#Le brief du 16 janvier 2026

Trois plaidoiries « hallucinées » par IA ont été identifiées en France en décembre

En juillet, lorsque nous l’avions interviewé, Damien Charlotin n’avait identifié que 160 plaidoiries contenant des « hallucinations » générées par IA, majoritairement états-uniennes. En ce début janvier, sa base de données en dénombre 806, dont 548 aux USA, 56 au Canada, 55 en Australie, 38 en Israël, 32 en Grande-Bretagne, 9 au Brésil, 7 en Allemagne, 5 en Argentine, Inde et aux Pays-Bas, et 3 en France, toutes trois identifiées en décembre dernier.

Nicolas Hervieu, professeur affilié à l’école de droit de Sciences Po, a ainsi constaté que le tribunal administratif de Grenoble avait eu à traiter « une requête et des mémoires générés avec un outil dit d’intelligence artificielle, dont le contenu est tout sauf « juridiquement cadré », contrairement à ce que prétend l’outil utilisé, dans un échange avec le requérant que M. A… n’a même pas pris la peine d’enlever du document adressé au tribunal ».

Fin décembre, il remarquait que le tribunal administratif d’Orléans avait quant à lui été confronté à 15 jurisprudences hallucinées, et qu’ « il y a donc lieu d’inviter le conseil du requérant à vérifier à l’avenir que les références trouvées par quelque moyen que ce soit ne constituent pas une « hallucination » ou une « confabulation » ».

« Chez les magistrats civilistes, on a tous eu dans des écritures au moins une jurisprudence qui n’existe pas », confirme Cyril Jeanningros, juge au tribunal judiciaire de Paris, au journaliste spécialiste des affaires judiciaires Gabriel Thierry, sur Dalloz Actualité. Un problème chronophage : « L’affaire qui nécessitait douze pages il y a 25 ans en comporte désormais trente, mais c’est plus le fait du copier-coller que de l’IA ».

« Avant, on voyait ceux qui copiaient des jurisclasseurs dans leurs écritures, on se moquait mais au moins c’était juste. Avec l’IA générative, nous devons identifier les propos hallucinés, cela nous complique la tâche », déplore Caroline Lantero auprès de Gabriel Thierry. Avocate au barreau de Clermont-Ferrand, elle a récemment reçu « cinq pages d’un argumentaire complètement faux », et dû faire un important travail de vérification à la place de la partie adverse, « un temps que je supporte assez mal de perdre ».

L’alpha de GNOME 50 tire (à nouveau) un trait sur X11

L’équipe en charge de GNOME a signalé vendredi la publication de la première alpha (version de test instable) de la future version 50 de son environnement. Cette alpha 1 de GNOME 50 permet de constater, en pratique et à nouveau, les conséquences de l’abandon programmé de X11 au profit de Wayland.

Pourquoi « à nouveau » ? Ce changement avait déjà été mis en oeuvre au niveau de l’alpha 1 de GNOME 49 en juillet dernier, avant que l’équipe ne décide de faire marche arrière avant la sortie de la version finale, en septembre.

« Nous avons trouvé difficile de séparer proprement la capacité de GDM à lancer des sessions X11 modernes (que nous avions l’intention de garder activées dans GNOME 49) du reste de l’intégration X11 de GDM (que nous avions l’intention de désactiver mais de laisser intacte pour GNOME 49) », expliquait alors l’équipe.

Gnome 50 alpha 1

Cette fois sera-t-elle la bonne ? L’alpha 1 de GNOME 50 retente l’aventure. « La prise en charge de X11 a été entièrement supprimée, à l’exception de la possibilité de lancer des sessions X11 d’autres environnements de bureau avec un serveur X par utilisateur. Cela signifie que des fonctionnalités telles que XDCMP et Xserver ont disparu, et que les sessions GDM s’exécuteront toujours sous Wayland », confirment les notes de version, qui signalent par ailleurs l’impossibilité nouvelle de compiler GDM (GNOME Display Manager) sans Wayland.

Outre l’adaptation de nombreux composants à la disparition du backend X11, GNOME 50 alpha introduit de nombreuses petites nouveautés, listées par exemple par Phoronix.

La version finale de GNOME 50 est pour l’instant programmée au le 18 mars prochain.

La distribution Tails 7.4 permet maintenant de garder les réglages de langues

La distribution Linux Tails, spécialisée dans la sécurité, a été mise à jour jeudi. Arrivant un mois après la 7.3.1, cette nouvelle version contient des évolutions de paquets telles que le passage de Tor Browser à la version 15.0.4, Thunderbird en version 140.6.0 ou le noyau Linux dans sa version 6.12.63.

Une des nouveautés les plus visibles pour l’utilisateur, c’est la possibilité de garder ses réglages de langues, de disposition de clavier et de format d’affichage des dates et heures entre deux utilisations de la distribution live.

En effet, l’équipe de Tails explique avoir mis en place une option pour enregistrer ces options si l’utilisateur l’active. Ainsi, on peut plus facilement saisir le mot de passe de notre stockage persistant, si on le veut. Attention, le billet annonçant la nouvelle version précise que ces options sont stockées de manière non chiffrée.

L’équipe de Tails précise aussi qu’ « avec la transition en cours de BitTorrent v1 vers v2, les fichiers BitTorrent v1 que nous avons fournis jusqu’à présent peuvent devenir un problème de sécurité ». Elle a donc choisi de ne plus utiliser le protocole BitTorrent pour distribuer sa distribution : « Nous ne pensons pas que la mise à jour vers BitTorrent v2 justifie les coûts supplémentaires liés à la migration et à la maintenance ».