NanoIC : en Belgique, une ligne pilote de semiconducteurs à 2,5 milliards d’euros
Le 10 février à 10h25
3 min
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Louvain, en Belgique, peut désormais s’enorgueillir de disposer d’une salle blanche de 2 000 m² dans laquelle seront bientôt conçus, développés et testés des procédés visant à produire des semiconducteurs avec une finesse de 2 nm ou moins. Baptisée NanoIC, cette ligne pilote a été inaugurée lundi 9 février dans les locaux de l’Imec (Institut de microélectronique et composants), l’institut de recherche interuniversitaire flamand responsable de ses opérations.
NanoIC devrait recevoir dès le mois de mars la dernière pièce majeure nécessaire au lancement de ses activités, un scanner lithographique EUV High-NA fourni par ASML. Une machine de pointe, dont le prix se compte en centaines de millions de dollars, et qui entre en œuvre dans les procédés de gravure les plus avancés du marché, chez TSMC comme chez Intel avec le procédé Intel 14A, annoncé début 2024.
Contrairement à ces projets industriels, qui servent une logique de production de masse, la ligne NanoIC est pensée pour la R&D. « En donnant accès à des technologies de semi-conducteurs de pointe, la ligne pilote NanoIC jouera un rôle crucial dans le renforcement du tissu industriel européen à l’ère de l’IA et dans la garantie d’un climat de croissance économique, de sécurité et de prospérité pour les décennies à venir », promet ainsi Luc Van den hove, directeur de l’Imec, selon qui une nouvelle salle blanche, de 4 000 m² cette fois, est déjà en préparation.
Dans son ensemble, le projet a également vocation à essaimer au sein des structures partenaires de l’Imec, dont le CEA-Leti (France), l’institut Fraunhofer (Allemagne) et les centres de recherche techniques VTT (Finlande), CSSNT (Roumanie) et Tyndall National Institute (Irlande).
Cette ligne pilote représente un investissement global de 2,5 milliards d’euros, dont 700 millions d’euros apportés par la Commission européenne. Le principe en avait été validé au printemps 2024, dans le cadre du Chips Act de l’Union européenne, qui prévoit une enveloppe totale de 43 milliards d’euros pour promouvoir la fabrication européenne de puces électroniques et répondre aux plans d’investissements chinois et états-uniens.
Fin janvier, le CEA-Leti a lui aussi inauguré sa propre ligne pilote, surnommée FAMES et installée dans ses locaux de Grenoble. Cofinancée par France 2030, elle représente un investissement de 830 millions d’euros, tourné vers cinq technologies considérées comme stratégiques : les prochaines générations de procédés FD-SOI, les mémoires non volatiles embarquées, l’intégration 3D, les composants RF passifs et les composants passifs pour la gestion de puissance.
Le 10 février à 10h25
Commentaires (13)
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Abonnez-vousLe 10/02/2026 à 10h48
Le 10/02/2026 à 11h08
Le secteur privé il ne veux plus prendre de risque, donc maintenant c'est l'état (donc nous) qui payons leurs investissements risqués. Et après on est tout étonné quand ils se barrent avec le magot.
Modifié le 10/02/2026 à 15h53
Le 10/02/2026 à 15h49
La Chine a développé ses industries en aidant massivement les secteurs stratégiques qu'elle voulait voir se développer.
Si on veut juste des puces, on peut simplement les acheter sur le marché, en Chine. Si on veut des puces produites sur notre territoire, ça implique des choix de politique industrielle et commerciale et des investissements publics.
Le 10/02/2026 à 17h17
Par contre ils veulent bien toucher les bénéfices quand c'est rentable, ça ya pas de problèmes (D'ailleurs même quand c'est pas rentable tu peux quand même toucher des dividendes quand il y en a).
Face je gagne, pile tu perds.
Modifié le 10/02/2026 à 17h41
L'argent public vient des impôts, issus de l'activité économique générée par des investissements passés.
Une partie de ces impôts peut être utilisé pour favoriser des investissements futurs dans les secteurs stratégiques, ou pas, c'est le choix des pouvoirs publics.
De nombreux investissements s'avèrent non rentable malgré les prévisions des investisseurs, et dans ce cas les investisseurs perdent leur argent, incluant tout ce qu'ils auront dépensé en salaires, taxes, cotisations, biens et services etc.
Le 10/02/2026 à 19h38
Sauf que quand l'investissement est porté par les subventions, ben c'est pas eux qui perdent l'argent. Au pire ils ont un manque à gagner , c'est pas trop la même chose.
C'était le sens de ma remarque.
(Et j'ai pas mal d'exemples : Huawei en Alsace, ACC et la débâcle actuelle des batteries, Evotec à Toulouse - https://www.archipelcitoyen.org/2025/09/02/affaire-evotec-lenvol-des-fonds-publics/ - pour les récentes, mais on peux remonter).
Désolé moi je ne crois pas à la fable libérale des investisseurs qui peuvent finir sur la paille en prenant des risques - ce n'est plus vrai pour les gros projets.
Les pays, les régions se font concurrence pour "attirer les projets" et les affairistes malin en profitent.
Moi je suis OK que l'état investisse mais alors que ces entreprises soient nationalisés (en partie). L'état portera du coup le risque mais aussi les bénéfices si il y en a.
Modifié le 10/02/2026 à 20h07
De gros investissements privés qui ne sont jamais rentabilisés, ça arrive tout le temps.
(ps: c'est pas moi l'emoji clown sur ton commentaire - des cas où les pouvoirs publics gèrent mal leurs projets et se font avoir par des investisseurs, ça arrive aussi)
Le 11/02/2026 à 08h59
Le 10/02/2026 à 11h17
Le 10/02/2026 à 23h22
Le 11/02/2026 à 00h10
Le 12/02/2026 à 20h05
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