#Le brief du 14 septembre 2026

Google facilite le transfert des mots de passe et des passkeys sur Android

Passer d’un gestionnaire de mots de passe à un autre ne devrait pas être une torture, ni une menace pour la sécurité de ses données. Google a annoncé une nouvelle fonction de migration qui prend aussi en charge les passkeys.

Jusqu’à présent, le transfert de mots de passe entre deux apps consistait à exporter un fichier CSV non chiffré d’un gestionnaire, puis à importer ce document dans la nouvelle application. Avec tous les risques inhérents à la présence d’un tel fichier dans son smartphone.

Google simplifie et sécurise cette opération avec une nouvelle fonction disponible sur les smartphones tournant sous Android 8.0 Oreo et au-delà. Il faut d’abord initier la procédure depuis le nouveau gestionnaire de mots de passe, qui va ensuite donner la main au système d’exploitation. Android va orchestrer les opérations : il va détecter automatiquement les gestionnaires installés sur l’appareil et indiquer ceux à partir desquels il est possible d’importer les données.

Android va ensuite ouvrir le gestionnaire actuel pour permettre à l’utilisateur de sélectionner les données, les vérifier et autoriser leur transfert. Elles seront installées dans le nouveau gestionnaire « de manière sécurisée ». Cela concerne aussi bien les mots de passe que les passkeys (clés d’accès), pour lesquels la migration était notoirement plus compliquée jusqu’à présent.

Cette nouveauté fonctionne avec le gestionnaire de mots de passe intégré à l’OS, 1Password, Bitwarden Password Manager et Dashlane (d’autres applications devraient rejoindre l’initiative).

Electronic Arts et Savvy Games pourraient former un géant mondial du jeu vidéo

Les grandes manœuvres ne sont pas terminées autour d’Electronic Arts. Désormais entre les mains d’un consortium emmené par le fonds souverain d’Arabie saoudite (Public Investment Fund, PIF), le géant américain du jeu vidéo pourrait se rapprocher de Savvy Games, la branche jeux vidéo de ce même PIF. Une combinaison qui aurait du sens au vu du secteur d’activité commun, et qui pourrait former un des plus importants groupes de développement et d’édition vidéoludique au monde.

Selon Bloomberg, le PIF voudrait faire en sorte d’assurer une meilleure coordination entre ses actifs. Aucune décision n’aurait encore été prise, car Savvy doit encore terminer l’acquisition du groupe chinois Moonton, une transaction à 6 milliards de dollars.

Savvy a déjà avalé le groupe américain Scopely en 2023, puis Niantic en 2025. En y ajoutant Moonton, filiale de Bytedance spécialisée dans le jeu mobile, il devient un poids lourd dans ce secteur avec Monopoly GO et Pokémon GO. L’entreprise possède aussi des parts chez Take-Two, qui édite GTA 6, Embracer et Nintendo.

Arabie saoudite oblige, Savvy a les moyens de ses ambitions. En 2022, l’entreprise dévoilait son intention d’investir la bagatelle de 37,8 milliards de dollars dans l’industrie du jeu vidéo, dont 13,3 milliards dans les acquisitions.

Si un rapprochement avec EA devait voir le jour, le fonds présidé par Mohammed bin Salman, le prince héritier d’Arabie saoudite, aurait alors entre les mains une arme redoutable pour exploiter une propriété intellectuelle qui s’étend dans tous les genres du jeu vidéo. Qu’il s’agisse de sport (EA FC, Madden…), de jeux d’aventure et d’action (Mass Effect, Jedi Survivor…), de FPS (Battlefield), et bien évidemment de jeu sur mobile.

Mais avant d’en arriver là, il faudra repasser devant les régulateurs. L’acquisition d’EA, pour 55 milliards de dollars, n’a pas posé trop de problèmes, même si les comptes du groupe américain se sont alourdis d’une énorme dette à hauteur de 20 milliards.

Capgemini vend sa filiale états-unienne prestataire de la police de l’immigration

Capgemini a finalement coupé les ponts avec l’ICE, la tristement célèbre police de l’immigration des États-Unis. Le groupe français a en effet annoncé le 12 septembre dernier la signature d’un accord de vente définitif de sa filiale états-unienne spécialisée dans les contrats gouvernementaux, Capgemini Government Solutions. La transaction devrait être bouclée dans les prochaines semaines.

« Capgemini annonce aujourd’hui avoir conclu un accord avec ITC Federal, un fournisseur américain de services et de solutions digitales pour les agences fédérales chargées de sécurité intérieure et de défense, en vue de la vente de Capgemini Government Solutions, sa filiale qui travaille avec le gouvernement fédéral américain. »

caméra de vidéosurveillance par Flock
Illustration : Flock

Capgemini avait lancé ce processus de vente en début d’année, après que la presse a révélé les différents contrats gagnés par sa filiale CGS auprès de l’ICE. Parmi les différents appels d’offre remportés figurait une prestation d’identification et de localisation des personnes recherchées par l’ICE, en croisant l’ensemble des informations publiques ou privées susceptibles d’être recueillies en ligne à leur sujet.

Plusieurs syndicats représentants du personnel de Capgemini s’étaient insurgés contre ces missions, jugées incompatibles avec les valeurs éthiques prônées par le groupe et sa gouvernance.

Le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Capgemini a rappelé samedi que CGS « représentait 0,4% du chiffre d’affaires du Groupe en 2025 et moins de 2% de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis ».

À Hong Kong, des villages traditionnels détruits pour construire une « Silicon Valley »

L’opposition entre grands projets numériques et préoccupations environnementales se joue partout sur le globe. À Hong Kong, 30 000 hectares de marais (environ 1/3 du territoire), de terres agricoles, et de terrains accueillant 25 villages traditionnels (selon l’ONG Liber Research Community) sont en cours de démolition pour construire une nouvelle zone urbaine. Hong Kong est confronté depuis des décennies à un vrai problème : très densément peuplée, elle cherche par tous les moyens à s’étendre, dans le cas présent sur ses propres terrains historiquement préservés.

Nommé « Northern Metropolis », cet aménagement doit permettre de loger 2,5 millions de personnes et de fournir 650 000 emplois, selon les calculs gouvernementaux. Il doit aussi renforcer le développement technologique et les échanges avec neuf villes chinoises des environs, notamment Shenzhen, qualifiée par certains de capitale mondiale de la tech.

Pour les défenseurs de l’environnement comme des droits des habitants, le projet risque d’être très destructeur aussi bien pour la faune et la flore que pour les populations locales, voire les finances publiques, rapporte l’AFP. Des préoccupations qui font écho à celles constatées ailleurs dans le monde, alors que la vague de l’intelligence artificielle entraîne une accélération et/ou une refonte de certains projets immobiliers dédiés à l’industrie technologique.

Dans le cas de Northern Metropolis, la question des datacenters s’est rapidement invitée. « Le cluster Sandy Ridge Data Facility, d’une superficie totale de plus de 110 000 m², a été attribué à Hong Kong Range Intelligent Computing Technology Company Limited pour développer un cluster avancé de centres de données », indiquait en mars le gouvernement de Hong Kong.

Illustration : Flock

D’après le gouvernement, qui espère tirer 13 % du PIB hongkongais de cette future zone, le projet coûtera au moins 24,6 milliards d’euros pour être construit.

Initialement présenté en 2021, celui-ci pourrait apporter à la Chine, qui a renforcé sa mainmise sur la ville depuis 2020, un accès plus large à diverses connexions internationales, ainsi qu’au marché financier et à l’écosystème de recherche déjà développés sur place.

En août, la Northern Metropolis a déjà cédé de premiers terrains à un groupe de six entreprises, parmi lesquels JD.com, leader chinois du e-commerce.