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À Rome, le séminaire de Peter Thiel sur l’Antéchrist crée des remous

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À Rome, le séminaire de Peter Thiel sur l’Antéchrist crée des remous

Illustration : Flock

Peter Thiel lançait ce 15 mars à Rome un nouveau séminaire de quatre jours sur l’Antéchrist. Sa venue a créé des remous dans l’écosystème catholique comme du côté du gouvernement italien.

Le 17 mars à 12h02

Après Paris, Rome… et la proximité du Vatican. Après la leçon donnée fin janvier à l’Académie des sciences morales et politiques, Peter Thiel continue sa tournée des pays européens pour se rapprocher cette fois-ci du cœur de la religion dont il a adopté une lecture si personnelle.

Comme il le fait habituellement, sa prise de parole a été organisée dans un secret relatif, éventé notamment par le refus de l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin de Rome de lui accorder une salle. L’entrepreneur et capital-risqueur avait pourtant soigneusement préparé son spectacle : messe en latin à l’église Saint-Jean-Baptiste-des-Florentins, puis ouverture de ses quatre jours de séminaires.

Qu’à cela ne tienne, ses hôtes, l’Associazione culturale Vincenzo Gioberti et le Cluny Institute, proche de la Catholic University of America, lui ont trouvé un espace au Palazzo Taverne pour ouvrir, ce 15 mars, une série de conférences à huis clos sur sa figure favorite : l’Antéchrist. L’épisode traduit bien, cela dit, les débats que sa venue à Rome a suscités, aussi bien du côté du Vatican que des représentants politiques italiens.

L’action de Thiel ? Un « acte d’hérésie »

Car au Vatican, le pape prépare sa première encyclique, une de ces lettres solennelles qui permettent aux pontifes de dessiner leur doctrine, et celle-ci pourrait bien se pencher en partie sur l’intelligence artificielle et les technologies. Dans le quotidien Avvenire, lu par les évêques italiens, plusieurs articles très critiques de Palantir ont fleuri. Pour un auditoire plus généraliste, le père Paolo Benanti signait ce week-end dans Le Grand Continent un article très défavorable au positionnement de Thiel.

« L’ensemble de l’action de Thiel peut se lire comme un acte prolongé d’hérésie contre le consensus libéral, écrit cet artisan des travaux du Vatican sur l’IA : une contestation des fondements mêmes de la coexistence civile, qu’il juge désormais dépassés. » Et de préciser que l’hérésie, étymologiquement, n’est pas simple « blasphème » ou « erreur doctrinale », mais un « choix, une option ». Ou, d’un point de vue philosophique, « l’isolement d’une vérité partielle, détaché du tissu relationnel de l’ensemble et élevée au rang de principe absolu ».

S’appuyant sur cette conception, le conseiller du pape appelle à lire le positionnement de Thiel « non comme un simple rejet des valeurs occidentales mais comme la radicalisation pathologique de certaines de leurs composantes — la compétition, la technologie, l’individu — qui, érigées en unique boussole, conduisent à des résultats radicalement divergents du projet démocratique commun ».

Embarras jusque chez Giorgia Meloni

Outre irriter l’écosystème catholique romain, la venue de Peter Thiel a gêné jusqu’à la présidente du Conseil des ministres italiens, Giorgia Meloni, pourtant présidente du parti d’extrême-droite Fratelli D’Italia et ouvertement proche de Donald Trump, J.D. Vance et Elon Musk.

Plusieurs législateurs ont clairement demandé si Thiel rencontrerait Meloni, et si Palantir travaillait déjà pour l’administration publique italienne, rapporte Euractiv. En 2024, le ministère de la Défense avait notamment lancé un appel d’offre susceptible de correspondre à une licence pour la plateforme Gotham, qui permet d’explorer de multiples sources d’information.

Politiquement, analyse par ailleurs l’Opinion, Peter Thiel paraîtrait même trop extrême aux yeux du gouvernement actuel. Aussi proche soit-il des dirigeants politiques et technologique états-unien, ce dernier doit en effet composer avec les retombées de la guerre lancée brusquement par Donald Trump en Iran – guerre contre laquelle plusieurs milliers de personnes ont protesté ce week-end à Rome.

Commentaires (11)

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Pourquoi les milliardaires sont souvent des psychopathes ?
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Parce que sinon ils ne seraient pas milliardaires. Il faut se comporter en requin pour percer quitte à détruire la vie de beaucoup d'individus, ce que les gens « normaux » ne feront pas car trop euh... gentils pour ça, donc ils restent pauvres :D Sauf que ce n'est pas forcément limité à la psychopathie ni au domaine des affaires, comme ici avec sa croyance envers l'antéchrist.

En tout cas pour que même l'ED n'ait pas trop envie de lui... Il est particulièrement problématique :fumer:
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Je n'utiliserai pas le terme gentils pour qualifier les gens mais plutôt d'empathiques. C'est d'ailleurs précisément ce qui manque à ces dirigeants que ce soit des politiques ou des grands chefs d'entreprises. Il faut quand même se dire que le système économique pousse à ne percevoir que les retours financiers et très peu les conséquences sociales ou culturelles des choix à prendre. Le fait que le PIB fasse la loi en est un des indicateurs fort.
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Sa venue
celle de l'antéchrist ou celle de Peter ? ou alors "oui" parce qu'il est les deux !? :eeek:

Bien maintenant je vais lire l'article.
Et non, je n'ai pas encore attaqué la St Patrick :transpi:
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Ces gens se réclamant d'un culte chrétien des origines me font toujours marrer, ils ne se rendent pas compte qu'à la base Jésus parlait hébreux et pas latin.
Quant à l'Antéchrist, ils n'ont même pas ouvert la bible plus de quelque fois dans leur vie pour saisir ce que l'apôtre Jean a voulu dénoncer par cet expression pourtant c'est marqué dans le nom anti -> contre, Christ -> Jésus. Jésus n'a jamais encouragé l'individualisme et la compétition tout son contraire.
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Je crois que c'est le problème des grands textes sacrés : chacun les interprète comme il veut et comme ça l'arrange.
Et ça devient souvent un simple outil de pouvoir.
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J'entends ce que tu dis mais je reste dubitatif sur l'interprétation de "Aime tes ennemis" en "la guerre juste que nous faisons sera bénie par Dieu"...
A un moment donné ce n'est plus de l'interprétation mais de la manipulation claire et pure.
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Jésus parlait hébreux
Plutôt araméen, semble-t-il.
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Petite précision : antichrist signifie bien "contre le Christ", mais antéchrist, c'est "celui qui vient avant le Christ", les deux termes étant interchangeables.
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Ça en devient tellement débile que je ne serais même plus étonné qu'on remette les "sorcières" sur le bûcher !
Triste époque où le mensonge et l'absurde prévalent. :pleure:
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À mettre en parallèle avec ça :

https://www.militaryreligiousfreedom.org/2026/03/mrff-inundated-with-complaints-of-gleeful-commanders-telling-troops-iran-war-is-part-of-gods-divine-plan-to-usher-in-the-return-of-jesus-christ/

Et ce sont les Iraniens les dangereux fous de Dieu ! (oui, aussi, mais ils n'ont pas les capacités des USA)