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La Samaritaine : 100 000 euros d’amende pour des caméras et micros dissimulés aux salariés

Le 23 septembre 2025 à 14h53

La CNIL vient d’infliger une amende de 100 000 euros aux grands magasins La Samaritaine. En effet, l’entreprise, détenue par LVMH, avait installé en 2023 des détecteurs camouflant des caméras dans les espaces pour le personnel du magasin. Ces faits avaient été révélés par Mediapart.

L’autorité explique dans sa décision s’être saisie de l’affaire après la publication de cet article et le dépôt d’une plainte trois jours après, d’un salarié dénonçant « un système de vidéosurveillance dissimulé dans des faux détecteurs de fumée au sein des réserves ».

Devanture du magasin de la Samaritaine
Crédits : Arthur Weidmann, licence Creative Commons by-sa

Elle y estime qu’ « en principe […] les obligations de transparence ou le droit d’accès du RGPD n’impliquent pas l’affichage ou la communication d’un plan comprenant les emplacements exacts des caméras ». Mais elle ajoute que c’est « à condition que l’information donne des indications suffisantes sur la zone soumise à vidéoprotection/surveillance ».

« Toutefois, pour satisfaire à l’exigence de loyauté posée par l’article 5-1-a) du RGPD, la CNIL estime qu’en principe, les caméras composant le dispositif doivent être visibles, non dissimulées », explique-t-elle. Si ce principe peut avoir des exceptions (comme la suspicion de vols de marchandises par le personnel), « cela ne peut être que dans des circonstances exceptionnelles et à condition de ménager un juste équilibre entre l’objectif poursuivi par le responsable de traitement et la protection de la vie privée des salariés ».

Dans ce dossier, la CNIL a considéré « que le traitement de données permis par ces caméras constitu[ait] un traitement déloyal, faute pour la société de n’avoir apporté aucun élément permettant d’attester du caractère temporaire du dispositif, dans la mesure où ce n’est qu’à la faveur de sa découverte puis de son démontage par les salariés que le traitement de données à caractère personnel a été interrompu ».

Elle ajoute aussi que « les caméras étaient dotées de micros, rendant ainsi le dispositif très intrusif vis-à-vis des salariés ».

La CNIL considère que l’enregistrement sonore des salariés était excessif, ce qui constitue un manquement au principe de minimisation du RGPD (article 5-1-c).

Enfin, elle fait remarquer que le dispositif « n’avait pas été répertorié dans l’analyse d’impact sur la protection des données et que la déléguée à la protection des données n’avait pas été informée de son déploiement ». Ce qui démontre « que la société a mis en œuvre le traitement en dehors de toutes considérations liées au respect du RGPD ».

Pour ces différents manquements au RGPD, la CNIL a décidé de prononcer cette amende de 100 000 euros ainsi que de rendre publique cette délibération. Comme habituellement, La Samaritaine peut faire un recours devant le Conseil d’État dans un délai de deux mois.

Le 23 septembre 2025 à 14h53

Commentaires (11)

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100 000 ..heu lol
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Il faut dire que le groupe LVMH est le roi de la barbouzerie !

On peut encore dire que l'on trouve de tout à la Samaritaine. :D
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Faut pas dire du mal de LVMH et de son patron, sinon il risque de partir de France...
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Roh l'enkulé ! (ha merde, j'ai gaffé)
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Oh merde. On fera comment le prochain tas de cailloux qui brûle ?
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Le patron du luxe français (le luxe, pas le patron) et du champagne et autres alcools du pays qui partirait de France ? Laisse moi rire.
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C'est une question d'aura. Tu peux pas comprendre.

Quand il est là les emplois popent comme des shotgun dans Doom. Bon il en vire autant de l'autre coté mais il bosse le gars.

Et puis il est philosophe le gars, je cite:
On ne comprend pas les positions de M. Zucman si l'on oublie qu'il est d'abord un militant d'extrême gauche. A ce titre, il met au service de son idéologie qui vise la destruction de l'économie libérale, la seule qui fonctionne pour le bien de tous) une pseudo-compétence universitaire qui, elle-même, fait largement débat. BERNARD ARNAULT - SUNDAY TIMES 20/09/2025
Tu peux pas 'teste'!
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Et a coté, proposer une taxe pour un plancher d'impôt de 2% au delà de 100 000 000 € de patrimoine c'est d’extrême gauche.
Peut-on mettre des micros chez les riches pour savoir comment et où ils planquent leurs agents, notamment le multi-milliardaire patron de LVMH ?
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Un riche ne planque pas son argent... ils le dépense.
Combien coûte le Rotary ? Une carte pour le golf de St Nom ? Organiser un rallye pour la petite dernière ?
5 personnes minimum par propriété, les artisans pour les travaux.
Les frais de traiteurs (çà, çà douille)
Si tu as une Ferrari, il faut passer tous les 6 mois au garage, sinon tu perds la garantie...
Et si le jet ne vole pas, il coûte encore plus cher.
On a l'impression qu'un riche, c'est une grosse chaussette sous le matelas. Faux. A quoi servirait d'être riche si ce n'est pas pour dépenser :)
Alors, après c'est vrai que si on doit claquer 200K dans une soirée, on préfère la faire hors de France plutôt que dans le Larzac.
Et pour le reste :
https://boutique.bottin-mondain.fr/
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Il claque en proportion de ce qu'il gagne (vole/soustrait ?), pardon, en fonction de ce que ses stés lui mettent à disposition (ils financent leur train de vie via leurs boîtes) et peut thésauriser comme un cochon à côté
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Tu as oublié héritier, et qui a en plus bénéficié des largesses de l'État (comme Saadé et d'autres gentils milliardaires "sef-made man" qui créent des zemplois en France et qu'il ne faut donc pas critiquer ni demander de payer 2% d'impôts au maximum).

La Samaritaine : 100 000 euros d’amende pour des caméras et micros dissimulés aux salariés