comme ePrivacy s'applique pour les utilisateurs personnes physiques uniquement. Un compte pro n'est pas concerné s'il est identifiable comme pro.

Cependant, une adresse mail de type nom.prenom@example.com est en elle-même une donnée personnelle puisqu'elle comporte les nom et prénom de la personne. Et à ce titre, tu peux demander que tes données personnelles ne soient pas utilisées pour envoyer des offres commerciales.
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Le mail en question est, bien entendu, nominatif.

Je me permets une remarque : un professionnel est une personne physique. C'est l'entreprise qui est une personne morale (exclue du champ d'application). Sauf le cas des autoentrepreneurs / EI dont la personne est confondue avec celle de l'entrepreneur.

Dans le cas présent, c'est une EI.
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Je ne suis pas sûr de comprendre:
Les emails transactionnels, entendus comme les messages déclenchés à la demande de l’utilisateur (par exemple, la confirmation d’une commande en ligne, le suivi d’un colis, la réinitialisation de mot de passe, le rappel programmé de rendez-vous, etc.) sont quant à eux considérés comme relevant d’un consentement tacite.
suivi de:
[...] ainsi le consentement pour des pixels de suivi pourra être nécessaire pour des courriels qui ne nécessitent pas, en principe, le consentement des destinataires (confirmation d’une commande, [...]
Confirmation d'une commande: consentement tacite ou nécessaire pour les pixels de suivi?
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Consentement nécessaire pour une commande.
Le consentement es tacite pour l'envoi de l'e-mail, pas pour le pixel. C'est d'ailleurs précisé un peu plus bas dans l'article :
La Cnil distingue cependant bien le consentement lié à la réception d’un email de celui associé à la collecte d’informations liées à sa lecture.
Du point de vue du RGPD ou de la loi du 6 janvier 78 (pour la transcription de la directive ePrivacy), le consentement tacite n'existe pas,et d'ailleurs, cela ne figure pas dans la page de présentation de la CNIL pas plus que dans le PDF contenant ses recommandations. J'ai l'impression que c'est l'auteur de l'article qui a introduit cette notion maladroite parce que trompeuse.

La Cnil distingue les finalités où le consentement est nécessaire de celles qui peuvent être exemptées de consentement.
@AlexandreLaurent pour info.
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Je confirme, c'est corrigé, merci pour l'alerte (et désolé de ne réagir que maintenant)
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Pas de soucis pour le délai : il y a eu le WE et probablement d'autres choses à faire.
C'est toujours agréable que les remarques soient prises en compte.