Sharenting : la CNIL rappelle les risques de partager photos et vidéos de vos enfants
Le 01 décembre à 08h06
3 min
Réseaux sociaux
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« 53 % des parents français ont déjà partagé sur les réseaux sociaux du contenu sur leurs enfants », commence par rappeler la CNIL. Un chiffre à mettre en balance avec une autre statistique : « 50 % des images ou des vidéos d'enfants échangées sur les forums pédocriminiels ont été initialement publiées par leurs parents via les réseaux sociaux ».
La Commission explique que partager du contenu de ses enfants « n’est pas un acte anodin » et qu’il « comporte de nombreux risques ». En conséquence, elle déconseille de le faire, surtout si votre profil sur les réseaux sociaux est public.
Les risques sont connus depuis longtemps, mais une piqure de rappel ne peut pas faire de mal : « Certains parents publient des photos dénudées de leur enfant (par exemple lorsqu’ils jouent dans le bain) : des internautes malveillants détournent ces photos pour créer de faux profils, les partagent avec d’autres inconnus ou les diffusent sur des réseaux de pornographie infantile ». De plus, avec l’intelligence artificielle et les deepfakes, dénuder des personnes – notamment des mineurs – est malheureusement très facile. Même avant l’arrivée de l’IA générative la problématique existait déjà.
La publication de photos des enfants peut aussi « alimenter le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement ». Les clichés donnent des indications sur les centres d’intérêt des enfants, les lieux qu’ils fréquentent, etc. En effet, les « photos et vidéos contiennent des indications sur la localisation et l’heure à laquelle l’image a été prise ».

La CNIL rappelle que « les photographies et les vidéos partagées par les parents peuvent donc priver les enfants de leur capacité à définir leur propre image et leur identité ». Elle rappelle les bonnes pratiques : « Demandez l’accord de votre enfant et de l’autre parent avant toute publication ». Dans tous les cas, « évitez la publication de certaines photos et vidéos qui ont trait à l’intimité de votre enfant ». Il est « également conseillé de cacher le visage de votre enfant ». Enfin, faites régulièrement le tri dans vos abonnés, photos et vidéos publiées.
La CNIL liste aussi des histoires vécues, pour rappeler que les dangers sont bien réels : « Un mineur s’est adressé à la CNIL pour faire retirer des photographies, vidéos et enregistrements vocaux diffusées par ses parents sur un réseau social. Des parents ont appelé l’attention de la CNIL sur les difficultés qu’ils rencontraient à faire cesser la diffusion de photographies du baptême de leurs enfants mineurs ».
Le 01 décembre à 08h06
Commentaires (18)
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Abonnez-vousModifié le 01/12/2025 à 09h04
Le 01/12/2025 à 09h36
Le 01/12/2025 à 09h47
Par contre, il est important de faire comprendre aux parents et autres proches des enfants qu'il ne faut pas faire n'importe quoi avec les images de ces enfants.
Le 01/12/2025 à 09h50
Et donc prendre des mesures pour qu'ils soient "automatiquement" protégés.
etc.
Le 01/12/2025 à 10h03
Modifié le 01/12/2025 à 11h05
Les réseaux-sociaux/messageries sont une menace:
- pour la démocratie cause des islamoterroristes
- pour la liberté d'information à cause des fake-news
- pour l'ordre républicain à cause des narcotrafiquants
- pour les enfants à cause des pédocriminels
La solution raisonnable c'est donc d'interdire les réseaux sociaux et les messageries.
N'est-ce pas Anakin ?
Non ? Alors de combattre frontalement aux fake-news ? les islamoterroristes? les narcotrafiquants ? les pédocriminels ?
Non.
Rien de tout ca.
La solution raisonnable c'est de contrôler ce que font les internautes lambda... vous, moi...
Car voyez vous, les internautes lambda ce sont eux les victimes.
Ce sont donc eux que l'état doit
contrôlersurveillerprotéger.Le 02/12/2025 à 09h34
Le débat démocratique est-il encore la norme?
Modifié le 01/12/2025 à 19h02
L'idée est et restera de partager les photos de son mioche pour montrer au reste du monde que c'est le plus grand, le plus beau, le fi-fils / la fi-fille à son papa/sa maman, qu'il/qu'elle est sa fierté, etc ...
L'idée que les dites photos puissent refaire surface et déranger l'enfant, c'est qu'un concept dont on s'en préoccupe que quand c'est déjà trop tard (ou pas du tout, avec une réponse du style "ah ça, c'est pas trop grave. Regarde comme tu étais mimi quand tu étais sur ton pot.").
L'idée qu'un parent se soucie de ce qu'il deviendra des photos, ça doit être vraiment une exception ...
Le 02/12/2025 à 09h46
Le 02/12/2025 à 18h37
Le 01/12/2025 à 10h33
Message d'Ella | Sans Consentement
Modifié le 01/12/2025 à 18h55
Le 01/12/2025 à 12h30
Le 01/12/2025 à 13h45
Le 01/12/2025 à 14h14
OnlyFans pour voir la conception, Facebook/Instagram pour tes photos enfant, puis tes premières armes sur TikTok.
Le 01/12/2025 à 18h42
On en parle du club sportif ou de l'école qui demande le consentement de publication, et s'en balek de la réponse puisqu'ils publient les photos quelle que soit la réponse des responsables légaux ?
Et inutile de me dire "saisis la CNIL" : d'une, elle ne fera rien à part un "rappel à l'ordre" qui fera bien rire l'intéressé, et de deux, une fois la plainte n'effacera pas les données qui seront désormais dans la nature.
Le 01/12/2025 à 19h17
Sur LinkedIn, une personne partage un tableur avec des données de candidats (et leur CV il me semble), avec nom, prénom, adresse mail (généralement personnelle), numéro de téléphone.
Je signale poliment le risque et demande à la personne en question si elle a l'acceptation des candidats en question.
Évidemment la réponse fut saignante : de quoi je me mêle, je veux pas que les candidats trouvent un travail, etc ...
Les gens s'en cognent des données privées des autres (mais curieusement, deviennent plus prudent avec les leurs).
Le 01/12/2025 à 19h35
Parce que ça vaudrait le coup de le donner avec un lien vers son profil.
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