Infox, ingérences & cie : la France veut « garantir que chacun puisse penser librement »
Les complotistes vont adorer le détester
Le 17 février à 14h10
La Stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l’information 2026 - 2030 relève que la menace, en matière d’ingérences étrangères, n’a jamais été aussi élevée, mais également que la France a été l’une des pionnières dans la lutte dirigée contre cette dernière.
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Les complotistes vont adorer le détester
La Stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l’information 2026 - 2030 relève que la menace, en matière d’ingérences étrangères, n’a jamais été aussi élevée, mais également que la France a été l’une des pionnières dans la lutte dirigée contre cette dernière.
Le 17 février à 14h10
Société numérique
Société
12 min
« Chaque citoyen, acteur public ou privé, doit disposer des moyens de s’informer de manière éclairée, de comprendre les mécanismes d’ingérence et de contribuer activement au débat démocratique », résume la Stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l’information 2026 - 2030. Son introduction souligne qu’ « au cœur de cette stratégie se trouve l’ambition de dépasser la simple lutte contre les manipulations de l’information pour construire une société capable de maintenir la confiance et des repères communs ».
Un objectif urgent mais probablement hors d’atteinte, d’autant plus louable que le Parlement et donc l’opinion publique n’ont jamais été aussi divisés, que les médias et réseaux sociaux n’ont jamais été autant instrumentalisés et pollués par des manipulations de l’information (franco-françaises comme pouvant relever d’ingérences étrangères).
Cette première Stratégie nationale de lutte contre les manipulations de l’information, que vient de publier le Secrétariat de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), a pour objectif de doter la France de « moyens renforcés pour protéger son débat public, garantir la capacité de chacun à se forger un jugement éclairé et défendre, avec ses partenaires, un espace informationnel fondé sur la liberté d’expression et la pluralité des opinions » :
« Elle s’articule autour de quatre priorités : renforcer la résilience de la Nation ; encadrer et responsabiliser les plateformes en ligne et les services d’intelligence artificielle générative ; consolider les capacités nationales de détection, d’attribution et de réponse ; agir avec les partenaires européens et internationaux pour préserver un espace informationnel libre, ouvert et sécurisé. »
Dans sa préface, le président de la République souligne que les manipulations de l’information « ne sont plus des accidents marginaux du débat public » et qu’elles sont « devenues des instruments à part entière de confrontation stratégique » :
« Elles visent moins à convaincre qu’à désorienter, moins à imposer une vérité qu’à dissoudre les repères communs, moins à gagner un débat qu’à affaiblir la possibilité même du débat. En brouillant les frontières entre le vrai et le faux et en exploitant les fractures sociales et émotionnelles, elles cherchent à miner de l’intérieur ce que les démocraties ont de plus robuste : la confiance. »
« Face à ces pratiques, la tentation pourrait être grande d’ériger des murs, de restreindre la parole, de surveiller les idées. Ce serait une erreur », poursuit Emmanuel Macron : « La force des régimes autoritaires est de pouvoir contrôler l’information ; la force des démocraties est de pouvoir la confronter ».
« Il ne s’agit pas de dire ce qu’il faut penser, mais de garantir que chacun puisse penser librement », tout en identifiant les auteurs et vecteurs de manœuvres hostiles, « sans jamais soupçonner les citoyens » :
« Cette stratégie repose sur une conviction simple : le premier rempart contre la manipulation est la société elle-même. Une société instruite, capable de discernement, confiante dans ses institutions et dans ses médias, est une société moins vulnérable aux récits de division. »
« Ce n’est pas un hasard si les manipulations de l’information prospèrent d’abord là où existent l’ouverture, le débat et la pluralité », et donc dans nos démocraties, qui « sont aujourd’hui observées, testées, parfois attaquées par des régimes qui redoutent leur exemple » :
« C’est le paradoxe de la liberté : elle attire ceux qui veulent l’affaiblir. Mais c’est aussi sa force : elle permet de leur résister sans leur ressembler. […] Il ne s’agit pas seulement de protéger nos institutions. Il s’agit de défendre la capacité de chacun à se forger un jugement éclairé. »
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Commentaires (17)
Le 17/02/2026 à 16h31
Le 17/02/2026 à 16h43
" Elles visent moins à convaincre qu’à désorienter, moins à imposer une vérité qu’à dissoudre les repères communs, moins à gagner un débat qu’à affaiblir la possibilité même du débat. En brouillant les frontières entre le vrai et le faux et en exploitant les fractures sociales et émotionnelles, elles cherchent à miner de l’intérieur ce que les démocraties ont de plus robuste : la confiance. "
Dommage que ses députés, ses ministres, ses amis politiques , certains média et lui même ont passé ces dernières années et passent encore leur temps à miner cette confiance, justement.
C'est peut-être le privilège des politiques de faire de belles envolées lyriques sur les problèmes de société et d'y apporter des solutions écœurantes tout en les dénonçant.
Parler d' Une société instruite, capable de discernement, confiante dans ses institutions et dans ses médias après avoir passé 13 ans à saper les budgets de l'éducation (sous prétexte budgétaire), retirer des aides aux étudiants (sous prétexte budgétaire), imposer parcoursup' et ses équivalents dès la 3ème, et remplacé le max de prof par des intérimaires/vacataires (sous prétexte budgétaire) , je trouve que c'est gonflé (même si c'est pas surprenant). Et je parle même pas de la "confiance dans les institutions".
Le 17/02/2026 à 17h49
Le 17/02/2026 à 18h23
Le 17/02/2026 à 18h41
Mais il existe effectivement un second pb (pas lié à parcoursup non plus), qui est le délai de réponse des écoles d'ingénieurs (qui pourrit tout le reste avec les réponses "oui mais"). J'enseigne en BUT, et c'est trop la misère pour prévoir des effectifs en septembre. Mais encore une fois, un problème de processus, pas d'outil.
Modifié le 17/02/2026 à 19h28
A cette époque comme tu dis il y avait un dossier mais au moins il y avait aussi un échange humain - j'ai eu des entretiens avec des profs, d'anciens élèves, j'ai dû défendre mon cas (objectivement moyen).
Avec parcoursup le système ça devient une partie de risk : Est-ce qu'il vaux mieux postuler pour cette école qui m'intéresse moins mais où j'ai plus de chance de rentrer , au risque qu'elle me prenne alors que je voulais une autre ? Ya pas de lettre de motivation, pas d'échanges.
Et ce qui est sur c'est que c'est perçu par les étudiants comme une source de stress et d'injustice (malgré les dénégations des enseignants...) , et reçu avec un fataliste désabusé de ce que j'en voit. C'est sur que c'est super incitatif pour les jeunes.
D'autant qu'ils savent qu'on peux contourner le jeu en connaissant les bonnes personnes dans les bon établissements (merci papa/maman), donc ça règle en rien le manque de diversité sociale dans les filières connotés "haute administration".
Ce système reste sacrément décrié - et même si je sais qu'il n'existe pas de solution idéale je suis curieux de savoir comment les autres pays gèrent cette sélection.
Le 17/02/2026 à 21h00
Ça, c'était un problème avec APB, qui te forçais à ordonner tes vœux et faisait la sélection automatique dès que tu avais un vœux accepté qui était en tête de ta liste. Parcoursup te laisse répondre, voire mettre en attente ("oui mais").
Il y a une lettre de motivation (pour l'IUT, c'est certain).
C'est bien moins facile qu'avant (surtout qu'on peut demander les algorithmes de sélection). C'est en poursuite d'études sup que les établissements peuvent faire ce qu'ils veulent.
Le 18/02/2026 à 12h09
J'ai une impression que l'air du temps décrie l'outil comme à sa sortie mais ne regarde pas l'état actuel. Ce n'est qu'une impression, mais c'est ce que je croyais aussi jusqu'à avoir justement ces retours positifs.
Le 18/02/2026 à 14h00
Le 17/02/2026 à 16h48
Modifié le 17/02/2026 à 18h04
Le 17/02/2026 à 18h37
Mais la maitrise du pouvoir du gouvernement actuel, qui détourne des concepts et institutions pour en faire des armes politiques, ne me fera pas changer d'avis.
Dit autrement : dur de me demander de croire quelqu'un qui m'a menti des dizaines de fois les yeux dans les yeux.
Bref, je n'ai absolument aucune confiance dans ce gouvernement et dans ce qu'il crée.
Modifié le 18/02/2026 à 13h22
Dernier exemple en date, une ministre qui passe à la cour des comptes et qui va devoir valider... Son propre budget. Lunaire, et tout le monde s'en fout ou presque.
Avec le niveau moyen de foutge de geule quotidien, difficile d'avoir confiance en quoi que ce soit de proposé, quand à son but et de potentiels détournement/corruption ensuite.
Le 18/02/2026 à 22h11
Le 18/02/2026 à 23h49
Le 19/02/2026 à 09h12
Le 17/02/2026 à 19h15
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