Fake news : les fact-checkeurs amateurs se font avoir plus souvent que les autres
Le fact-checking est un process, pas un pari
Illustration : Flock
Le 27 mars à 09h39
Une étude de l’ARCOM révèle que 60 % des Français pensent être capables d’identifier les fausses informations, mais également que seuls 23 % des autres Français en seraient eux aussi capables. De fait, seuls 23 % des Français ont identifié les sept fausses informations qui leur ont été présentées, mais également 19 % seulement de ceux qui s’estiment pourtant capables de les fact-checker.
Fake news : les fact-checkeurs amateurs se font avoir plus souvent que les autres
Le fact-checking est un process, pas un pari
Illustration : Flock
Une étude de l’ARCOM révèle que 60 % des Français pensent être capables d’identifier les fausses informations, mais également que seuls 23 % des autres Français en seraient eux aussi capables. De fait, seuls 23 % des Français ont identifié les sept fausses informations qui leur ont été présentées, mais également 19 % seulement de ceux qui s’estiment pourtant capables de les fact-checker.
Le 27 mars à 09h39
Société numérique
Société
8 min
En 2024, une étude de l’ARCOM sur le rapport des Français à l’information, conduite auprès d’un échantillon représentatif de 3 400 Français âgés de 15 ans et plus, révélait que 48 % des Français déclaraient douter toujours ou souvent de la fiabilité des informations diffusées dans les médias.
En 2026, une nouvelle étude sur le rapport des Français aux fausses informations révèle que 60 % pensent savoir identifier une fausse information, mais également que 23 % seulement estiment que la plupart des autres Français seraient eux aussi capables de pouvoir le faire. Or, l’étude révèle que « ceux qui s’estiment aptes à identifier les fausses informations sont en réalité plus nombreux à se tromper ».
2 000 individus ont en effet été interrogés en ligne au travers d’un questionnaire de 25 minutes entre les 14 et 26 novembre 2025, via un protocole d’étude nourri par des échanges avec des experts spécialistes des fausses informations (sept chercheurs universitaires, et trois professionnels du fact-checking), et réalisé en partenariat avec VIGINUM, l’agence française en charge de la lutte contre les ingérences numériques étrangères.
79 % estiment que la désinformation présente un risque pour la démocratie
70 % des sondés disent avoir été confrontés à de fausses informations au moins une fois par semaine, dont 33 % au moins une fois par jour, et 13 % au moins une fois par mois. 79 % estiment qu’elles représentent un risque pour la démocratie, « fort » (48 %) ou « très fort » (31 %, mais 38 % chez les 60 ans et plus, contre 26 % pour les moins de 45 ans, et 25 % chez les CSP-).
92 % estiment que la désinformation dégrade la confiance dans les médias, 89 % dans les institutions, 79 % dans les résultats des élections, que cela incite à avoir des comportements dangereux pour la santé et alimente le racisme et les discriminations, 60 % qu’elle freine la lutte contre le réchauffement climatique.
En conséquence, 80 % des sondés considèrent qu’il est indispensable de lutter contre les fausses informations. Un chiffre qui monte à 89 % chez les plus de 60 ans, mais qui n’est que de 74 % chez les moins de 45 ans et les CSP-. 75 % appellent à sanctionner les auteurs de fausses informations, mais 39 % seulement à renforcer les moyens des journalistes et des médias.
34 % ont déjà partagé une fausse information, dont 1/4 en sachant qu’elle était fausse
34 % des sondés reconnaissent cela dit avoir déjà partagé une fausse information. Un taux qui s’élève à 45 % chez les 18 - 24 ans, et à 41 % pour ceux qui s’informent sur les plateformes et les réseaux sociaux. 76 % précisent qu’ils pensaient qu’elle était vraie, mais 24 % savaient qu’elle était fausse, et même 32 % chez les 18 - 24 ans.
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Commentaires (22)
Le 27 mars à 10h35
Le 27 mars à 10h52
Petite parenthèse: Aux Etats Unis où j'allais autrefois, j'avais demandé pourquoi les formulaires d'entrée mettaient comme question sur le formulaire d'entrée: avez-vous l'intention de commettre un crime ? On m'avait répondu qu'il était aussi grave de mentir que de faire. Les choses ont bien changé !
Le 27 mars à 11h03
Le 27 mars à 11h19
Le 27 mars à 11h26
Modifié le 27 mars à 11h37
Le 27 mars à 11h19
On passera sur le fait que les fact checkers s'appuient parfois sur des sources très ténues pour fact checker, et on a le combo gagnant pour verrouiller les complotistes dans leur vision, voire leur faire gagner des points.
On peut aussi mentionner le fait que le choix de ce qui est vérifié est aussi une manipulation des opinions :
Perso, les grands discours des connards rationalistes qui se révèlent quasi toujours être des turbo connards réac - ou pire -, j'ai donné et j'ai arrêté.
Le 27 mars à 13h26
Pourtant, c'est vachement intéressant de savoir que, pour de vrai, un tsunami a eu lieu là où te le dit le gars qui te demande des dons pour venir en aide à ses sinistrés.
C'est aussi vachement intéressant de savoir que le nombre de voix pour tel candidat à ta mairie correspond bien à ce qui est dit par son adversaire, déçu d'être battu.
Je trouves ton discours passionné un peu trop vindicatif et extrême...
Le 27 mars à 15h29
Le 27 mars à 16h27
Par contre, il y a plein de gens pour qui ce qu'il y a dans le slip de l'autre est important. Et en général, c'est les mêmes qui ont du mal avec l'idée que 2 personnes avec la même chose dans le slip soient ensembles.
Dès lors, comme c'est important pour ces gens, il faut bien leur donner la réalité sur ce fait pour que leur opinion ne soit pas manipulée par autrui.
Le 27 mars à 13h33
Accessoirement, on parle aussi aujourd'hui de plus en plus de "pre-bunking", à savoir le fait d'exposer les tactiques, techniques et procédures en matière de désinformations, afin d'éviter (un peu comme un vaccin) qu'elles ne contaminent trop de gens, et/ou fassent moins de dégâts.
Le 27 mars à 22h34
Le 28 mars à 11h46
Le 29 mars à 18h23
Le 31 mars à 13h08
Le 31 mars à 14h14
https://www.lexpress.fr/informations/complotisme-antivax-le-fact-checking-sert-il-vraiment-a-quelque-chose_2162924.html
Avant tout, il y a un problème de confiance, et ce n'est pas en vérifiant des faits (qui de toutes façons peuvent être remis en cause en contre produisant des fakes ou en affirmant que la source de fact checking ment et s'appuie elle même sur des fakes) atomiquement que ça changera.
Entre la presse putaclic, les malversations des institutions et les mensonges des lobbies, il est devenu très facile de faire passer des théories du complot pour vraies et de décrédibiliser la parole publique. Tout le fact checking du monde n'y pourra rien, en particulier en essayant de prouver un fait isolé hors contexte.
Le 1er avril à 09h39
Le 1er avril à 10h23
J'ai juste pour moi le fait que de plus en plus de citoyens soient dans un monde parallèle où les faits ne valent plus rien et où les fact checkers sont des vendus à la solde d'une cabale secrète.
Le fact checking, j'y ai cru 5 minutes pendant le Covid, et puis il y a eu de multiples dérives (où tout un pan de la communauté zet s'est appuyé sur le debunking pour harceler et ridiculiser ses cibles) qui ont eu l'exact effet inverse. Même des fact checkers modérés comme Julien Pain ont vite tendance à prendre leurs détracteurs pour des demeurés et à considérer la science comme une église dont la parole est sacrée pour l'éternité. Il n'y a pas mieux pour braquer les convaincus et même certains indécis.
Sans compter que le fact checking est quasi toujours le fait de personnes qui sont en réalité étrangères aux problèmes soulevés, et très fréquemment, l'argumentation est indigente (seuls les convaincus accepteront l'explication).
Merci de me donner un très bon exemple de fact checking daubé, avec un magnifique homme de paille. Il aurait été de bon ton dans les articles qui tentaient de convaincre du bienfondé de la vaccination Covid d'expliquer que ce qui compte, c'est que la transmission se fasse de moins en moins bien (avec un coeff entre 0 et moins que 1, idéalement plus proche de zéro, mais elle se fait quand même) car ça réduirait progressivement la population touchée jusqu'à extinction de la maladie. Chose qui n'est de toute façon pas arrivée puisqu'à la première petite embellie de la situation (variant un peu moins mortel), on a tout laissé partir hors de contrôle parce que l'économie. Qu'une grosse partie de la population ait eu le sentiment que les politiques, et la presse s'était foutu d'elle est normal. Tout le fact checking du monde n'y changera rien.
Il y a tellement d'exemples de compromission de la presse, des agences scientifiques et des politiques vis-à-vis de scandales sanitaires et industriels, non suivis de sanctions véritables (parce que le corporatisme est tellement plus important que la vérité et le respect des valeurs qu'on est censé appliquer), qu'il est très difficile de convaincre qqn du manque de fondement de certaines théories du complot. Et Trump qui déclenche des guerres quand il est englué dans un scandale de pédophilie dans un dossier qui implique des milliers de dignitaires du monde entier n'aide pas vraiment.
Le 27 mars à 13h29
D'un côté, j'espère qu'on n'aura jamais besoin d'aller vers ça. De l'autre, je crains qu'on n'ai pas le choix, sauf à ce que la Démocratie disparaisse du monde.
Le 27 mars à 13h47
Personnellement, j'aime rappeler que la démocratie est le seul régime politique capable de s'autodétruire en toute légalité et conformité avec ses institutions. Cela m'évoque toute la liberté qu'elle offre, et sa fragilité.
C'est pourquoi je préfère la défendre que d'imaginer la brider et sombrer dans l'arbitraire, à titre perso.
Le 27 mars à 22h34
Le 29 mars à 11h43
Selon moi, depuis l'Internet, l'information n'est plus l'exclusivité du journalisme.
Cela a débouché sur une confusion: une opinion n'est pas un fait.
Les journalistes commentent des faits avec une direction éditoriale plus ou moins assumée qui donne parfois l'impression d'un parti pris.
Face à ça, le "journalisme*" du Net alimenté par des individus dont les objectifs ne sont pas toujours définis font exactement la même chose, la nuance en moins.
Les journalistes sont donc cherché a marqué un différentiateur avec le fact-checking mais à mon avis cela a été maladroit pour la simple raison qu'on en peut être juge et partie. Cela produit un résultat où le fact-checker a été reconnu parfois coupable de ..fausses informations y compris de façon légal (voir Le Monde).
Si l'information libre et factuelle est un droit, alors je pense qu'il serait de bon ton qu'une commission publique plurielle et indépendante de vérification de l'information, notamment celles qui sont les plus critiques, produise ce travail de vérification des informations publiées ici et là.
*entre guillemet et à vérifier car journaliste est un titre officiel il me semble pour les individus titulaires d'une carte de presse.
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