#Le brief du 19 janvier 2026

Yann LeCun veut tracer une autre voie pour l’intelligence artificielle

À 65 ans, Yann LeCun lance AMI Labs, pour Advanced Machine Intelligence. La start-up, installée à Paris, s’est lancée en décembre avec l’ex-directeur de Meta France Laurent Solly et le fondateur de la start-up de santé Nabla, Alexandre Lebrun.

D’après Bloomberg, la société a sécurisé le soutien du fonds américain de capital-risque Cathay Innovation et est en discussion avec Greycroft et le fonds britannique Hiro Capital, au conseil d’administration duquel siège Yann LeCun.

L’entreprise devrait clore un premier tour de financement de 350 millions d’euros, mais cherche à en obtenir 150 millions de plus, d’après une présentation de décembre. L’allemand HV Capital et les Français Bpifrance et Daphni pourraient aussi participer à la mise initiale.

Après une première vie de chercheur, qui lui a permis d’obtenir en 2018 le prix Turing, aux côtés de Yoshua Bengio et Geoffrey Hinton, puis une deuxième en recherche fondamentale en intelligence artificielle chez Meta, le nouvel entrepreneur explique au Monde avoir quitté la société de Mark Zuckerberg sur fond de désaccords stratégiques.

Et de regretter le « comportement grégaire » des sociétés spécialisées dans l’IA, qui les pousse à « toutes travailler sur la même chose parce qu’elles ne peuvent pas se permettre d’être en retard ». Avec AMI, lui veut creuser le sillon des « IA qui comprennent le monde réel, le monde physique », pour des applications dans les domaines de l’aviation ou de la robotique. 
Pour l’ingénieur, quand bien même les grands modèles de langage ont donné des résultats « utiles », ils n’en relèvent pas moins d’une forme d’« intelligence étroite » et ne permettront pas d’atteindre une forme d’intelligence générale.

Pour qu’une machine permette réellement de raisonner ou de planifier des décisions, estime-t-il, il lui faut accéder à un « modèle du monde », une représentation abstraite de son environnement qui lui permette de le comprendre. À l’inverse de la lecture d’image pixel par pixel présente dans les modèles génératifs, il s’agirait d’ignorer les détails pour envisager de grands concepts ou des objets dans leur totalité.

Dans un contexte géopolitique tendu, Yann LeCun critique par ailleurs la « dérive autoritaire » du président des États-Unis Donald Trump et ses soutiens dans l’industrie technologique comme Elon Musk – tout en déclarant, au sujet du ralliement de Meta à Trump, que les « grands capitaines d’industrie de la technologie n’ont pas le choix. Ils savent très bien que Trump peut tuer leur boîte par harcèlement réglementaire ».

Ce promoteur historique de l’ouverture des recherches de Meta en IA argumente encore pour une « diversité » dans le domaine, notamment permise par des logiques open source.

« Le citoyen doit avoir accès à une grande diversité d’IA, comme pour les organes de presse », insiste-t-il, alertant contre les risques de voir la population reposer sur les outils d’une poignée de plateformes, essentiellement construites aux États-Unis ou en Chine.

ASUS jette l’éponge sur les smartphones et fait un all-in sur l’IA

L’annonce a été faite par Jonney Shih, le président d’ASUS comme le rapporte VideoCardz : « ASUS n’ajoutera pas de nouveaux modèles de téléphones mobiles à l’avenir ».

L’entreprise propose pour rappel des Zenfone et des ROG Phone pour les amateurs de jeux sur smartphone. Le premier modèle remonte à 2018. ASUS s’engage par contre à maintenir la prise en charge des smartphones, mais sans indiquer pendant combien de temps.

À la place, la société annonce plonger les deux pieds devant dans l’IA « physique », c’est-à-dire les serveurs pour l’intelligence artificielle, les ordinateurs (portables ou fixes) avec IA intégrée, les robots, les lunettes connectées, etc.

Une annonce dans la lignée de son mot d’ordre au CES de Las Vegas :

HubEE, le hub d’échange de l’État piraté, au moins 160 000 documents volés

La plateforme d’échange de fichiers de l’État, HubEE, a subi une attaque le 9 janvier dernier. Le pirate a pu s’introduire dans le système et a eu accès à au moins 70 000 dossiers contenant au total 160 000 documents.

Ce vendredi 16 janvier, la direction interministérielle du numérique (DINUM) a communiqué sur le sujet, expliquant avoir mis en place le jour de l’attaque des « mesures conservatoires » pour « bloquer l’attaquant » ainsi que des mécanismes d’authentification et de surveillance des flux pour pouvoir ensuite rétablir le service à partir du 12 janvier.

La DINUM explique que certains documents qu’a pu obtenir le pirate contenaient des données personnelles sans donner de précision sur leur nature ni sur le nombre de documents concernés. « À ce jour, les données exfiltrées n’ont pas été publiées et la DINUM a mis en place une veille active », explique-t-elle.

La Direction de l’information légale et administrative avait envoyé, au cours de la semaine dernière, un email à certains utilisateurs expliquant qu’ « un des sous-traitants de http://Service-public.gouv.fr a rencontré un incident de sécurité entre le 4 et le 9 janvier ». Ce message ajoutait que « cet incident de sécurité a occasionné la divulgation d’une partie de vos données personnelles renseignées lors d’une démarche en ligne que vous avez réalisée sur notre site. Il peut s’agir de vos données d’identification et le cas échéant de pièces justificatives produites à l’appui de votre demande ».

Elle précisait ensuite sur X que « Service.public.gouv.fr n’a pas été victime de cyberattaque. Le site est fonctionnel et son intégrité est totalement préservée. Les démarches en ligne opérées via le site (8,2 millions gérées en 2025) transitent par une plateforme technique d’échanges entre administrations. C’est sur cette plateforme que certaines données nécessaires aux démarches en ligne ont été détournées. Des mesures immédiates ont permis de juguler I’intrusion ».

Mais ce sont, selon l’information publiée par la Dinum vendredi, plutôt des données en possession de quatre directions ministérielles qui seraient concernées : la direction de l’information légale et administrative (DILA), la direction générale de la cohésion sociale (DGCS), la direction générale de la Santé (DGS) et la caisse nationale des allocations familiales (CNAF).

Microsoft corrige les problèmes provoqués par le patch tuesday de janvier

Microsoft a diffusé samedi 17 janvier une mise à jour out-of-band (OOB) pour Windows 11. Publiée en dehors du cycle habituel, elle intervient en urgence pour résoudre plusieurs dysfonctionnements engendrés par la livraison mensuelle de correctifs de sécurité, le fameux patch tuesday, du 13 janvier dernier.

Deux problèmes principaux ont été identifiés. D’abord, une impossibilité de se connecter à distance via le panneau Windows App sur les machines équipées de l’OS, mais aussi sur Azure Virtual Desktop et Windows 365. Le phénomène a été détecté sur les différentes versions de Windows 11 (dont la 25H2, dernière mouture en date), mais aussi sur Windows 10 et les éditions 2019, 2022 et 2025 de Windows Server.

Le correctif du correctif

Microsoft a ensuite détecté et corrigé un problème susceptible d’empêcher les machines sous Windows 11 version 23H2 avec Secure Launch activé de correctement s’éteindre ou de passer en veille.

« Si vous n’avez pas encore déployé la mise à jour de sécurité Windows de janvier 2026 et que votre environnement informatique comprend les applications et fonctionnalités concernées, nous vous recommandons d’appliquer plutôt cette mise à jour OOB », conseille l’éditeur.

Aux utilisateurs affectés par le bug de connexion n’ayant pas encore pu appliquer la mise à jour corrective, Microsoft préconise de passer soit par le client Remote Desktop, soit d’utiliser la version Web de Windows App (windows.cloud.microsoft).