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90 % de couverture fibre optique en France

C‘est pas gagné pour le 100 %

90 % de couverture fibre optique en France

Illustration : Flock

L’Arcep vient d’actualiser son observatoire du marché du haut et du très haut débit fixe, avec les chiffres du troisième trimestre. La couverture globale de la fibre optique est à 90 %, mais le régulateur regrette une fois encore le « rythme insuffisant » des zones très denses.

39,9 millions de locaux éligibles, 32,5 millions d’abonnements

La France compte désormais 32,473 millions d’abonnements à Internet en haut et très haut débit. C’est 50 000 de mieux en trois mois et 225 000 en un an, mais avec des hausses moins importantes que les années précédentes : « Depuis près de trois ans, la croissance du nombre d’abonnements internet ralentit », indique l’Arcep.

Dans le lot, 26,091 millions sont des abonnements très haut débit, dont 23,653 millions en fibre optique de bout en bout (FttH). Les autres technologies (coaxial, VDSL2, 4G/5G fixe, THD radio, satellite) sont en baisse trimestre après trimestre, et ce, depuis des années.

À fin septembre 2024, « 39,9 millions de locaux sont couverts en FttH, soit une hausse de près de 8 % en un an ». Le taux de couverture FttH est de 90 % (+ 1 point en trois mois), il reste donc 4,6 millions de locaux à rendre raccordables. Là aussi, « le rythme de déploiement poursuit son ralentissement : 605 000 locaux supplémentaires ont été rendus raccordables au FttH, soit 27 % de moins que lors du troisième trimestre de l’année dernière ».

À peine plus de 600 000 nouvelles lignes, c’est le plus faible score tous trimestres confondus depuis des années. Sur un graphique remontant à début 2018, le déploiement n’avait jamais été aussi bas. En 2020, 2021 et 2022, le rythme trimestriel n’était jamais passé sous le million de locaux rendus raccordables. 2023 a été marquée par une chute assez brutale, qui s’est prolongée en 2024.

Les zones très denses toujours au ralenti

Voici le détail par zone :

  • Zone moins denses d’initiative publique (RIP) : 16,3 millions de locaux couverts, soit 86 % (+ 2 points). 380 000 locaux ont été rendus raccordables sur le trimestre, et il en reste 2,4 millions.
  • Zone moins denses d’initiative privée : 16,3 millions de locaux couverts, soit 91 % (stable). 190 000 locaux ont été rendus raccordables sur le trimestre, et il en reste 1,7 million.
  • Zone très denses : 7,4 millions de locaux couverts, soit 95 % (+ 2 points). 35 000 locaux ont été rendus raccordables sur le trimestre, et il en reste 500 000.

Le régulateur des télécoms fait le même constat depuis des années : « Le rythme insuffisant constaté dans les zones très denses ces dernières années chute encore de près de 20 % par rapport au T2 2024 avec moins de 40 000 locaux rendus raccordables ce trimestre ».

Il ajoute qu’il existe toujours « une forte disparité » avec, par exemple, 97 % de couverture pour Lyon et 98 % pour Paris, contre 85 % pour Marseille et 88 % pour Montpellier. Au niveau des départements, la Meurthe-et-Moselle (54) est le Petit Poucet avec 82 %, suivi par les Bouches-du-Rhône (13) à 84 % et le Loiret (45) à 86 %. La moyenne nationale est à 93 %.

Le cas des zones très denses avait déjà provoqué la colère de l’Avicca l’année dernière : « Sourds aux alertes du régulateur, de l’État et des collectivités, les opérateurs privés manifestent toujours leur désintérêt total pour les 106 communes de la zone très dense ». Une phrase qui reste encore valable aujourd’hui.

Déjà à l’époque, l’Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel affirmait que les chiffres du déploiement confirmaient « l’échec annoncé du 100 % FTTH en 2025 ».

Cette échéance de 100 % (ou presque) en FttH en 2025 avait été ajouté dans un second temps au plan France THD qui prévoyait au départ 100 % de Français éligibles au très haut débit, dont 80 % grâce à la fibre optique. Objectif loupé de peu puisque le 80 % a été dépassé au premier trimestre 2023.

Mutualisation et zones AMII

L’Arcep propose aussi des indicateurs sur la mutualisation des réseaux fibre. Sur les 39,914 millions de lignes éligibles, 39,455 ont le choix entre au moins deux opérateurs et on descend à 38,792 pour au moins trois opérateurs et 35,991 pour quatre opérateurs.

Sur les zones AMII, rien ne change : environ 91 % des locaux raccordables pour Orange et environ 96 % pour SFR. C’est exactement pareil qu’au trimestre précédent. Pour rappel, l’Arcep a mis en demeure Orange et XpFibre (anciennement SFR FTTH) de respecter leurs engagements. C’était la cinquième mise en demeure pour Orange et la troisième pour XpFibre.

Pour des manquements à ses propres engagements, Orange a été condamné par l’Arcep à une amende de 26 millions d’euros, confirmé fin octobre par le Conseil d’État.

Comme toujours, Ma connexion Internet (carte des déploiements de l’Arcep) a été mise à jour avec les données du 30 septembre 2024. Pour chaque adresse, vous pouvez avoir la liste des opérateurs disponible pour la fibre, le xDSL, la 4G/5G fixe et le satellite.

Commentaires (26)

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Malheureusement cette carte ne fait que refléter les erreurs des cartes des opérateurs.

J'ai 6 fibres de disponibles devant chez moi en pleine campagne mais mon adresse est fausse sur la carte orange donc impossible de demander le raccordement fibre.
Nous sommes une bonne centaine dans ce cas sur une commune de 3000 habitants.
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S'il y a un problème avec une centaine d'adresses, c'est peut-être à la mairie de faire quelque chose...
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C'est clair que l'adresse fausse, ce n'est pas la faute de l'opérateur, mais quand il a posé ses PTO, il avait bien des données autres, surtout si il a déjà des lignes téléphoniques, il devrait procéder à la mise à jour des bases.
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ou pas.
C'est généralement le référentiel des opérateurs qui n'est pas le bon.
Chez SFR j'ai aussi (eu?) le souci, je ne sais plus de quel référentiel ils tirent leur adresses, mais ce n'est (n'était?) pas celui "des impôts" (c'est toujours ceux qui gèrent l'argent qui ont raison ;) ).
Je viens d'ailleurs de découvrir https://adresse.data.gouv.fr, et mon adresse y est la bonne.
Bizarrement, maintenant chez SFR c'est aussi la bonne adresse et non plus un numérotage inventé.
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C'est le problème du réalisateur et chez nous ce sont les bras cassés de chez CIRCET, qui ont même oublié plusieurs villages, et toujours mal rentré les adresses.

Ce que je ne comprends pas c'est que les opérateurs ne s'appuient pas sur https://adresse.data.gouv.fr
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Pour ma part, mon numéro de rue n'était pas renseigné dans les bases de données. J'ai quand-même vu sur la carte de l'ARCEP le point vert au bon endroit mais sans numéro de rue. Je me suis abonné par téléphone, et j'ai vu ça avec la personne, plutôt dégourdie, qui a vérifié l'éligibilité à partir de l'adresse de mon voisin le plus proche, en regardant sur la vue aérienne, et confirmé avec le numéro et le nom de ma ligne téléphonique. Elle a enregistré mon abonnement avec 0 comme numéro de rue.

Après le technicien ayant reçu cette adresse incomplète, m'a téléphoné pour connaître mon adresse réelle, il est venu à mon adresse, je lui ai montré le poteau d'où part mon cable téléphonique avec le PTO tout neuf dessus (puisqu'à l'installation des PTO ils suivent les plans des lignes cuivres), ça l'a convaincu. Après il n'y a pas d'ambiguité entre les habitations ici, c'est de l'individuel très clairsemé.

Du coup si vous avez des soucis d'adresse, essayez de rassembler un maximum d'éléments pour vous identifier, et n'hésitez pas à faire plusieurs tentatives au téléphone chez plusieurs opérateurs car la base d'adresses n'est pas toute puissante et ça va dépendre en partie de la débrouillardise des interlocuteurs.
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C'est quand même lamentable qu'un réseau neuf n'ai pas une documentation exacte, à l'époque du cuivre et de FT la 42C documentait l'abonné jusqu’à la paire terminale avec la bonne adresse
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Enfin "la bonne adresse" c'est vite dit, alors que jusqu'à il y a peu beaucoup d'habitations en campagne n'avaient pour toute adresse que le nom d'un lieu-dit plus ou moins vague, et en ville les rues et places sans numéro n'était pas rare non plus. Et ça devait être encore pire au moment de l'installation du réseau cuivre, donc la précision des plans doit être assez relative. D'ailleurs j'ai aussi un peu galéré là ou j'habitais avant pour prendre un abonnement ADSL pour cause d'adresse sans numéro justement.
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J'avais eu le même problème il y a quelques années, j'avais fait un mail à l'organisme chargé de la pose de la fibre (moselle-numérique), et tout était rentré dans l'ordre après un ... certain temps (2 à 3 mois).
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Bonne nouvelle qu'ils mettent les bouchées doublent des zones moins denses pour les redynamiser dans une moindre mesure
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Ce qui est scandaleux c'est de voir que les habitations en zones très denses soient moins bien servies (ou parties pour l'être), que les zones peu denses, alors que les opérateurs privés ont fait des pieds et des mains pour se les réserver.

La raison est facile à comprendre, d'un côté on a un acteur privé national qui cherche la rentabilité à tout prix, de l'autre un acteur public local dont le but est de valoriser son territoire. La motivation n'est pas du tout la même, et c'est scandaleux d'avoir réservé des zones entières tout en sachant qu'on n'en traiterai que la partie la plus rentable. Et en plus, pour Orange, on pousse d'un côté pour virer le cuivre alors que de l'autre on ne veut pas finir le boulot.
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Leur exclusivité sur la zone ne peut-elle pas être révoquée ?
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Je ne sais pas, je l'espère.
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Attention, les zones très denses sont celles où il n'y a pas d'exclusivité : tous les opérateurs peuvent déployer leur réseau fibre. On ne peut donc pas révoquer d’exclusivité. L'exclusivité est dans les zones AMII et les zones RIP.
Je ne sais pas si dans les zones très denses, il y a une obligation de couverture et des pénalités associées.
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C’était la cinquième mise en demeure pour Orange et la troisième pour XpFibre.
Une « mise en demeure » c'est pas sensé être la dernière étape avant des poursuites ? Il y en a eu combien des amendes associées ? 🤔
(au moins une pour Orange à hauteur de 26 millions d'€, mais c'est la seule dont j'ai entendu parler)
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C'étaient des mises en demeure pour des manquements différents à chaque fois. On peut le voir dans l'article en lien sur ces mises en demeure.
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Au lieu de râler comme tous les "bons" français, j'aimerais que Next nous donne une comparaison du taux de raccordement fibre en France â rapport aux principaux autres pays occidentaux ...
J'ai comme idée qu'on est pas si mauvais 😊.
Mais chut ! dire quelle chose de positif sur notre pays, c'est sans doute la honte pour un journaliste ...
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Pas mal de râlerie en effet je trouve, entre l'objectif de 2022 loupé seulement de quelques mois, et la couverture actuelle alors qu'il reste encore un an avant fin 2025, je trouve la couverture plus que correcte vu qu'on partait de rien en campagne il y a moins de 10 ans. L'objectif de 2025 ne sera pas atteint mais il aura quand-même donné une motivation suffisante.

Bon par contre la mise en œuvre est parfois flippante, entre la remise de poteaux là où le cuivre avait fini par être enterré, les armoires et poteaux spaghetti, et les pannes à répétition. Heureusement c'est pas comme ça partout, mais au niveau gestion administrative, répartition des tâches et rémunération des acteurs il y a eu des gros ratés, c'est dommage et j'espère que ça ne va pas nous poursuivre trop longtemps.
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D'un autre côté, 100% ça n'existe pas le top sera vers 98 probablement, je ne sais pas quelle est la couverture en cuivre actuelle, les réseaux radio servent à ça.
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Je suppose que les 100% visés c'est 100% de l'étendue du réseau cuivre actuel en téléphonie analogique, donc sans considération de longueur de ligne.
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C'est vrai que l'on peut se demander 90% de quoi, j'avais compris 100% des logements raccordables, ceux déjà raccordés énergie par Enedis ou une régie par exemple.
La ligne cuivre ne peut pas forcément aller aussi loin qu'une fibre, ça n'est pas une bonne référence, mais bon d'un autre côté, il y a bien moins de NRO que de NRA en cuivre.
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La ligne cuivre va loin quand c'est de l'analogique, c'est pour ça que j'ai précisé que je prenais ça comme référence. En fait simplement partout où une ligne cuivre arrive, qu'il soit possible ou non d'y passer du DSL.
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D'un autre côté, il y a avait sans doute plus de besoin en francie qu'ailleurs, du fait de plus de ruralité et de lignes trop longues pour le vdsl, beaucoup étaient exclus du thd par le cuivre, la seule solution économique était la fibre.
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Pourquoi comparer aux voisins quand on peut comparer par rapport aux objectifs qu'on s'est donnés et qui ont étés acceptés par les acteurs du déploiement ?
Dans cet article, il est bien mis en avant que les brebis galeuses sont les grands FAI qui ne respectent pas leurs engagements.
Par contre, j'aurais bien aimé savoir ce qu'il en est du côté de Free.
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Il me semble que Free n'agit pas seul dans les zones AMII (celles où il y a des engagements des gros opérateurs). Il fait plutôt du cofinancement avec Orange ou Altice/SFR qui sont ceux qui se sont engagés.
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Ca fait 4 ans que je suis en cours de déploiement sur la carte de l'ARCEP.
Des poteaux ont été plantés dans ma rue il y'a deux ans....
C'est déprimant, surtout quand la rue de l'autre côté de la route est raccordée depuis 6 ans.

J'ai eu espoir avec la box 5G de Free, en attendant...Mais non éligible.