États-Unis : des personnes expulsées via des vols militaires rendus difficilement traçables
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Sécurité
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Au moins deux avions militaires ont servi à déporter des personnes des États-Unis vers différents pays d’Afrique, en masquant leur position dans les bases de données publiques.
L’un de ces véhicules a emporté 14 ressortissants nigériens et gambiens vers une prison du Ghana, d’après les informations de Rolling Stone. Un autre a atterri au Liberia, en Sierra Leone puis au Mali, sans que les gouvernements locaux aient précisé si les personnes déposées sur place étaient toutes des nationalités concernées.
Auprès du magazine, l’activiste et ancien vétéran militaire JJ in DC souligne : « L’administration recourt au secret militaire pour des missions de maintien de l’ordre et de gestion de l’immigration. » Si le fait d’éteindre les transpondeurs est légal pour les avions militaires, précise le magazine, la pratique est généralement réservée au combat ou à des missions de surveillance.
En l’occurrence, aucun des deux véhicules n’a activé l’Automatic Dependent Signal-Broadcast (ADS-B), qui transmet en continu des informations comme l’immatriculation, la position, la vitesse et l’altitude du vol. L’ADS-B est pourtant obligatoire depuis 2020, sauf exceptions accordées par la FAA (sécurité intérieure ou nationale, renseignement…).
Au départ, les deux engins ont eu recours à un signal alternatif qui ne transmettait que leur immatriculation, puis se sont tournés vers un troisième signal, uniquement accessible lorsqu’un partenaire spécifique (comme une base aérienne) en fait la demande, ce qui a empêché l’essentiel des sites de suivi de l’activité aérienne de suivre leur parcours.
Le fait de recourir à des avions militaires est par ailleurs particulièrement coûteux pour le contribuable américain, relevait Reuters au début de l’année.