#Le brief du 30 septembre 2025

Opera lance son navigateur Neon alimenté par l’IA et payant

L’éditeur avait présenté son projet en mai : Neon, un navigateur largement alimenté par l’IA. Le projet était depuis en test sous forme de bêta privée. Il est désormais disponible, en quelque sorte : les premières invitations ont été envoyées pour recevoir la version finale, et il faudra s’acquitter d’un abonnement de 19,99 dollars par mois.

Pourquoi payant ? Pour couvrir les frais liés à toutes les fonctions IA, et elles sont nombreuses. Il y a bien sûr l’interface de conversation habituelle pour faire ses demandes liées au contenu d’un ou plusieurs onglets. Mais il y a surtout Neon Do.

Do est la réponse d’Opera à l’approche agentique des tâches. C’est donc un agent à qui on confie des missions, par exemple pour l’envoyer résumer les informations d’une ou plusieurs pages et diffuser le résultat dans un canal de conversation sur une application comme Slack ou Teams.

On peut lui demander tout ce qui touche à la collecte de données et aux actions liées (comparaison, analyse, synthèse…), aux formulaires, aux onglets, etc. Selon l’une des vidéos de présentation, on peut même lui demander de résilier des abonnements.

Si les récentes annonces de Google sur l’arrivée de l’IA dans Chrome vous ont fait tiquer, Neon n’est probablement pas pour vous, car il est question là-aussi d’accéder à l’historique de navigation pour façonner le contexte des demandes. Si vous acceptez, vous pourrez par exemple poser des questions au sujet de cette vidéo vue sur YouTube il y a deux semaines.

Moins courant, Neon propose un système de cartes fonctionnant un peu à la manière d’un IFTTT pour créer des actions automatisées, sous forme d’invites. Une fois créées, elles sont répétables et peuvent se répondre entre elles. Opera les compare à des morceaux de comportements et d’actions les plus souvent utilisés. Le navigateur en propose une série prête à l’emploi, mais on peut en créer autant que de besoin ou piocher celles de la communauté dans une place de marché dédiée.

« Les cartes font la différence entre expliquer vos besoins à partir de zéro à chaque fois et vous inciter à obtenir ce que vous voulez, à l’aide d’un ensemble de cartes prédéfinies », indique Opera.

Neon intègre même une première brique de vibe coding avec l’outil Make : « Il interprète ce qui doit être construit et emploie des agents d’IA pour le faire pour vous. Les sorties peuvent inclure des sites Web, des jeux, des vidéos, des rapports ou des outils. Son travail se poursuit même lorsqu’il est hors ligne, et les résultats sont livrés avec les fichiers sources complets pour une édition et un partage ultérieurs. Tout ce que vous faites devient une URL que vous pouvez partager avec n’importe qui d’autre ».

Neon n’est pas destiné au grand public. Opera le présente comme un « navigateur premium, basé sur un abonnement, conçu pour les utilisateurs expérimentés ». On peut s’inscrire sur liste d’attente, une case permettant d’inscrire un code pour être prioritaire. On ne peut cependant pas s’inscrire sans cocher la case pour recevoir les communications commerciales d’Opera.

Skyrim : la grand-mère d’internet prend sa retraite

Cela faisait 15 ans, déjà, que Shirley Curry streamait ses parties de Skyrim. Mais dans une vidéo d’adieu publiée le 29 septembre sur sa chaîne, la joueuse indique cesser de publier car elle « ne s’amuse plus ».

Surnommée Skyrim Grandma, la streameuse a ceci de particulier qu’elle est née en 1936 : au mois d’avril prochain, elle aura 90 ans. Ancienne secrétaire d’une fabrique de bonbons, puis associée dans une marque de vêtements pour femmes, Shirley Curry est retraitée depuis 1991, alors qu’elle avait 55 ans.

Cinq ans plus tard, son fils lui apprenait à jouer à Civilization II, et Shirley Curry devenait gameuse, raconte le New-York Times. En 2015, après avoir regardé pendant quatre ans des vidéos de Skyrim sur Youtube, elle publiait la première de ses parties.

Veuve, mère de quatre enfants, grand-mère de neuf enfants et arrière-grand-mère de trois autres enfants, elle est aussi riche d’une audience de 1,3 million d’abonnés qu’elle appelle, précisément, ses « grandkids » (petits-enfants).

Au fil des ans, @ShirleyCurryTheOlderGamer a publié près de 2 500 vidéos pour eux. Elle a aussi subi un AVC en 2022, à l’issue duquel elle expliquait ne presque plus se souvenir comment jouer au jeu. Elle avait, finalement, repris ses marques dans la franchise.

Si Shirley Curly a longtemps trouvé dans sa chaîne un espace où échanger avec des joueuses et joueurs de tous les âges, dont le sien, elle explique ne voir désormais que de jeunes voire très jeunes internautes la suivre et la gratifier d’un « salut mamie », sans fournir d’autres commentaires sur ses parties ou ses vidéos. Ce manque d’interactions a participé à la lasser du jeu.

Shirley Curry indique qu’elle publiera encore quelques vlogs lorsqu’elle aura des choses à raconter – et invite ses abonnés réguliers, ceux avec lesquels elle avait les échanges les plus intéressants, à rester en contact.

À la demande des fans de Shirley Curry, et devant le succès de ses vidéos, le studio Bethesda a promis de l’inclure comme personnage non joueur dans The Elder Scrolls VI. Annoncé pour la première fois en 2018, la date de sortie de cet opus reste très incertaine.

YouTube va payer 24,5 millions de dollars pour avoir suspendu Donald Trump en 2021

YouTube et Donald Trump ont signé un accord ce lundi 29 septembre pour refermer le cas qui les oppose : la suspension du compte du dirigeant étasunien sur la plateforme de vidéos de Google suite à l’assaut du Capitole par ses partisans. Donald Trump avait multiplié les appels à la mobilisation en vue du 6 janvier 2021. Il avait attaqué alors Facebook, Twitter et Google pour la suspension de ses différents comptes. Son compte YouTube a été réactivé en 2023.

Selon Reuters, l’entreprise a accepté de débourser une somme de 24,5 millions de dollars. Selon l’accord, le dirigeant reversera la plus grande partie de la somme (22 millions) à une organisation sans but lucratif qui a pour objectif de construire une pièce de bal (d’une valeur de 200 millions d’euros) au sein de la Maison-Blanche. Le reste ira aux autres plaignants, des associations proches des républicains ainsi que l’autrice complotiste Naomi Wolf qui s’étaient jointes à la plainte de Donald Trump.

Selon l’agence de presse, dans l’accord, YouTube n’a pas reconnu avoir mal agi. L’entreprise suit ici les pas de Meta et X qui avaient toutes deux signé un accord avec Donald Trump en début d’année, respectivement pour 25 et 10 millions d’euros.

L’agence américaine de cybersécurité avertit d’une faille critique exploitée dans sudo

La commande sudo est l’une des plus connues dans les univers Linux et Unix. Maintenue par le développeur Todd Miller (OpenBSD), elle permet d’accorder temporairement des droits administrateur à la commande que l’on s’apprête à lancer. Par exemple, sur les distributions de type Debian, la commande « sudo apt update » autorise APT à récupérer les dernières informations provenant des dépôts pour savoir si des paquets peuvent être mis à jour.

Aux États-Unis, la CISA (Cybersecurity and Infrastructure Security Agency) a prévenu lundi soir qu’une faille critique dans sudo était activement exploitée. Estampillée CVE-2025-32463, elle présente un score de sévérité de 9,3 sur 10 et a été découverte en juillet. Le bulletin de l’agence ne précise pas de quelle manière elle est exploitée, ni par qui.

Toutes les versions antérieures à la 1.9.17p1 sont vulnérables. L’exploitation permet à un utilisateur local d’obtenir un accès root (par escalade de privilèges), en incitant sudo à charger une bibliothèque partagée arbitraire grâce à l’utilisation d’un répertoire racine spécifié via l’option -R (–chroot). Le pirate peut alors lancer des commandes arbitraires en tant que root sur les systèmes prenant en charge /etc/nsswitch.conf.

La CISA recommande bien sûr de mettre à jour le plus rapidement possible toutes les machines. L’agence s’adresse en priorité aux administrations et entreprises américaines, mais le conseil est valable partout.

Chez les particuliers, cette faille ne devrait pas être un problème. Elle avait été signalée immédiatement par de nombreux éditeurs (Canonical, Red Hat, SUSE…) et corrigée dans la foulée. Le problème est résolu depuis presque trois mois. Comme indiqué, le message s’adresse davantage aux grosses structures qui auraient été plus lentes à réagir.

À noter que la CISA a averti dans son bulletin de quatre autres vulnérabilités exploitées : une dans Adminer, une dans Cisco IOS/IOS XE, une dans GoAnywhere MFT de Fortra et une autre dans Libraesva.

Après Airbus et Arianespace, Stéphane Israël débarque chez… Amazon Web Services

Stéphane Israël était le président exécutif d’Arianespace depuis 2013 et membre du comité exécutif d’ArianeGroup depuis 2017 (Arianespace est une filiale d’ArianeGroup). Il a quitté l’entreprise le 31 décembre 2024 « pour se consacrer à un nouveau projet professionnel en janvier 2025 », selon Arianespace.

Selon son compte LinkedIn, il est devenu « Partner » de Boston Consulting Group (services et conseils), mais l’aventure n’a durée que huit mois, jusqu’en septembre. Il est désormais directeur général d’AWS European Sovereign Cloud. Auparavant, il a été directeur de cabinet du ministre du Redressement Productif, vice-président d’Airbus et auditeur puis conseiller référendaire à la Cour des comptes.

Chez Amazon, il sera « responsable de la gestion et des opérations du cloud souverain européen AWS, y compris l’infrastructure, la technologie, les services et les ventes, et dirigera les travaux d’AWS en matière de souveraineté numérique à travers le monde ».

Il sera ainsi chargé de prêcher la bonne parole d’Amazon auprès des clients et prospects qui cherchent de la sécurité et de la souveraineté pour leurs données. Mais, comme nous l’avions expliqué, Amazon peut bâtir tous les murs qu’il souhaite, la société n’en reste pas moins américaine et donc soumise au Cloud Act, avec les implications que l’on connait sur la souveraineté.

Le géant américain ajoute que son « cloud souverain européen AWS, avec un investissement de 7,8 milliards d’euros et dont le lancement est prévu fin 2025, est conçu pour répondre à des besoins réglementaires stricts ».

Le communiqué d’Amazon ne fait mention qu’une seule fois du projet Kuiper, concurrent de Starlink sur l’accès à Internet par satellite qui devrait rapidement se lancer en France (102 satellites sont déjà en orbite). Et ce n’est que pour rappeler que Stéphane Israël était à la tête de « la première société européenne de lancement de satellites et fournisseur de lanceurs pour le projet Kuiper d’Amazon ». L’ex-patron d’Arianespace ne devrait donc pas avoir Kuiper dans son giron.

#LIDD : « l’avenir de la télévision », une TV gratuite contre des pubs constantes

Nos confrères de The Verge ont passé trois mois devant une télévision de 55 pouces « gratuite ». Non pas qu’il s’agisse d’un exemplaire destiné à la presse pour des tests, mais bien d’une télé gratuite pour tout un chacun qui en fait la demande.

Vous vous en doutez bien, il y a un mais : en dessous de la télévision, un second écran permet d’afficher des widgets ou des informations supplémentaires, mais aussi et surtout des publicités en permanence. Oui, la coupure pub ne vient pas interrompre les programmes, les pubs vidéos sont diffusées désormais en même temps.

L’écran des publicités « reste allumé à tout moment, pendant que vous regardez des émissions, des films, des vidéos YouTube et jouez à des jeux vidéo. Même lorsque vous éteignez le téléviseur en appuyant sur le bouton d’alimentation de la télécommande, l’écran secondaire reste en marche. Il ne s’éteindra que si vous maintenez le bouton d’alimentation enfoncé pendant trois secondes », explique The Verge.

Le fabricant a prévu le coup : « En vertu des conditions d’utilisation de Telly, vous ne pouvez pas recouvrir l’écran » et, selon nos confrères, « ce ne serait tout simplement pas pratique, car vous avez besoin de l’écran secondaire pour naviguer ».

La pub n’est pas la seule contrainte de la télévision gratuite, cette dernière est aussi un aspirateur à données personnelles, comme on pouvait s’en douter. On vous laisse découvrir la suite chez nos confrères de The Verge.