#Le brief du 23 octobre 2025

En Irlande, un deepfake politique sème la zizanie dans la campagne présidentielle 


La campagne présidentielle irlandaise est perturbée par la diffusion d’une fausse vidéo de la candidate Catherine Connolly.


Générée par IA, le deepfake laisse croire que la candidate a déclaré le « retrait de sa candidature ».

Outre l’image de la politicienne, le deepfake manipule aussi celle de deux journalistes : la vidéo complète montre un faux extrait de journal télévisé de la chaine publique RTÉ, où la présentatrice Sharon Ní Bheoláin et le correspondant politique Paul Cunningham annonceraient puis commenteraient le faux abandon de candidature. 


La vidéo aurait circulé pendant une douzaine d’heures avant d’être modérée sur les plateformes de Meta et sur YouTube, selon The Irish Times. D’autres deepfakes politiques circuleraient en ligne, attaquant Connolly ou suggérant que les votes sont truqués. 


Catherine Connolly a, de son côté, nié tout arrêt de sa campagne.

Les Irlandais sont appelés aux urnes ce vendredi. Ils devront choisir entre Catherine Connolly, sans étiquette mais soutenue par plusieurs partis de gauche, et Heather Humphreys, membre du Fine Gael et de l’actuel gouvernement de centre-droit.

AlmaLinux 10.1 réintroduit le support de Btrfs

AlmaLinux est une distribution basée sur le code source de CentOS Stream, le même dont est issue la Red Hat Enterprise Linux, dont AlmaLinux se réclame compatible. La distribution est donc suivie de près pour des installations sur des serveurs. Elle est développée et gouvernée par la communauté, Red Hat n’intervenant pas.

Dans la bêta de la version 10.1 lancée ce 21 octobre, AlmaLinux réintroduit le support du système de fichiers Btrfs. Ce n’est pas rien, car Red Hat en avait supprimé le support il y a presque dix ans dans son RHEL 6.8. or, ce système de fichiers apporte de nombreuses fonctions qui ont les préférences d’une partie des utilisateurs.

Comme nous l’avions indiqué dans notre dossier à l’époque, Btrfs propose nombre de capacités considérées comme avancées : copie sur écriture (copy-on-write), compression transparente, gestion des volumes intégrée, création et restauration de snapshots (instantanés), les sommes de contrôle (checksums) pour les données et métadonnées, etc.

Le support de Btrfs dans AlmaLinux peut être activé à l’installation en passant par le mode personnalisé lors du partitionnement, choisissant cette option plutôt que XFS-LVM. Dans le billet de blog de l’annonce, le développeur Davide Cavalca prévient cependant que cette prise en charge n’est pas encore complète :

« La prise en charge de Btrfs englobe à la fois l’activation du noyau et de l’espace utilisateur, et il est maintenant possible d’installer le système d’exploitation AlmaLinux avec un système de fichiers Btrfs dès le début. L’activation initiale a été limitée à l’installateur et à la pile de gestion du stockage, et une prise en charge plus large des fonctionnalités Btrfs au sein de la collection de logiciels AlmaLinux est à venir »

Pour le reste, AlmaLinux 10.1 fournit des améliorations de performances, de nouvelles versions de nombreux paquets (surtout ceux liés au développement) ou encore une sécurité accrue, grâce notamment à des règles mises à jour pour SELinux.

Apple enlève l’application controversée Tea de l’App Store

Apple indique avoir enlevé deux applications controversées, Tea et TeaOnHer, de son App Store, après plusieurs mois de controverses.

Le projet affiché : permettre aux femmes hétérosexuelles de faire des rencontres « en toute sécurité », en s’échangeant des informations sur les hommes qu’elles ont rencontrés ou s’apprêtent à rencontrer.

Outre l’irritation qu’elle a pu provoquer chez des hommes peu enclins à se voir accolés des « red flags » (drapeaux rouges, signe de danger) ou des « green flags » (drapeaux verts), l’application a été victime en juillet dernier d’un double piratage, dans lequel 72 000 images d’utilisatrices et des messages privés ont fuité.

L’application et son projet rival, TeaOnHer, créé a posteriori pour permettre aux hommes d’avoir le même type de service, ont finalement été bannis de l’App Store ce 21 octobre.

À TechCrunch, Apple indique que les deux services ne respectent pas ses conditions de protection de la vie privée ni celles de modération. Les deux applications sont toujours disponibles sur le Play Store de Google.

Tea a été téléchargée 6,1 millions de fois depuis sa création en 2023, et aurait généré 5 millions de dollars de chiffre d’affaires sur la période. TeaOnHer a été téléchargée 2,2 millions de fois.

Elon Musk défend sa rémunération à 1 000 milliards de dollars sur dix ans

Elon Musk compte bien défendre son statut d’homme le plus riche du monde.

Alors que les ventes de Tesla ont tout juste repris cet été, après des mois de descentes concomitantes à l’engagement politique de leur patron, les résultats opérationnels ont chuté de 40 %, impactés aussi par l’augmentation des investissements dans l’intelligence artificielle et des dépenses de fonctionnement.

Dans ce contexte, deux agences en vue, le cabinet ISS et l’agence Glass Lewis, critiquent le plan de rémunération d’Elon Musk. Le premier pointe l’absence de clauses contraignantes, ce qui laisserait au milliardaire le loisir de se tourner vers ses autres projets (xAI, SpaceX, Neuralink, etc.) si ses objectifs devenaient réellement inatteignables. La seconde juge que le projet de rémunération diluerait à l’excès les parts des autres actionnaires.

En effet, le projet qui doit être voté le 6 novembre prochain permettrait à l’homme d’affaires d’atteindre 25 % des parts du capital en récupérant 1 % supplémentaire chaque année.

Pour ce faire, il devrait atteindre des objectifs invraisemblablement élevés, en faisant passer la valorisation de Tesla de 1 400 milliards de dollars aujourd’hui à 8 500 milliards de dollars en 2035.

L’entreprise caracole déjà parmi les dix plus grosses capitalisations mondiales, rappelle Les Échos.

En pleine présentation des résultats du troisième trimestre de Tesla, Elon Musk a donc défendu sa rémunération de 1 000 milliards de dollars sur dix ans, se déclarant « pas à l’aise de construire une armée de robots et d’être mis dehors à cause de recommandations stupides ».

Elon Musk aura en effet pour mission de multiplier par dix les ventes de véhicules Tesla, pour passer de 1,6 million en 2024 à 12 millions en 2034, et déployer un million de robotaxis et un autre million de robots humanoïdes pour diversifier les sources de revenus.

Meta supprime 600 postes dans sa division FAIR (Fundamental AI Research)

La nouvelle a été diffusée par Axios, qui dit avoir consulté une note interne. Dans cette dernière, Alexandr Wang, responsable de l’IA chez Meta, indique que la mesure vise avant tout à « réduire la bureaucratie ». Dans ses arguments, il assure ainsi que « moins de conversations seront nécessaires pour prendre une décision » et que « chaque personne sera plus porteuse et aura plus de portée et d’impact ».

Victimes de cette coupe, les 600 personnes concernées sont invitées à trouver d’autres postes au sein de Meta. « Il s’agit d’un groupe d’individus talentueux, et nous avons besoin de leurs compétences dans d’autres parties de l’entreprise », ajoute ainsi Alexandr Wang.

Comme le rappellent nos confrères, Mark Zuckerberg aurait estimé il y a plusieurs mois que les investissements dans l’IA ne conduisaient pas aux percées attendues. Ce qui aurait directement mené à la création des Superintelligence Labs et à une campagne d’embauches particulièrement coûteuse, Meta déboursant des milliards de dollars pour doter sa nouvelle structure. Alexandr Wang a justement été embauché pendant cette phase, en juillet au moment du rachat de 49 % des parts de Scale AI, que Wang avait fondée. Depuis cependant, l’entreprise semble avoir du mal à garder une partie de cette équipe constituée à grands frais.

La journaliste Ina Fried, de chez Axios, s’est fait le relai de nombreuses déclarations sur X autour de ces 600 suppressions de postes. Des entreprises comme Adobe, Arcee et Ai2 ont immédiatement réagi pour indiquer qu’elles embauchaient et étaient donc prêtes à accueillir les spécialistes intéressés. Mariya I. Vasileva, chercheuse aux Superintelligence Labs de Meta, indique être concernée et se déclare disponible. Même chose pour une autre chercheuse, Mimansa Jaiswai.