L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a annoncé jeudi avoir prononcé une nouvelle série de mesures de blocage et de déréférencement portant sur 35 sites de médias russes soumis à des sanctions européennes.
Adressées aux fournisseurs d’accès à Internet, aux moteurs de recherche et aux fournisseurs de services DNS, ces mesures concernent également « quatre plateformes de streaming permettant d’accéder à des services de télévision et de radio russes sous sanctions », indique l’Autorité dans un communiqué.
Le détail des médias et plateformes n’a pas été rendu public. L’Arcom souligne cependant qu’il s’agit de sa troisième salve de demandes en moins d’un an. En mars 2025, elle avait en effet mis en demeure Eutelsat d’arrêter la diffusion des chaînes russes STS et Kanal 5, appartenant toutes les deux à la société russe JSC National Media Group.
En juillet 2025, elle avait ensuite ordonné le blocage et le déréférencement de 19 sites de médias russes ainsi que de trois plateformes hébergées en Russie.
Rappelons que ces mesures sont prises en vertu des règlements européens qui définissent le régime de sanctions adoptées à l’encontre de la Russie suite à sa tentative d’invasion de l’Ukraine.
La première et la plus symbolique d’entre elles avait été adoptée en 2022, avec l’interdiction, controversée à l’époque, des chaînes Russia Today (RT) et Sputnik. Plusieurs autres chaînes russes (NTV Mir, Rossiya 1, Perviy Kanal et NTV) ont depuis elles aussi fait l’objet de mesures de blocage.
Au Royaume-Uni, les 140 projets de centres de données en cours d’examen pourraient demander jusqu’à 50 GW (gigawatts) d’électricité pour fonctionner. L’estimation est issue d’une consultation (.pdf) menée par l’Ofgem, le régulateur britannique des marchés du gaz et de l’électricité.
Les demandes de projets ont explosé en l’espace de quelques mois : de 41 GW en novembre 2024, le total des demandes de raccordement a grimpé à 125 GW en juin 2025. Dans le lot, 40 % viennent de l’industrie des centres de données.
Cette accélération soulève un enjeu de puissance électrique disponible. « La demande en crête d’électricité en Grande-Bretagne le 11 février 2026 était de 45 GW », indique l’Ofgem. Les demandes enregistrées prévoient donc d’ajouter jusqu’à 125 GW, dont 50 GW pour les seuls data centers. Ces chiffres concernent une puissance maximale : la réalité devrait se traduire par une consommation globale moins élevée, ne serait-ce que parce que tous les projets ne verront pas le jour. La marche à franchir n’en reste pas moins haute.
L’organisme souligne une « explosion des demandes » de connexions au réseau entre novembre 2024 et juin 2025, dans une proportion qui a dépassé jusqu’aux prévisions les plus ambitieuses, rapporte the Guardian. En parallèle, le média relève que des projets de production d’énergie renouvelable ne sont pas reliés au réseau au rythme auquel ils sont construits (notamment pour atteindre les objectifs climatiques du pays à l’horizon 2030).
Devant l’afflux, le régulateur évoque par ailleurs une problématique de délais à rallonge. Et souligne qu’il « n’existe aucun mécanisme pour prioriser les projets de demande stratégiquement importants ».
Entre autres mécanismes visant à éloigner les projets « non viables », l’Ofgem envisagerait des vérifications financières plus précises qu’actuellement, voire de facturer aux fournisseurs de centres de données l’accès au réseau, que ce soit sous forme de caution ou de frais non remboursables.
L’éditeur de jeux vidéo et accessoiriste français Nacon s’est déclaré mercredi en cessation de paiement. Il demande formellement à se placer sous la protection du tribunal de commerce de Lille, dans le cadre d’une procédure de redressement judiciaire. Nacon et sa maison-mère, Bigben Interactive faisaient déjà l’objet d’une suspension de cours en bourse depuis le 20 février dernier, en raison des difficultés financières reconnues publiquement par les deux entreprises.
Ces dernières semblent placer Nacon dans une impasse, comme le décrit l’éditeur dans un communiqué (PDF) :
« À ce jour, la Société fait état d’actifs disponibles ne lui permettant pas de faire face à son passif exigible. Dans ce contexte, la Société va, dès aujourd’hui, procéder à une déclaration de cessation des paiements auprès du Tribunal et solliciter l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire. L’objectif de cette procédure est d’évaluer toutes les solutions permettant, dans les meilleures conditions, de pérenniser l’activité de la Société, protéger les salariés et maintenir les emplois tout en renégociant avec ses créanciers dans un cadre serein et apaisé. »
Développé par Rogue Factor et publié par Nacon, Hell is Us est sorti en septembre 2025 – crédit Nacon Gaming
Constitué en 2019 en tant que filiale autonome de BigBen Interactive, Nacon regroupe pour mémoire plusieurs studios de production, parmi lesquels Big Ant Studios, Passtech Games, Daedalic Entertainment et l’un des vétérans français du secteur, Cyanide (racheté par BigBen en 2018). L’entité, qui comptait 813 salariés au 30 décembre dernier, a réalisé 168 millions d’euros de chiffre d’affaires sur son exercice 2024 – 2025 clos au 31 mars dernier, avec un résultat net légèrement négatif mais un EBITDA de 59,6 millions d’euros, qui témoigne d’une activité structurellement saine sur le plan financier.
Nacon semble ici la victime indirecte des déconvenues de sa maison mère, BigBen Interactive. Cette dernière a alerté le 17 février dernier (PDF) les marchés du refus de son pool bancaire d’aménager les modalités du remboursement partiel attendu sur une dette de 43 millions d’euros émise sous forme d’obligations.
L’avenir des studios réunis sous la casquette Nacon dépend donc de la façon dont le tribunal de Lille va restructurer, ou non, la dette de BigBen Interactive.
Après des années de travaux et de discussions, la fin des frais d’itinérance est entrée en vigueur le 15 juin 2017 en Europe. En 2021, les accords ont été prolongés de dix ans, avec de nouvelles règles pour mieux informer les clients et surtout proposer le « même niveau de qualité » en roaming qu’à la maison.
Sur X, Marta Kos, la commissaire européenne à l’Élargissement et à la Politique européenne de voisinage, explique avoir « proposé d’entamer des discussions pour étendre cette initiative aux « Western Balkans« ». Cela concerne en théorie la Macédoine du Nord, le Monténégro, la Serbie, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo.
Ces pays ont officiellement « obtenu le statut de pays candidat et sont en train de réformer leur législation nationale afin de l’aligner sur les règles, réglementations et normes de l’UE », à l’exception du Kosovo qui a déposé sa candidature d’adhésion en 2022.
L’Arcep rappelle que, depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la zone géographique du « Roam like at home » (RLAH de son petit surnom) comprend l’Ukraine et la Moldavie, en plus des pays de l’espace économique européen, c’est-à-dire les 27 États membres de l’UE (dont ne fait plus partie le Royaume-Uni), l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège.
Marta Kos explique que « les frais d’itinérance constituent un problème dans les Balkans occidentaux, notamment pour les travailleurs frontaliers et les familles qui appellent leurs proches à l’étranger. Les factures surprises en voyage sont quelque chose que nous n’acceptons plus dans l’UE ».
C’est loin d’être fait puisqu’il n’est pour le moment question que d’ouvrir les discussions.
HP a publié cette semaine son premier bilan de 2026 (clôturé le 31 janvier). Les revenus sont en hausse de 6,9 % sur un an, avec 14,4 milliards de dollars, contre 13,5 milliards il y a douze mois. Les produits représentent toujours la quasi-totalité des ventes, avec 13,6 milliards de dollars. Les bénéfices nets sont de 545 millions de dollars, en baisse par rapport à 2025 (565 millions).
« Nous sommes heureux d’annoncer un premier trimestre solide, marqué par une forte croissance des systèmes personnels, notamment grâce à la dynamique continue des PC dotés d’IA », explique Bruce Broussard, CEO par interim de l’entreprise. Les AI PC sont des portables avec une puce dédiée au traitement des fonctions d’IA, comme un NPU. Lors de la conférence téléphonique de présentation des résultats, HP précise que les AI PC représentent plus de 35 % des livraisons.
La directrice financière Karen Parkhill revient sur l’explosion des coûts de la mémoire : « Nous avons indiqué le trimestre dernier que les coûts de mémoire et de stockage représentaient environ 15 % à 18 % de la facture des matériaux des PC, et nous estimons actuellement cela à environ 35 % pour cette année ». C’est donc deux fois plus en l’espace de quelques mois. Toujours lors de la conférence de presse, HP a expliqué que les coûts de la mémoire ont augmenté d’environ 100 % entre le premier et le deuxième trimestre… et d’autres hausses sont attendues.
Les tensions sur les puces de mémoire très prisées par les fabricants de GPU pour l’intelligence artificielle ont déjà fait exploser les prix sur les kits mémoire, ainsi que sur les SSD. Comme nous l’avons déjà expliqué, des hausses sont également de la partie sur les HDD.
Cette situation tendue a également des effets de bord sur du matériel déjà en place, notamment chez les hébergeurs. OVHcloud et Hetzner ont annoncé des hausses sur leurs nouveaux serveurs… mais aussi du matériel bien plus ancien, qui a parfois plus de 10 ans.
Alors que Firefox 148 vient d’arriver avec son kill switch pour les fonctions liées à l’intelligence artificielle, Mozilla vient de mettre en ligne la bêta de la version 149.
Elle propose par défaut une nouvelle fonctionnalité Split View pour les onglets, permettant, au sein d’une même fenêtre de Firefox, de séparer l’affichage en deux. Cette fonctionnalité était présente depuis quelques semaines dans les nigthlies.
Il suffit de faire un clic droit sur un onglet et de cliquer sur « Add Split View » pour ne l’afficher que sur la moitié de la fenêtre, avec un nouvel onglet sur la seconde moitié. Vous pouvez également sélectionner deux onglets, faire un clic droit et choisir « Open in Split View » pour les assembler. Il est évidemment possible de les séparer par la suite.
Comme moi, bon nombre de personnes utilisaient déjà deux fenêtres de leur navigateur pour les afficher l’une à côté de l’autre, mais cette séparation au sein d’une même fenêtre de Firefox permettra certainement plus de flexibilité. Une fonctionnalité équivalente a récemment fait son apparition dans le canal stable de Chrome.
Un chercheur américain du Georgia Institute of Technology, David Joyner, leur a trouvé un surnom : les « végans de l’IA », résume Le Monde, qui a discuté avec des étudiants et jeunes actifs boycottant l’IA. À l’image du véganisme, précise le chercheur, les motivations chez ceux qui « adoptent un régime sans IA » sont souvent éthiques, morales et environnementales.
« Il ne m’est jamais venu à l’esprit d’utiliser l’IA », explique Charlie, 25 ans, journaliste dans une radio associative au Mans : « Avant de lire des articles ou voir des docus tout au long de 2025, il ne s’agissait pour moi que d’un délire de technocrates. J’ignorais qu’elle était entrée à ce point dans les mœurs. »
Une enquête IFOP pour Jedha AI School menée en octobre 2025 auprès d’un millier de jeunes Français âgés de 16 à 25 ans indiquait que 89 % avaient déjà utilisé Gemini, Perplexity, Grok, ChatGPT ou Claude et que près de 73 % s’en servent chaque semaine (contre respectivement 43 % et 22 % dans la population générale).
Doctorant en bio-informatique de 28 ans, Siegfried Dubois a quant à lui testé un « assistant de codage » pendant un mois, fin 2024, ce qui lui a laissé un « goût de cendres en bouche » : « La prise de conscience de l’impact environnemental, mais aussi de l’exploitation humaine à l’œuvre – dans l’annotation de données notamment [pour entraîner des algorithmes]– et le pillage de propriété intellectuelle », l’ont convaincu « de ne plus jamais recourir à ces outils », qu’il assimile à « la junk food de la pensée », résume Le Monde.
Bibliothécaire de 22 ans, Céleste Bouguyon-Williams y voit de son côté une « triste standardisation de notre monde dans lequel tout est faux : animaux, couleurs, photos… ». « Non seulement l’IA ne crée rien, mais elle détruit la pensée en fournissant un ersatz prémâché, plat et vide de sens », abonde Théophile Fenal, commissaire-priseur qui y voit « surtout un vecteur d’aliénation et d’abrutissement ».
Vétérinaire spécialisé en santé de la faune sauvage, Nathan Thenon, 29 ans, se dit « témoin des impacts des activités humaines sur la biodiversité ». Membre des « Shifters » bénévoles de Jean-Marc Jancovici, dont l’objectif est d’accélérer la transition de la France pour atteindre la neutralité carbone, il explique que « l’intensification de l’usage de l’IA et l’accroissement des besoins énergétiques et en eau pour faire fonctionner cette technologie m’empêchent de l’utiliser ».
Chercheur au Laboratoire Interdisciplinaire Sciences Innovations Sociétés (LISIS), Bilel Benbouzid, dont les travaux portent sur les conditions d’exercice du métier d’étudiant depuis l’irruption des intelligences artificielles génératives, constate pour sa part que les réfractaires sont « de plus en plus rares à l’université, même si les jeunes sont de moins en moins dupes face à ces machines ».
« Je crains de devenir dépendante, que son usage régulier me désapprenne à écrire, à faire mes recherches, à réfléchir », témoigne Chloé, traductrice en Belgique, qui craint aussi de perdre son boulot : « Dans mon organisme, l’IA est très clairement vue comme la solution d’avenir, déplore-t-elle. Personne ne l’avoue ouvertement, mais le message est clair : en cette période d’austérité, tout recrutement qui peut être évité grâce à l’IA représente une économie appréciable. Utiliser l’IA, c’est creuser sa tombe… ».